LE SUICIDE DE RUYSBROECK

        LE SUICIDE DE RUYSBROECK, ENTRE REALITE ET LEGENDE

 

Il existe une légende à propos de la construction de la tour de l’Hôtel de Ville par l’architecte Jean de Ruysbroeck (15ème siècle). En voici l’origine. Si vous vous placez devant le porche de l’Hôtel de Ville, vous pourrez constater qu’il n’est pas dans l’axe de la tour et qu’il est même franchement décalé.

La légende dit que Ruysbroeck fut responsable de cette erreur et que quand il la constata de visu, il se jeta de la flèche de l’Hôtel de Ville et vint ainsi s’écraser sur les pavés de la Grand-Place (ou se pendit, selon les versions) !

Ainsi, il est dit que Ruysbroeck rencontrait de telles difficultés pour terminer l’ouvrage de l’Hôtel de Ville, qu’il alla jusqu’à proclamer qu’il se donnerait au Diable plutôt que de laisser l’Hôtel-de-Ville inachevé (ce qui rappelle, notons-le, l’histoire de l’architecte du « Coin du Diable »).

A peine ces mots avaient-ils été prononcés qu’un moine apparut et proposa de l’or à Ruysbroeck, afin qu’il puisse terminer son ouvrage. Attiré par une promesse de renommée et sans prendre garde aux deux flammes diaboliques qui brillaient dans les yeux dudit moine, Ruysbroeck accepta, à condition que la tour puisse être installée au milieu de l’édifice. C’était impossible, selon le moine infernal, mais peu importait à Ruysbroeck, finalement, pourvu que l’Histoire retienne son nom…

Lorsqu’il voulut, malgré les avertissements du moine diabolique, commencer à creuser les fondations de la deuxième partie de l’Hôtel de Ville, il ne trouva qu’un sol marécageux et des fondrières, puis découvrit un gouffre immense qu’il songea à combler. Il appela le moine à son aide, mais celui-ci se garda bien de répondre à son appel.

De désespoir, le pauvre Ruysbroeck se suicida, comme nous l’avons dit en préambule. Le fils de Ruysbroeck poursuivit les travaux, mais sans beaucoup plus de succès : il dut également abandonner le projet de voir la tour installée au centre de l’Hôtel de Ville. 

En réalité, Ruysbroeck « avait à remplacer la tour existante, ou beffroi, située à langle de lHôtel de ville, par une flèche beaucoup plus robuste, tout en conservant le porche et son entrée voûtée. Cest logiquement quil donna une plus grande épaisseur au mur occidental de la nouvelle tour devenu mitoyen avec laile droite- afin dassurer ses assises. » (« Bruxelles, notre capitale », p.70). Voilà qui explique la légende de l’erreur architecturale et du suicide prétendu de Ruysbroeck.

Cette histoire rocambolesque a toutefois une suite tout aussi haute en couleurs. Selon la légende, donc, c’est devant sa maison de la rue de l’Etoile (actuellement « rue Charles Buls ») que se pendit le premier architecte de l’Hôtel de Ville, Jean de Ruysbroeck. On prétend qu’un frère Bogard passant par là, aperçut le cadavre pendu de Ruysbroeck, qu’il le détacha, lui mit son étole autour du cou et l’exorcisa, le suicide étant, à cette époque, considéré comme un crime par l’église. Celui qui avait mis fin à ses jours ne pouvait, de ce fait, être enterré en terre consacrée. Mais qui dit exorcisme, dit aussi possession démoniaque. Ainsi dit-on que le démon possesseur avait à peine quitté le corps de Ruysbroeck que celui-ci revint à la vie et qu’il alla finir ses jours au couvent des Bogards ! De là serait venu le premier nom de la rue, nommée « rue de l’Etole » et non… « rue de l’Etoile ».

Au-delà de la légende, un doute persiste à propos du suicide de Ruysbroeck. En effet, le poète français Regnard (1655-1709), de passage à Bruxelles, déclara avoir vu une inscription annonçant que l’architecte s’était pendu de désespoir. Nous ne saurons sans doute jamais si cette affirmation se rapporte effectivement à l’histoire ou à la légende, mais il est certain que, dès l’origine, l’Hôtel de Ville a subi les funestes conséquences d’une mauvaise exploration du sol.

Et en parlant du sol de l’Hôtel de Ville, on y aurait découvert une étrange tête sculptée, celle d’un « diable » ou, si l’on en croit Paul de Saint-Hilaire, d’un « Jupiter-Amon ». Ce dieu barbu à cornes de bélier résulte de l’association du dieu gréco-romain Zeus-Jupiter et du dieu égyptien Amon. Alexandre le Grand, quant à lui, aimait à se faire appeler « fils de Jupiter-Amon » (ou, plus précisément, de « Zeus-Amon »). De fait, en 331 avant l’ère chrétienne, Alexandre se fit couronner pharaon par les prêtres de Memphis. Il se rendit au temple de Jupiter-Amon pour consulter son oracle et confirmer ainsi ses pouvoirs séculaires et divins auprès de ce dieu. C’est dans le temple de Zeus-Amon qu’Alexandre se fit proclamer « fils de Zeus-Amon ». Il ne subsiste aujourd’hui de ce modeste temple que quelques ruines situées dans une oasis d’Egypte nommée Siwa (ou Sioua).

De là à penser que Jean de Ruysbroeck fut tenté par un diable ou un dieu païen ayant pris figure de moine et qu’il était sous son emprise lors de son suicide, il y a un pas que, personnellement…j’hésite quelque peu à franchir. 

Eric TIMMERMANS.

Bruxelles, le 28 août 2012.

 

Sources : Bruxelles, notre capitale, Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951 / Dictionnaire des rues, places…de Bruxelles (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Histoire secrète de Bruxelles, Paul de Saint-Hilaire, Albin Michel, 1981.

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Cinémas

 

André BETTE ouvre encore une fois sa boite  aux trésors pour Bruxelles Anecdotique

 

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Pour mon amis Gilbert et merci à André BETTE.

 

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Merci à Titi pour l’image du film

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Un programme du Cinéma
LA CIGALE
rue Neuve – BRUXELLES.

 

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LE METROPOLE
rue Neuve – BRUXELLES.

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ODEON
47 chaussée d’Anvers – Bruxelles II

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Programme 1938 LE FORUM
Chaussée de Gand Molenbeek Saint-Jean.

 

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Le ROYAL BOURSE
44, rue des Pierres

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Le CINEAC CENTRE

 

 

L’Hôtel de ville de Bruxelles.

 

 

Résoudra-t-on l’énigme de la tour de l’Hôtel de Ville de Bruxelles ?

Belga

Mis en ligne le 27/08/2012

Depuis des siècles, la tour de l’Hôtel de Ville de Bruxelles, décentrée, demeure une énigme et choque. Un procès permettra-t-il de la résoudre ?

Depuis des siècles, la décentration de la tour de l’Hôtel de Ville de Bruxelles choque. Le double décentrement demeure une énigme. Un ‘tribunal de l’énigme de la tour’ se réunira le 15 septembre prochain dès 18h00 aux Archives de la Ville de Bruxelles. Diverses thèses seront présentées oralement. Les ‘avocats’ des différentes parties, à savoir des historiens, ingénieurs et archéologues, y viendront défendre leurs hypothèses. Le public présent constituera le ‘jury’.

Pourquoi l’aile gauche est-elle plus longue que l’aile droite ? Pourquoi le porche qui s’ouvre au rez-de-chaussée est-il, lui aussi, décalé de 80 centimètres vers la gauche ? Ni les images anciennes, ni la recherche et l’analyse archéologiques des structures remaniées au cours du temps, ne permettent de résoudre ce mystère. Plusieurs hypothèses avancées proposent des scénarios crédibles, mais sans aucune certitude.

La durée du ‘procès’ est estimée à 1h30. Il s’agit d’une initiative de l’Echevinat de la Culture et cela dans le cadre des Journées du Patrimoine. La délibération du jury se fera autour d’un apéro et le jugement sera rendu, comme au Moyen-Âge, au moyen de fèves colorées.

Les Archives de la Ville de Bruxelles sont établies rue des Tanneurs, 65, à 1000 Bruxelles. Informations : Tél : 02-279.53 20 et www.archives.bruxelles.be

Le Géant

                                           LA MONTAGNE DU GEANT

 

A Bruxelles, l’une des sept portes de la première enceinte de la ville se nommait Steenpoort (ou « porte de pierre »). Elle était établie sur un lieu nommé « Montagne du Géant » qui correspond au bas de l’actuelle rue de Rollebeek et dont une rue portait le nom. Un morceau de la première enceinte et une tour secondaire –la « Tour Anneessens »- qui communiquait jadis avec la Steenpoort, est encore visible à cet endroit aujourd’hui.

 

Le nom de « Montagne du Géant » semble provenir d’une légende dont le contexte se situe au 10ème siècle. Ainsi, vers 960, à l’emplacement de l’ancienne Steenpoort (ou, plus précisément, si l’on suit Eugène Bochart, à l’emplacement occupé, au milieu du 19ème siècle, par le pâté de maisons situé entre la Montagne du Géant et l’impasse des Trois-Perdrix ; Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles, p.489), se dressait un château seigneurial occupé par un géant qui, dit-on, mesurait plus de 2,70 m.

 

Ce géant était connu pour son caractère fantasque et sauvage, mais il avait également la réputation de ne s’attaquer qu’aux voleurs, maraudeurs, vagabonds et autres brigands et de prendre systématiquement la défense des faibles et des opprimés.

 

Pour surveiller les alentours, il se postait sur une tour qu’il avait fait élever à grands frais sur un haut monticule. Lorsqu’il s’apercevait qu’une quelconque injustice était sur le point d’être commise, il se ruait hors de ses murs pour venir en aide aux victimes.

 

Le reste de son temps, il le consacrait à sa fille unique, Héléna. C’était une jeune et magnifique créature sur laquelle le bon géant reportait toute son affection. De fait, sa défunte mère avait trépassé en lui donnant le jour.

 

Héléna n’était jamais sortie de l’enceinte du château, mais un beau jour, alors que son père était sorti, elle décida de s’aventurer dans la vallée du Rollebeek. A peine avait-elle fait quelques pas en dehors du château qu’elle fit la rencontre d’un jeune chevalier qui, frappé par sa beauté, en tomba instantanément amoureux. Et il semble bien qu’il en fut de même pour la jeune fille.

 

Les deux jeunes gens, pétrifiés par le coup de foudre, se tenaient encore immobiles, lorsque surgit le père de la jeune fille qui, de manière assez brusque, demanda au jeune chevalier ce qu’il pouvait bien vouloir à sa fille, alors que celle-ci, le front rouge, se ruait dans les bras de son père.

 

Le jeune homme se présenta sous le nom de Hans de Huysteen et précisa qu’il avait été fait chevalier par Lothaire. Il avoua ensuite au seigneur géant le tendre sentiment qu’il nourrissait pour sa fille.

 

Le géant réfléchit et finit par lui dire qu’il ne donnerait sa fille qu’à celui qui serait capable de construire en une nuit une route qui lui permettrait de venir la chercher dès la première heure de l’aube, en la faisant passer sous un portique, à la chapelle Saint-Géry. Le géant, narquois, s’en retourna avec sa fille au château, certain que le jeune chevalier ne pourrait relever pareil défi.

 

Le malheureux prétendant comprit bien vite qu’une telle entreprise relevait de l’impensable. Il alla toutefois s’adresser aux ouvriers de son oncle qui travaillaient dans des mines de cuivre de la forêt de Soignes (dont, jusqu’à nos jours, aucune trace n’a toutefois pu être trouvée…). Mais les chefs de ces derniers ne furent guère encourageants. Selon eux, construire une route conduisant du château du géant aux limites de Bruxelles nécessitait le travail de mille ouvriers travaillant quotidiennement durant une année entière.

 

Désespéré, le jeune chevalier s’en retournait, quand soudain une voix l’interpella : « Vous me semblez bien triste, sire de Huysteen et cela se comprend : personne en ce monde ne pourra vous aider. Mais si vous le désirez, moi je vous tirerai de la peine. »

 

L’être qui s’adressait ainsi au jeune chevalier ne devait pas mesurer un mètre de haut : c’était un des lutins qui hantaient les mines de cuivre de l’oncle du jeune sire Huysteen. Il apprit à ce dernier que les travaux miniers le dérangeaient beaucoup, lui et les siens, aussi lui demanda-t-il, en échange de son aide, de tenir ce serment : « Si vous voulez me jurer de cesser les travaux et de combler la galerie, afin de me laisser avec les miens jouir en repos de ma puissance dans les entrailles de la terre, nous ferons cette nuit le chemin et le portique exigés par le géant, et demain vous serez lépoux dHéléna. » (Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles, p.492).

 

Mais un obstacle se dressait encore sur le chemin du jeune Huysteen : son oncle avait un fils qui, bien qu’il soit un véritable vaurien, n’en était pas moins l’héritier légal des biens de son père. Le lutin lui apprit alors que ledit fils avait été tué, le matin même, par un écuyer qu’il avait fait bâtonner la veille. De ce fait, le jeune sire Huysteen devenait le seul héritier. Aussi jura-t-il bien vite au lutin que, dès qu’il aurait hérité de son oncle, il ferait fermer la mine de cuivre. Le lutin, quant à lui, jura que les travaux seraient terminés dès l’aube.

 

A minuit, s’éleva une terrible tempête. Des vents déchaînés déracinèrent des arbres immenses alors qu’un formidable tonnerre grondait. Toutefois, de son château, Héléna entendit au-delà du déchaînement des éléments, le bruit de marteaux, le roulement de brouettes et les voix étouffées d’une armée d’ouvriers. Son père, le géant, se montra sceptique et prétendit qu’il s’agissait là du Chasseur sauvage poursuivant quelque bête féroce de la forêt. Mais Héléna insista, à quoi son père lui répondit que si Huysteen avait réellement entrepris le travail qu’il lui avait demandé, c’est qu’il était fou. Brusquement, la tempête cessa et plus aucun bruit ne troubla le silence de la nuit.

 

Aux premières lueurs de l’aube, Héléna se précipita à la tourelle pour découvrir à sa grande surprise et à sa plus grande joie, briller un magnifique portail et s’étirer une route au bout de laquelle elle vit Hans de Huysteen arriver à cheval, suivi d’un élégant palefroi conduit par deux pages. Le même jour, le géant accorda la main de sa fille au sire Hans de Huysteen qui, à la mort de son oncle, tenant parole, fit combler les tunnels d’extractions des mines pour le plus grand bonheur et la plus grande quiétude des lutins qui les habitent…

 

De cette légende en est née une autre. Il est dit qu’un géant apparaissait dans la cour de la prison de la Steenpoort dans la nuit qui précédait l’exécution d’un condamné. Il ne se montrait toutefois pas lorsqu’on avait condamné un innocent.

 

Voilà aussi pourquoi, dans les querelles des métiers, l’apparition du géant était considérée comme un signe de culpabilité. Ainsi, les adversaires se lançaient parfois les paroles suivantes, sensées accréditer la culpabilité de l’autre : « Arrière misérable, la veille de ta mort, tu verras le géant. »

 

 

Eric TIMMERMANS

Bruxelles, le 16 août 2012

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Sources : Dictionnaire historique des rues, placesde Bruxelles (1857), Eugène Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981, p. 487-494.

Photos de classe

 

 

Photos de l’école gardienne n° 7.
rue Haute.

 

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Photo n° 1 – (1946)
A 5 Théo CLAYS – B 3 Jeannine SURDIACOURT – B 4 Marie-Jeanne BRUNO.

Pour ceux/celles qui souhaitent voir « Rossen Tich » (Théo A 5) adulte vous pouvez taper : http://ecole7.skyrock.com et visiter la page (actuelle) n° 90 et surtout 89, hei ma vast ?
j’ai écrit plusieurs commentaires sur la famille CLAYS sur ce site (école 7), hei ma nog vast ?  – Gilbert Delepeleere. (24/08/2012)

 

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Photo n° 2

A 3 Jeannine  SURDIACOURT –  b1 Marie Jeanne Bruno.

 

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Photos n° 3 – année 1947

A 6 Nanouche DERESYS

 

 

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Photo n° 4 – année 1951
B 2 Francine Kohne

 

 

Rue des Six Jetons

LE JARDIN AUX FLEURS
« De Bloemenhof »

 

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1953, les « arbres » du « Au Jardin aux Fleurs » sont encore visibles.
Les écoles communales 17 pour filles et 4 pour garçons, et pas très loin l’Athenée Léon Lepage.
A l’autre extrémité de la ligne rouge, (Place Fontainas) le grand bâtiment des Papeteries de Belgique « de Reuskes » pour les habitants du quartier.

La ligne rouge : La rue des Six Jetons
La ligne verte : La rue Van Artevelde
La ligne blanche : la rue des Riches Claires
La petite Senne qui longe la rue Van Artevelde
Plus haut, la Senne de Ransfort
En bas à droite, la grande Senne et les points représente une partie de la 1ère enceinte de la ville de Bruxelles.

  

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Rue des Six Jetons 68
Pas moche la maison et son porche d’entrée et pourtant…

 

La place du Jardin aux fleurs doit son nom à une célèbre guinguette, haut lieu d’arbalétriers, c’est hélas le « DISCA »  qui est venu,  après la deuxième guerre remplacer le  « Bloemmenhof ».  J’ai encore (PH) un vague souvenir de  la façade et du nom en bruxellois,  Andrée ou d’autres visiteurs eux, en auront peut-être encore un souvenir plus précis ? Guillaume ?

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Photo 3 

C’était à l’origine une ferme, une  « Pachhuys »  dont les champs confinaient à la blanchisserie de la fontaine autrefois située rue de la Buanderie.

Un témoin, raconte à Jacques DUBREUCQ (volume 3), que l’endroit présente encore en 1932 un charmant décor campagnard. Le jardin aux Fleurs, est l’estaminet,  dont la salle est située en contre-bas de la rue ! C’est vrai,   la salle était si base quelle se trouvait sous le niveau de la petite Senne, et plus d’une fois, l’eau monta dérangeant ainsi les joueurs de cartes.

 

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Photo 4

Etat en 1920 du local du Grand Serment, doyenne des gildes bruxelloises, avec trois bustes royaux sous la fière inscription rappelant la visite de Léopold II en 1881. Aux murs, sous les portaits d’illustres protecteurs, figurent des arbalètes historiques.

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Photo 5

 

 

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Photo 6

Saint Georges, patron de la gilde, terrasse le dragon (photos Patriotes Illustrée)

 

 

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Photo 7

Une grande cour carrée vers laquelle regardent toutes les fenêtres des corps de bâtiment qui l’entourent.  Et là,  des tables de bois, peintes en verts, dont les pattes sont plantées dans le sol battu, avec des banquettes et des chaises dans le même style. Quand le temps est doux, le soir, on peut faire une cure de repos et de silence et cela, en plein cœur de la ville. On espérait faire de ce lieu bucolique  un musée folklorique, hélas,  il n’en fut rien le DISCA  a envahi les lieux. Triste.

 

Si l’estaminet «Bloemehof » est déjà cité en 1818, tenu par  L. SLOSSE, on peut estimer à 1833 l’époque où, au fond de la majestueuse allée de hêtres de la vieille ferme, s’installa un des plus superbes tirs  à l’arc  qui font l’extraordinaire richesse de l’histoire de la capitale. Cette année-là avaient fusionné avec le Grand Serment Royal ou Serment Notre Dame (de1381) et le Serment de Saint-Georges ou Petit Serment (qui remontait 1390 et la nouvelle société avait choisi  le jardin aux fleurs comme quartier général.

 

Sensation extraordinaire dans la rue des Six Jetons, en juillet 1859, on y a annoncé la visite des princes royaux au Jardin aux Fleurs. Léopold, qui deviendra Léopold II six ans plus tard et son frère Philippe. Une foule immense se précipita pour  acclamer les augustes visiteurs à leur entrée au Jardin aux Fleurs où Philippe vient prendre la présidence d’honneur de la « Société Royale de la Jeune Union », lors d’un concours international de petite arbalète au but à blason rond.

1866 Philippe et Léopold patronnent à nouveau. Nouvel évènement majeur en décembre 1866 lorsque la société« La jeune union », à  l’occasion de son 25ème anniversaire, se rebaptise en « Grand Serment Royal de l’arbalète au but de Bruxelles », toujours sous la présidence d’honneur du Comte de Flandre  Philippe, et sous le patronage  cette fois du jeune Léopold II. Le quelle  reviendrait en plus grande pompe encore au Jardin aux Fleurs le 21 août 1881 : on y fêtait le 500ème anniversaire du Grand Serment Royal et de Saint Georges.

 

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Près de quarante ans après Léopold II, le 14 juin 1920, le prince Léopold, futur Léopold III, le « Prince soldat », fut reçu au Grand Serment de la rue des Six Jetons par « l’empereur » et le « roi » de la vénérable gilde. Après son tir, forcèment réussi, il reçut les félicitations d’usage (du Patriote Illustré).

 

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Dix ans ont passé, et à présent, en juin 1930, c’est le roi Albert lui-même qui vint au Grand Serment de la rue des Six Jetons. Où les yeux du président VAN DEN HAUTEN, qui venait de le proclamer « roi » à vie, Albert dégusta le lambic d’honneur en même temps qu’Adolphe MAX.

 

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 Photos de Jacques DUBREUCQ volume 3

 

Plus tard, aux cours  des années 1880, l’îlot triangulaire actuellement compris entre les rue Pletinck, Van Artevelde et des Six Jetons fut largement entamé par la construction de l’école communale n° 4, pour garçons.

 

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Une classe dans les années 50 de l’école 4. Le « Maître » Monsieur STUBBE.
C’était « ma » classe. Je suis « peut-être » en A 1 ?

Avec une entrée sur cette dernière, en face du « Jardin aux Fleurs ». A une époque où  l’ancienne zone de l’impasse des écus servit à l’école n° 7 pour filles. Donc à peu près en face de la précédente. Le cercle philanthropique « Le Progrès » vint en décembre 1898 donner une fête accompagnée d’une distribution de vêtements  pour les garçons  et filles des deux écoles. Chaque garçon reçut « une paire de galoches, des bas, chemise, pantalon, veston, casquette et écharpe. Et pour les filles ce fut : idem, sauf jupon de dessous, robe tablier et capeline. Le tout en « étoffe chaude et solide »  On en profita d’ailleurs pour rappeler  que les dons étaient acceptés chez le président de l’œuvre Monsieur TAVERNE, 11 rue Saint Ghilain.

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Même époque, une classe de fille de l’école 17 – Merci à Andrée BOLSIUS pour la photo.

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Rue des Six Jetons

 

                                                    LA RUE DES SIX JETONS

 

La rue des Six-Jetons s’étend sur 270 m de la place du Jardin aux Fleurs à la rue de la Grande Île. Elle était jadis la seule voie de communication entre la « Petite Île » (place Fontainas) et les quartiers des Chartreux et du Marché aux Grains. A noter que le Jardin aux Fleurs, dont une place a gardé le nom, a été détruit sous l’occupation nazie, en décembre 1940. S’y élevait à cette époque le local de la société des arbalétriers du Grand Serment Royal et de Saint-Georges. On trouvait aussi dans cette rue, deux écoles communales (4 et 17), de même qu’une école catholique.

 

Selon une version, la rue des Six Jetons devrait son nom à un immeuble qui se trouvait à côté d’un refuge de religieux qui, pendant les épidémies, allaient visiter et soigner les malades. L’habitation portait le nom de « maison des Six-Jetons » (ou des Six Deniers), du fait que ladite propriété aurait été vendue pour six deniers, à charge, pour l’acheteur et ses héritiers, de faire tous les ans, et ce, un siècle durant, un pèlerinage nu-pieds et nu-tête, à Notre-Dame de Hal. Là, ils y entendraient trois messes basses, parmi lesquelles ils devraient spécialement prier à l’intention du vendeur. Ce dernier craignait pour son salut, parce qu’à l’occasion d’une grave maladie, il avait omis d’accomplir un vœu… Aussi voulait-il par ces prières demandées aux acheteurs, se garantir, en quelque sorte, une assurance sur l’au-delà ou, si l’on préfère, une place au paradis… Las, l’artère qui nous intéresse ici portait déjà le nom de « rue des Six Deniers » en 1321, alors que l’immeuble qui nous occupe, lui, ne fut construit qu’en 1700.

 

Mais selon une autre version, quatre voleurs se seraient emparé d’une assez forte somme d’argent dont ils avaient délesté, en forêt de Soignes, quelques voyageurs imprudents. Dans la nuit, ils vinrent dans un enclos situé à l’emplacement de la rue des Six-Jetons et ils se partagèrent le butin. Mais un excédant de six deniers fut à l’origine de la discorde qui éclata entre les bandits et ils en arrivèrent bientôt à s’entre-tuer. Lors de leur ronde matinale, les archers du Serment de Saint-Antoine trouvèrent à cet endroit les corps des quatre malfaiteurs dont un seul respirait encore. Celui-ci avoua ce qui s’était produit et, en guise de confirmation de ses dires, l’on retrouva non loin de là les six deniers litigieux.

 

Une troisième version évoque un jeu de cartes dont les enjeux n’étaient pas payés en deniers mais en simples jetons, les jeux d’argent étant prohibés.

 

Historiquement, depuis des temps immémoriaux, la rue des Six Jetons franchissait la « Petite Senne » sur le « Pont des Six Jetons », à l’endroit où la rue croise aujourd’hui la rue Van Artevelde, construite sur la « Petite Senne » asséchée. Ce pont aurait été érigé par un des premiers meuniers d’un célèbre moulin à eau nommé Slijpmolen qui, au 19e siècle, était encore utilisé pour moudre le grain  Ceci ne nous éclaire toutefois pas sur l’origine du nom de la rue qui, pour tout dire, reste un mystère.

 

 

Eric TIMMERMANS.

Bruxelles, le 8 août 2012.

 

 

Sources : Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles (1857), Eugène Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, Le Livre, 1995, p. 318.

Vacances 2012

 

 

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francine suit les bons conseils de Jef et déguste une « dégustation de fruits de Mer » à Perros – Guirec (Bretagne Nord)

 

 

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Photo 3

Hélas, Pierrot a oublié « sa carte » à Bruxelles, francine dû balayer l’entrée de l’église de Perros – Guirec, pour payer la note du restaurant.

 

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La plage de Perros-Guirec en Bretagne du Nord.

 

 

Rue du Faucon

LA RUE DU FAUCON, DANS LE SILLAGE DU BOURREAU

 

 

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Merci à Guillaume Kekenbosch
Partie supérieure de la rue du Faucon.

 

1. La rue du Faucon.

 

La rue du Faucon s’étend aujourd’hui sur une centaine de mètres entre la rue Haute et la rue des Minimes. Elle se situe dans l’axe de la rue de Wynants, située derrière le Palais de Justice.

Au 18e siècle, s’établit dans cette artère un cabaret dénommé In de Valk (Au Faucon). Sa porte s’ornait d’ailleurs d’un faucon qui finit par donner son nom à la rue. Cette dénomination fut officiellement reconnue par décision communale en 1851. La rue du Faucon fut parfois désignée comme une impasse parce que, semble-t-il, sa partie supérieure n’était rien d’autre qu’un chemin de terre. De fait, à la fin du 19e siècle, la rue du Faucon possédait elle-même sept impasses, soit celles du Bélier, de la Lampe, des Corporations, du Coutelier, du Fauconnier ( !), du Météore –où s’entassaient alors pas moins de 112 habitants !- et des Groseilles. Seule cette dernière subsiste encore aujourd’hui, à deux pas de la rue de Montserrat (ex-rue des Marolles), au cœur même de la Marolle donc.

 

« Perpendiculaire à la façade arrière du Palais de Justice, cette rue [Montserrat] de 225m prend cours à la rue De Wynants et rejoint en un angle aigu l’extrémité de la rue aux Laines. Elle n’est autre que l’ancienne rue des Marolles, laquelle fut annexée en 1853 par la rue des Minimes. Mais la rue des Minimes ne garda pas longtemps ce prolongement : en 1875, le nouveau Palais de Justice les sépara. Poelaert fit dévier la rue des Minimes vers l’ouest, au bas des rampes monumentales et l’arrêta net à la rue du Faucon, tandis que l’ex-rue des Marolles était quelque peu amputée par l’arrière du Palais et par l’élargissement de la ruelle des Sabots transformée en rue De Wynants. Cette ex-rue des Marolles (tronçon égaré de la rue des Minimes), rectifiée et plus ou moins élargie, reçut alors un nouveau nom : celui de la madone espagnole de Montserrat (ou « Mont Scié », en catalan, ce massif montagneux proche de Barcelone étant formé de roches à arêtes rectilignes qui paraissent avoir été sciées). » (Jean d’Osta, 1995).

 

« L’arrêté du 17 juin 1851 a aggloméré dans la rue des Minimes la petite rue Notre-Seigneur, qui menait du Grand-Sablon jusqu’au tournant, et porta un instant, sous la domination française, le nom de rue de la Vieillesse. L’arrêté du 4 mai 1853 a aggloméré, à son tour, dans la rue des Minimes, la rue des Feuilles, qui faisait suite au couvent, et la rue des Marolles qui terminait la voie jusqu’à la rue aux Laines. Au bout de la rue des Minimes, à droite, se trouve le mur de clôture de l’hôpital St-Pierre. » (Eugène Bochart, 1857).

 

C’est aussi au coin de la rue du Faucon et de la rue des Minimes qu’en juillet 1933 fut inauguré, par le bourgmestre Adolphe Max, un monument dédié à « L’Esprit des Marolles ». Il s’agit d’un bas-relief de 3 m sur 4 m figurant six joyeux drilles en train de boire, de chanter, de danser et de jouer de l’accordéon. Le sculpteur portait le nom de Maurice Wolf.

 

Une partie de la rue (supérieure, numéros pairs) fut en grande partie démolie afin de permettre son élargissement et l’érection des immeubles modernes de la rue des Minimes. 

 

2. La rue du Bourreau.

 

Mais quel pouvait bien être le nom de la rue du Faucon avant que ne s’y établisse le cabaret qui devait lui donner son nom définitif en 1851 ? Elle se nommait jadis la « rue du Bourreau » (Beulestraet, Beuletroet, Beulestrout). De fait, au 16e siècle, au deux tiers de la rue du Faucon, en descendant à droite avant d’arriver à la rue Haute, se trouvait une maison dont la porte était peinte en rouge : elle était habitée par l’exécuteur des hautes œuvres, c’est-à-dire, le bourreau. D’ailleurs, n’est-ce pas à quelques pas de là, sur le Galgenberg, là où se dresse aujourd’hui le Palais de Justice, que l’on érigeait jadis les potences ? On eut beau lui donner d’autres dénominations, la rue n’en garda pas moins son nom populaire de « rue du Bourreau », et ce même bien après que ce soit établit à cet endroit le cabaret du Faucon !

 

 

Eric TIMMERMANS.

Bruxelles, le 3 août 2012.

 

 

Sources : Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles, Eugène Bochart, (1857), Editions Culture et Civilisation, 1981, p. 193, 299 / Dictionnaire historique et anecdotique

 

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 Voici une photo de la partie inférieure de la rue du Faucon prise au début des années 1980.

 

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Pour notre camarade Jef Slagmulder.
Coin rue Blaes rue des Renards – Août 2012.

 

 

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Encore une photo de la rue Blaes (vieux Marché).
Août 2012.

 

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