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Quelques faire-part du temps passé.

 

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Le port de Bruxelles

 

 

Maman, les p’tits bateaux. Qui vont sur l’eau ont-ils des jambes ?

 

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 Photo 1

Chouette tableau peint par Bossuet en 1888 et conservé à l’hôtel de ville, nous donne une idée des installations portuaires de Bruxelles avant 1830.

Dans l’axe de l’hôtel de ville et du quai aux Briques. A droite la Maison du cheval Marin (toujours en place en 2012) et à gauche la Maison aux Barques, dont la tourelle avec l’horloge est surmontée d’un petit bateau à voile. C’est là qu’on s’embarquait , pour le « grand » voyage.

 

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Photo 2 (pour lire, un clic sur le texte)

 

A gauche de la photo,  on voit une belle petite maison, qui se trouvait à quelques mètres de la maison du Cheval Marin, c’était « la Maison des Barques ». C’est dès les origines des bassins bruxellois du canal, au 16ème siècle, que fut inaugurée au quai Aux Barques « la Maisons des Barques », la « Veerhuys« , qui plus tard pris le nom populaire de  « Oud Verhuysken ».

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Photo 3

Embarquement de la Barque Publique au Quai aux Barques.
(dessin humoristique début 18ème siècles).

C’était une Jolie petite construction avec des façades de style espagnol et petite tourelle carrée, c’était le bureau où se percevait  le prix du voyage, pour se rendre en barque à Malines et ensuite, après avoir changé par un bateau à voile à Anvers.

Le bureau donnait accès à un embarcadère en bois, qui était séparé du reste du Quai aux Barques par une grille, entrecoupée de pilastres de pierre, au milieu de laquelle se trouvait un deuxième petit bâtiment, également avec un agréable  petit fronton à gradins. Le bureau principal,  possédait dans une tour une cloche d’appel des voyageurs, appel  qui devait se faire 5 minutes avant le départ par le son de la cloche, précise encore un règlement arrêté en 1822, ainsi qu’une horloge qui variait quotidiennement  avec l’heure de la marée.

 

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Photo 4

Lorsqu’on a démoli la « Maison des Barques » en 1832, on récupéra sa cloche  pour la faire fondre  à la fonderie de la Monnaie qui était situé en face du grand théâtre.

Durant des siècles,  c’est ici  qu’accostèrent  les barques publiques, les « coches d’eau » comme on les appelait aussi, qui, à l’égale des diligences, assuraient de véritables transports en commun par eau.

Après que les deux à trois personnes ont pris place dans la barque, les quatre bons chevaux de bruxelles, tractèrent nos voyageurs jusqu’à « Trois Fontaines ».  Le règlement stipulait encore que  le conducteur des chevaux de halage était obligé de donner du cornet à l’approche des ponts et écluses et bateaux, qu’il devait rester poli en toute circonstance, et avoir une tenue correcte, il était interdit de fumer (déjà) sauf sur le pont supérieure, et les  « zatlapes » sont interdits sur la barque.

 

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Photo 5

 

Le voyage d’Anvers, avant l’arrivée des chemins de fer, était simple, soit vous y alliez en diligence ou bien vous preniez la barque  à halage par chevaux j’usqu’à Boom. Et de Boom, vous poursuiviez votre voyage soit en diligence, soit en bateau à voile.

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 Photo 6

 

Voilà à droite,  les maisons de la rue du Marché aux Porcs, dont une à été épargné par le bombardement de la ville qui eut lieu en 1695. J’ai encore connu en 1950, une fête foraine au « Varkesmet », qui était déjà une place avec jardin à l’époque.

 

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Photo 7

 

 

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Photo 8

 

C’est avec le porteur de dépêche  équipé d’un grand bis de la marque « Turner », que nous allons quitter la quartier.
Dessin de Tichons, paru en 1887, dans L’Illustration Européennes

 

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Aux visiteurs que le sujet a intéressé, je ne puis que les conseillers d’acquerir le volume 4 de BRUXELLES 1000 – UNE HISTOIRE CAPITALE – Jacques DUBREUCQ

Charlemagne

              LE VAL DES ROSES ET SA LEGENDE CAROLINGIENNE

 

1. L’Impasse du Val des Roses.

 

val des Roses.pngLe « Val des Roses » est le nom d’une impasse (qualifiée de « rue » par Eugène Bochart, en 1857) située entre les numéros 17 et 19 de la rue du Chêne. Elle fut tracée pour donner accès au pan de rempart encore visible dans ses environs immédiats (Tour de Villers). L’importante largeur de cette impasse s’explique par le fait qu’elle est le vestige d’une rue bien plus longue et très ancienne connue sous le nom de rue Rosendael, d’ores et déjà citée en 1394. Cette artère « longeait l’intérieur du mur de la première enceinte (dont le fossé extérieur devint la rue des Alexiens) et qui, à ses deux extrémités, rejoignait la rue du Chêne en faisant un coude. L’impasse qui subsiste est l’un de ces deux coudes. » (Jean d’Osta).  La rue parallèle au rempart et le coude de droite ont quant à eux disparu, suite aux agrandissements de l’athénée réalisés au début du 20e siècle. L’impasse devrait son nom à des roseraies qui se situaient là, semble-t-il, mais la légende bruxelloise, elle, nous offre une histoire bien différente et autrement plus imaginative !

 

2. La légende du Val des Roses.

 

Le nom de l’impasse tire vraisemblablement son origine d’une légende que nous avons retenue sous la forme qui nous a été livrée par Eugène Bochart, bien qu’il en existe vraisemblablement d’autres.

 

Il y avait autrefois, dit-on, un superbe jardin situé dans un espace compris entre la rue des Alexiens, la défunte rue de Bavière et la rue du Chêne. Au milieu de ce jardin s’élevait une habitation semblable à un palais en miniature.

 

Au mois de mars 804 (soit 175 ans avant la date, très théorique il est vrai, de la fondation de Bruxelles !), il est dit que l’empereur Charlemagne, accompagné de l’impératrice Régine, vint en cet endroit prendre quelque repos. Charlemagne aimait particulièrement ce jardin et prenait plaisir à s’asseoir à l’ombre d’un grand chêne qui aurait donné son nom à la rue voisine. Là, il écoutait les requêtes de ses sujets et rendait la justice. L’empereur espérait bien passer une partie du printemps dans cette résidence, mais le devoir l’obligea bientôt à reprendre les armes et à se mettre à la tête de ses armées : les Saxons étaient sur le pied de guerre.

 

Avant de poursuivre notre récit, interrogeons-nous un moment sur ce point d’histoire : Charlemagne résida-t-il réellement à Bruxelles ? Il semble qu’il n’y ait aucune certitude à ce propos, mais voyons ce que disent, à ce propos, Messieurs Henne et Wauters : « De nombreux martyres attestent la lenteur des progrès de la religion nouvelle [ndr : chrétienne], qui ne fut définitivement établie que sous le règne de Charlemagne. Ce prince résidait d’ordinaire aux environs de Liège et d’Aix-la-Chapelle et, plus d’une fois, on n’en peut douter, il dut passer par Bruxelles où la tradition a conservé son souvenir. Ainsi on prétend qu’il fit consacrer les églises de Laeken et d’Uccle, et qu’il avait en ce dernier endroit une habitation appelée depuis Karl-loe ou Carloo. Il vint à Uccle, dit-on, en 803, avec le pape Léon III et l’évêque de Liège Gerbald, en se rendant de Kiersy-sur-Oise à Aix-la-Chapelle, mais cette opinion a trouvé des contradicteurs et ne doit être admise qu’avec réserve. A son fils Louis-le-Débonnaire, on attribue la fondation de l’église Saint-Jacquies-sur-Coudenberg, assertion entièrement dénuée de preuves. » (Histoire de la Ville de Bruxelles, t.1, p. 14).  

 

Mais reprenons notre récite. Son époux parti, Régine resta seule à Bruxelles et c’est avec mélancolie qu’elle se languissait de l’empereur dans son jardin du Val des Roses. Survint alors Tallen, frère de Charlemagne, qui depuis longtemps était épris de l’impératrice. Il n’hésita pas à lui déclarer sa flamme, faisant valoir qu’il était de vingt ans le cadet de son frère. Comme l’impératrice ne cédait toujours pas à ses avances, il la menaça de la calomnier auprès de l’empereur.

 

Régine se dit alors qu’elle devait gagner du temps et fit mine de céder aux avances de Tallen. Dans le jardin, elle fit construire un pavillon où elle entraîna, par ruse, le frère indigne pour l’y enfermer à double tour, lui promettant qu’il resterait là jusqu’au retour de l’empereur. Mais Tallen usa d’une telle persuasion et feignit un tel repentir que la faible Régine finit par le libérer de sa prison.

 

A peine fut-il libre que Tallen prit la route pour rejoindre Charlemagne auquel il fit croire que son épouse lui avait été infidèle. L’empereur, qui faisait par trop confiance en son traître de frère, donna aussitôt l’ordre de faire exécuter l’impératrice. Les agents délégués par Tallen ne tardèrent pas à partir pour Bruxelles afin d’y exécuter la sinistre sentence : ils précipitèrent Régine dans un étang.

 

La malheureuse se sentait mourir lorsqu’elle fut tirée de l’eau par le chien d’un vieil ermite, mort depuis peu. L’animal réchauffa l’infortunée Régine qui, sortie de son évanouissement, se mit à marcher dans la nuit. Elle vendit les quelques bijoux qu’elle portait, se procura des vêtements et se mit en marche pour Rome où elle rencontra le pape Léon III. Elle lui raconta ses mésaventures et le pape lui promit qu’elle ne quitterait Rome qu’après avoir retrouvé son rang d’impératrice.

 

A Rome, Régine cultivait un petit jardin, comme elle le faisait à Bruxelles. Elle devint bientôt experte dans ce que nous nommons aujourd’hui la phytothérapie et ses remèdes, particulièrement ceux destinés à soigner les maux des yeux, acquirent bien vite une grande célébrité.

 

Un an s’était écoulé depuis la mort présumée de l’impératrice Régine et l’infâme Tallen jouissait toujours des faveurs de l’empereur. Mais il était torturé par le remord. Un jour qu’il se promenait le long de l’étang où l’impératrice avait été précipitée, il rencontra un chien qui le mordit sauvagement : c’était le chien qui avait sauvé Régine des eaux ! Tallen, épouvanté, prit la fuite et tomba dans une fondrière. Quand ses valets le retrouvèrent, il était aveugle.

 

Immédiatement, on consulta les plus éminents médecins, mais rien n’y fit. Un jour, toutefois, on évoqua le cas d’une femme qui vivait à Rome et qui était experte dans le domaine du soin des yeux. Aussitôt, Tallen, accompagné de l’empereur, se rendit à Rome. Là, il visita Régine dans sa cellule. Lorsqu’elle le reconnut, elle dut réprimer un long frisson d’horreur.

 

L’aveugle lui demanda son aide et elle lui fixa rendez-vous, le lendemain, à la basilique Saint-Pierre, où elle promit de le guérir en présence du pape et de l’empereur.

 

Il fut fait ainsi. Le lendemain, Régine, conduite par le pape, apparut vêtue d’un long voile noir et elle dit à l’infâme calomniateur : « Un crime horrible écrase votre conscience, dit-elle au malade. Aux lieux mêmes où vous perdîtes la vue, vous avez failli à l’honneur. Vous avez voulu déshonorer votre frère et trahir votre Empereur. Confessez vos forfaits et Dieu vous guérira. » (Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles, p.543).

 

Lorsque Tallen avoua son crime, la fureur emporta Charlemagne qui frappa le frère indigne à coups de pied, exigeant qu’on l’exécutât sur l’heure ! Vint ensuite le moment de désespoir, lorsque l’empereur se souvint qu’il avait fait exécuter son épouse sur base d’accusations calomnieuses. Mais Régine se découvrit bientôt et l’empereur, transporté de joie, tomba dans ses bras.

 

Restait à fixer le sort du frère calomnieux qui, s’il n’avait tenu qu’à Charlemagne, serait certainement mort dans d’atroces tourments. Régine intercéda en sa faveur et Tallen fut exilé sur une île de Hollande où il mourut bientôt, rongé par les remords.

 

L’impératrice fit une entrée triomphale à Bruxelles au côté de l’empereur. Elle retrouva le chien qui l’avait sauvée et il ne la quitta plus.

 

Que sont devenus le jardin et son petit palais ? Tout a disparu. N’a survécu que le nom du Val des Roses.

 

 

Eric TIMMERMANS.

 

 

Sources : Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles » (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, Le Livre, 1995, p. 335 / Histoire de la Ville de Bruxelles, t. 1, A. Henne et A. Wauters, Editions Culture et Civilisation, 1968, p. 14.

 

Andrée Bolsius

Andrée BOLSIUS
For Ever !

 

 

1 - A. Bolius

Tableau n° 1

Et la lumière fut ! la porte du destin est largement ouverte vers la liberté d’expression, l’artiste va prendre définitivement son envol avec un dernier regard sur ce passé si lourd de souvenirs…
On remarquera que les deux battants sont très largement ouverts car déjà, oui déjà son talent a du mal à passer…

 

2 - A. Bolsius

 Tableau n° 2

Les débuts sont très durs, l’avenir est sombre mais l’artiste ne vit que pour et par son art malheureusement il ne lui reste plus que 4 tubes de couleur soit le noir, le rouge, l’orange, le jaune et un peu de vert mais dans un ultime sursaut de génie prémonitoire – un spasme ultime, elle paraphe — rageuse -cette œuvre magistrale qui est un cri, un cri d’écorchée vive…

 

 3 - A. Bolsius

 Tableau n° 3

C’est l’aube, la naissance d’un nouveau style, car maintenant la maîtrise de son pinceau est affolante dans cet alignement implacable de maisons. Les fenêtres nous juge sans concessions. C’est poignant. Le ton vert est au rendez-vous, le ciel s’éclaircit et la tour de l’église taquine le ciel. On sait, on sent que ce talent trop longtemps contenu va exploser dans un torrent de couleur.

 

4 - A. Bolius

 

Tableau n° 4

C’est l’embrasement total — le feu d’artifice qui couvait à jailli, le feu est partout, du rouge, du rouge, partout et encore du rouge… c’est la générosité monstrueuse, la richesse inégalée, l’intensité de ce « rouge » qui colore ces fruits cramoisis de plaisir !, depuis ce « rouge » est dénommé « le rouge Andrée BOLSIUS ».

 

5 - A. Bolius

Tableau n° 5

Le pinceau prend la pause et tente de nous égarer après tant d’audace et de maestria débridées. Le génie se régénère encore et encore pour mieux nous surprendre dans notre subconscient. Gare au choc frontal

6 - A. Bolius

 

Tableau n° 6

Les tons rouilles/rouges sont présentés comme rempart mais généreusement l’artiste a accordé un pont afin de donner l’espoir d’accéder au monde éthéré qui séjourne dans cette demeure.

 

7 - A. Bolsius

 

Tableau n°7

La petite chapelle où vient tous les jours se recueillir le mari de l’artiste. Que vient-il demander ? Mystère. Mais l’artiste veille et répond par un arbre tordu, tordu par un rire métaphysique.

 

8 - A. Bolius

Tableau n° 8

Revenant avec des pieds de plomb et…par l’arrière de la maison (quitte à marcher dans l’eau..) le mari de l’artiste se bat la coulpe. Il est crucifié par les fulgurances incessantes de l’artiste et se demande avec une appréhension toute cartésienne « est-ce qu’ ELLE a fait à bouf… ce soir ? ». 

 

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Tableau n° 9

Cette toile exceptionnelle est visible actuellement au musée GUGGENHEIM de NEW YORK. Le tableau date de la période « bakan gienem bal nemi » avec très peu de tons différents. On reconnaît le lac d’ Hofstade qui expérimentait la mytiliculture (élevage des moules). Un œil exercé apercevra suivant les jours… un canard dans les hautes herbes et un pédalo retourné dans le lac !

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Tableau n° 10

Le bouquet final, l’envol majestueux tel un phénix vers le large. L’artiste s’est apaisée, elle conjugue avec le ciel et l’océan. Seul à présent l’infini en toutes choses narguera la palette de l’artiste. Pour nous cette sidérale traversée dans l’univers de l’artiste a été ô combien passionnante voire haletante.
C’est pantelant et soumis que désormais on pourra faire des songes en…technicolor.
Écrit par : Gilbert Delepeleer le 03 juillet 2009

 

LA VIERGE NOIRE

 

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Photo 1

Une maison de la rue de la Vierge Noire, en cours de démolition.
A l’arrière la tour de la première église Sainte Catherine, dont l’entrée principale était rue Sainte Catherine.

 

LA VIERGE NOIRE ET SON QUARTIER

 

« Le temps des vierges noires était arrivé, symbolisant ainsi l’existence cachée souterraine de la Déesse-Mère, et pour encore mieux exprimer cet état, son appartenance au monde chtonien, on plaçait sa statue dans la crypte de l’église. » (L’état morbide, Hulet, Glénat,  1987, p. 33)

 

Notre-Dame d’Assistance.

 

Jadis, on trouvait au coin de la rue de la Vierge Noire (située à proximité de la place Sainte-Catherine) et du Pont de la Barbe, une petite chapelle (ou niche) taillée dans le mur (ou adossée contre une maison) et contenant l’image d’une Vierge noire tenant l’enfant Jésus. Cette chapelle qui était placée sous l’invocation de Notre-Dame d’Assistance attirait bien du monde. On y voyait continuellement de petits cierges allumés par les fidèles. Les habits et les ornements de la Vierge étaient sous la responsabilité des gens qui habitaient le numéro 4 (numérotation de 1857) de la rue d’Anderlecht. Depuis des temps immémoriaux, tout ce qui concernait la chapelle de la Vierge d’Assistance relevait de la responsabilité des propriétaires de cette maison. Cette coutume était encore respectée à la moitié du 19ème siècle.

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La Vierge Noire sauvée des eaux.

 

Dans la nuit du 18 au 19 novembre 1744, la statue de la Vierge noire fut arrachée de son socle et jetée dans la Senne par des vandales, vraisemblablement des marins protestants (anglais ou néerlandais). Quelques jours plus tard, dit la légende, les habitants la virent flotter sur un morceau de tourbe qui lui tenait lieu de barque, et il n’en fallut pas plus pour que l’on crie au miracle ! La statue de la Vierge noire fut alors déposée dans l’ancienne église Sainte-Catherine, où elle était conservée sur un petit autel à droite du grand chœur. Il semble qu’elle disparut de son piédestal à la Révolution. Elle ne fut retrouvée que trente ans plus tard (à moins qu’il ne s’agisse d’une autre statue) et fut solennellement transportée dans l’église Sainte-Catherine. Bien plus tard, abandonnée par ses fidèles, la statue s’est, vraisemblablement, à nouveau éclipsée (Saint-Hilaire), soit qu’elle disparut définitivement lors du transfert du mobilier de la vieille église Sainte-Catherine dans la nouvelle, construite par Poelaert (Jean d’Osta), soit que l’on ait décidé de la mettre à l’abri des actes de vandalisme (Guelff).

 

Une ou deux Vierges Noires ?

 

Pas de Vierge Noire au Sablon.

 

Tuons un canard : il existe une Vierge Noire à Bruxelles, à savoir la Vierge d’Assistance de Sainte-Catherine que nous venons d’évoquer, à laquelle nous pouvons probablement ajouter la Notre-Dame de Lorette de l’église des Minimes (info à vérifier), mais il n’y a pas de Vierge Noire en l’église Notre-Dame du Sablon. Toutefois, certaines personnes, sans doute par attrait excessif pour le mystère et l’occulte, veulent absolument voir dans la Vierge de l’église Notre-Dame du Sablon, une autre Vierge Noire. De fait, il existe dans cette église une représentation de la Vierge à l’Enfant se tenant debout, au centre d’une barque, entre deux hommes assis se trouvant aux extrémités de l’embarcation. De là à identifier cette Vierge à l’Enfant à « Isis guidant l’âme du défunt vers l’au-delà », il n’y a qu’un pas que la fantaisie fait parfois franchir à d’aucuns. Soit. Loin de nous l’idée de contester l’origine païenne de nombre de traditions catholiques, dont, par exemple, l’évidente filiation entre Isis et Horus enfant, d’une part, la Vierge Marie et l’Enfant Jésus, d’autre part, mais il faut bien reconnaître que dans le cas qui nous occupe, l’explication de la présence de la Vierge dans la barque ne nécessite nullement l’intervention de la Grande Déesse égyptienne.

 

La Vierge Marie et les deux arbalétriers.

 

Certes, la version, vraisemblablement la plus connue aujourd’hui, de Béatrice Soetkens s’emparant, sur ordre de la Vierge elle-même, de la statue de Notre-Dame-à-la-Branche, à Anvers, nous conte l’histoire de Béatrice, portant son précieux bagage et prenant place dans une barque, avant de descendre le cours de la Senne jusqu’à Bruxelles. Mais ceci ne doit point nous leurrer, car il existe une version de la légende de la Vierge du Sablon qui explique parfaitement le fait qu’elle soit représentée, debout dans une barque, portant l’Enfant Jésus dans les bras, tout en étant flanquée de deux compagnons de route. La voici : au 14e siècle, deux arbalétriers bruxellois se rendirent, en barque, à un concours de tir. Une dame tenant un enfant dans ses bras leur demanda si elle pouvait embarquer avec eux, ce que les deux arbalétriers acceptèrent fort galamment. Mais soudainement, leur passagère leur apparut sous les traits de la Vierge Marie puis leur fit, par gratitude, gagner le concours. Pour la remercier, les arbalétriers placèrent leur confrérie sous le patronage de la Vierge. C’est donc cette scène de la barque portant la Vierge et les deux arbalétriers, qui est représentée en l’église du Sablon et, on le voit, elle ne nécessite ni l’intervention de Béatrice Soetkens et moins encore la présence de la Grande Isis.

 

Un mot sur Anne Baetens.

 

Ajoutons qu’au 17e siècle, une illuminée du nom d’Anne Baetens, qui se fit passer pour une sainte stigmatisée et échappa de peu aux flammes du bûcher, mais que la superstition populaire avait canonisé sous le nom de « sainte Annette », affirma que la Vierge de l’église du Sablon n’était nullement venue d’Anvers en barque, mais qu’elle n’était autre, en vérité, que l’ancienne statue primitive et qu’elle n’avait jamais quitté ces lieux. Sainte Annette avait-elle au moins raison sur ce point ? Qui sait ? Les vrais mystères sont souvent plus passionnants que ceux que l’on s’invente. Et la Vierge Noire, elle, reste désespérément absente du Sablon.

 

Le Quai aux Tourbes.

 

L’appellation de « rue de la Vierge Noire » est relativement récente : elle ne s’imposera que vers la moitié du 19ème siècle. Ainsi, en 1853, l’ancienne ruelle ne s’appelait déjà plus « quai aux Tourbes », le Conseil communal lui ayant « donné le nom de rue de la Vierge Noire, en souvenir d’une célèbre madone de bois noir, qui se trouvait jadis dans une petite chapelle adossée à une maison de la rue, mais qui avait été jetée dans la Senne pendant la nuit du 18 au 19 novembre 1744 ; » (Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, p. 346). Toutefois, en 1855, cette rue portait encore la double dénomination de « Vierge Noire » et de « Quai aux Tourbes » : « …l’on voyait au coin de cette rue, du côté de la rue de Laeken, une plaque portant ces mots : Quai aux Tourbes, tandis que de l’autre côté on lisait rue de la Vierge-Noire. » (Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles, p.557). Ce nom de « Quai aux Tourbes » provient du fait qu’avant la construction du canal, alors que la navigation se faisait sur la Senne, le terrain sur lequel fut tracée l’actuelle rue de la Vierge Noire n’était qu’une mauvaise grève où l’on déchargeait des tourbes apportées par bateaux de Vilvorde.

 

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La Tour Noire.

 

Une tour de la première enceinte.

 

On trouve au numéro 32 de la rue de la Vierge Noire, le complexe hôtelier du Novotel, dans lequel est partiellement englobée l’un des derniers vestiges de la première enceinte de Bruxelles, soit l’une des cinquante tours du premier rempart que l’on nomme la « Tour Noire ». On aurait assez naturellement tendance à rapprocher ce nom de celui de l’ancienne « Porte Noire » (ou Porte de Laeken), mais il semble que la tour actuelle doit son nom à la pollution qui a tendance à noircir ses pierres… A l’origine et jusqu’au voûtement de la Senne (1867-1871), la Tour Noire était située dans un quartier marécageux. Elle fut vraisemblablement utilisée par l’administration chargée de l’approvisionnement et de la vente de sel. Ensuite, elle fut enclavée dans un pâté de maison et utilisée à des fins privées. Le quartier de la Vierge Noire fut démoli en 1887 et c’est lors de ces travaux, que l’on retrouva ce que l’on nomme aujourd’hui la « Tour Noire », qui était alors littéralement encastrée dans les habitations. De fait, on la redécouvrit, « enrobée, dans des maisons, pendant la démolition du quartier de la Vierge-Noire en 1887. La Tour noire regardait la place de la Grue, devenue place Sainte-Catherine. Seuls, les habitants du café « In den Toren » étaient au courant de son existence. Grâce aux efforts de Charles Buls, bourgmestre, la tour ne fut point rasée. » (« Bruxelles, notre capitale », p.15). Rappelons que la Tour Noire eut un autre défenseur illustre en la personne de Victor Hugo. De fait, en 1871, suite à la destruction de la Porte de Laeken (vestige de la première enceinte), on envisagea également de démolir la Tour Noire, sur quoi l’auteur de Notre-Dame de Paris, protestant auprès du bourgmestre Anspach, se serait écrié : « On démolit la vieille tour de la porte de Laeken. Cela suffit ! » (Ils ont choisi Bruxelles, p. 152).

 

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Dessin : Charles Buls remet une tour à la ville de Bruxelles

 

La Tour Noire restaurée.

 

La Tour Noire fut restaurée dans les années 1888-1889 et les travaux de restauration furent confiés à P. V. Jamaer, architecte de la Ville de Bruxelles. « A l’origine, la tour ne devait comporter que deux niveaux couronnés par un chemin de ronde à ciel ouvert. Jamaer reconstitua les changements apportés à la tour au cours des siècles : le pignon à cinq gradins, les embrasures de tir centrales et la toiture. » (« Promenades bruxelloises, la première enceinte », p.15). « Cette tour a fait l’objet d’une étude approfondie par le major Paul Combaz. Comme dans les autres tours encore existantes, ses murs, consolidés par des jeux de voûtes, ont 2 m 30 d’épaisseur. On y a conservé heureusement des amorces de murailles et du chemin de ronde. Sur la surface extérieure, semi-circulaire, qui donnait vers la campagne (la face intérieure étant plate, comme partout ailleurs), on remarque les endroits où le grès original a dû être remplacé par de la pierre nouvelle. Des cinq tours de la première enceinte, seule la Tour noire, complètement restaurée, pourrait être accessible au public. »(« Bruxelles, notre capitale », p.15). De fait, cette tour est parfois ouverte au public. Elle le fut notamment à l’occasion des Journées du Patrimoine de l’année 2003.

 

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La légende noire du quartier Sainte-Catherine.

 

L’univers ténébreux de Daniel Hulet.

 

Mais l’auteur de BD, Daniel Hulet, dont nous parlerons au point suivant, évoque quant à lui, dans sa BD L’Etat Morbide, une toute autre Tour Noire, là où se rejoignent l’histoire de Bruxelles et la légende noire du quartier Sainte-Catherine :

 

« A quelques pas de la Porte de Flandre et à l’emplacement actuel de la maison Zimmerman, se trouvait une tour de guet : la Tour Noire ! A ne pas confondre avec une tour voisine qui existe encore de nos jours et dont les moellons noircis par les intempéries ont usurpé l’effroyable surnom. » « Sur cette photocopie d’un plan de Bruxella édité en 1572 par Braun et Hosenberg, elle fait face au bassin du port intérieur qui beaucoup plus tard, fut comblé et sur lequel on bâtit l’église Sainte-Catherine… » « Tour des mystères anciens et des secrets oubliés ou tour des maléfices, elle avait terrible réputation chez la populace qui prétendait qu’on y pratiquait, la nuit et au sein de ses humides fondations, toutes sortes de diableries. Entendez par là des orgies, le relâchement des esprits enflammés et débauchés. » (L’Etat Morbide – T.1. La Maison-Dieu, Hulet, p. 32-33).

 

Là, nous dit l’auteur, sous une forme ou une autre, l’on vénérait l’ancienne Grande Déesse païenne connue jadis sous de nombreux noms et apparaissant parfois, dans la tradition chrétienne, sous l’aspect d’une vierge noire :

 

« Druides et prêtresses devinrent sorciers et sorcières, les fêtes païennes des fêtes chrétiennes… Des sectes pourtant se formèrent dans la clandestinité, certaines se conformant à l’antique sagesse, d’autres s’affublant de l’imaginaire satanique mis en place par le clergé. » « Nombreux donc furent les fidèles à l’ancien culte qui sous l’expansion et l’autorité, pour ne pas dire tyrannie, chrétiennes vénérèrent sournoisement l’effigie de la vierge endeuillée, drapée d’un manteau et de voiles noirs. » (Ibid.).

 

Et le commentateur fictif créé par Daniel Hulet de conclure :

 

« Je prétends que cette demeure renferme l’une des dernières sectes sataniques qui sévirent secrètement tout au long des siècles, dans les parages des portes de Lake et de Flandre… » (Ibid.).

 

Et voilà le décor planté.

 

Etat morbide dans un quartier maudit.

 

L’on a vraisemblablement bâti autour du quartier de la Vierge Noire une légende sulfureuse qui le présente comme un « quartier maudit », particulièrement sujet aux accidents mortels, aux sanglantes agressions, aux suicides, aux vols d’objets sacrés, etc. Comme si tous ces maux ne sévissaient qu’en cet endroit ! Tout cela, nous expliquent les occultistes les plus hardis, résulterait du fait que ce quartier a été établi sur un terrain traversé par des courants telluriques négatifs provenant d’un assèchement insuffisant des marais et de la présence d’un plan d’eau souterrain… Cette légende a vraisemblablement inspiré Daniel Hulet dont l’excellente BD en trois tomes –L’Etat Morbide : I. La Maison-Dieu, II. Le Passage Avide, III. Waterloo Exit– baigne dans une atmosphère satanique particulièrement délectable pour les amateurs du genre, dont je suis. C’est, aux dires des connaisseurs, le chef d’œuvre de cet auteur, ce que je suis tout prêt à confirmer. De fait, le premier dessin du tome I représente la nouvelle église Sainte-Catherine si mal conçue par l’architecte Poelaert. Charles, un dessinateur de BD particulièrement déjanté et dont les plus proches amis, de même que son amie Alba, évoluent dans le milieu punk, vient dans ce quartier afin d’y louer un appartement. Une certaine Mme Spiegel, n’ayant pour seuls compagnons que trois chats angora blancs –Abigor, Furfur et Shatan- aux airs mystérieusement démoniaques, lui fait visiter les lieux, une maison sinistre et sordide –la maison Zimmerman- dont les divers appartements sont occupés par des locataires particulièrement étranges. Celui qui occupait l’appartement convoité par Charles s’est d’ailleurs suicidé. Grâce aux notes de ce dernier, Charles, dont l’énergie est lentement absorbée par les lieux, prend connaissance du passé maléfique du quartier. Il y est notamment question d’une Tour Noire, bien différente de celle que nous connaissons aujourd’hui, de la Vierge Noire et d’une lente transition du paganisme au satanisme. Notre héros s’aperçoit finalement –mais trop tard- qu’il est la victime d’une machination et se retrouve enfermé dans un souterrain aux allures de crypte diabolique. Commence alors pour lui un voyage initiatique aussi souterrain qu’infernal qui n’est pas sans rappeler celui d’un Orphée, d’un Dante ou d’un Jonas et qui nous renvoie à l’image de Dionysos Dithyrambos (=né deux fois). Charles « renaît » à Waterloo dont la morne plaine est encore hantée par les spectres des soldats de la Grande Armée. Vient alors l’apothéose…

 

 

Eric TIMMERMANS.

   

 

Sources : « Belgique mystérieuse, insolite et sacrée, Pierre Guelff, Editions Jourdan, Belgique-France, 2007 (p. 79-81) / « Bruxelles, notre capitale », Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951 (p. 15) / « Histoire secrète de Bruxelles », Paul de Saint-Hilaire, Albin Michel, 1984 (p. 55) / « Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles », Jean d’Osta, Le Livre, 1995 (p. 346-347) / « Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles » (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981, (p. 557-558) / « Ils ont choisi Bruxelles », Daniel-Charles Luytens, Noir Dessin Production 2004 (p. 152) / « L’état morbide », tomes 1, 2 et 3, Daniel Hulet, Glénat, 1987, 1990 et 1992.

 

 

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Ki sé c’est Ki ?

 

 

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Photo 1
Merci à Jeanine DESMET

 

A l’avant plan se trouve Jeanine DESMET et derrière elle Annie DE COEN, dont la maman lui donnait le surnom de Clémence.

L’impasse Defuisseaux était situé  rue Haute. C’était un lieu propre, moins sordide  que l’image classique des impasses de la ville.  Autrefois, une sortie de l’impasse Defuisseaux communiquait directement avec l’impasse Van Capenberg, future rue de l’Abricotier.

Plus rien de tout cela existe encore aujourd’hui, tout a été absorbé par les extensions de l’hôpital Saint-Pierre.

 

 

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Photo 2
A 2 Francine KOHNE

 

 

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Photo 3
Merci à Francine KOHNE

A 1 Betty Chapelle, A 2 Léonie Lebrun, A 3 Marie Rose Verbelen, A 4 Francine Kohne A 5 Elise Van Herpe.

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Photo 4
Merci à Nathalie Huegaerts (Josée)

 

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Photo 5
Merci à Nathalie Huegaerts (Josée)

 

 

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Photo 6 

Blois Gentil Château d’Aix

 

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Photo 7
Année 1954

Jeannine Surdiacourt (photo 6 et 7), fait un séjour en Suisse.
Merci au journal bruxellois LE SOIR

 

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 Photo 8

A1 René Pollfoort – A 2 Son épuse et A 3 – Jeannine Heymbeeck (la petite Jeannine)

 

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Photo 9

Photo de classe – école 4 – rue des Six Jetons – Bruxelles 

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Photo 10
Rue Vandenbrande 51 – (Coin du Diable)
Service militaire à la défense aérienne.

 

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Photo 11 

 

 

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Photo 12

René Pollfoort devant son billard (octobre 2012)

 

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Photo 13

Milou, son épouse.

 

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Photo 14

Les quais du Port de Bruxelles

 

Le Quai au Bois à Brûler

 

 

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Carte n° 1

 Une publicité du début du siècle passé.

 

1950. Mes parents ont DU acheter  ce genre de lit pour que mon frère âgé d’une vingtaine d’année,  puisse dormir dans une autres pièce que mes soeurs.

Mais c’est « la scène » de la pub qui me surprend le plus, de nos jours elle serait, comment dire… plus réaliste!
hei ma vast ? 

 

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  Carte n° 2

Albert Ceulemans, marchand de bière, vend et boit lui même ;o) de la bière au 15 du Bois à Brûler 15.

 

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Carte n° 3 

Ha, ici les consomateurs posent, avec assis sur son vélo le « Garçon de Course ».
Charly PARIS (frère de Léon) a été quelques temps « Garçon de Course », pour le compte d’un boucher installé rue Sainte Catherine (à côté de l’impasse de la mâchoire). Le vélo était terriblement lourd, Charly qui était petit et mince, il devait avoir 15 ans à l’époque, et disparaissait littéralement derrière le grand panier.

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Carte n° 4

Cette photo extraordinairement ancienne nous montre la nouvelle église Sainte Catherine en cours de construction. Bien longtemps avant l’arrivée du nouveau Marché au poisson, on distingue à droite les énormes tas de briques du quai aux briques. Et devant nous le  quai aux Bois à Brûler.

 

 

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 Carte n° 5

 

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 Carte n° 6

Le chantier de construction du Marché aux Poissons, à l’emplacement du bassin des Marchands. Le quai aux Briques est visible à gauche, et à droite le quai du Bois à Brûler, dans leur état des années 1880. 

 

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 Carte n° 7

Le quai au bois à brûler, se trouve à droite du nouveau Marché aux Poissons.
Le quai existe toujours, mais inutile de vous déplacer le marché  a disparu.
 

 

Une Baleine au Vismet !

 

Le bassin des Marchands, reçu en mars 1893, la visite d’une…baleine, de suite une foule énorme s’est déplacée pour voir le mammifère marin  d’une longueur de  21 mètres.  Visite incroyable pour l’époque, qui nous arrivait de Scandinavie via Anvers. En bateau ! Créant la stupeur que l’on devine, dès Boom et Willebroeck. Ce fut d’ailleurs qu’après bien des hésitations que le bourgmestre Buls avait donné son accord pour cette chose « peut-être » jamais vue dans le quartier du Vismet.

 

 

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Carte n° 8

Le bassin des Marchands encore rempli d’eau et derrière le Marché aux Poissons

 

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Carte n° 9

Et voilà le travail, plus de bassin et de Marché

 

 

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Carte n° 10

Vue sur le quai aux Briques

 

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 Carte n° 11

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Carte n° 12

 

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Une Maquette du « hetjalk Julia Brugge » naviguant sur le canal de Willebroeck vers 1820. C’était un bateau à fond plat, d’origine hollandaise, conçu pour la navigation intérieure. Le mât avant pouvait se relever lorsque le bateau était à quai.

 

 

 

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 Carte n° 14

Tableau de 1882 du peintre William Cooper décrivant l’activité autour de la Maison des Banques, à gauche. La  « Veerhuys »  ou Maison des Banques située à hauteur du Marché aux Porcs était le point de départ des embarcations pour le transport des voyageurs et des colis postaux. Malines, Vilvorde et Anvers étaient desservies chaque jour selon l’heure des marées par un transport fluvial.

Cette activité a encouragé le développement de petites entreprises de messageries dans le quartier. A droite, l’Auberge du cheval Marin (où on a trouvé bébé, l’ancêtre de Guillame Kekenbosch), l’auberge existe toujours aujourd’hui mais a subi plusieurs restaurations. (MVB) 

Everard t’Serclaes

LA GESTE DE T’SERCLAES

 

1. T’Serclaes à la Grand Place.

 

Arrivé sur la Grand-Place de Bruxelles, il suffit de se placer face à l’Hôtel de Ville, au niveau de l’escalier aux lions, pour admirer l’un des deux culs-de-lampe historiés qui le surplombent et prendre ainsi partiellement connaissance de l’histoire d’Everard t’Serclaes (l’autre cul-de-lampe évoquant la « Justice d’Herkenbald »), dont les passages les plus marquants sont gravés dans la pierre : t’Serclaes est martyrisé par ses assassins qui, au moment de leur trépas, doivent rendre leur âme damnée au Diable. Que l’on se porte vers la gauche et l’on découvrira, généralement assiégé par une troupe de touristes, un gisant de bronze allongé sous une rangée de petites arcades, qui n’est autre que la représentation d’Everard t’Serclaes venant de rendre son dernier soupir. Précision utile : un gisant ne constitue pas forcément un objet religieux. Il me faut souligner la chose, ayant déjà eu le déplaisir d’entendre certains de nos concitoyens indiquer à des touristes la « statue de saint t’Serclaes » ! Premièrement, je ne savais pas que l’échevin bruxellois avait été canonisé. Secondement, s’il l’avait été, on peut raisonnablement penser qu’on l’aurait nommé « saint Everard », puisque tel est son prénom. A moins, bien sûr, que l’on ait décidé de canoniser la totalité de la famille t’Serclaes… Donc, que les choses soient claires : le gisant d’Everard t’Serclaes s’il passe pour être celui d’un héros, n’est aucunement celui d’un saint ! A noter que le monument dédié à Everard t’Serclaes est actuellement en réfection et franchement, ce n’est pas du luxe, son pauvre bras troué pouvant en témoigner ! A l’origine, lorsque fut instituée la tradition qui consiste à caresser le bras du gisant pour s’attirer ses bonnes grâces, on ne s’attendait au passage que de quelques personnes et non à une ruée quotidienne de milliers de touristes avides de bonheur ! Bref, en octobre 2011, l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA) a démonté la sculpture afin de la restaurer, ce qui n’avait plus été fait depuis au moins une dizaine d’années. On pense que t’Serclaes reprendra sa place en 2013 ou en 2014. En attendant, il a été remplacé par une copie en résine acrylique. 

 

 

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Extrait de BRUXELLES CASTERMAN – N. VAN DE WALLE et J. MARTIN

 

2. T’Serclaes porte-bonheur.

 

Une étrange légende se rattache à ce gisant. Ainsi est-il dit que toute jeune fille qui effleurera le bras du martyr, trouvera un mari dans l’année. Toutefois, par extension, il est dit aussi que tout qui effleurera le bras de t’Serclaes attirera le bonheur sur sa personne. En outre, depuis longtemps, les touristes de passage à Bruxelles ne se contentent plus de caresser le bras du défunt échevin, dont la réputation de porte-bonheur a semble-t-il largement dépassé, guides touristiques aidant, les frontières de Bruxelles ! L’on se rue à présent sur la totalité du corps du gisant, de même que sur la tête du chien et, en définitive, sur des parties toujours plus importantes de l’œuvre de Dillens, aujourd’hui largement recouvertes de zones brillantes et douces, témoignages du passage de nombreuses mains en quête de félicité. Mais qu’on se le dise : seul le bras de t’Serclaes est réputé posséder les vertus bénéfiques qu’on lui prête et si vous y regardiez de plus près, avant son retrait, vous pouviez même voir les trous (plus ou moins colmatés) que l’usure y avait occasionné au fil des ans.

 

3. T’Serclaes à la Maison de l’Etoile.

 

Le gisant et ses arcades protectrices dépendent de la « Maison de l’Etoile ». Cette maison de la Grand-Place fut vraisemblablement connue sous ce nom dès le 13ème siècle. Il s’agit de la plus petite maison de la Grand-Place. Elle en fut également l’une des plus anciennes, du moins avant sa sotte démolition décidée et menée à bien, entre 1848 et 1850, sur ordre du bourgmestre De Brouckère, et ce afin d’élargir l’ouverture de la rue de l’Etoile (actuelle rue Charles Buls) où était supposé passer une ligne d’omnibus sur rails…qui ne devait jamais voir le jour. En 1895, le bourgmestre Charles Buls décida heureusement de faire reconstruire la « Maison de l’Etoile ». Celle-ci est toutefois plus étroite que l’originale et son rez-de-chaussée a été remplacé par des arcades que surplombe une enseigne décorée d’une étoile. C’est sous ses arcades que Charles Buls fit édifier, en 1898, l’œuvre de Julien Dillens dédiée à t’Serclaes. Au 14e siècle, la « Maison de l’Etoile » était occupée par l’Amman, soit l’officier de justice représentant le souverain. Ainsi appela-t-on également cette maison, la « Maison de l’Amman ». Et c’est sur la plus haute fenêtre de cette maison que le 17 août 1356, le comte de Flandre Louis de Maele fit planter son drapeau, dans les circonstances suivantes.

 

4. T’Serclaes contre le comte de Flandre.

 

4.1. La déroute bruxelloise.

 

Le 17 août 1356, le comte de Flandre Louis de Maele, profitant de l’absence du duc de Brabant en campagne dans la région de Maastricht, envahit les pays situés à l’ouest de la Senne et, ne trouvant aucun obstacle, installa bientôt sa puissante armée –environ 100.000 Flamands et Lillois, dit-on- entre les villages d’Anderlecht et de Molenbeek, à proximité d’un hameau dit Mortenbeek (ce nom lui viendrait des cadavres que l’on y aurait retrouvé après la bataille), dans la plaine appelée la « Haute-Culture » puis, ultérieurement, Scote ou Scheut, d’où il pouvait observer Bruxelles. La ville, où était restée la duchesse Jeanne, n’était défendue que par les milices communales, à peine renforcées par celles de Louvain et par les hommes d’armes du comte de Berg. Malgré leur infériorité numérique, les Bruxellois et leurs alliés brabançons tentèrent une sortie (par la Porte Sainte-Catherine ou la Porte d’Overmolen) et rencontrèrent les Flamands qu’ils faillirent vaincre, tant leur assaut avait été foudroyant. Mais les troupes de Louis de Maele se ressaisirent et se montrèrent particulièrement résistantes au centre de leur dispositif. Elles profitèrent, en outre, d’une défection brabançonne : la fuite honteuse du seigneur d’Assche qui, dit-on, dans sa déroute, jeta sa bannière à un endroit que l’on appela désormais ironiquement, en thiois, Asschevaneput (« puits de la bannière du seigneur d’Assche »).  Ce fut là le signal de la débandade : les guildes et les corporations se considérant comme trahies, refluèrent en désordre, poursuivies par les chevaliers flamands. De nombreux Bruxellois périrent noyés dans la Senne et le nom de cette désastreuse journée resta longtemps dans les mémoires sous le nom de « mauvais mercredi ».

 

4.2. La prise de Bruxelles par les Flamands et sa libération par t’Serclaes.

 

La duchesse Jeanne de Brabant, informée de la défaite, quitta son palais du Coudenberg et s’enfuit à Binche, ville de son douaire (selon d’autres sources, elle se replia sur s’Hertogenbosch où elle trouva appui auprès du comte de Limbourg). Les Flamands victorieux incendièrent la Porte Sainte-Catherine et se rendirent maîtres de Bruxelles. C’est alors qu’ils eurent l’outrecuidance de planter le drapeau frappé du « Leeuw van Vlaanderen » (le Lion de Flandre) à la plus haute fenêtre de la Maison de l’Amman ! Le comte de Flandre fit ensuite reconnaître son autorité sur la presque totalité du Brabant. Deux mois passèrent et la duchesse de Brabant décida de charger un certain Everard t’Serclaes d’ouvrir les portes de Bruxelles à ses troupes reconstituées. Aussi, le 24 octobre 1356, profitant de l’absence du comte de Flandre qui s’était rendu à Paris pour y rencontrer le duc de Normandie, ledit t’Serclaes et une troupe d’une cinquantaine d’hommes décidés, profitant de l’inattention des soldats flamands, escaladèrent la première enceinte de Bruxelles (qui s’était montrée déjà bien impuissante à empêcher l’intrusion du comte de Flandre !) au niveau, dit-on, de l’actuelle rue d’Assaut (ou, de manière plus générale, du côté de la Porte de Warmoesbroeck), voie qu’ils auraient empruntée pour mener à bien leur audacieux coup de force. Après avoir maîtrisé les gardes, t’Serclaes et ses hommes ouvrirent les portes de la ville, livrant ainsi accès aux troupes de la duchesse Jeanne. Surprises, les troupes flamandes ne tardèrent pas à perdre pied et à prendre la fuite, pendant que la troupe de t’Serclaes, entraînant derrière elle les Bruxellois en arme, débouchait sur la Grand Place où ledit t’Serclaes arracha le drapeau flamand de la Maison de l’Etoile, le jetant en pâture aux libérateurs de Bruxelles, qui au cri de « Brabant au grand duc ! » le mirent en pièces. Les Flamands tentèrent alors de fuir par la Porte Sainte-Catherine, mais la trouvant fermée, se virent forcés de se jeter du haut des remparts ou de se rendre. Et voilà comment Bruxelles recouvra sa liberté. Cet épisode historique sans doute non-dénué d’aspects épiques et quelque peu légendaires, est généralement présenté comme un symbole de la résistance bruxelloise aux visées annexionnistes de son voisin flamand. Notons encore que suite à ce haut fait d’arme, Everard t’Serclaes fut armé chevalier par le duc de Brabant.

 

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Extrait de BRUXELLES CASTERMAN – N. VAN DE WALLE et J. MARTIN

 

5. T’Serclaes, symbole de la résistance bruxelloise à la Flandre ?

 

Il peut certes être tentant, dans le contexte du conflit politico-linguistique belge, de voir en Everard t’Serclaes un symbole de la résistance bruxelloise (sous-entendue, « francophone », d’autant que l’échevin bruxellois, s’il n’ignorait pas le thiois brabançon, s’exprimait et écrivait en français) à certaines visées annexionnistes flamandes. Mais ce serait là simplifier l’histoire à outrance, d’autant que Louis de Maele, qui s’empara de Bruxelles au lendemain de la bataille de Scheut, donna sa fille, Marguerite III de Flandre, à marier à un Valois, soit le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, et s’allia tour à tour à l’Angleterre et à la France, au gré de ses seuls intérêts, et non en vertu de telles ou telles sympathies linguistiques ou/et « nationales ». Ainsi, lorsque le duc de Brabant Jean III décéda, Louis de Maele exigea de ses successeurs, Jeanne de Brabant et Wenceslas de Luxembourg, les arriérés de paiement de la vente de Malines et le paiement de la dot de son épouse. Bref, il s’agissait d’une histoire de « gros sous », dirions-nous aujourd’hui, et rien de plus ! Nulle raison linguistique et moins encore, « nationale », à trouver dans ce conflit qui opposa la Flandre au Brabant, et qui aboutit à l’occupation de Bruxelles par les troupes du comte de Flandre, pendant quelques semaines. Reconnaissons toutefois que durant des siècles, une longue inimitié se manifesta entre le comté de Flandre et le duché de Brabant. Au 14e siècle, les Bruxellois et les Brabançons redoutaient légitimement les ambitions territoriales du comte de Flandre. L’Histoire allait leur donner raison. Et cela démontre à quel point, même si l’on ne peut évidemment transposer tel quel ce sentiment dans l’actuelle conflit linguistique belge, les Bruxellois se sentaient profondément différents des sujets du comte de Flandre.

 

6. La rue d’Assaut et la première enceinte.

 

Soulignons encore que le nom de l’actuelle rue d’Assaut (qui fut brièvement nommée « rue de l’Attaque ») tirerait son nom du coup de force de t’Serclaes et de ses hommes, ceux-ci ayant, dit-on, mené leur assaut par cette voie (« …pénétra dans le Warmoesbroeck, et escalada la muraille non loin de la chapelle Saint-Laurent, près de l’endroit où se trouve la maison de sa famille, au fond de l’impasse dite alors Eetengat. », Histoire de la Ville de Bruxelles, t.1,  p. 110). Plus prosaïquement, le tracé de la  rue d’Assaut serait antérieur à la construction de la première enceinte et devrait son nom à l’un de ses habitants, un certain Storm (= « assaut », en thiois) dont la famille aurait, au 16ème siècle, donné plusieurs échevins à la ville. Cette explication est toutefois contestée, la famille Storm ayant, selon une autre version, séjourné dans les environs du Sablon. Chacun jugera. Rappelons également que c’est suite à l’intrusion de Louis de Maele dans Bruxelles que, ayant constaté les insuffisances militaires de la première enceinte, l’on décida la construction, entre 1357 et 1379, de la seconde enceinte qui reprend globalement le tracé d’un pentagone (soit l’actuelle « petite ceinture »). Ajoutons encore qu’une artère nommée « rue t’Serclaes », qui s’étend de la rue d’Assaut à la rue d’Arenberg, fait également référence à la mémoire du héros bruxellois.

 

7. T’Serclaes, chevalier, échevin et martyr.

 

7.1. La guerre contre le duc de Gueldre.

 

Quoiqu’il en soit, suite à son action héroïque, Everard t’Serclaes fut élu échevin de la ville de Bruxelles, puis réélu durant nombre d’années. Il reçut également le titre de chevalier et devint le conseiller de la duchesse de Brabant. Trente années après l’exploit de t’Serclaes, le duc de Gueldre déclara la guerre à Jeanne de Brabant. Les Brabançons allaient se porter contre la ville de Gavre, qui avait été livrée aux Gueldrois. Le 28 septembre 1386, les Bruxellois, notamment dirigés par Everard t’Serclaes, rejoignirent l’armée brabançonne. Le siège de la ville ne se fit pas sans difficulté, mais l’action des Bruxellois s’y révèla fougueuse. Ceux-ci s’emparèrent de l’une des portes de la ville (Hampoorte) avec tant d’impétuosité, qu’ils emportèrent tout sur leur passage, occasionnant de lourdes pertes chez l’adversaire. Ils se retirèrent par un petit pont auquel le Bruxellois Jean Storm (voir ce que nous disons à propos de la famille Storm au point précédent) s’accrocha avec une force peu commune, juste avant d’être lui-même repoussé par deux défenseurs de la ville. La lutte âpre et sanglante se poursuivit de plus belle, mais rien n’y fit, les Bruxellois, éreintés, durent se retirer. La ville semblait pourtant bien sur le point de tomber, aussi le duc de Gueldre préféra-t-il conclure une trêve et l’armée brabançonne fut-elle démobilisée.

 

7.2. L’affaire de Gaesbeek.

 

Le baron Sweer (ou Sweder) d’Apcoude, sire de Putten et de Stryen, avait hérité de sa mère, Jeanne de Hornes, du manoir féodal de Gaesbeek. Ce que l’on appelait désormais le « pays de Gaesbeek » s’étendait des portes de Bruxelles jusqu’à près de Ninove. La puissance du seigneur de Gaesbeek était donc d’importance mais cela ne lui suffisait pas. Il traita bientôt avec la duchesse Jeanne de Brabant de l’achat de quelques villages dépendants de la mairie de Rhode, ce qui ne manqua pas d’inquiéter les échevins de Bruxellois qui redoutaient que la puissante baronnie exerce sur la ville une pression croissante. Everard t’Serclaes avait alors été élu échevin pour la cinquième fois. C’est lui qui porta à la duchesse les réclamations du conseil de Bruxelles et qui parvint ainsi à faire échouer les projets d’invasion du sire de Gaesbeek. Sweder d’Apcoude, furieux et humilié, jura alors de se venger. Certains de ses serviteurs, à savoir Guillaume de Clèves, son fils naturel, et le chevalier Amelius (ou Melis) Uytten Enge, bailli de la terre de Gaesbeek, promirent d’accomplir ce serment pour leur seigneur. Nous sommes le 26 mars 1388. Les deux assassins, prévenus que certaines affaires avaient appelé t’Serclaes à Lennik-Saint-Quentin, attaquèrent l’échevin au moment où il passait dans un chemin creux. Mais les deux meurtriers ne se contentèrent pas de tuer leur victime, après l’avoir percé de coups, ils lui arrachèrent la langue et lui coupèrent le pied droit, avant de le laisser pour mort sur le lieu de l’odieuse agression. Personne n’osa lui porter secours, tant on craignait le seigneur de Gaesbeek. T’Serclaes fut finalement retrouvé par le doyen de Hal Jean de Stalle qui venait à passer par là avec son clerc Jean Coremans, et ceux-ci le ramenèrent à Bruxelles. A la vue du corps sanglant et martyrisé, la colère s’empara des Bruxellois. La duchesse Jeanne rendit visite au moribond que l’on avait installé dans la maison de l’Etoile et promit que justice serait faite. Immédiatement, une armée se forma et le lendemain, de grand matin, la bannière de Saint-Michel flottait sur les hauteurs de Gaesbeek. Le baron et ses hommes de main, eux, avaient pris la fuite, laissant dans la forteresse Anne de Linange avec trois chefs dévoués : Jean de Lombeke, Jean de Hellebeke et –le revoilà !- Jean Storm. Les Bruxellois ravagèrent les terres du duc mais le siège, lui, s’éternisa, tant et si bien que l’on préféra se résoudre à un accord : la baronne et ses gens purent quitter le château, sains et saufs. Il fut ainsi abandonné aux bourgeois. Les tours orgueilleuses et les puissants murs crénelés de Gaesbeek furent, quant eux, abattus. Everard t’Serclaes, lui, trépassa le 31 mars 1388 ( ?). Les Bruxellois vinrent en foule lui rendre un dernier hommage et t’Serclaes fut inhumé à Ternath. Il se vit remplacé au conseil communal par l’un de ses neveux.

 

 

Eric TIMMERMANS.

 

 

Sources : Bruxelles, notre capitale, Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951 / Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles (1857), Eugène Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, Le Livre, 1995 / Histoire de la Ville de Bruxelles, t.1, Henne et Wauters, Editions Culture et Civilisation, 1968, p. 109-110, 130-132 / La Porte de Hal, Linda Wullus, Musées Royaux d’Art et d’Histoire, 2006, p. 8 / Le français à Bruxelles aux siècles passés, L. van den Bruwaene, Rossel, 1980, p. 56-57 / Souvenirs de mon Vieux Bruxelles, Fernand Servais, Canon-Editeur (3e édition), 1965, p. 27 à 32.

700.000 visiteurs

 

 

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700.000 visiteurs.

 

Juillet 2010, Skynetblog change de look, de  partenaire et de compteur.

En septembre 2010, le compteur totalise un total de 6.532 visiteurs.
Septembre 2011, 7.282 personnes visites notre blog et septembre 2012, voit le nombres de visiteurs passer à 14.048, soit une moyenne de 468 visiteurs par jour. 

Ces même visiteurs ont écrit 10.469 commentaires, tous aussi agréables à lire les un que les autres.

Un GRAND merci à Titi pour le dessin.