KI sé c’est KI ?

 

 

 

fumeur-de-pipe.jpg

Photo n° 1

 

Merci à Nicole RULLAERT pour la photo d’un groupe d’enfants devant un café de la rue des Prêtres. Années + ou – 1930.

 

 

rue-haute.jpg
Photo 2

 

Plus tard,  Théophile VOSSEM…. Bien vu Nelly.

« Théophile VOSSEM…. Un des frères Vossen, qui avait la brasserie de la Gueuze la Mort Subite rue des Capucins à droite en descendant de la rue Blaes. Souvent les frères Vossen venaient dans les cafés du quartier rue Haute et offraient plusieurs tournées générales de gueuze. Quand j’allais avec mes grands-parents au café de la Mort Subite , monsieur Alphonse Vossen venait toujours nous dire bonjour. »
Écrit par Nelly Lallemand.

 

rue Haute 3.jpg

Photo 3 – merci à Nicole pour la photo

 

158, rue Haute –  c’est le magasin Miggerode rue Haute coin de la rue de l’Epée face à Jacqmotte. Nelle Lallemand

 

Publicités

On traverse le Boulevard Anspach


BOULEVARD ANSPACH.

Quand on voit cette image, on rêve, la façon dont les gens pouvaient marcher sur les Boulevards.
Photo et texte de Guillaume Kekenbosch.

 

Boulevard Anspach
Photo 1
Merci à Guillaume  Kekenbosch

 

_IMG_0002

Photo 2 

On traverse le boulevard maintenant.

 

 _IMG_0011
Photo 3

 

 Etait-ce le même photographe qui prenait les photos ? Je ne saurais le dire.

 

Un jour voyant le nombre impressionnant de photographie, prisent au même endroit, ma mère me dit que le photographe, ainsi que mon père avaient été pris par les allemands pour le travail forcé à Berlin. Très souvent le photographe prenait mon père en photo GRATUITEMENT…  Ah oui je dois encore ajouter que mon père était très, très, très économe, ainsi vous comprenez mieux ma surprise de voir toutes ces mêmes images dans une boîte.

 

09
Photo 4

 

La photo avec le chien c’est ma maman. Je crois qu’elle de 1944. La chienne c’est Dochine un lévrier de course de mon père . Elle courait au « Palais du Lévrier » (là où maintenant il y a le GB de la Bourse) c’était une championne. Ecrit par Nelly Lallemand.

 

 

942
Photo 5

 

Je suis la petite fille avec les fleurs et le cornet de crème. Rue des Pierres il y avait un magasin spécialisé où l’on vendait toutes sortes de bonnes choses pour la préparation de la choucroute , si je me souvient bien ma grand mère disait je vais chez le Yougoslave .En face à côté de l’Ancienne Belgique il y avait un magasin d’ouvrages de broderies et de tapisseries ,
ce que j’ai pu scier pour qu’on m’achète de quoi faire un petit tapis , mais rien a faire je n’ai rien eu. Bien plus tard, j’ai fait une carpette….à moitié !!! Ecrit par Andrée Bolsius.

 

943
Photo 6

Andrée et sa Boma, en direction de la Place Fontainas.

Amèlie + Camille De Gyns
Photo 7

Ma boma, Amelie Bernaerts (1882-1965) et son arrière petit fils, Camille De Gyns (1945- ). nous somme en 1946, ma Boma a 64 ans et a traversé deux guerres…

 

Odile + Philo
Photo 8

Pierrot, sa mère et sa petite soeur Philomène. 

 

Pbourse
Photo 8

Pierrot, en 1947 et son moulin à vents sur le Boulevard.
Sur la gauche, l’enseigne du Grand Magasin de la Bourse

 

Odile Pierrot Joseph
Photo 9

  Ma mère, mon père et moi, derrière ma soeur Philo.
Toujours sur le même trottoir, on s’apprètent à traversé la rue des Pierres.

 

_IMG
Photo 10

Travaux pour le voûtement de la Senne.
La photo est prise en direction de la future gare du Midi.

 

Bientôt, s’élevera ici la place de la Bourse, ainsi que le « Palais des Parfums »
dans le fond de l’image, l’église du Bon Secours.
Regardez bien la photo, à droite on apperçoit une petite partie de la Bourse de Bruxelles. 

 _IMG_0002
Photo 11

La future Place de la Bourse, photo prise en direction de la gare du Nord
A gauche l’église Sainte Catherine – Plus loin au centre l’église des Brigittines et à droite l’église des Augustins, future place de Brouckère.
Le point rouge situe  + ou – le cinéma « Pathé Palace ».

 

_IMG_0001
Photo 12

 La future Place de la Bourse – l’église Saint Nicolas et plus loin encore Sainte Gudule.

 

Philomène Heymbeeck 1942

Philomène Heymbeeck en 1942.

A partir de maintenant le photographe pointe son objectif vers la rue du Plattesteen jusqu’ à la gare du Midi.

 

L’indépendance belge.

 

 

 

tournoi-1.jpg

 

Photo 1 du photographe « Alexander »

 

C’est le 26 juillet 1891, qu’eut lieu le bouquet final des festivités de commémoration de l’indépendance belge à une époque où celles-ci  duraient plusieurs jours de suite, ce spectacle fut une réussite  grâce au nombre important de participants et au décor dont la pièce maîtresse, confectionnée par le décorateur de la Monnaie, Armand Lynen, fut le château-fort en carton-pâte plaqué sur la façade de la Maison du Roi. Les hérauts placés dans les tours de l’hôtel de ville firent retentir leur sonnerie pour annoncer l’ouverture du spectacle quelques fantaisistes mais très amusants puisque les catapultes projetaient des bouquets et que les lèches étaient munies de fleurs (MVB).

 

 

 

tournoi-2.jpg

Photo 2  du photographe « Alexander »

 

saint-Georges.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Faro

 

 

dame-et-monsieur.jpg
Merci à Guillaume pour la photo

 

COMMENT LE FARO NAQUIT A BRUXELLES

 

« Buvez-vous du faro ? », dis-je à Monsieur Hetzel ; / Je vis un peu d’horreur sur sa mine barbue, / -Non, jamais !  le faro (je dis cela sans fiel !) / C’est de la bière deux fois bue. / Hetzel parlait ainsi, dans un Café flamand. / Par prudence sans doute, énigmatiquement ; / Je compris que c’était une manière fine / De me dire : « Faro, synonyme d’urine ! » / Observez bien que le faro / Se fait avec de l’eau de Senne / Je comprends d’où lui vient sa saveur citoyenne. / Après tout, c’est selon ce qu’on entend par eau ! » (« Opinion de M. Hetzel sur le faro », Ch. Baudelaire).

 

1. Le Faro.

 

Le Faro, peu le connaissent encore aujourd’hui, si ce n’est sous une forme passablement édulcorée, est l’un des grands breuvages traditionnels de Bruxelles. Le Faro est « une bière coupée préparée : on l’obtient en mêlant une certaine quantité de lambic, produit des premières trempes, à une quantité égale de bière de mars. On le rend plus ou moins fort en y faisant entrer plus ou moins de lambic et de sirop de sucre. Il y a donc faro et faro. A quatorze centimes le verre, on a presque l’équivalent de l’half en half qu’on obtient en mêlant au comptoir une moitié de faro à une moitié de lambic. A douze centimes, on risque d’avoir chaque fois un verre de faro renfermant beaucoup de bière de mars. » (Bruxelles, notre capitale, p. 338).

 

 

 

Art5411223010908Big[1].jpg

 

Pour rappel :

-Le « lambic » est une bière fabriquée avec moitié forment et moitié orge germée.

-La « bière de mars » est ainsi nommée parce qu’elle est fabriquée avec le « lambic » jusqu’au mois de mars ; elle est le produit des dernières infusions.

-Ce que l’on nomme « half en half » (« moitié-moitié », en thiois), s’applique ici à un mélange de bières, mais il peut aussi s’appliquer à un mélange de vin blanc et de champagne (ou de mousseux), que l’on trouve encore, sous ce nom, dans un certain nombre d’établissements bruxellois.

 

Le Faro, envers lequel l’auteur des Fleurs du mal se montra exagérément sévère, fut un breuvage très populaire à Bruxelles, durant des siècles, mais il perdit bientôt du terrain face aux bières-pils. Toutefois, en 1978, la société Lindemans devait en relancer la production. Depuis, le Faro regagne progressivement sa place au côté des autres bières. C’est une bière désaltérante qui accompagne bien les desserts.   

 

2. Les origines légendaires du Faro.

 

Il est dit qu’en 950, sire Huyghs de Cantersteen, qui était, dit-on, grand buveur, promit une récompense à celui qui parviendrait à créer un breuvage brassicole qui surpasserait en force et en saveur les autres bières. Deux cabaretiers furent bientôt mis en concurrence et ils se présentèrent à sire Huyghs afin que l’on puisse procéder à la comparaison de leurs breuvages respectifs. Après dix jours de comparaison, sire Huyghs réunit tous les seigneurs de Bruxelles afin de décider lequel des deux cabaretiers sortirait vainqueur du concours. Hélas, ceux qui étaient supposés prendre cette grave décision avaient vidé tant de brocs, à la seul fin, cela va sans dire, de comparaison scientifique, qu’ils n’étaient plus, osons le dire, absolument en mesure de distinguer un breuvage de l’autre. Aussi, ces pieux paroissiens préférèrent-ils s’en remettre au « jugement divin »… Il fut donc décidé que les deux cabaretiers devraient fabriquer deux gâteaux qui seraient par la suite exposés sur les bords du grand étang d’Ixelles. Ensuite, on lâcherait deux corbeaux sensés manger un gâteau et éparpiller l’autre, la victoire revenant à celui des deux brasseurs dont le gâteau aurait été éparpillé. C’est, en définitive, le cabaretier de la rue Cantersteen, patron d’un établissement nommé La bouteille de Brabant, qui devait, de cette étrange manière, emporter la victoire ! Et c’est ainsi, dit-on, que naquit le Faro. Quant au concurrent malheureux, le patron de la Haute Pinte, il sut accepter sa défaite et alla, sur ces entrefaites, vider avec son confrère, ce qui restait des pots du brassin d’essai…!

 

deux-hommes.jpg
Photo 2 – Source (facebook LE VIEUX BRUXELLES)

 

 

3. Les origines du nom du Faro.

 

On trouve plusieurs explications aux origines du nom du Faro qui toutes, notons-le, se réfèrent à une influence espagnole. Examinons-les une par une.

 

3.1. On fait parfois remonter le nom du Faro à l’époque de Charles-Quint : il viendrait du mot espagnol « Farro », qui signifie « liqueur d’or ».

 

3.2. Dans son Dictionnaire du Dialecte bruxellois (H. Van Vreckhom), par contre, Louis Quiévreux pêcha l’explication suivante : « Le nom de la bière bruxelloise viendrait-il de ce que, en la buvant, on a l’esprit plus lucide, qu’on voit plus clair ? » Il s’agirait de mettre le nom de ladite bière en relation avec le mot espagnol « faro » (=phare).

 

3.3. Selon Joe Dierickx, de ten Hamme, le Faro aurait reçu son nom, du fait de sa ressemblance avec le vin de Faro, un cru du Portugal très estimé en Espagne.

 

3.4. Selon A. Harou (Folklore de Godarville, 1893), le nom du Faro dérive du terme castillan « farro » (=liqueur d’orge).

 

3.5. Enfin, selon Larousse (Grand Dictionnaire du XXe siècle), le « farro » est un potage espagnol qui est confectionné avec de l’avoine cuite dans du bouillon gras ou maigre, ou dans un lait d’amandes. De là à trouver une relation entre l’avoine, le forment et l’orge…

 

 

3-hommes.jpg
Photo 3 – Source (facebook LE VIEUX BRUXELLES)

 

4. Un mot sur la rue Cantersteen.

 

Cette rue d’un intérêt et d’une esthétique assez médiocres longe, d’une part, l’horrible bâtiment de la Gare centrale. D’autre part, elle s’étend de la rue des Sols au coin de la rue Ravenstein. Elle permet d’accéder à la gare et également à la Galerie Ravenstein, une galerie commerçante par laquelle on peut accéder à la rue Ravenstein et au Palais des Beaux Arts (et non des « bozar » comme tend à le faire accroire cette graphie barbare et désormais officielle, de toute évidence inventée par quelque plumitif assoiffé de modernité et d’acculturation). En outre, l’actuelle rue Cantersteen n’est pas la vraie rue Cantersteen. Celle-ci reliait jadis la rue des Sols au carrefour Madeleine-Empereur-Montagne de la Cour (actuelle place de l’Albertine). Elle devait son nom à un steen (maison fortifiée) qui était situé à cet endroit et qui, si l’on en croit la légende du faro, était occupé vers 950 par le sire Huyghs. Plus tard, ce steen fut habité par un certain Henri de Pipenpoy (mort vers 1220), qui était le chantre (kanter, canter en thiois) de l’église Sainte-Gudule, d’où l’origine du nom canter-steen.

 

 

faro.jpg
Photo 4 – merci à Jef Slagmulder.

 

 

Eric TIMMERMANS.

 Sources : Bruxelles, notre capitale, Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951, p. 388-389 / Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles (1857), Eugène Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, Le Livre, 1995, p. 61.

Allo Police ?

 

Allo Police de Bruxelles ?

 

Alllo-Police.jpg
Photo 1

 

Le Dispatching du commissariat central rue Marché au charbon  dans les années 1950.

 

amigo.jpg
Photo 2

Entrée d’une voiture cellulaire dans la cour de l’ancienne prison de l’Amigo située au coeur de Bruxelles. Ce bâtiment primitif du XVI siècle appelé « Vrunte » – prison a été détruit en 1695 lors du bombardement. Les occupants espagnols au XVII siècle ayant mal compris le sens du mot « Vrunte » l’ont associé au mot « vriend » ou ami d’où la version hispanisante « Amigo ».

 

 

groupe-de-policez.jpg
Photo 3

Uniformes de policiers dessinés par James Thiriar. De gauche à droite , on peut voir un agent de la circulation (1955), un sergent de ville (1860), un commissaire de police en tenue de service (1953), un agent de la police montée en tenue de service d’honneur (1914).

 

agent-de-police.jpg
Photo 4

Agent de police en uniforme d’hiver photographié en 1911 dans une rue de Bruxelles.

 

blouche.jpg
Photo 5

 

Un accident de roulage dans le centre ville. Au vu  du nombre de curieux, ce type d’accident n’était pas banal à l’époque.

 

lait.jpg
Photo 6

A XIX siècle. Un agent de police pouvait dresser un procès-verbal lors d’un simple contrôle de routine sur la voie publique s’il constatait la non conformité du lait aux règles d’hygiène. (AVB) 

 

bousculade.jpg
Photo 7

 

Les agents de police éprouvent bien de la peine à contenir la foule massée pour apercevoir  Nelly Lallemand.

 

 

voiture-de-police.jpg
Photo 8

 

Agents de police dans un véhicule de service sortant du garage du commissariat de la rue Marché au Charbon dans les années 1950.

 

 

vélo.jpg
Photo 9

Des agents de police cyclistes arrêtent un véhicule automobile – un teuf-teuf comme on disait à l’époque – sur un boulevard de  Bruxelles. 

 

bourgeois.jpg
Photo 10

 

Portrait de François BOURGEOIS (1839-1911) commissaire de police en chef de Bruxelles. Il est entré dans le corp de police de Bruxelles en 1866 comme officier de police adjoint. Il a gravi rapidement les échelons. En 1892, le bourgmestre Charles BULS l’appela aux fonctions de commissaire en chef. BOURGEOIS, a joué un rôle important dans la modernisation de la police. Il est à l’origine de la création d’un centre d’instruction pour les jeunes recrues. (AVB)

 

veilleur-de-nuit.jpg
Photo 11

La sociétè nationale des veilleurs de nuit se chargerait principalement de la surveillance extérieure des immeubles de SES abonnés contre le vol. 

cheveaux.jpg
Photo 12

 

poste-de-police.jpg
Photo 13

 

bel-uniforme.jpg
Photo 14

 

196_001.jpg
Photo 15

 

Merci à Jef Slagmulder pour les photos 12, 13, 14 et 15.

 

 

  

Saint-Roch

 

Carabain.jpg

 Crayon et aquarelle sur papier, 60,1 cm x33,9 cm. Signé et daté en bas à gauche.
Inscription au crayon de la main de l’artiste (?).

Ce portail en pierre bleu daté de 1760 se trouve rue Rempart des Moines. Il porte le nom de Saint-Roch d’après la statuette polychrome du Saint protecteur de la peste, conservée dans la niche de l’édicule baroque le surplombant, fermée par une grille en fer forgé partiellement dorée. Épis et croix en fer forgé assortis couronnent la chapelle.

 

 

Cigogne.jpg

 Le portail d’entrée de la rue de la Cigogne dans la rue du Rempart des Moines, 1903-1905.
Photographie prise par le Comité du Vieux Bruxelles.
Archives de la ville de Bruxelles.

 

cigigne2.jpg
Voilà la situation actuelle, le 5 mai 2013

coin-du-diable.jpg

meskens-poort.jpg
Crayon et aquarelle sur papier, 29,9 cm x 46 cm. Signé en bas à droite
Entre les deux maisons l’entrée de la Meskens Poort, nommée plus tard l’impasse du Sorbier. Cette impasse était située en face de la potale de Saint-Roch.
De nos jours le coin a disparu pour laisser la place au bâtiment de l’ancienne papeterie Haseldonckx

 

 

buyse.jpg

 

peste.jpg
Photo P.H – 5 mai 2013

 

200px-Saint_Roch[1].jpg

 

SAINT ROCH CONTRE LA PESTE

 

« Depuis 1865-1866, époque du choléra, la Porte Meskens était surmontée d’une humble chapelle votive consacrée à saint Roch, patron des pestiférés. Pendant cette terrifiante épidémie, on s’efforçait de s’y soustraire par forces offrandes de bougies et rasades d’eau de vie. Et, nonobstant, tel qui s’effrayait le matin, au passage des continuels convois funèbres, succombait souvent le soir même, pour être enseveli en toute hâte. » (Le Vieux Koekelberg, Joseph De Mul, Folklore brabançon n°151, sep. 1961, p. 370)

 

1. Saint Roch et son chien.

 

1.1. Un médecin itinérant ?

 

Saint Roch serait né à Montpellier, en l’an 1340 (mais certains penchent plutôt pour la fin du 13ème siècle). On pense savoir que son père était un haut magistrat et que sa mère se nommait Libérie. Vers 1360, il perdit ses parents et décida de partir pour Rome, après avoir distribué ses biens aux pauvres. Sans doute devait-il posséder quelques connaissances médicales (Montpellier possédant une école médicale depuis 1220) puisqu’il est dit que tout au long du chemin, il s’arrêta dans divers hôpitaux pour soigner les malades et panser leurs plaies. Ses soins, dit-on, allaient en priorité aux pestiférés, l’épidémie sévissant alors partout en Occident. Certains aiment à penser qu’il guérissait les malades d’un simple signe de croix, mais d’autres, vraisemblablement plus avisés, pensent plutôt qu’il utilisait de préférence une lancette pour soigner les bubons.

 

1.2. Le chien fidèle.

 

Mais un jour, saint Roch fut lui-même frappé par la maladie. Un énorme bubon apparut sur sa cuisse et il dut se réfugier dans un  bois, près de Plaisance (Italie). Il dut de ne pas mourir de faim à l’aide d’un chien qui, chaque jour, lui rapportait un pain volé sur la table de son maître. Mais celui-ci, intrigué par le manège de l’animal, décida de le suivre et put ainsi découvrir saint Roch et lui venir en aide (certains évoquent plutôt une guérison miraculeuse réalisée par un ange). Voilà pourquoi depuis, pour désigner deux personnes inséparables, on évoque « saint Roch et son chien », et voilà pourquoi aussi, dans l’iconographie, saint Roch est représenté flanqué d’un chien. Ainsi, bien que représenté d’une manière qui n’est pas sans évoquer saint Jacques, saint Roch s’en distingue notamment par deux attributs particuliers : le chien et le bubon qu’il montre.

 

1.3. La fin de saint Roch.

 

Saint Roch décida de rentrer à Montpellier. Pour ce faire, il dut traverser le pays de Milan, alors déchiré par une guerre civile. Là, il fut pris pour un espion et jeté en prison, à Voghera (Italie), où il devait succomber après cinq ans, soit entre 1376 et 1379. Au moment de sa mort, un ange, dit-on, le réconforta et une grande clarté illumina sa cellule. Il est dit qu’on trouva dans celle-ci une inscription en lettres d’or proclamant que tous ceux qui prieront saint Roch seront guéris de la peste. Certains disent que sa dépouille a été volée, d’autres qu’elle a fait l’objet d’une translation en février 1485 et qu’elle serait aujourd’hui toujours à Venise.

 

1.4. Le culte de saint Roch.

 

Nous trouvons donc clairement dans la légende de ce saint l’explication de sa notoriété de saint guérisseur et, plus précisément, guérisseur de la peste. Ce qualificatif de « peste » fut toutefois étendu à bien d’autres maladies que la « peste noire » ou « peste bubonique » proprement dite. Aussi n’hésite-t-on pas à invoquer saint Roch pour bien d’autres maladies : choléra, typhus, grippe espagnole, voire pour des plaies ou des membres estropiés, comme nous le verrons. En outre, à l’instar de saint Guidon d’Anderlecht, un autre saint guérisseur, saint Roch passe également pour être un protecteur des animaux. On le dit aussi protecteur de la vigne (contre le phylloxéra). Il combat la silicose des tailleurs de pierre, des paveurs et des carriers, le nom de « Roch » étant rapproché du terme « roc ». Bref, on le voit, nombreux sont ceux, des ouvriers de la pierre aux chirurgiens, des maîtres chien aux boulangers, des viticulteurs aux tanneurs de peaux, qui pensent avoir à invoquer saint Roch. Sa fête est célébrée le 16 août.

 

1.5. Une prière à saint Roch.

 

Saint Roch regarde nous

Et que la peste disparaisse

Sois notre soutien dans le danger

Et épargne-nous de mourir de la peste. (Ibid., p. 36).

 

1.6. Expansion du culte de saint Roch.

 

« Pour ne citer que le plus connu, St-Roch, et quelle que soit la valeur historique des documents le concernant, il reste que son culte a été très vite répandu dans la chrétienté tout entière par les franciscains et que les divers peuples de l’Europe l’ont regardé, très tôt, comme un excellent protecteur contre l’épidémie » (Les Saints dits Maréchaux et Auxiliaires contre la Peste, p. 5). Le culte de saint Roch s’étendit donc naturellement aussi à Bruxelles –« où a lieu la fameuse distribution des petits pains » (Ibid., p. 39) qui eut également à subir les ravages de la peste. « Un récollet célèbre entre tous pour son dévouement aux pestiférés est le père Thiery Coelde de Munster (1515). Le R.P. Matheus Verjans O. F. M. dans son article sur les Récollets et les Pestiférés signale qu’en 1489, lorsque l’épidémie de la peste sévissait avec violence à Bruxelles et qu’en l’espace de deux ans 33.000 malades succombèrent à ce fléau, ce religieux administra plus de 32.000 pestiférés. » (Ibid., p. 11). Bien plus tard, à l’occasion d’autres épidémies de peste, on constate la vigueur du culte de saint Roch dans le sud de la France : « En 1720 il y a la grande peste à Marseille, la ville se voue à St-Roch. A la cathédrale d’Aix on rencontre en 1721 le tableau de St-Roch priant pour les pestiférés. » (Ibid., p. 22). Rubens, quant à lui, à son retour d’Espagne et d’Angleterre peignit, en l’an 1631, pour la confrérie St-Roch à l’église St-Martin, à Alost, l’une des plus belles toiles représentant le Patron des pestiférés (Ibid., p. 35).

 

2. La rue Saint-Roch.

 

La rue Saint-Roch, à Bruxelles, s’étend du boulevard Emile Jacqmain (elle commençait jadis « rue du Souvenir ») à la rue de l’Epargne et traverse perpendiculairement la rue du Pélican. En 1623, fut bâtie à l’emplacement de la rue Saint-Roch, une maison de correction dont le premier directeur fut Daniel Sirejacobs qui sut vraisemblablement utiliser les bras des détenus à son profit. En effet, en 1620, ledit Sirejacobs fut l’importateur de la fabrication du camelot vert. « Ce tissu obtint en peu de temps un tel degré de perfectionnement qu’il fut bientôt plus recherché que ceux de Valenciennes et de Lille. Mais de nombreuses réclamations du corps des Métiers firent arrêter l’essor que prenait la confection par les détenus »… (« Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles », p.431). Cette maison de correction possédait une chapelle dédiée à Saint-Roch. Elle était adossée à des petites maisons où les pestiférés étaient relégués. Ils étaient soignés par les Augustins. Un cimetière particulier était situé à proximité, du côté de la Senne. Ce cimetière fut cédé aux Réformés, au lendemain de la paix de Munster (1644-1648). Il fut finalement abandonné en 1729. En 1730, à hauteur de la rue du Pélican, fut bâtie une « maison des pauvres », au-dessus de la porte d’entrée de laquelle fut gravée, en latin, la double inscription suivante :

 

« Pour le repos public des pauvres et des gens sans ouvrage, la commune de Bruxelles a fondé cet utile refuge. Par les libéralités d’Elisabeth. »

 

« Sous les auspices de l’empereur, par tes soins, Elisabeth, selon les vœux de la patrie, s’élève cette maison hospitalière. Toutes les pierres que tu vois, sont autant de présents, autant d’indices et de preuves de ta sollicitude pour ton peuple. Tant que Bruxelles existera, elle chantera tes bienfaits, et ton nom sera célébré par ses fils reconnaissants. »

 

De fait, la maison dite « des pauvres » fut subsidiée par la princesse Marie-Elisabeth qui, par un décret spécial, lui alloua une somme annuelle de dix mille francs sur sa cassette particulière. A sa mort, toutefois, cette œuvre ne fut point poursuivie et en 1744, la maison fut louée aux troupes anglaises afin d’y installer un hôpital. En 1746, les Français y remplacèrent les Anglais. En 1747, un incendie détruisit la quasi-totalité des bâtiments. Sur 600 patients qui se trouvaient dans cet hôpital, seuls quatre purent être sauvés des flammes. En 1769, la ville de Bruxelles fit reconstruire les locaux incendiés qui servirent successivement d’hôpital militaire et de caserne. Ces locaux furent finalement vendus en 1818 à la société qui venait de prendre en charge, pour 99 années, l’éclairage de Bruxelles au gaz. L’inauguration de ce nouveau mode d’éclairage eut lieu le 24 août 1819, jour anniversaire de la naissance de Guillaume Ier : Bruxelles était alors sous domination hollandaise (1815-1830). Sous le régime français (1794-1814), la rue Saint-Roch fut rebaptisée « rue de l’Oubli ».

 

3. L’ancienne rue Saint-Roch du Cantersteen.

 

Jadis une autre rue Saint-Roch commençait à la rue du Cantersteen pour terminer rue des Trois-Têtes. Il s’agissait, en fait, d’une simple ruelle de communication entre le Cantersteen et la rue des Trois-Têtes. Cette dernière, de même que cette rue Saint-Roch, ont aujourd’hui disparu. Sous le régime français (1794-1814), la rue Saint-Roch du Cantersteen avait été rebaptisée « rue de l’Innocence ».

 

4. Saint Roch à la rue de la Boue.

 

On situait jadis au niveau des numéros 192 et 194 (année 1857) de la rue de Flandre, une rue de la Boue qui porta également les noms de « du Bourbier » et « de Saint-Roch ». Cette appellation de Saint-Roch lui vint d’une chapelle dédiée à ce saint et située à l’entrée de la rue, du côté de la rue de Flandre. De fait, ce quartier fut durement touché par la peste en 1627, aussi ses habitants instituèrent-ils une quête à domicile et firent-ils bénir par les Chartreux cette chapelle dédiée au saint guérisseur originaire de Montpellier. Celui-ci donna également son nom à une fontaine miraculeuse installée naguère au coin de la rue des Boiteux, comme nous allons le voir. Les habitants de la rue de la Boue s’engagèrent aussi, sous la direction de trois d’entre eux, à entretenir jour et nuit une lumière en l’honneur de saint Roch.

 

5. La fontaine de Saint-Roch, rue des Boiteux.

 

Au numéro 6bis (année 1857, E. Bochart) de la rue des Boiteux se situait une fontaine dont on mentionnait déjà l’existence au 15ème siècle. En 1857, Eugène Bochart en parle encore au présent. On attribuait à ses eaux des vertus curatives : elles pouvaient, dit-on, guérir les membres estropiés. Ainsi, le jour de Saint-Roch (16 août), de nombreux pèlerins perclus venaient s’y laver. Cette fontaine portait d’ailleurs le nom de Fontaine des Perclus, puis de Fontaine des Boiteux. C’est cette dernière appellation qui donna son nom à la rue. Pour la petite histoire, rappelons que, selon la légende, c’est également à cet endroit que, vers la moitié du 14ème siècle, Georges Vandernoot aurait été tué au cours d’un duel par Walter Vandernoot, pour l’amour d’une jolie fille nommée Gudule.

 

Eric TIMMERMANS.

 

Sources : « Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles » (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / « Les Saints dits Maréchaux et Auxiliaires contre la Peste », Jos De Beer, Cercle anversois de l’image, IIIe Exposition, Mai 1934.