Coins Disparus

KI sé c’est OU ?

Je reconnais que celà doit être mission impossible pour la grande majorité de nos visiteurs. Les plus anciens d’entre nous ont probablement connu la « Drogueries du Mouton « , qui se situait aux limites du « soit disant quartier « Des Marolles ». La photo 3, nous indique une piste et si je vous dit qu’Andrée Bolsius et Nicole Rulaert ont parfait leur éducation dans le quartier, les plus futés de nos visiteurs auront trouvé

 

 

 

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Photo 1

 

Grace aux étonnantes collections du Patrimoine Artistique, on peut pratiquement vous faire revivre un coin complètement, et totalement disparu, volatilisé : celui de la rue du Poinçon vers l’embouchure de la rue de la Roue.
Source : BRUXELLES 1000 – UNE HISTOIRE CAPITALE – Volume 2 – Jacques DUBREUCQ.

 

 

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Photo 2

 

 

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Photo 3

 

 

 

 

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Photo 4

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Yann Mintiens

 

Yann Mintiens
Entr’ ouvre sa boîte de chaussures pour nous !

 

Voici quelques photos de la Famille Mintiens qui habitait rue de la Samaritaine…

 

 

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Photo 1

Photos 1 et 2, représentent une partie de la famille, accompagnée de voisins.

 

 

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Photo 2

 

 

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Photo 3

 

Jean Baptiste Mintiens, père de Florent. Que l’on retrouve sur les premières photos.

 

 

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Photo 4

 

Florent Mintiens, (dit Jean) tout jeune !

 

 

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Photo 5

 

 

Le frère de Pierre Minttiens, lors d’un championnat de balle pelote.

 

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Photo 6

 

Une nouvelle fois la famille lors d’un événement.

 

Pierre Henri Philippon

Pierre Henri PHILIPPON

 

Pierre Henri Philippon 1
Photo 1

 

 Barbe Torcq1
PHOTO 2

Barbe Torcq,
La grand mère de Charles

 

famille philippon grand parent et enfants
Photo 3
 

 

 

 

Oncle Jérôme
Photo 4

 

La photo est celle de mon père, à droite et haut en regardant la photo .
La photo à été prise lors de fête dans un camp de prisonnier , mon père chantait admirablement bien (1941 ) .
Ecrit par Charles Philippon

 

 

pierre henri philippon
Photo 5

Yann Mintiens  tout à droite, il s’agirait d’Henri Philippon, et à genoux, son frère Jérôme qui aurait tenu le café l’Arlequin rue de la Samaritaine… A l’extrème gauche, c’est mon arrière-grand-père.

 

SIRE HALEWYN

SIRE HALEWYN

 

A la mémoire de mon père, Georges Timmermans, né à Anderlecht, le 24 février 1938 et décédé dans cette même commune, le 27 novembre 2004.

 

1. Halewyn, souvenir de mon père.

 

C’était la fin d’une belle journée d’été. Mon père et moi-même, avions entrepris de terminer une journée tardivement ensoleillée et joyeusement arrosée, par une ultime pinte de cidre à la petite terrasse du « Sin e », un pub irlandais de Bruxelles aujourd’hui disparu. Nous en vînmes, je ne sais plus par quel biais, à évoquer l’un des visages du Chasseur diabolique, sire Halewyn. Je fredonnai l’air de la chanson d’Halewyn que j’avais entendu s’élever jadis de quelque vieux disque platine appartenant à mon père qui, le regard perdu, se remémora à ce moment le jour où, pour la première fois, il l’avait entendue lui-même, soixante ans plus tôt, durant l’été 1943. La seconde guerre mondiale en arrivait au tournant de Stalingrad et mon père avait cinq ans. Il était chez ses grands-parents maternels, à Anderlecht, lorsqu’il entendit soudain une étrange chanson, une mélopée mélancolique, s’élever d’un champ voisin.

 

2. Un tueur de femmes.

 

Une femme chantait quelque part dans ce qui était, à cette époque, la campagne d’Anderlecht, et voilà ce que disait sa chanson :

 

Sire Halewyn chantait une chanson, ceux qui loyaient voulaient être auprès de lui.

La chanson fut ouïe par une jeune fille de roi, que ses parents chérissaient fort.

Et elle alla se mettre devant son père : « O père, puis-je aller vers Hallewijn ? »

« Oh ! Non, ma fille, non, ny va pas ! Ceux qui vont là ne reviennent point. »

Et elle alla se mettre devant sa mère : « O mère, puis-je aller vers Halewijn ? »

« Oh ! Non, ma fille, non, ny va pas ! Ceux qui vont là ne reviennent point. »

Et elle alla se mettre devant sa sœur : « O sœur, puis-je aller vers Halewijn ? »

« Oh ! Non, ma sœur, non, ny va pas : Ceux qui vont là ne reviennent point. »

Et elle alla se mettre devant son frère : « O frère, puis-je aller vers Halewijn ? »

« Peu me chaut où tu ailles, pourvu que tu gardes bien ton honneur ! »

Elle monta dans sa chambre, elle mit ses plus beaux habits.

Que mit-elle sur son corps ? Une chemise plus fine que la soie.

Que mit-elle à son beau corsage ? Des bandes dor resplendissant.

Que mit-elle à sa robe rouge ? De point en point un bouton dor.

Que mit-elle à son kerel ? De point en point une perle.

Que mit-elle sur ses beaux cheveux blonds ? Une couronne dor massif.

Elle alla dans lécurie de son père et choisit le meilleur coursier.

Elle monta sur le coursier, et chantant et sonnant du corps, elle chevaucha par le bois.

Quand elle fut au milieu du bois, elle rencontra sire Halewyn.

« Salut, dit-il en labordant, salut, belle vierge aux clairs yeux bruns ! »

Ils chevauchèrent ensemble, et pendant la route maintes paroles furent dites.

Ils arrivèrent près dun gibet où pendaient maints cadavres de femmes.

« Comme tu es la plus belle des vierges, choisis ta mort : lheure est venue. »

« Eh bien ! Puisque je peux choisir, je choisis la mort par lépée. »

« Mais ôte dabord ta tunique : car le sang de vierge jaillit très loin. »

Et avant quil eut ôté sa tunique, sa tête vola à ses pieds.

Sa tête tomba à ses pieds ; sa langue dit encore ces mots :

« Va donc dans le guéret, (et souffle dans mon cor). »

« Je ne soufflerai pas dans ton cor, je nexécute pas lordre dun assassin. »

« Va donc au pied du gibet, et prends là le vase donguent,

« Et frottes-en mon cou rouge, ma blessure sera guérie. »

« Je ne frotterai pas ton cour rouge ; je nexécute pas lordre dun assassin. »

« Elle prit la tête par les cheveux, et la lava dans la claire fontaine.

« Elle remonta sur son coursier, et joyeusement chevaucha par le bois.

« Elle arriva à la porte de son père et sonna du cor comme un homme. » (« Heer Halewijn in Vlaanderen en Nederland”, J. Van Hecke, trad. G. Timmermans).

 

L’année qui suivit l’audition de ce chant par mon père fut celle du décès de ma grand-mère, Irma Vercaeren, emportée par la tuberculose et les privations dues à la guerre. Une sinistre coïncidence a voulu que ce chant évoquant le tueur de femmes Halewyn, fût entendu par mon père l’année funeste qui précéda celle du décès de sa propre mère.

 

Dans des circonstances en certains points similaires, C.-G. Jung connaîtra, lui aussi, une sombre prémonition de la mort prochaine de sa mère, celle-ci lui ayant été annoncée par un rêve effrayant ayant trait au Chasseur diabolique.

 

« Je me trouvais dans une sombre forêt touffue écrit Jung ; des blocs de rochers fantastiques et gigantesques gisaient parmi des arbres énormes, comme dans la forêt vierge. Cétait un paysage héroïque, primitif. Tout à coup, jentendis un sifflement strident qui semblait se répercuter à travers lunivers. De peur, mes genoux vacillèrent. Alors, dans les taillis, un craquement, et un monstrueux chien-loup à la gueule effrayante sortit en courant. A sa vue, mon sang se figea dans mes veines. Il me dépassa rapidement et, soudain, je compris : le Chasseur Sauvage lui a ordonné de lui apporter un être humain. Je me réveillai dans une mortelle frayeur et le matin suivant je reçus la nouvelle que ma mère était morte. Rarement un rêve ma bouleversé à ce point, car à le considérer superficiellement, il semblait dire que le diable était venu semparer de ma mère. Mais en vérité cétait le Chasseur Sauvage, au « chapeau vert » qui en cette nuit-là, -cétait une de ces journées de janvier où souffle le foehn- chassait avec ses loups. Cétait Wotan, le dieu des ancêtres alémaniques qui « réunissait » ma mère à ses aïeux, cest-à-dire négativement, aux hordes sauvages et, positivement, aux sälig Lüt, les défunts bienheureux. Ce nest que sous linfluence des missionnaires chrétiens que Wotan a été assimilé au diable. » (« Ma vie », p.356-357).

 

3. La Ballade dHalewyn.

 

La première version écrite de la « Ballade d’Halewyn » ne semble remonter qu’à 1836, mais la tradition orale est, de toute évidence, bien plus ancienne. Cette chanson s’adresse aux femmes elles-mêmes qui étaient, dans le passé, les compositrices et les poétesses de la communauté.

 

Dans la société agraire européenne, les chansons accompagnaient le rythme des travaux, et nombre d’entre eux étaient exécutés par des femmes. Celles-ci n’avaient aucune place dans les gildes et le compagnonnage strictement masculins et elles formèrent donc leurs propres associations.

 

Gardiennes d’une tradition orale véhiculant l’héritage d’un passé préchrétien, telle la « Ballade d’Halewyn » dont seule la mélodie (Missa in duplicibus), commune à la plupart des versions, semble avoir une origine chrétienne, les femmes furent les principales victimes de la répression religieuse : sur le total des victimes des procès en sorcellerie, on compte environ 83 % de femmes et 17 % d’hommes.

 

Souvent maintenues dans l’analphabétisme par le système patriarcal chrétien, les femmes devaient encore se voir reprocher la connaissance d’une tradition orale que les prêtres du dieu d’Abraham auraient bien voulu voir complètement éradiquée. Sans succès.

 

4. Halewyn par Michel de Ghelderode.

 

En suivant le déroulement de la pièce de Michel de Ghelderode consacrée à Halewyn, nous verrons que cette histoire est d’une tristesse tragique et désespérée. Il n’y a dans cette œuvre ni exaltation de la lutte d’un Bien contre un Mal, nulle victoire de l’innocence sur l’infamie, nulle revanche féminine contre le tueur masculin, mais presque une histoire d’amour entre deux êtres rongés par leurs passions respectives, se livrant un combat sans espoir dont la Mort seule sortira vainqueur.

 

On situe l’histoire de Halewyn dans les Flandres, à l’époque médiévale. Un vent hivernal souffle sur la plaine du nord, située près de la Mer germanique. Sur les murs du château d’Ostrelande, le capitaine Godfrund et le soldat Iwyn évoquent les principaux protagonistes de notre histoire : Purmelende, la jeune comtesse d’Ostrelande et Halewyn, de sinistre et maléfique réputation.

 

« Et dans le donjon, ce vitrail qui rougeoie, dit Iwyn. Cest la chambre de Purmelende, la jeune comtesse dOstrelande. Tu rêves, soldat ? Tu rêves en contemplant ce donjon, ce vitrail ? Las-tu déjà vue, la jeune comtesse dOstrelande ? Elle est blanche et blonde, frêle comme le lys blanc, comme lépi blond. Et violente. Une sauvage, ouiSi jamais tu entends le pont martelé par le galop dun cheval fougueux, penche-toi sur la route : tu la verras, la comtesse, cheveux au vent, dans une course insensée. Joubliais : sitôt que tomberont les premiers flocons de neige, sil neigeait, saisis ta trompe et sonne trois fois, pacifiquement », répond le capitaine Godfrund.

 

Iwyn assure qu’il sonnera du cor conformément à l’ordre donné par la jeune châtelaine, non sans pouvoir s’empêcher de trouver ce désir pour le moins étrange. Etrange désir pour une étrange jeune fille, conclut Godfrund…

 

Iwyn, qui n’est pas du pays, tente alors de se renseigner sur quelque chose qui ressemble à « une tour marine portant un brasier pour guider les nautoniers » et Godfrund lui répond laconiquement qu’il s’agit d’un burg. Mais lorsque Iwyn essaie d’en savoir plus, son capitaine lui répond brusquement « Naquis-tu dans cette contrée ? Non ? Alors tu apprendras toujours assez vite quel est ce burg et quel sire lhabite ! » Le seigneur dont il est question n’est autre que sire Halewyn.

 

Dans une sombre cave de son château, Halewyn est en train de questionner un miroir enchanté auquel il ordonne de lui livrer l’image qui l’obsède, l’image de Purmelende. Bientôt, il voit apparaître les neiges du pays d’Ostrelende et parvient finalement à saisir l’image de la femme désirée lorsque sa mère, Edwiggha, rongée par l’angoisse, entre brusquement. Elle est convaincue que son infernal rejeton est, une fois de plus, sur le point de commettre quelque action néfaste et crie son nom à plusieurs reprises, ce qui a pour effet d’exaspérer le démon qui lui répond : « Que ton ventre éclate, que les boyaux en jaillissent et senroulent à ta gorge, hibouse ! Les hommes de mon espèce ont-ils besoin dune mère ? Viens et traverse par griffes et dents cette porte de fer ; viens et tu verras ton fils en dinexprimables transes »

 

Halewyn poursuit ensuite son œuvre de magie noire et découvre les yeux de Purmelende : « Deux yeux violets Et les neiges bleuissent ! Cest elle, cest toi, regard pris au piège ! Approchez, prunelles, révélées par mes doigts à la surface du miroir ! Que je plonge dans votre eau violette Fuyez, bons esprits ! La créature à qui appartiennent ces yeux dhypnose viendra par les neiges et les neiges Aide-la, Satan ! Viendraet maimera ! »

 

C’est dans un bref sanglot que Halewyn prononce ces dernières paroles avant de se mettre à chanter avec violence : « Je donne lextase dans leffroi Neiges blanches et rouge sang. Sang des vierges et neiges dange Neiges saignez à mon chant. Aimez, mourez, vierges blanches La potence est de bon bois et ses chaînes sont sonnantes, un lourd collier mes amantes, à celle qui vient vers moi Halewyn naime quune fois et naime que la pucelle Aucune ne fut rebelle aux prestiges de ma voix Vous qui navez point damour vers le loin tendez loreille Que votre cœur sémerveille, mettez vos plus beaux atoursLamour je vous donnerai, lamour et bien davantage, alors que vous naurez plus dâge, la mort je vous donnerai Jaurai bu tout votre sang et mâché votre cœur tendre. A mon cou venez vous pendre, je donne amour pour du sang. Neiges blanches et rouge sang, vierges, venez à mon chant. Lamour vous demanderez Et la mort vous recevrez »

 

Mais Edwiggha ne cesse d’assiéger la porte derrière laquelle son fils s’est enfermé. Finalement, elle lui ordonne d’ouvrir la porte et clame qu’elle sait qu’il est en train d’accomplir le mal, à quoi Halewyn répond : « Jaccomplis le mal, avec le désespoir que le mal ne soit pas illimité comme le bien », sur quoi il ouvre la porte à sa mère. « Je ne te reconnais plus, dit-elle, tu es blême. Tes mains sont des serres souffrant de ne rien saisir. Et ton regard ressemble à celui des excommuniés. Je vois que tu souffres, et quel être humain trouverait-il bonheur dans les ténèbres ?Les cinq plaies du Christ ne giclent-elles pas pour toi ? »

 

Halewyn est sur le point d’emprunter le chemin de son ultime chasse. Il sait qu’il ne reviendra pas et prend l’amour à témoin, avant d’invoquer la luxure. « Cest la dernière fois que je pars, que je chante. Et ce miroir, je le brise. Adieu, mère. Maudis-moi, toi qui ne sais bénir. Non, ne taccroche pas à mes pieds. Ecoute : tu ne mas pas enseigné Dieu lorsque jétais enfant ; homme, jai rencontré le Démon ! Je suis son féalMes soudards, hé-da ! » Sa mère lance un cri désespéré, le traite de bourreau, mais Halewyn n’entend plus, il s’éloigne au son de sa chanson mélancolique et infernale qui évoque les tortures des vierges.

 

La « Chasse » de Halewyn compte dans ses rangs quatre bons soudards : Hylejock, Ulford, Wolventand et Griffons. Lorsque Halewyn leur demande qui est leur maître, tous répondent crânement « Vous, Halewyn ! » Et lorsque celui-ci leur demande qui ils affronteraient pour lui, le premier répond qu’il affronterait le trépas le plus amer, le second le dieu le plus farouche, le troisième le diable le plus puant et le quatrième, passé maître dans l’art de la rodomontade, affirme qu’aux grandes phrases, il préfère les grands coutelas. Et les voilà tous les cinq prenant la route des tours d’Ostrelande.

 

Halewyn finit par laisser ses hommes derrière lui. Au bout d’un moment qui leur paraît une éternité, ne voyant pas revenir leur maître, ils finiront par s’en retourner, oubliant, dans la panique, leurs promesses aussi guerrières que matamoresques… Halewyn, lui, tout en chantant sa triste et terrible mélopée, part à la rencontre de son destin.

 

A Ostrelande, les premiers flocons de neige tombent. Le capitaine Godfrund commande au soldat Iwyn de sonner du cor, selon l’ordre donné par la jeune châtelaine. Halewyn inspire une telle terreur que tant les soldats que les bûcherons pensent que Dieu lui-même le craint, et que rien ni personne ne peut mettre un terme à son odieuse et démoniaque besogne.

 

Quant à Purmelende, elle se trouve encore dans son château, en compagnie de sa vieille servante, Barbara. Elle sent que Halewyn se rapproche et entend soudain Iwyn sonner de ce cor qui annonce les premières neiges. La sinistre chanson du Chasseur, elle aussi, s’élève dans la nuit hivernale.

 

Purmelende entre dans un genre de transe et tient un discours étrange qui pétrifie d’effroi la pauvre Barbara qui feint de ne pas entendre le chant du Chasseur dans l’espoir de protéger sa maîtresse. En vain. Et voici ce que dit la jeune châtelaine : « La création toute nest que sorcellerie, dont furent perdus les secrets Jespérais que cette neige pacifiante me donnerait le bon sommeil, et cette neige mest de feu. En vain, jai posé des reliques sur ma chair Alors, alors, plutôt que de talonner les dalles ou déchirer des linges ou disloquer mon crucifix, je songe quil vaudrait mieux renverser tout et fuir, me métamorphoser en bête éperdument courante, criante de plaisir et de peur. Une bête forlancée quun chasseur happera pour légorger, chaude, à bout de souffle »

 

La lune, qui « gonflait ses joues et, cramoisie, sonnait du cor », le cor du Chasseur, rappelle la nocturna forma Dianae, la forme nocturne de la déesse Diane qui guide l’envol des sorcières et  préside aux cérémonies du Sabbat (Dictionnaire du Diable, Roland Villeneuve, Omnibus, 1998, p.566). Et ce n’est donc pas un hasard si Purmelende s’écrie : « je suis liée par les rayons de la lune. Elle mattire à elle. Cest la déesse qui commande aux femmes » Ultérieurement, la jeune châtelaine évoquera également en ces termes, les victimes du Chasseur : « Les sept cadavres de fillettes, je leur souris sans jalousie. Jaspirais violemment lodeur des chairs pourries. La lune bavait de plaisir. » Ceci dit pour souligner le rôle important tenu par l’influence de la lune dans l’histoire d’Halewyn, ce qui, pour l’identification de celui-ci au Chasseur diabolique, paraît essentiel.

 

Purmelende ne s’appartient plus. « Je doutais de la création, dira-t-elle plus tard, pourtant, et de moi-même ; les mots et les pensées navaient plus de sens ; javançais hors des communs chemins et du Bien et du Mal. » Elle revêt bientôt ses plus beaux atours : « va : dans le coffre, tu prendras ma robe de laine, ma ceinture de cuivre et mon diadème. Aussi le vase aux parfums », dit-elle à sa servante.

 

Accompagnée de Barbara, Purmelende se rend successivement chez son père, sa mère et son frère (dans cette version de l’histoire, elle n’a pas de sœur). Elle frappe à la porte de son père avec le marteau d’or, et il lui ordonne de retourner se coucher. Elle frappe à la porte de sa mère avec le marteau d’argent, et elle lui recommande de se jeter à genoux et de prier les anges. Elle frappe finalement à la porte de son frère, Karol, avec le marteau de fer, et il lui répond de retourner au lit, tout droit, après s’être plongé la tête dans un bassin d’eau glacée, mais il ajoute également : « va-t-en au diable, si cest lui qui te charme ! »

 

Purmelende trouve bien peu de compréhension auprès de sa famille et elle en tire cette conclusion : « A chacun son sommeil ! Leurs rêves à eux sont à errer dans ce château, leurs rêves sont à tourner dans les couloirs, à se heurter aux voûtes. Le mien cherche une issue. » La jeune châtelaine enfourche son coursier, Brun, qui fonce bientôt à travers la plaine, fendant les ténèbres hivernales : « Et si quelquun se place sur ta route, dit-elle au cheval, serait-ce mon père, un archange ou Dieu même, renverse-le ! Rien nexiste plus que ce brasier qui chante »

 

Au loin, Halewyn psalmodie : « Je viens, vierge blanche, gonflée de sang pourpre ; je viens à ton chant enchanteur » « O voix, répond Purmelende,  je ne veux pas lamour, je veux aimer ; je ne veux pas la mort, je veux mourir daimer. Je ne demande rien et joffre tout. »

 

Et finalement, Purmelende rencontre Halewyn. « Il mattendait, dira-t-elle plus tard, il était de glace et de feu, funestement beau, comme un archange bouté hors, encore éclairé et parfumé de Ciel et déjà mimant affres dEnfer. Me sentant perdue, je me précipitai vers lui, dont la bouche cerclée dor lançait de vénériennes mélopées. La vue de son visage phosphorescent marracha des larmes. Je découvris que cet être qui disait prodiguer le bonheur était la douleur même. Et cherchant pour le consoler des paroles tendres que je ne pouvais, je pris ses mains pour les baiser »

 

Plein de convoitise envers la jeune fille, Halewyn commence à se déshabiller. Il plante son glaive dans la neige et tout en fixant Purmelende, il ne cesse de répèter son nom : « Purmelende dOstrelande, Purmelende dOstrelande » Mais ces paroles ont sur la jeune comtesse un effet inattendu : elle qui, à ce moment, avait oublié jusqu’à son nom, réalise soudain que ce nom, c’est le sien. Cela ramène brusquement Purmelende à la réalité : elle s’empare soudain du glaive d’Halewyn et le décapite d’un coup sec ! « Et je vis, dira-t-elle plus tard, car cétait moi qui agissais, une tête qui bondissait hurlante, par les neiges et les neiges. Je la poursuivis. Je lattrapai à la course. Je la calai entre mes genoux et jenfonçai de la neige dans cette bouche béante, pour en éteindre les blasphèmes. Et je disais : « Priez Dieu, Messire, vu que vous trépassez ! » La tête voulut chanter encore, doucement. Et comme la neige ne suffisait pas, je mis ma bouche contre cette bouche, qui mourut enfin, et la tête, et la chanson »

 

Purmelende prit alors le chemin du retour, la tête d’Halewyn accrochée à sa selle. Elle fit la rencontre d’Edwiggha, la mère du tueur et lui montra la tête coupée de son infernale progéniture. Sous le choc, Edwiggha s’effondra, morte. Purmelende poursuivit sa route, proclamant par les chemins la fin de la race d’Halewyn et sonnant de sa corne, afin d’éveiller joyeusement la terre désormais libre d’Ostrelande.

 

De retour au château, Purmelende raconta son histoire à sa famille et à la cour. Au terme de son discours, la jeune comtesse s’effondra, morte, en criant le nom d’Halewyn…

 

5. Halewyn par A. de Lauwereyns de Roösendaële.

 

La voix d’Halewyn était si belle qu’elle ensorcelait tous ceux, femmes et enfants, qui l’entendaient. Les femmes abandonnaient aussitôt leur ouvrage, se dressaient, rigides, et allaient, comme dans un rêve, les yeux fermés et les mains tendues, vers une mystérieuse destination dont on ne les voyait jamais revenir. Quant aux enfants, ils abandonnaient subitement leurs jeux, fronçaient les sourcils et, bouche ouverte, ils élevaient leur doigt en l’air, puis se dirigeaient vers un quelconque feuillage où ils disparaissaient pour toujours.

 

Dans le pays où sévissait Halewyn, vivait une belle princesse que convoitaient tous les hommes de la région, sans oser l’avouer, tant était grande la fierté de l’objet de leur désir.

 

Mais un jour, la princesse entendit la voix d’Halewyn qui chantait : « Vierge au pur visage, aux grands cheveux souples, veux-tu être reine en mon pays ? Il ne faut que me suivre au domaine ombragé dont je suis le roi tout-puissant. » La princesse sentit sa gorge se serrer, puis alla trouver son père. Celui-ci lui dit : « Rendons grâce aux dieux. Car c’est la première fois que fille ne le suit point au premier appel. Il convient maintenant de n’y plus penser. »

 

Cela, la princesse, d’ores et déjà ensorcelée, ne pouvait le promettre et dès le lendemain, elle entendit à nouveau la voix d’Halewyn : « Viens, ô jeune fille, en mon royaume parfumé. Que fais-tu donc entre les tiens ? Ne t’ennuies-tu jamais ? On te traite en enfant. Tes frères vont sans toi sur la mer. Tu restes avec les servantes vulgaires. Comme elles, tu surveilles la cuisson des viandes mortifiées. Si tu consentais à me suivre, une autre vie tu mènerais à mon côté. Il est des milliers d’oiseaux dont tu n’as jamais vu le jeu, des fleurs inconnues, des eaux vives. Je te donnerais pour compagnes les plus belles jeunes filles. Des centaines d’enfants effeuilleraient des roses sous tes pas. Ne veux-tu point me voir ? Ne veux-tu point m’entendre, tout le jour ? » Le crépuscule descendait lorsque la mère de la princesse trouva celle-ci qui lui dit : « Comprenez-moi, ma mère ! J’écoutais l’époux qui veut m’emmener, et que je choisis : Halewyn. Consentez ! » La mère, terrifiée, emmena sa fille dans sa chambre.

 

Le jour suivant, alors qu’elle se promenait sur la grève, la princesse entendit à nouveau la voix maléfique : « Tu ne veux pas être ma femme, jeune fille sans courage. Libre à toi. Soit, reste. Epouse un lourd guerrier à la tignasse rousse et malodorante. Lave ses pieds grossiers, huile ses bras veineux, écoute son rauque parler. Mais sache-le, pour avoir écouté ma chanson, jamais avec un autre tu ne seras heureuse. A toute heure elle viendra trouver ta vie et tu la subiras. Le matin, quand tu regarderas la mer, entre la ligne d’horizon et le zénith, au milieu du jour entre les mets que tu porteras à tes lèvres et ta gorge sèche ; enfin, le soir si tu te promènes avec ton époux sur la grève, entre vos deux ombres que projettera la lune, elle s’insinuera. » Sur ce, la princesse vit avancer vers elle, fendant les vagues, le « cyule » de son frère –embarcation de cuir comparable, par exemple, au « curragh » ou coracle irlandais- chargé d’un lourd coffre qu’il exhibait avec fierté. La princesse le railla au passage et lui lança qu’en son absence elle avait trouvé son époux. « Marie-toi à ton gré, dit le frère. Et laisse-moi la paix. Sache seulement, jusqu’au jour de tes noces, conserver bien droite sur ta tête ta couronne d’or. »      

 

Aussitôt, la princesse gagna sa chambre, revêtit ses plus beaux atours, puis se dirigea vers les écuries où elle choisit le meilleur coursier, le sella, bondit sur lui et, tout en sonnant du cor, s’élança vers son destin. Halewyn, lui aussi monté sur un superbe coursier, l’entendit bientôt arriver vers lui et, de sous le bois, l’encouragea à poursuivre cette funeste aventure. Lorsqu’elle rejoignit Halewyn, la princesse lui demanda : « Es-tu bien de l’espèce humaine, ou plutôt ne serais-tu point quelque génie mystérieux ? N’es-tu pas né dans l’arbre creux dont nos bardes nous entretiennent, et qui recèle encore un dieu ? » Sans répondre à ces questions pressantes, Halewyn servit à sa proie quelques galanteries, puis ils firent marcher leurs montures de concert et au pas. Ils cheminèrent ainsi un jour entier, puis survint la nuit noire, et ils s’arrêtèrent. Candidement, la princesse demanda : « Où sont donc les vierges qui m’attendent ? », et Halewyn de lui répondre, non sans cynisme : « En voici déjà une qui te fait accueil ! » A la maîtresse branche d’un gros arbre, flottait la silhouette incertaine d’une femme pendue. Et il en était ainsi pour chaque arbre de cet endroit.

 

La princesse, en apparence résignée, déclara à son satanique amant qu’elle acceptait de mourir mais pas par pendaison, mort ignominieuse pour une fille de roi, mais par le glaive. « Que ta tunique est douce, dit la princesse à Halewyn, hélas mon sang va la souiller : ôte-la donc. » D’abord interloqué, Halewyn obtempéra, laissant glisser sa grande épée dont la princesse s’empara aussitôt pour lui trancher le col ! Et la tête d’Halewyn alla rouler dans les ronces. Mais la tête du démon, quoique décollée, vivait toujours, et, sans doute confiant dans le pouvoir ensorcelant de sa voix, demanda à la princesse de sonner du cor afin que ses amis viennent l’aider, mais la princesse lui répondit : « Moi seule t’assisterai, moi, ton épouse » La tête supplia encore : « Frotte mon col ensanglanté avec un onguent guérisseur. Et pose-le sur mes épaules » Mais la princesse n’en fit rien. Elle plongea la tête d’Halewyn dans l’eau claire d’une fontaine, la déposa à ses côtés, définitivement réduite au silence, puis tint ce discours aux vierges pendues : « Regardez, mes sœurs. Je vous ai vengées. Voyez notre époux. Nous allons nous le partager. Je vous laisse son corps robuste. La part est belle. Que les corbeaux qui, chaque jour, vous rendent visite, lui portent vos messages. Eventez lentement de vos cheveux raidis son dernier somme. J’emporte, moi, sa tête et cela me suffit. »

 

La princesse chevaucha sous la lune claire et ronde, fredonnant, chemin faisant, la chanson d’Halewyn. Arrivée à proximité du château de son père, elle sonna du cor comme un homme et au loin, les guerriers l’entendirent. Elle était presque sortie de la forêt lorsqu’une très vieille femme lui barra le chemin. « Jeune fille, lui dit-elle, as-tu rencontré mon fils Halewyn ? Oui, répondit la princesse, et tu ne le verras plus. Et crois-moi, ne le cherche pas. Maintenant, laisse-moi passer. » La princesse fit cabrer  son cheval, et la vieille, terrorisée, s’écarta.

 

A présent, la jeune fille pressait sur son sein la tête d’Halewyn tout en lui tenant ce discours : « Je te mène dans mon pays. Le vent va sécher ton visage. Près de moi tu demeureras. La vague monotone te bercera du printemps aigre à l’automne déchirant. » Après s’être purifiée dans la mer et s’être vêtue du linge le plus fin, la princesse, dont la couronne d’or n’avait jamais quitté la tête, dirigea les pas de son cheval vers le palais de son père qui, entouré de ses fils, l’attendait dans la salle du banquet, où un festin avait été préparé. Elle entra, sereine, tenant à bout de bras la tête de son époux qu’elle posa sur la table, devant elle, à la place d’honneur.     

 

6. Un personnage issu de la tradition celtique ?

 

On peut vraisemblablement établir un lien étymologique entre le nom de Halewyn et celui d’Halloween, fête commerciale d’origine américaine qui trouve toutefois son origine dans la grande fête celtique du début novembre, soit la Samain, que l’on nommait Samonios en Gaule.

 

En 1946, E. Smedes (cité par J. Van Hecke) établira le premier un lien entre Halloween et Halewyn. Il souligne quatre aspects de la légende de Halewyn qu’il dit retrouver dans la tradition celtique, à savoir : le chant qui ensorcelle, la toilette de la fille du roi, la menace de perdre sa virginité (voir, par exemple, les geis de honte que le mauvais druide de la tradition celtique d’Irlande, Athirne, lance sur certaines femmes qu’il n’hésite d’ailleurs pas à violer) et la tête coupée qui parle.

 

Selon Smedes, Halewyn appartient au monde du sidh, l’univers des êtres de l’Autre Monde celtique. Pour affirmer cela, il s’appuie sur un ouvrage daté de 1691 et titré « The secret commonwealth of Elves, Fauns and Fairies » de Robert Kirk.

 

Cette théorie reste cependant à prouver. Remarquons par exemple que les elfes, cités dans l’ouvrage susmentionnés, relèvent de la mythologie nordique (alfes blancs du domaine d’Alfaheim, alfes noirs du domaine de Zwartalfaheim…) et non de la mythologie celtique. La question soulevée à propos du caractère éventuellement celtique d’Halewyn n’en est pas moins intéressante.

 

7. Allowyn, le géant de Dunkerque.

 

Citons encore l’histoire du géant (=reuze) de Dunkerque (France), personnage attesté pour la première fois aux alentours de 1550 et qui est traditionnellement représenté, dans le folklore local, par un géant en osier. La légende veut que « Reuze » ait été le surnom d’un certain Allowyn (ou Hallewijn), un chef de guerre venu de Scandinavie, c’est-à-dire un Viking, venu envahir les Flandres avec ses guerriers. Mais en débarquant, Allowyn se blessa avec son épée. Saint Eloi le recueillit, le soigna et, cela va sans dire, le baptisa…Il aurait fini ses jours à Dunkerque, qu’il défendit après avoir épousé une fille du pays. C’est pour célébrer sa mémoire que, dès le milieu du 16ème siècle, on confectionna un géant en osier.

 

8. Un aspect du Chasseur diabolique ?

 

Personnage diabolique que l’on retrouve dans les folklores bruxellois et flamand, Halewyn, dont le nom se rapproche étymologiquement des Hellequin, Hurlewayn, Halloween ou encore Arlequin, pourrait être un aspect du Chasseur diabolique (la présence importante, dans sa légende, du cor de chasse et la mention de la lune, qui revient fréquemment à propos de la Chasse infernale, pourraient le laisser penser ; Chasses fantastiques et cohortes de la nuit, Lecouteux, p.56).

 

Mais comme le précise Claude Lecouteux, cela reste encore à prouver : « Nous rappellerons quil existe un corpus européen de ballades sur Hallewijn, que E. Smedes rattache à Halloween et à des représentations religieuses des anciens Celtes (oud-keltische voorstellingen). Cet Hallewijn (chez Pierre de Blois), est parfois considéré comme le meneur de la Chasse infernale ; lenquête reste à faire » (Chasses fantastiques et cohortes de la nuit au moyen âge, p.170 et 171).

 

 

Eric TIMMERMANS

 

 

Sources : Chasses fantastiques et cohortes de la nuit au moyen âge, Claude Lecouteux, Imago, 1999 / Contes et légendes de Flandre, A. de Lauwereyns de Roösendaële, Fernand Nathan, Paris, 1956, p. 11 à 24  / « Heer Halewyn in Vlaanderen en Nederland », Johan Van Hecke. La base de ce texte sur Halewyn, de même que la traduction du néerlandais en français du texte original de la « Ballade dHalewyn » sont le fruit des recherches effectuées par mon père, Georges Timmermans, disparu trop tôt, le 27 novembre 2004 / Ma vie, C.-G. Jung, Souvenirs, rêves et pensées recueillis et publiés par Aniéla Jaffé, Folio, 2003 / Théâtre I, Michel de Ghelderode, Gallimard (quatrième édition), 1950, p.90 à 122.

Ki sé c’est Où ?

KI sé c’est OU ?

Sur une idée de Jef Slagmulder

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Photo 1
Rue des Chapeliers 40 – Bruxelles 1000.
Bien vu Guillaume.

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Photo 2
Restaurant « Vincent », 8 et 10 rue des Dominicains

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Photo 3
rue de la fourche.

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Photo 4
26, rue des Chapeliers.

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Photo 5
Poechenellekelder, rue du Chêne.

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Photo 6
Maison « Kaufmann » fabricant d’orgues, de clavecins et de pianos
161/163,rue Royale »

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Photo 7
Brasserie « La Mort Subite » 7, rue Montagne aux Herbes Potagères

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Photo 8
« The Grasshoppers » 9 jouets, 39/43 rue du Marché aux herbes.

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Photo 9
27, Passage du Nord

Mon grand-père maternel, Ivon Verwilst, est né en 1891 au-dessus de la Coutellerie du Roi au Passage du Nord.

Cette coutellerie appartenait à la famille Monnoyer de Gembloux, couteliers réputés. Mon arrière-grand-mère, de ce côté-là, est Flore Monnoyer…. Quant à mon grand-père, il sera promu directeur de l’AIB (Association des Industriels de Belgique dès 1935, les bâtiments de l’AIB se trouvaient rue de l’Automne à Ixelles et furent détruits pendant la guerre 40-45 où la moitié de notre famille fut tuée.

Plus tard, l’AIB a été reconstruite à Auderghem, Avenue André Druart. Mon grand-père fit la bêtise de mettre les actions en bourse pour s’agrandir, mais perdit la majorité jusqu’à la perdre complètement.

Écrit par Philippe Hulet

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Photo 10
23, rue du Quai au Bois à Bruler.

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Photo 11
rue de l’Hôpital

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Photo 12
Café « Le Cirio » 18/20,rue de la Bourse »

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Photo 13
Restaurant « François » 2, quai aux briques.

 

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Photo 14
merci à Guillaume Kekenbosch pour les photos 14 à 17
rue de la Croix de Fer, qui après est devenu un Dancing.

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Photo 15
merci à Guillaume Kekenbosch pour les photos 14 à 17
« La Coquille d’Or », rue de la colline.

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Photo 16
merci à Guillaume Kekenbosch pour les photos 14 à 17
« Le Roi de Bavière », rue des chapeliers

 

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Photo 17
merci à Guillaume Kekenbosch pour les photos 14 à 17
« Le Patriarche » rue des Cultes.

L’ENTRAIDE DES TRAVAILLEUSES.

 

L’ENTRAIDE DES TRAVAILLEUSES

 

« Pour Joseph HEYMBEECK : Dag Jef, ce stuut s’appelait tout simplement « L’Entraide des Travailleuses », mais les gens disaient simplement « Den Entraid », hei ma vast ? J

J’ai fréquenté (sic) « L’Entraide » quasi depuis ma naissance (pour la fameuse pesée). Plus tard ma mère m’emmenait régulièrement dans cet endroit pour recevoir gratuitement un vêtement usagé (veste, manteau, etc,) pour passer l’hiver.

 

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Photo 1 – merci à Guillaume KEKENBOSCH

 

Voici une première photo pour illustrer les propos de Gilbert. Remarquez la corde, pour maintenir la foule. Les gens étaient pauvres et même pour certains très pauvres et pourtant ils avaient tous la fierté de bien se vêtir.

 

L’endroit était catho à la base mais j’ai toujours gardé un souvenir TRES ému en songeant à toutes les personnes (rien que des femmes) douces, bonnes et généreuses qui essayaient de nous donner un sourire à la vie (très difficile pour moi à cette époque). Fin des années 40 j’ai passé 2/3 Fêtes de Noël dans la grande salle du rez de L’Entraide, c’était absolument vollem bak (souvenance de la VRAIE MISERE DU QUARTIER) pour savourer un morceau de buches, un bol de cacao (cacayo) et recevoir un « colis ». Aaaaaah « THE COLIS », fallait nous voir soupeser les qq mandarines, l’inévitable speeculoos, bonbons guimauves, personnages en chocolat, massepain. On serrait notre « COLIS » tout contre notre corps pour sortir dans la nuit glaciale de fin décembre. Auparavant nous avions du chanter dans la salle des prières et autres chants de NOËL. A l’étage il y avait une petite bibliothèque TOUJOURS ouverte et TOUJOURS déserte, c’était une petite pièces avec des rayons remplis de livres… que personne ne lisait, que personne ne fréquentait. Tous les 15 jours environ je volais 2/3 livres auxquels j’enlevais soigneusement la page de garde estampillée par cachet de l’Entraide. J’allais ensuite rue de l’Escalier pour vendre ces livres chez PELE-MELE… la commerçante n’a JAMAIS été dupe, hei ma nog vast ? Les quelques pièces que je recevais me permettait de m’acheter quelques modestes friandises ou parfois j’épargnais 2 semaines pour aller au cinéma (à cet âge là je ne resquillais pas encore). Etc, etc, etc. Twass toch zoû de gooïen taaïd, oué mais UNIQUEMENT POUR CEUX/CELLES qui avaient du poon !!!

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Photo 2 – merci à Guillaume KEKENBOSCH

C’est sous l’oeil de l’agent de Police, que la dame à la casserole, patiente pour rentrer à l’endraide.

 

Epilogue : bien, bien des années plus tard, j’avais un appartement à louer. Par un hasard extraordinaire (c’est souvent, souvent le cas avec moi) je reçois une candidate pour la location. Malgré les années je reconnais immédiatement l’infirmière de l’Entraide qui me pesait… jusqu’à 6 ans, très très très douce et tellement gentille avec tout l’ monde. Lorsque j’avais une dizaine d’années puis ado, elle passait parfois par le vieux marché où je jouais au foot, toujours elle me disait « bonjour Gilbert » — bref je ne l’ai jamais perdu totalement de vue… Donc, nous nous reconnaissons, nous fondons pratiquement en larmes (surtout moi) et je lui loue l’appartement… (elle a vécu 23 ans dans cet appart). Pour moi ce furent 23 ans de bonheur car sa présence dans cette maison était un « soleil » pour tout l’ monde. Je ne voulais absolument pas percevoir un loyer de sa part (je pouvais me le permettre). Ma « locataire »-infirmière à alors décidé de verser pendant 23 ans! un montant de sa poche au service social de.. L’ENTRAIDE DES TRAVAILLEUSES…en indiquant soigneusement que c’était MOI le donateur (pff, tu parles que je râlais quand même un peu). Sincèrement j’eusse préféré que ce fut ELLE seule qui en profita, mais bon elle était profondément croyante et cela lui faisait tellement plaisir… L’ENTRAIDE DES TRAVAILLEUSES !!! Que de souvenirs. J’arrête (non relu il est 3h du matin) ».
Ecrit par Gilbert Delepeleere.

 

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La Baronne des Marolles, Marie -Thérèse van der Elst. avait sous ses ordres douze femmes.
Après leur travail quotidien,elles se rendaient dans les Marolles et visitaient des femmes en difficulté: mères avec de nombreux enfants, mères célibataires, femmes maltraitées, prostituées, malades, mourantes. Ces femmes ressentaient une inspiration religieuse.
En marge de leurs visite à domicile, elles s’occupaient aussi d’enseigner le catéchisme aux enfants.
Elles n’assuraient pas d’aide concrète. Leurs présence suffisait pour amener les femmes des Marolles à se manifester une solidarité mutuelle.

 

 

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Ce petit libre est paru dans le milieux des années trente et contient
79 pages.

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Quand et où j’ai fais l’acquisition de ce petit livre, je ne sais plus
Une seule indication le prix : 150 Fr.

 

 Voici comme promis le lien vers toutes les photos anciennes qui portent sur « l’Entr’Aide des travailleuses »
Ecrit par Jacques Janssens

https://plus.google.com/photos/103129657904377279369/albums/5659167589927254449?banner=pwa&authkey=CJj9qc66283lXg

 

 

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Photo A – Merci à Jacques Janssens

 

 

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Photo B – Merci à Jacques Janssens

 

 

André BETTE

 

 A la recherche de nos cinémas perdus,
sur une idée d’André BETTE

KI sé c’est OU ?

 

Et pour le savoir, lire les commentaires d’André Bette ;o)

 

 

 

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Photo 1

 

 

 

 

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La Maison Haute

 

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Photo Pierrot Heymbeeck

LA MAISON-HAUTE, ANCIENNE VENERIE DE WATERMAEL-BOITSFORT

 

1. Une ancienne vénerie.

 

La commune du sud de Bruxelles que l’on nomme Watermael-Boitsfort n’est pas de celles que le touriste visite habituellement, du moins pas dans un contexte citadin. De fait, sur les 1293 hectares que couvrent le territoire de Watermael-Boitsfort, 750 sont occupés par la Forêt de Soignes. La commune fera donc principalement la joie des promeneurs et des amoureux de la nature. Toutefois, se serait commettre envers elle une grande injustice, que d’ignorer l’existence sur son sol d’un élément au moins du patrimoine bruxellois ancien, je veux parler de la Maison-Haute, sise au numéro 2 de la place Antoine Gilson où se situe également la maison communale (n°1) de Watermael-Boitsfort.  Nombre de rues, lieux et places de Bruxelles furent débaptisées afin de mettre à l’honneur quelque obscur homme politique local dont le nom devait effacer à jamais une dénomination d’origine qui nous aurait sans doute permis d’en savoir plus sur l’histoire locale ou le folklore de la commune. Watermael-Boitsfort ne fait pas exception. Ainsi, comme le souligne justement le journaliste Louis Quiévreux, évoquant la place Gilson, « cette jolie place, toute vivante de reliques architecturales du passé, dont un des coins s’amorce à la très vieille venelle champêtre dite « Hondenberg » [Colline des Chiens], ne mérite pas le nom impersonnel dont on l’a affublée. » (Bruxelles, notre capitale, p. 191). Tant la maison communale que la Maison-Haute ont toutefois l’avantage de se dresser à peu de distance d’une zone forestière qui constitue la principale beauté naturelle de la région bruxelloise.

 

2. Un édifice du 17ème siècle.

 

Nous voilà donc à cette place si mal nommée « Antoine Gilson » d’où nous pouvons voir la maison communale et admirer la Maison-Haute. Bien que l’édifice ait été agrandi malencontreusement au 19ème siècle (suite à l’incendie de 1883), rappelons qu’il était, à l’origine, de style Louis XIV et que nous le devons aux plans de l’architecte Germain Boffrand (Nantes, 1667 / Paris, 1754) auquel un certain Michel Cafmeyer commanda la réalisation dudit édifice, vers la fin du 17ème siècle. Le 16 mai 1687, ledit Cafmeyer obtint enfin, après plusieurs demandes infructueuses, un demi-bonnier de terre sur le territoire de « Bouchefort », moyennant reconnaissance annuelle d’un chapon. Dès qu’il fut en possession de sa terre, Cafmeyer fit entamer la construction de la Maison-Haute. L’importance des dépenses fut telle, qu’en 1713, année de la mort de Cafmeyer (dont la pierre tombale est encore visible en l’église Saint-Clément), alors que la construction n’était même pas achevée, ses héritiers eurent encore à payer des notes d’entreprise. Plusieurs hauts dignitaires de la Vènerie, sur laquelle nous reviendrons plus loin, acceptèrent, dit-on, de participer financièrement à l’édification de la Maison-Haute, voilà pourquoi les armoiries sculptées de ces hauts personnages furent placées aux croisillons des cinq fenêtres de l’étage ; on comptait notamment le blason de Charles VI, les armoiries de Lorenzo del Marmol et les armes du grand veneur, Philippe-François de Rubempré. Mais ces blasons ont été enlevés au début de la seconde guerre mondiale. « On voyait, précisa, en 1950, Georges Smets à Louis Quiévreux, jusqu’en 1940, sur cette façade, de vieux écussons de bois sculptés aux armes des Villegas, des Beughem, des Del Marmol et des Rubempré. (…) Je les ai fait enlever pour les sauver des graves atteintes du temps. » (Bruxelles, notre capitale, p. 192). M. Smets les fit poser sur les murs de la salle à manger. Depuis, il semble que la dernière propriétaire des lieux les ait repris. A la fin du 19ème siècle, la Maison-Haute possédait encore un immense jardin qui fut, hélas, coupé en deux, afin de permettre le percement de l’avenue Delleur. Remarquons que la Maison-Haute est également surmontée de deux girouettes métalliques anciennes, découpées en forme de hure de sanglier. C’est là un rappel symbolique du métier de veneur qu’exerça en son temps Michel Cafmeyer. Mais au fait, pourquoi nommer cet édifice la Maison-Haute ? Tout simplement parce que, jadis, elle dominait une grande partie de la localité.

 

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Photo Pierrot Heymbeeck

3. L’intérieur de l’édifice.

 

Au début des années 1951, Louis Quiévreux rencontra l’occupant des lieux, M. Georges Smets, un descendant de Michel Cafmeyer. Nous avons déjà évoqué la salle à manger où M. Smets avait fait poser les nobles écussons originellement placés en façade, voici la description qu’en fit Louis Qui Évreux : « Cette salle à manger est superbe. Un vieux poêle ne dépare pas une cheminée monumentale portant des étains et des cuivres. Le bac à charbon, c’est une auge de pierre portant, incisés, le nom d’un Depage, ancien propriétaire, et la date 1834. Le plafond aux caissons sculptés, est majestueux. Au-dessus de la cheminée, pendent les bois du dernier cerf tué dans la forêt de Soignes, par Charles de Lorraine, en juin 1780, quelques jours avant la mort du duc. » (Bruxelles, notre capitale, p. 192-193) Et de poursuivre sa visite en ces termes : « L’escalier qui mène aux étages est en chêne et amorcé d’un départ orné d’un chien, car nous sommes ici au centre de l’ancienne vénerie de Brabant. Partout, je vois de belles portes du temps, hautes, massives, avec leurs ornements authentiques. Partout aussi, des meubles d’époque, des toiles, des décorations. » (Ibid., p. 193). Sur le site officiel de la commune de Watermael-Boitsfort, il est ainsi précisé, en ce début d’année 2011, que, de l’habitation d’origine, ne subsiste que deux chambres aux cheminées monumentales, situées au rez-de-chaussée. L’une a été transformée en bar, mais son cachet authentique, traditionnel, a été préservé. Quant à l’autre, il s’agit de la salle à manger qui est aujourd’hui la salle des fêtes. Le reste du bâtiment sert de bureaux à l’administration communale. La partie ancienne de l’édifice a été classée le 6 novembre 1961.

 

4. Les écuries.

 

A droite de l’édifice se trouvent les anciennes écuries dont Louis Quiévreux a relevé pour nous cette anecdote : « Cinq porches brabançons s’y remarquent. Selon une curieuse coutume, des fers à cheval, cloués à l’extérieur des écuries, portent les noms de chevaux qui habitèrent ces lieux, où, désormais, plus aucun hennissement ne retentit. Je note les noms de Tom et de Bob (1897), de Don Quichotte, de Marcus (1873), de Chaperon Rouge (1883), de Saintoin (1903) et de beaucoup d’autres animaux qui connurent les courses exaltantes dans la forêt et dont les âmes doivent encore vagabonder, ici, galopantes. » (Bruxelles, notre capitale, p. 193). Les écuries ont été restaurées et servent aujourd’hui de complexe socio-culturel; il s’agit du siège du centre culturel francophone de Watermale-Boitsfort « La Vénerie ».

 

5. Le Cafmeyer d’Espagne.

 

La Maison-Haute est aussi connue sous le nom « Cafmeyer d’Espagne ». Nous avons à plusieurs reprises fait allusion au métier de veneur, au grand veneur ou encore à la vénerie. Il se trouve que Michel Cafmeyer, qui fit construire la Maison-Haute, fut, au 17ème siècle, veneur des ducs de Brabant, c’est-à-dire une personne chargée de faire chasser les chiens courants (chasse à courre). Un jour, Cafmeyer entreprit un voyage en Espagne pour offrir au roi Charles II, de la part de la vénerie, une meute de chiens courants brabançons. On imagine sans peine les difficultés que durent représenter pour notre veneur, ce long voyage de Bruxelles à Madrid, avec une trentaine de canidés ! Enfin parvenu à l’Escurial, notre homme demanda audience au roi, mais il lui fut répondu qu’il devrait attendre son tour durant au moins plusieurs semaines, ce qui ne lui plut guère. Aussi alla-t-il se planter à bonne distance des fenêtres de l’appartement royal et commença-t-il à sonner du cor. A cet appel, Charles II, qui était un passionné de chasse, ordonna que Cafmeyer et ses chiens furent reçus sur l’heure. On admira la meute, on congratula le veneur, et ce dernier, de retour dans nos bonnes vieilles terres boitsfortoises et bruxelloises, fit construire la Maison-Haute à laquelle on donna, tout naturellement, le nom de « Cafmeyer d’Espagne ». Authentique ou légendaire, l’histoire est jolie et mérite de rester dans nos mémoires.

 

6. Les Hugo à Boitsfort.

 

Victor Hugo était accompagné dans son exil bruxellois par son fils, Charles-Victor Hugo. Celui-ci épousa une demoiselle Alice Lebaene et le jeune couple décida un jour de partir en excursion à Boitsfort. Mais voilà que le soir venu, les jeunes gens n’avaient pas encore regagné le domicile familial, aussi commença-t-on à s’inquiéter. Soudain, un cocher sonna et remit le message suivant, signé par Charles-Victor :

 

A Boitsfort,

En sourdine,

Charles dîne

Et boit fort.

Repas tendre.

Pardonnez

Et dînez

Sans attendre…

 

Alice et Charles se sont-ils arrêtés à la Maison-Haute ? Peut-être, toutefois l’histoire ne le dit pas.

 

 

Eric TIMMERMANS

 

Sources : « Bruxelles, notre capitale », Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951, p. 191-194.

 

 

 

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Photo source internet