LA LEGENDE ET LA RUE DES QUATRE FILS AYMON

                 

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LA LEGENDE ET LA RUE DES QUATRE FILS AYMON

 

1. La légende des Quatre Fils Aymon.

 

1.1. La chanson de geste.

 

Sous le nom d’Histoire des Quatre Fils Aymon, il existe un roman ou, plus précisément, d’une chanson de geste de 18.000 vers mélangeant éléments historiques et légendaires, que l’on attribue à un certain Huon de Villeneuve, trouvère du 13e siècle. Cet ouvrage fut édité à Paris, par Jean-Pierre Brès, en 1829. Rappelons toutefois qu’il existe une douzaine de versions manuscrites médiévales connues en vers de cette histoire, toutes anonymes, à l’exception de celle de Villeneuve. A noter aussi que si le cheval Bayard apparaît bien comme le fil conducteur du récit et s’il est dit qu’il est capable de transporter, il n’est semble-t-il précisé nulle part qu’il est supposé porter les quatre fils Aymon. Cette image serait le résultat d’une influence iconographique sur les versions plus récentes de cette légende, celle-ci nous ayant effectivement rendue familière la vision de Bayard portant les quatre fils Aymon, que l’on retrouve d’ailleurs dans nombre de cortèges folkloriques d’Occident.

 

1.2. Les Quatre Fils Aymon en Occident et à Bruxelles.

 

Nombreuses sont les régions d’Occident qui revendiquent la paternité de la geste des quatre fils Aymon. C’est le cas des Ardennes, de même que du pays de Liège ou encore de l’Aquitaine et de Paris. A Ath (Hainaut), la légende des quatre fils Aymon et du cheval Bayard tient une place importante dans le folklore locale. En définitive, il semble que la geste des quatre fils Aymon, issue d’une légende médiévale française, ait largement influencé l’Europe romane tout entière, avant de s’étendre à l’Allemagne, à l’Italie et aux Pays-Bas, par l’intermédiaire de l’imprimerie. Et voilà pourquoi on la retrouve revendiquée par tant de régions différentes. Sans doute. Toutefois, convient-il de distinguer les régions qui en possèdent une version locale, c’est-à-dire replacée dans le contexte de leur propre terroir, de celles qui reprennent la légende de manière plus générale, sans aucune adaptation particulière. Et c’est là, autant que nous sachions, le cas de Bruxelles. Si, en tant que tradition occidentale et romane, le nom des quatre fils Aymon se retrouve bien à Bruxelles, il n’existe pas, semble-t-il, d’adaptation régionale de la légende. Cela n’empêche pas que les quatre fils Aymon aient donné leur nom à une rue (nous verrons dans quelles conditions), que les personnages de cette légende se retrouvent dans le théâtre de marionnettes de Toone ou encore au cœur même de l’Ommegang. Ainsi voit-on, en 1529, Marguerite d’Autriche, gratifier « de 4 carolus d’or les enfants qui, montés sur le cheval Bayard, avaient chanté devant elle le 9 mai, jour de la procession. » (Histoire de la Ville de Bruxelles, t.1, A. Henne et A. Wauters, p. 106). Mais tout cela ne fait pas de la geste des quatre fils Aymon une histoire enracinée dans le terroir bruxellois proprement dit.

 

1.3. Les Quatre Fils Aymon.

 

1.3.1. La rue des Quatre Fils à Paris.

 

On trouve à Paris, au cœur du quartier du Marais, dans le 3e arrondissement, une rue des Quatre-Fils, qui s’étend du n°93 de la rue Vieille-du-Temple, pour finir à hauteur du n°60 de la rue des Archives. Au cours des siècles, cette rue prit successivement les noms « rue de l’Echelle du Temple » (14e siècle), de « rue des Deux Portes » (15e siècle) et, plus tardivement, de « rue des Quatre Fils Aymon », pour les mêmes raisons qu’à Bruxelles, à savoir qu’une enseigne faisait référence à l’histoire des quatre fils.

 

1.3.2. Les Quatre Fils Aymon dans les contes du Vieux Paris.

 

1.3.2.1. L’épisode languedocien.

 

Il était une fois quatre fils qui se nommaient Renaud, Guichard, Alard et Richardet. Guichard était d’un tempérament fier ; Guichard, lui, était aussi adroit à planter une flèche dans sa cible que de peindre des portraits et des scènes de guerre ; Alard, le cadet, possédait l’âme du poète et d’un musicien ; quant à Richardet, le benjamin, sa sagesse n’avait d’égale que sa timidité. Les quatre frères, enfants d’Aymon, avait également une sœur nommée Bradamante, qui faisait la joie de leur demeure, le château fort d’Albi, dans le Languedoc. Jadis, le père Aymon avait été un vaillant guerrier qui avait combattu et bouté les Sarrasins hors des terres de France. Mais, peu habile dans l’art de l’intrigue, il ne s’était guère enrichi et vivait à présent, de même que ses enfants, dans la plus complète indigence. Mais un jour, la fée Orlande, qui était apparentée à la famille des Aymon, apparut à Bradamante pour lui conseiller de demander à ses frères de dessiner un grand cheval sur un mur du château. La fée précisa aussi que si les frères se trouvaient un jour en danger de mort, ils pourraient l’appeler à leur secours, mais rien qu’une fois seulement. Le lendemain, Guichard dessina à l’aide d’un charbon, un superbe destrier. A peine l’œuvre fut-elle achevée, que le cheval se détacha du mur et prit vie. On le baptisa du nom de Bayard, parce que sa robe était d’un « bai » rougeâtre. Comme l’animal pouvait aisément porter plusieurs cavaliers, les quatre fils Aymon l’enfourchèrent d’un bond, par rang de taille et par rang d’âge. Et Bayard s’élança aussitôt au galop, plus rapide que le vent lui-même. Les quatre jeunes cavaliers et leur monture apparaissaient à présent dans les endroits les plus divers et les plus lointains à la vitesse de l’éclair, pourfendant les brigands et venant au secours des opprimés aux quatre coins du pays en une seule journée. Aussi, la renommée de Bayard et des quatre fils Aymon gagna-t-elle rapidement Paris. Le fourbe Ganelon se fit fort de convaincre Charlemagne, qui séjournait alors sur les bords de la Seine, de faire l’acquisition du cheval Bayard. Celui-ci serait, disait-il, serait un authentique secours de la Providence pour l’empire. On décida donc d’inviter à Paris, les quatre fils Aymon à Paris.

 

1.3.2.2. L’épisode parisien.

 

Les jeunes gens considérèrent évidemment l’invitation de Charlemagne comme un grand honneur et, montés sur Bayard, ils partirent pour Paris où l’on avait préparé à leur intention les fêtes les plus magnifiques. L’empereur Charlemagne les reçut en personne avec la plus grande cordialité, mettant ses quatre invités au comble de la joie. Richardet, toutefois, se méfiait et informa ses trois frères que tant de sollicitude impériale n’avait pour autre but que de faire l’acquisition du cheval magique. Aussi décidèrent-ils de maquiller Bayard en vieille rosse et de lui faire perdre la course prévue pour le lendemain, hors des murs, en le faisant jouer au cheval boiteux. Bayard, qui comprenait et partageait toujours les desseins de ses maîtres, se réjouissait d’emblée de se prêter à cette mascarade. Mais le lendemain, Ganelon ne s’y trompa pas et avertit Charlemagne que, de toute évidence, il s’agissait là d’une farce. Renaud, ne put toutefois supporter les rires et les quolibets du public, qui voyait se traîner le vieux canasson que ses frères et lui montaient, aussi éperonna-t-il Bayard qui, partit bon dernier, parvint à vaincre tous les autres coursiers en quelques foulées magiques, déclenchant un tonnerre d’applaudissements admiratifs. Charlemagne réprimanda d’abord les quatre frères pour avoir tenté de le jouer, puis il consentit à leur pardonner, en souvenir, prétendit-il, des services que leur père lui avait rendus jadis, mais il avait impérativement besoin de Bayard et leur intima l’ordre d’en fixer le prix eux-mêmes. A ces mots, le sang de Renaud ne fit qu’un tour et il envoya paître l’empereur et sa raison d’Etat ! Charlemagne donna alors l’ordre de s’emparer de l’insolent, mais les gardes avaient à peine fait un pas que Renaud et ses trois frères enfourchaient Bayard qui prit fougueusement la route de leur Languedoc natal (vers les Ardennes selon une variante de la légende) lorsque, devant traverser Paris, ils s’y trouvèrent enfermés et se perdirent dans l’enchevêtrement de ses rues et de ses venelles. Ils se trouvèrent bientôt encerclés par une meute d’hommes d’armes qui tentaient de les abattre. Ils n’eurent d’autre recours que d’appeler la fée Orlande à la rescousse. A peine eurent-ils lancé cet appel de détresse que Bayard, s’appuyant contre un des murs de la ville fit s’ouvrir une brèche dans le rempart par laquelle lui-même et ses quatre cavaliers disparurent, avant que le passage magique ne se referme, n’offrant plus aux yeux des poursuivants que l’image d’un grand et beau cheval, celle-là même qui avait jadis orné l’un des murs du château paternel. Et plus personne, jamais, ne revit ni Bayard, ni les quatre fils Aymon.      

 

2. La rue des Quatre Fils Aymon à Bruxelles.

 

Cette rue en coude s’étend de la rue de la Régence à la rue des Six Jeunes Hommes, en direction du Petit-Sablon. Il fut un temps, toutefois, où cette rue portait deux noms. Du Petit-Sablon à l’angle qu’elle forme vers le centre, elle portait le nom de « rue des Trois-Jeunes-Filles ». Quant à la partie qui commence à l’angle pour aboutir à la rue de la Régence, on la nommait « rue du comte de Beaumont » (parce que ce dernier y avait établi sa demeure). Ces deux rues furent finalement réunies en une seule sous l’appellation de « rue des Quatre-Fils-Aymon ». Percée avant 1640 sur le domaine di comte de Rœulx, cette rue changea de nom bien souvent dans le courant des 17e et 18e siècles et porta plusieurs fois celui de « rue Neuve ». C’est en 1853 qu’elle devait prendre sa dénomination définitive de « rue des Quatre Fils Aymon » qu’elle doit à une auberge qui était située du côté de la rue de Bodenbroeck (jusqu’où elle s’étendait avant le percement de la rue de la Régence ; ayant eu moins de chance que sa voisine, la rue des Six Jeunes Hommes, la rue des Quatre Fils Aymon fut partiellement démolie pour permettre l’installation d’une banque) et qui était fréquentée par des ouvriers du pays d’Ath. Or, on sait que la légende des quatre fils Aymon et du cheval Bayard, tient une place essentielle dans le défilé de la Ducasse d’Ath. On peut, à cette occasion, voir un immense Bayard chevauché par quatre jeunes enfants jouant le rôle des quatre fils Aymon : Renault, Alaard, Guichard et Richard (ou Richardet), fils du duc Aymon. Ceci donc explique cela. Bien sûr, la légende prétend que le cheval Bayard transporta les quatre fils Aymon à Bruxelles et qu’il fut même installé dans une vaste écurie proche du Sablon ! Plus rationnellement c’est dans une remise de cette rue que, semble-t-il, l’on entreposait les géants de l’Ommegang et le cheval Bayard !

 

 

Eric TIMMERMANS

 

 

Sources : Contes du Vieux Paris, Pierre Jalabert, Ed. Fernand Lanore, 1966, p. 95 à 105 / Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, Le Livre, 1995, p. 319 / Histoire de la Ville de Bruxelles, t.1, A. Henne et A. Wauters, Editions Culture et Civilisation, 1968, p. 106 / Légendes bruxelloises, Victor Devogel, TEL/Paul Legrain (Editions J. Lebègue, 

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Eglise du Béguinage

 

 

 

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 Le Grand Béguinage au XVII siècle.

 

De la place du samedi à la rue du Marais, tout le côté gauche était occupé par le Grand Béguinage. les opinions diffèrent  sur le commencement de ce couvent.

Suivant une chronique manuscrite, les premières béguines vivaient éparses; c’étaient de simples dévotes, qui se réunissaient pour prier dans la chapelle  de Notre-Dame de la Vigne, où un prêtre nommé René Breeteyck, célébrait l’office divin.  En 1248, il y avait déjà en cet endroit une infirmerie pour les pauvres malades, le 1er décembre 1246, Saint Boniface de Lausanne y bénit un cimetière.  cette chronique ajoute que le couvent ne se forma qu’en 1250.

 

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Plan du Grand Béginnage, dressé en 1820. On y voit, superposé, le nouveau tracé des rues et places, et le projet de ce que sera l’hospice de l’infirmerie.

 

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 Photo Pierrot Heymbeeck – juillet 2013

 

 

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Les pensionnaires de l’Hospice – merci à Guillaume pour la photo

 

Le Daring Club de Bruxelles.

Un GRAND merci à

 

Henri TIMERMMANS

 

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Photo 1

 

 

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Photo 2

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Photo 3

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Photo 4

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Photo 5

Bonjour les amies et amis, la belle dame très élégante c’est bien Mariette la coiffeuse, la tante de Roland Desmet , Cendrillon de la Fleur me l’a confirmée. Mariette a 93 ans , elle a travaillé de nombreuses années au salon de coiffure chez Renée rue au Laines face à la rue des Prêtres là où maintenant il y a la salle Marolia . Mariette était une grande amie de ma maman quand elles avaient 20ans .Elles allaient danser dans les salles de danses rue Haute et dans les dancings de la rue de l’Epargne. Le 10 octobre ma maman nous a quitté cela va faire 12ans . »

Ecrit par Nelly Lallemand.

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Photo 6

 

 

 

 

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Photo 7

Merci à Guillaume Kekenbosch pour la photo 

 

Un Tilleul Toujours Vert

UN TILLEUL TOUJOURS VERT

 

1. La rue du Tilleul (Evere / Schaerbeek).

 

Il existe une rue du Tilleul aujourd’hui partagée entre les communes d’Evere et de Schaerbeek. Le nom de cette rue fait vraisemblablement référence à un tilleul qui, vers la fin du mois d’août 1656, aurait été abattu par une tempête. Ce tilleul était semble-t-il célèbre, puisque c’est à son pied que, tous les ans, les jeunes couples venaient se jurer leur foi. Notons toutefois qu’avant le 17 juin  1851, cette artère porta aussi le nom de « rue des Limites ».

 

2. La légende du chevalier fidèle.

 

Il est dit qu’un chevalier de la région, qui avait épousé une jeune fille de 18 ans, partit combattre en Terre-Sainte. Mais avant de partir, il demanda à sa jeune épousée que, quoiqu’il arrive, elle lui garde sa foi durant six ans et trois jours. Or, en un jour funeste, le chevalier tomba sous les coups des Sarrasins alors que le lendemain devait s’être écoulée la période de six ans et trois jours durant laquelle sa jeune épouse devait lui rester fidèle. Le chevalier pria alors la Vierge, lui promettant de lui édifier une chapelle s’il revenait chez lui avant la date fixée. Il se sentit aussitôt transporté et se réveilla sur la pelouse où il avait passé toute son enfance. Il parvint à la porte du château, souffla dans le cor qui pendait aux créneaux et se fit reconnaître par son épouse : douze heures sonnèrent à la grosse horloge : la période de six ans et trois jours venait de s’écouler… ! Le chevalier fit édifier une chapelle à la Vierge à l’endroit où il s’était réveillé et la légende rapporte qu’un « tilleul toujours vert » protégeait ladite chapelle de ses vastes branches. A peine fut-il abattu, nous dit encore la légende, que les gens de la région se ruèrent sur cet arbre, armés de scie et de haches, et s’en disputèrent violemment les débris. Le tilleul avait, de toute évidence, pour les gens de la région, une importance à leurs yeux « magique » que la légende chrétienne n’a pas pu masquer. En effet, l’adjonction d’une légende virginale à un rite populaire de nature bien peu chrétienne, laisse penser à une tentative de récupération d’une tradition que l’Eglise ne put jamais éradiquer, comme cela est arrivé maintes et maintes fois dans l’histoire de l’Occident chrétien.

 

 

Eric TIMMERMANS

 

 

Bibliographie : « Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles » (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 (p.512 à 516).

rue de L’Abattoir

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Rue de l’Abattoir

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C’est en septembre 1841, que la rue fut créée, dans le but de donner une communication avec le nouvel abattoir et le centre-ville.

La rue fut constamment encombrée  de vachers menant leurs bêtes à l’abattoir.  Deux impasses se trouvaient dans la rue, sur la gauche en venant du boulevard on trouvait l’impasse du   Jasmin (ex. du Bouvier) et une maison plus loin l’impasse de la Triperie, qui toutes deux allaient s’arrêter à la Senne.

Comme souvent,  l’impasse  était sur peuplée  (114 personnes dans 15 maisons) en 1866 ! Habitée   principalement par les ouvriers de l’Abattoir.

En 1884 eut lieu  dans l’impasse de Bouvier  une terrible bagarre entre deux ménages qui se détestaient royalement et ce  depuis de longues dates « Les BUCCLINCKX  et les BAETENS ». L’indépendance Belge,  relata  dans ses colonnes le fait divers  qui se termina de façon tragique  pour les époux BAETENS.

Ivres de haine et de Faro, monsieur BUCCLINCKX, donna deux coups de tranchet dans le poignet de madame BAETENS, son mari qui vint au secours de son épouse, reçu également un violent coup.

En juillet 1863, un crime sanglant eut lieu dans la rue de l’Abattoir,  François SCHOLLAERT , un repris de justice de 27 ans, décapita la petite fille de 2 ans de sa maitresse, heureusement il fut désarmé   alors qu’il s’attaquait  à l’ainée.  Les gendarmes le conduiront à la prison des Petits Carmes. 

 

La rue de l’Abattoir une rue calme et sans folklore ?

 

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Photo A – Merci à Guillaume Kekenbosch pour la photo.

Le café de l’Horloge se trouvait au boulevard de l’Abattoir, sur le coin de la rue de l’Abattoir.
Guillaume a mis une croix pour situer le café LE DIABLE ROUGE. Le papa de Guillaume était membre de l’équipe de balle pelote. 

 

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Photo 1

Café du Vieux Temps

 

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L’entrée de la rue de l’Abattoir, du côté du boulevard du même nom.

 

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rue de l’Abattoir vue en direction de la place de la Senne

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Une vue de la rue en direction des Arts & Métiers.

 

 

 

 

Rue de la Rasière

rue de la rasiere (plaque) merci titi

 

 Origine 

La longue rue de la Rasière existait déjà en 1389.

Avant la construction de la place du Jeu de Balle, en 1854, elle allait de la rue Haute à la rue des tanneurs !

Sa partie inférieure est devenue la rue de l’Hectolitre.

A ces débuts, la rue était connue comme Pluymstrate (rue de la Plume). Puis, vers 1500, s’installait dans cette rue une boulangerie nommée « ‘t Sister » (la Rasière), ancienne mesure de capacité pour la farine, et le peuple prit petit à petit l’habitude de nommer la rue sous ce nom-là.
Merci à Titi

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Rue de la Rasière
Photo 1 – merci Nelly

 

Le haut de la rue de la Rasière
Vue sur les Blocs

 

rue de la Rasière en février 2009 - merci Nicky.

La rue de la Rasière, aujourd’hui (15/02/09) en direction de la rue Haute. Merci Nicky.

De Nicolas Luppens
(Nicky).

…la « Zustervatstroet » comme dit ma Mouma.

(personnellement je dis rue la Rasière), Pierrot, on doit voir plus loin sur les plans et il faut imaginé partir de la rue Haute et que tu descends la rue de la Rasière jusqu’ à la rue des « Radis »(sur la gauche) et la rue du « Renardin »(sur la droite le long de l’ église qui n’ existe pas encore tout comme la place elle-même). Arrivé à hauteur rue des Radis, on tourne à droite quelques mètres sur Renardin et à gauche dans la rue des « Rats » qui elle va jusqu’à la rue des « Fleuristes » et puis à la rue des « Tanneurs ». Voir plan Jacowick (1812)J.D.Vol 2, page ?  Tout début du livre.


Autre info à ta question; On sait que la Rasière est une mesure de capacité en usage au 16éS.; elle valait 60kgr. Jadis la rue se nommait rue de la Plume. (Actuellement non loin de là etc…une autre rue de la Plume, etc…Une boulangerie où l ‘on se servait de « rasières » et située au coin de la rue Haute est à l’ origine de l’ appellation.
Lu dans « Les noms de rues à Bxl » (1951) de Bernaerts et Kervyn de Marcke.

 

 

nicolas luppens
Photo 3 – merci à Guillaume Kekenbosch

Ci-dessous quelques commentaires sur facebook, suite à la parution de la photo (juillet 2013)

Aurore De Bruyne.  
Ma grand mère était propriétaire, mais je ne sais plus si c est de celle avant le renfoncement ou celle devant la 2 chevaux.

Noël Camille Mortier
Tes Grand Parents Aurore, ils ont tenu les deux charrettes d’escargots aux coin rue des renards et la rue haute et la deuxième à la rue Blaes et sur le coin du vieux marché …

 

Jo Hendboeg
Notre ami Gilbert et Pierre y demeuraient,  tes copains aussi Nelly.

Patrick Willeborts

Dans le renforcement il y avait une boucherie aussi

 

L’ours des Recollets

 

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L’OURS DES RECOLLETS

 


1. La légende de l’Ours.

 

Jadis, on pouvait voir sur l’ancienne place des Récollets (l’actuelle place de la Bourse) un estaminet dont l ‘enseigne portait le nom de L’Ours.

 

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Edmond Fierlants – photographie ca. 1867 Très jolie vue sur l’estaminet « L’Ours », prise depuis le pont Middeleer.

 
Ce nom se rapportait à une ancienne légende bruxelloise. Cette légende, comme nous allons le voir, est toute pétrie de moralisme chrétien. Toutefois, à y regarder de plus près, peut-être faut-il y voir une christianisation un peu naïve d’une ancienne légende païenne.

Il est dit qu’à l’endroit où se dressait l’ancien estaminet de l’Ours, existait déjà, en l’an 645, une maison bâtie sur les bords de la Senne, à l’emplacement de l’ancien marché aux œufs. Cette maison était habitée par un vieillard converti au christianisme par saint Géry.

C’est effectivement  ce dernier qui baptisa ledit vieillard du nom d’Etienne. Le vieil Etienne vivait dans cette maison avec sa fille Berthe, décrite comme particulièrement belle et vertueuse, au point qu’on lui confiait les aumônes que les pêcheurs de la Senne destinaient aux pèlerins et aux voyageurs.

Tant d’attraits enflammèrent bientôt l’imagination d’un certain brigand nommé Stock qui voulut dès lors posséder la fille et son trésor. Aussi entreprit-il, une nuit, de s’introduire dans la demeure de Berthe et du vieil Etienne.

C’était toutefois compter sans la présence de saint Ghislain, apôtre du Hainaut, qui, revenant de prédication dans la région d’Anvers, avait été accueilli, cette même nuit, dans la demeure d’Etienne. Saint Ghislain, qui récitait ses prières, entendit Stock s’introduire dans la chambre de Berthe. Le bandit se préparait à commettre le crime qu’il méditait, lorsque soudain il se sentit enserré dans un étau dont il lui fut incapable de se défaire. Lorsqu’il parvint finalement à apercevoir son agresseur dans les ténèbres de la pièce, il se vit dominer par une tête qui n’avait rien d’humain : il était prisonnier d’un ours !

Berthe s’éveilla et assista, terrifiée, à la lutte de l’ours et du bandit. Au cours du combat, la fenêtre de la chambre de Berthe, qui donnait sur la Senne, s’ouvrit dans un épouvantable fracas. Bientôt, Stock, ensanglanté, fut définitivement terrassé par l’ours et son cadavre tomba dans la rivière. Lorsqu’ Etienne, alerté par les bruits de lutte, surgit dans la chambre de sa fille, il vit un ours en sortir pour regagner à pas lents la chambre de saint Ghislain. Quand Etienne interrogea le saint, celui-ci répondit simplement : « Dieu est tout-puissant ».

 

 

2. Une origine païenne ?

 

Dans les cas de légendes superficiellement christianisées on constate souvent la présence superflue de certains personnages, en l’occurrence, ici, celle de saint Ghislain : de fait, l’ours vengeur se suffit bien à lui-même et ne nécessite nullement la présence d’un saint chrétien (qui se transforme en ours, le fait apparaître, quoi, exactement ???).

La conversion par saint Géry, la présence de saint Ghislain et du dieu des chrétiens ne sont nullement nécessaires à  cette histoire qui tient parfaitement sans eux. En outre, l’ours, animal peu biblique, est, dans le monde celtique, un symbole traditionnel de souveraineté et de protection. En gaulois, art signifie « ours », que l’on retrouve notamment dans le nom de la déesse Arduinna (qui a donné son nom aux Ardennes) ou encore dans celui bien plus célèbre du roi Arthur.

Sans tirer aucune conclusion à propos d’une éventuelle origine gallo-romaine ou autre de la légende qui nous occupe, remarquons simplement que les éléments chrétiens peuvent n’être, au vu de la construction de l’histoire, que des ajouts tardifs.

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3. La postérité de l’Ours.

 

Quoiqu’il en soit, au lendemain de cette aventure, une tête d’ours fut sculptée, dit-on, sur la porte de la maison du vieil Etienne.

Rebâtie au fil des siècles, la maison aurait toujours conservé ainsi la mémoire de l’antique légende et voilà pourquoi, dit-on, l’estaminet de la vieille place des Récollets portait-il encore le nom de l’Ours vers la moitié du 19e siècle.

Dans les années 1930 ( ?) on signale encore l’existence (Bruxelles Anecdotique – Ecole n°17 – Les parents de Josée en voyage – Nathalie Huegaerts – 3 août 2011) d’un cabaret « A l’Ours », rue des Navets, une rue en coude qui commence et termine rue d’Anderlecht. La fille des tenanciers de cet établissement, vendeuse d’escargots à la place Fontainas, était une figure pittoresque du quartier : elle se nommait Maria « uit den Beir » ou « van den Beir » (de l’Ours) et était la présidente du club féminin de la Kermesse Notre-Dame au Rouge. Le célèbre auteur Bruxellois, Michel de Ghelderode, l’a probablement connue, lui qui fréquentait fidèlement un estaminet de la rue d’Anderlecht nommé le « Vieux Saint-Pierre », dont la porte d’entrée était d’ailleurs surmontée d’une statue de ce saint (Jean d’Osta).

 

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 Extrait du programme de la Kermesse Notre-Dame au Rouge de 1953

 

 

 

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Un clic pour agrandir

Les nouvelles voiries, tracées vers 1870 en surimpression du plan cadastral de Popp

 

 

Eric TIMMERMANS

 

 

Sources : Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981.