50 ans de Mariage

 

 

 

Ce 31 Août 2013, Francine et Pierrot
sont cinquante ans  mariés.

 

 

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Kop Af 1919

Kop Af

Un Horrible drame eut lieu à la Marolle en juillet 1919.

Notre envoyé  très spécial, Jef Slagmulder, nous rapporte des images de l’exécution.

TERREEEEBELLL

Bravo  et merci Jef…

 

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Carte n° 1 – merci Guillaume Kekenbosch

A partir du 20 août 1914 et pendant 50 mois, loin du front et sous un régime d’occupation particulièrement oppressant et humiliant, les Bruxellois tentent de survivre.

La capitale occupée connaît alors une grave période de chômage et la paralysie de l’économie plonge  la population dans la précarité. Se nourrir, se vêtir et se chauffer sont parmi les principales préoccupations des civils. (source Internet)

 

 

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Carte n° 2 – merci Jef

Marolle Entrée de la « KOMMANDANTUUR »

 

 

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Carte n° 3 – merci Jef

« Les Déportés Civils »

 

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Carte n° 4 – merci Jef

Marolle – « LA CROIX ROUGE »

 

 

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 Carte n° 5 – merci Jef

Marolle – « Le Panier à Salade »

 

 

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Carte n° 6 – merci Jef

 

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 Carte n° 7 – merci Jef

Marolle – Le Tribunal

 

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 Carte n° 8 – merci Jef

Marolle « La Condamnation »

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 Carte n° 9 – merci Jef

Marolle « Exécution »

 

 

Guillaume II

 

 

Un climat chaotique persiste jusqu’au 17 novembre, jour du départ des derniers occupants et de la libération officielle de la ville. (source Internet)

Le journal « LE SOIR »

 

Article du SOIR merci Nelly

Merci à Nelly Lallemand

 

Le Marais d’Yves Moens

         LE MARAIS D’YVES MOENS, LA RESISTANCE DES BASFONDS ET LE 705e MEYBOOM

 

  1. « Aux Bas-Fonds, ce sentiment d’appartenir à une entité était renforcée par un élément catalyseur : la plantation du Meyboom, « le jour de Janneke et Mieke », la veille de la Saint-Laurent. Aussi, nombreux étaient-ils ceux qui y préféraient la vie en taudis au confort sans âme dans de nouvelles habitations ouvrières, sises dans des quartiers où ils se sentiraient étrangers. » (www.meyboom.be , « Les Basfonds »).

 

1.Les Basfonds.

2.Un ketje des Basfonds ? Oui et non…

3.Un îlot de résistance dans les Basfonds.

4.Le 705e Meyboom.

5. « Le Marais » d’Yves Moens : l’esprit « brusseleir » préservé.

 

1. Les Basfonds.

 

Les Bas-Fonds ou Basfonds s’inscrivent, en contrebas de la rue Royale, entre la rue Montagne de l’Oratoire, la Montagne de Sion avec la caserne Sainte-Elisabeth, la rue de Schaerbeek et la rue des Epingles. Au 19e siècle, il s’agit d’un quartier populaire particulièrement malfamé et insalubre, où le typhus règne en maître. Il s’agit alors d’un îlot de taudis, de ruelles et d’impasses, domaine de la misère et de la plus sordide débauche. La prostitution apparaît d’ailleurs comme la spécialité de la rue Saint-Laurent, jusqu’en 1840 environ. Mais à la fin de la première moitié du 19e siècle, de nombreux aménagements furent apportés au quartier, notamment au niveau des voiries, et l’aspect des Basfonds s’en trouva considérablement modifié. La misère la plus noire n’en subsistait pas moins dans des impasses où s’entassaient la population la plus pauvre de la ville. Description de soupes populaires en 1880. Malgré cette pauvreté, le quartier possédait son théâtre de marionnettes, rue des Denrées (1884-1895), puis rue du Chemin de Terre. Il était tenu par Victor Van Biesen dit « Caboche ». Un autre théâtre fut animé rue des Denrées, par Scheile Manuel.  Au début du 20e siècle, on comptait deux autres petits théâtres, rue de Schaerbeek. Et l’on sait que Jean-Baptiste Wouters, alias « Krumme Baptiste », fit jouer ses acteurs de papier mâché et de chiffons, à la rue du Pachéco, en 1924. Il devait revendre 27 de ses « poechenels » aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire, en 1953. Mais le principal lieu de distraction est évidemment le cabaret, c’est que l’on boit ferme dans les Bas-Fonds ! Et cette pratique n’était bien sûr pas étrangère aux batailles rangées auxquelles les « Basfondistes » se livraient avec leurs adversaires des Marolles et de Laeken qui partageaient d’ailleurs le même état d’ « euphorie » ! On devine aussi ce que l’état d’ébriété généralisé pouvait donner lors des fêtes du Meyboom ! Mais aux moralistes, rappelons que l’on a cherché de tout temps, et tout naturellement, à noyer sa misère, matérielle ou morale, dans l’alcool. Seuls les gens préservés, c’est-à-dire sans vécu véritable, ne peuvent comprendre cela. Après avoir tenté de la cacher derrière le décorum de la colonne du Congrès et de quelques édifices bourgeois, on se décida donc un jour, à chasser la misère en anéantissant tout un quartier qu’on avait, comme il se doit, laissé se dégrader et sombrer dans les ténèbres depuis des temps immémoriaux. Vint donc le temps de la Jonction Nord-Midi et de la Cité administrative dont le béton écrasa tout sur son passage, dès le début des années 1950, poussant sur la voie de l’exil une population dont l’unité face à l’adversité, ne pouvait que déranger. Chaque impasse des Bas-Fonds constituait « une sorte de petite république ayant ses habitudes particulières et une sorte d’esprit de corps ». Des tonnes de béton armé et de modernité standard devaient avoir raison du quartier dont les habitants furent expulsés et dispersés aux quatre vents.

 

2. Un ketje des Bas-Fonds ? Oui et non…

 

C’est dans ce quartier des Basfonds, où chaque année on plante notre Meyboom, symbole des libertés bruxelloises, que je suis né, un jour du mois de juin 1968. Lorsqu’il apprit  cela, un collègue qui a grandi dans le quartier, me dit alors : « mais tu es donc toi aussi un ketje des Basfonds ! » Je fus bien flatté de cette intégration de ma personne dans le paysage d’un vieux quartier de Bruxelles, aussi maudit fut-il, mais une vingtaine d’années me séparant dudit collègue, il me faut bien reconnaître que, contrairement à lui, je n’ai jamais connu l’ancien quartier des Basfonds, depuis longtemps écrasé sous le béton, lorsque je vis le jour à la Clinique Saint-Jean. Au début des années 1950, le journaliste Louis Quiévreux n’avait-il pas d’ores et déjà prédit l’anéantissement prochain du quartier en ces termes ? « La Brasserie Koopman depuis 52 ans, connut, avant la guerre de 1914, une renommée qui s’étendait dans tout le Pachéco. On y détaillait 5.000 litres de genièvre par an, en demi-scheuts. Six sociétés y tenaient leurs séances, leurs agapes, leurs caisses d’épargne. Aujourd’hui, la clientèle y est silencieuse. Dans un coin, Sander (Alexandre), 64 ans, s’inquiète de ce qu’il deviendra quand l’impasse Saint-Ambroise, la rue au Seigle (que le populaire appelle Deufkestroêt ou plus brièvement De Deufkes), la rue de Dieghem et la rue de la Betterave auront disparu. » (Bruxelles, notre capitale, L. Quiévreux, p. 119-120). Ainsi donc disparurent les Basfonds, sous un enchevêtrement d’horreurs bétonnées et glacées qui s’étend de la rue Fossé-aux-Loups à l’atroce boulevard du Jardin Botanique et à la rue Royale. La totalité des Basfonds fut donc écrasée par le béton des promoteurs, de la Cité administrative et de cette ogresse urbanistique bien connue sous le nom de Jonction Nord-Midi.

 

3. Un îlot de résistance dans les Basfonds.

 

La totalité des Basfonds? Non ! Car un petit îlot résiste encore et toujours aux destructeurs, et ce plus de soixante ans après l’annonce de la disparition de l’ancien quartier par Louis Quiévreux ! Notre journaliste n’avait pas totalement tort ; de fait, l’impasse Saint-Ambroise et la Deufkestroêt ne sont plus aujourd’hui qu’un souvenir (et encore !), mais il a sous-estimé la capacité de résistance des Bruxellois !  Car au cœur même de cet univers de béton, de métal et de verre, subsistent toujours une bonne demi-douzaine de commerces, entre les numéros 1 et 15 de la rue du Marais : (du n°15 au n°7) le petit nouveau est un genre d’établissement japonais (il faut bien laisser un peu de place à la modernité !) ; une croissanterie ; une librairie ; une pharmacie ; un premier estaminet (Claire’s Café, n°5) ; un second estaminet (Le Marais d’Yves Moens, n°3) et un troisième estaminet (L’Apéro, n°1, au coin de la rue). Anecdote amusante : si ces établissements se dressent toujours sur leurs fondations, à deux pas de là, un monstre de béton s’est, lui, littéralement effondré durant l’hiver 2012-2013 ! Mais revenons à nos estaminets et particulièrement au Marais. Dans le courant de l’année 2012, Yves Moens, l’ancien patron de l’Imaige de Notre-Dame, estaminet situé au fond de l’Impasse des Cadeaux, rue du Marché-aux-Herbes, décidait, « pour raisons personnelles », de céder sa location au groupe Maes-Heineken. Et c’est avec une grande stupeur et un profond chagrin que les habitués de cet établissement apprirent cette nouvelle : L’Imaige de Notre-Dame, bientôt, ne serait plus ! Que de soirées passées en ce lieu, que de discussions animées au comptoir et que de fois y avons-nous trouvé refuge alors que la drache menaçait ! Tout cela allait donc disparaître ? Eh bien oui, il fallut se rendre à l’évidence, Yves, à contrecœur, allait céder l’Imaige de Notre-Dame. Certes, une nouvelle page de l’histoire du Vieux Bruxelles venait de se tourner, mais passée l’émotion, à quoi bon continuer à pleurer mélancoliquement dans sa bière, sur des temps révolus ? Et ce, sans laisser une chance au repreneur de montrer sa valeur (la nouvelle Imaige de Notre-Dame a ouvert ses portes au début du mois d’août) ni à Yves Moens de relever un nouveau défi : prendre la direction d’un nouvel estaminet, Le Marais, situé au n°3 de la rue du Marais. Certains donc décidèrent à baisser les bras, d’autres, par contre, firent le choix de suivre Yves et de lui laisser une chance d’écrire une nouvelle page de l’histoire bruxelloise.

 

4. Le 705e Meyboom.

 

Et un point d’orgue de l’installation d’Yves Moens au Marais fut, sans conteste, le 705e Meyboom de ce 9 août 2013 ! Il commença pour moi et le copain Fred, à La Brocante, par un bon stoemp aux poireaux, arrosé de Gueuze Boon, histoire de fêter la réconciliation des Marolles et des Bas-Fonds, très probablement ! De là, départ sous une pluie battante –on est à Bruxelles, newo ?- direction le Marais, enfin pas en ligne directe, hein ! On a d’abord intercepté le cortège du Meyboom à la rue de Tabora et chance, j’avais ma petite flasque de genièvre sur moi, parce qu’après toutes ces pérégrinations sous la pluie bruxelloise, il commençait à faire soif ! Et voilà Meeke et Janneke, et puis Bompa, Boma, Jan, Pitje le Champeter, Rooske et Jefke, ils étaient tous là, en train de se trimballer sur la rue de Tabora. Tiens, voilà Manu, un ancien de l’ancienne Imaige de Notre-Dame qui y sert aujourd’hui au comptoir ! Là, il était dans le cortège, et en costume de poepedroeger encore bien ! Allez, pour faire plaisir, je lui achète la brochure des Compagnons de Saint-Laurent que j’ai déjà. Puis viennent la fanfare, les jeunes lanceurs de drapeaux, la Roue de la Fortune, les volontaires montois de 1790 (révolution brabançonne), en uniforme noir, blanc et rouge. Manu continue à vendre ses brochures plus loin, et pour Fred et moi, il est temps d’aller jeter un œil à la nouvelle Imaige de Notre-Dame qui nous apparaîtra propre et nette, deftig quoi, mais qui a su néanmoins conserver un aspect rustique. N’en déplaise aux grincheux, la reprise apparaît comme une réussite. C’est pas trahir que de dire ça, d’autant qu’ensuite, d’un pas alerte, tout lestés de gueuze, d’Omer et de genièvre, Fred et moi avons rallié le Marais, non peut-être ! Sur le chemin, inquiets, des ouvriers de la Ville, à la vue de nos badges « Brusseleir et Nostalgique » et de mon pin’s au saint Michel, nous demandèrent si c’est déjà fini ; je les rassure : « ils sont encore sur la Grand Place ! » Et à la rue du Marais, nous retrouvons qui ? Plusieurs zwanzeurs de l’association « Brusseleir et Nostalgique » qui tiennent le stand Lindemans ! Ben voyons ! Bon, on s’en boit deux, trois, puis on va faire nos dévotions au Marais d’Yves Moens, parce que moi, voyez-vous, la Belle-Vue, la Lindemans et, à ma grande honte, la Timmermans, c’est pas…ma tasse de thé ! Donc, en route pour le Marais et sa Malheur 11° ! Là, la foule est arrivée et les pompes à bière fonctionnent à plein rendement. Se frayer un passage dans la masse : heureusement Fred est aussi grand qu’Alain, un des Brusseleir, et moi, sommes larges, ça fait un peu effet brise-glace ! Ouf, me voilà enfin dans mon stameneï préféré ! Et Yves ? Ha, sous la casquette, une moustache pointe le bout de son nez (oui bon, je sais, je ziever…), c’est le boss qui arrive et nous salue ! Qu’est-ce qu’il a l’air stijf et deftig et tout, dis ! Y en a qui disent qu’il est pas toujours comme ça, mais « ça est » juste des racontars ! Temps de faire un petit tour à l’extérieur, car le cortège est arrivé, et nous voilà nez à nez avec les volontaires montois de 1790, alignés en rang d’oignons face au Marais ! Eh, pas de blague, hein, les gars ! Vous tirez « ka même » à blanc, dites ? Ha bon, ouf, on avait déjà la kiekebich, nous autres ! Puis paf, la salve ! Et Fred qui nous glisse son avis d’historien, spécialiste en histoire militaire : « ces fusils ne sont pas à silex, mais s’apparente à ceux de la guerre de sécession qu’on ne pouvait avoir en 1790 ». « Wé », mais bon, je me dis que c’est peut-être pas plus mal pour les tireurs, zenne ! Et tiens, qui voilà ? La môman de Fred et le pote Jean-Pierre…qu’on attendait pour 13h ! Puis viennent Xavier –un autre « Brusseleir et Nostlagique »- et son fiston, et Xavier d’inviter Jean-Pierre à jouer à la mijole, et Jean-Pierre d’accepter recta, bien sûr ! Et là-dessus survient le pote Jean-Louis, allez, la troupe attendue est enfin au complet ! Mais le temps passe et je commence à me demander où est notre Meyboom ; il me semble d’ailleurs que ça commence à s’agiter du côté de la rue des Sables… Potferdeke, il est 16h30 passés, les géants sont là, en rang d’oignons, et toute la foule qui est massée là-bas, et les premiers bûûmdroegers qui font leur apparition, alors que Jean-Pierre ne cesse de tripoter la mijole et que les autres drinke comme pas deux ! « Wé » mais non, hein, les gars, on va rater la plantation ! Jean-Pierre, ton appareil photo, verdomme ! « Wé, wé, ça vient ! » Je vois bien que je l’arrache à sa mijole ! Mais il est vif, Jean-Pierre, et le voilà qui saute déjà sur son appareil, alors que le reste de la troupe nous rejoint (non, pas titubants, non !), mais le temps de me retourner et le Meyboom était déjà planté ! D’un coup qu’ils l’ont fait cette année ! Bel arbre qu’ils ont choisi ! « Wé » bon, je sais, là ils accrochent le drapeau belge, mais je ne comprends pas pourquoi on y accroche pas un drapeau bruxellois, un vrai hein, le rouge et vert avec le saint Michel d’or au milieu… C’est un peu dommage, mais bon, l’important c’est que l’arbre ait été planté en temps voulu ! Mais avant de poursuivre les festivités, je me dis qu’il serait peut-être temps de manger quelque chose, ici un hot-dog, là quelques moules parquées, et ça dans le haut de la rue des Sables, où une foule est également massée. Puis, retour au Marais où nous attendent les salves d’artillerie lourde du groupe de rock local ! Jean-Pierre a disparu dans la foule et on ne le reverra plus (j’apprendrai plus tard qu’il devait revenir à la mijole –obsédé, je vous dis !- et que sa nuit fut quelque peu tumultueuse, mais soit…), Fred fuit sous le pilonnage intensif des rockeurs du Marais, sa môman Rita, Jean-Louis et moi, restons stoïques…juste sous le baffle ! Vite un verre de potion magique : une Malheur, astableef, Yves ! Nous restons un moment, dans une atmosphère qui devait rappeler les attaques d’hélicoptères de la guerre du Vietnam, puis nous nous décidons à sortir, histoire d’échapper à la surdité ! C’est l’heure d’aller rendre un ultime hommage –pour ma part, un verre à la main- à notre Meyboom, laissé à présent à lui-même. Nous partons sur l’hymne anderlechtois du Lange Jojo, direction le Sol d’Italia, seul resto italien de la rue Gretry que je fréquente, et ça depuis des lustres. Et nous finissons en beauté à l’Imaige de Notre-Dame (histoire de parfaire la réconciliation entre les rues du Marais et du Marché-aux-Herbes, bien évidemment) vers….je ne sais plus exactement. Après le taxi, je sais que j’ai retrouvé mon lit avec la conscience du devoir bruxellois accompli et bien accompli ! Non, peut-être !  

 

5. « Le Marais » d’Yvez Moens : l’esprit « brusseleir » préservé.

 

Dans ce dernier carré des Bas-Fonds, l’enjeu est de préserver un certain esprit « bruxellois » ou, plus précisément, « brusseleir ». Et Le Marais a l’avantage d’être, lui aussi, un vieil estaminet de Bruxelles, agrémenté d’une déco de tradition. L’établissement est en pleine rénovation, mais qu’il est difficile de transformer, même modérément, un lieu où l’on se sent chez soi dès qu’on y entre ! Car cet « esprit bruxellois » qui faisait la renommée de l’Imaige de Notre-Dame , Yves Moens a su le transposer au Marais, cela, c’est l’évidence. Et nombre d’anciens de l’Imaige, dont je suis, ont adopté le nouvel établissement et ont d’ores et déjà commencé à engranger les souvenirs dans cet antre reconstitué de la tradition de Bruxelles. A la vue de ces « anciens », accoudés au comptoir, un soir d’hiver, un camarade français me dit un jour : « on a l’impression de voir ici un monde qui sombre, comme si les gens ne faisaient plus qu’attendre une fin prochaine ! » Vision de nation puissante qui, durant toute son histoire, du moins jusqu’à la moitié du siècle passé, chargea sabre au clair ! C’est là une approche que, nous, Bruxellois, ne pouvons partager, nous qui durant toute notre histoire avons dû résister à bien des maux, défendre nos murs contre bien des attaques, subir d’innombrables formes de domination, en un mot, nous accrocher bec et ongles pour ne pas disparaître. Et c’est aujourd’hui encore, notamment dans cet estaminet du Marais, étape essentielle des cérémonies du Meyboom, ce que nous faisons : refuser de disparaître et dans la bonne humeur encore, non peut-être ! Allez Yves, mets-moi une Malheur là-dessus !    

 

 

Eric TIMMERMANS.

Victoria Avanti

 

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VICTORIA AVANTI

 

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 Avant les « ITOM » les clients de chez « MASTIC » rue du Vautour – Verdure avait des « Victoria Avanti. (1957-58).

 

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La première Mob d’André
 

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Photo n° 2

 

Cette photo a été prise en juillet 63 lors d’une « expédition » de 120 Km entre Schaerbeek et Aywaille.

Remarquez le casque , la veste en simili cuir , la bagagerie … et les pneus flancs blanc !

Cet Hôtel du Parc ( qui est maintenant une école ) faisait partie d’un terrain de camping au bord de l’Amblève  où la famille passait chaque année ses vacances.

Je me souviens très bien être parti de Schaerbeek vers 5 H du matin … et être déjà tombé en panne dans la montée du boulevard Lambermont.
Là , gros démontage de la bougie et des vis platinées au bord du trottoir mais aussi un contrôle d’une patrouille de police en voiture se demandant ce que je faisais là … à cette heure là.

Après ces interventions , je me suis remis en route pour faire en 3 ou 4 heures ce long trajet

Pour la petite histoire , ce vélomoteur était de la marque Hollandaise RAP-STOKVIS que j’avais acheté d’occasion , mais en panne , 500 Francs à l’époque ( piston troué pour l’avoir utilisé sans huile dans l’essence )
Je l’ai démonté et un jour mes parents ont retrouvés toutes les pièces du moteur sur la table de la cuisine ….. réparé , il a tenu jusqu’à mes 18 ans .

3 jours plus tard je rentrais à l’armée pour conduire du beaucoup plus gros !

André Colard

VESPA 1958
Photo de Guillaume Kekenbosch

Moi c’était la Vespa, c’était une moto où l’on pouvait très bien être habillé et la fille ne salissait pas sa jupe.

Un jour avec une demi « stuk dans ma gilei », je suis monté les escaliers chez « Mastic » et rentré dans le café avec la Vespa.

Guillaume Kekenbosch

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Une dernière photo sur une variation du thème Rap-Stokvis …. pour faire plaisir à Gilbert.

C’est la première fois que je retrouve sur internet des photos couleurs du même vélomoteur que j’ai eu ; il est à noter que les derniers modèles étaient équipés de moteur PUCH

Sur la photo en bas et à droite c’est identiquement le même modèle et couleur que le mien

André Colard

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Vespa 150 Special (2)

 André, cette photo a été prise en 1968 ( alors que j’étais en permission après un accident ) au n° 36 rue de Courtrai à Molenbeek Saint-Jean

 

la rue Notre Seigneur

plaque de rue

LA RUE NOTRE-SEIGNEUR


La rue Notre-Seigneur, longue de 140 m, part du carrefour Visitandines-Brigittines, traverse la rue Blaes et finit rue Haute, 65-67. Au 14e siècle, cette rue porta peut-être le nom de « rue de l’Enfer ». Lors de la rénovation du quartier, la rue a perdu une moitié de ses maisons dans la partie basse. 

On y trouvait jadis « un tableau représentant Jésus portant sa croix. Cette peinture encadrée de Renaissance et de gothique, à la façon comique et fastueuse du siècle dernier, a été exécutée par Jean van Eycken (ne pas le confondre avec l’auteur du polyptique !), en 1843. (…)  Son œuvre de la rue Notre-Seigneur pouvait difficilement être examinée, car la vitre était tapissée de crasse et il n’y avait, paraît-il, pas moyen de l’ouvrir pour la nettoyer. Cette chapelle pittoresque, ou plutôt cet ex-voto, a été enlevée en 1950 pour être placée contre l’église des Brigittines, qui deviendra le centre d’un quartier folklorique. Le tableau rappelle un fait très curieux de l’histoire de Bruxelles. » (Bruxelles, notre capitale, p. 141).

 La légende rapporte effectivement que la rue Notre-Seigneur doit son nom à un événement étrange qui s’y serait produit en l’an 1440. Il est dit ainsi qu’une émeute secoua Bruxelles cette année là, trois jours avant le dimanche des Rameaux. Mais Philippe le Bon rétablit l’ordre en quelques heures et les émeutiers furent faits prisonniers. Parmi les meneurs, au nombre d’une vingtaine, figurait un garçon tailleur du nom de Thomas Ghys.

 Ils furent condamnés à être exécutés, mais leur exécution fut remise au lendemain des fêtes de Pâques. Or, une coutume voulait que l’on pouvait accorder la grâce à un coupable, le « vendredi saint », non sans l’avoir exposé auparavant au simulacre de la crucifixion christique.

La sœur du garçon tailleur alla se jeter au pied du prieur des Dominicains qui obtint que son frère fut désigné comme celui qui serait épargné. Ghys confessa donc son crime et, escorté par des chevaliers habillés de noir, portant des cierges et des croix, vêtus d’une longue robe violette et précédés de bourreaux en costume de Juifs, portant, quant à eux, des marteaux et des clous, il s’en fut faire son chemin de croix. Et bientôt, sur l’échafaud dressé devant l’église des Dominicains, on le crucifia.

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 Selon certaines sources, ses mains et ses pieds ne furent point transpercés par les clous, mais attachés par des courroies sur lesquelles on avait placé des petits sacs pleins de sang. Selon d’autres sources, le tailleur aurait réellement été crucifié (à noter que, de nos jours encore, chaque année, aux Philippines, des individus se laissent volontairement crucifier afin, croient-ils, d’imiter le Christ…).

Après avoir été frappé du roseau, qu’une pointe de hallebarde -remplaçant la lance de Longinus- lui ait effleuré le côté et que lui fut présentée l’éponge trempée de fiel et de vinaigre, le tailleur fut descendu de la croix et mis dans un cercueil. On le promena dans cet étrange attelage par le Marché-aux-Herbes, la rue de la Madeleine et la Montagne de la Cour, avant de s’arrêter devant l’église Saint-Jacques, au Coudenberg, où l’on fit entrer le cercueil (selon d’autres sources, il fut ainsi ramené à son domicile, « près de la Chapelle », dit le texte latin).  

Après que la foule, nombreuse, se fut dispersée, le tailleur, accompagné de sa sœur, regagna le domicile paternel, situé dans une rue voisine de l’église Notre-Dame de la Chapelle, soit, dit-on, l’actuelle rue Notre-Seigneur. Et certains ajoutent qu’à partir du jour de sa crucifixion, notre tailleur serait devenu –et comment ne pas le comprendre !- volontiers blasphémateur !

Le sobriquet de « Notre-Seigneur Ghys » lui fut appliqué et serait à l’origine du nom de la rue où il trouva refuge après son chemin de croix. Et c’est donc, dit-on, en souvenir de cette macabre cérémonie que l’on plaça plus tard, au coin de la rue Notre-Seigneur et de la rue Haute, un tableau représentant Jésus-Christ affaissé sous le poids de la croix, que l’on doit, comme nous l’avons déjà mentionné, à Jean van Eycken.

A noter que sous le régime français (1794-1814) les républicains donnèrent à cette rue le nom de « rue Voltaire ».

Eric TIMMERMANS.

Sources : Bruxelles, notre capitale, Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951, p. 141-142 / Dictionnaire historique des rues, placesde Bruxelles (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Dictionnaire historique et anecdotique des rues de Bruxelles, Jean d’Osta, Le Livre, 1995, p. 240.

GANSHOREN

Ganshoren
En cartes postales anciennes

 

 

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Les abords de l’ancienne abbaye changent à vue d’oeil.
Au delà de cette prairie passe l’avenue de l’exposition Universelle.

A gauche, la drêve de Dielighem qui garde son caractère rural.

 

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Plus rien de ce qui se voit sur cette carte ne subsiste.

 

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Paroisse annexe de Jette, Ganshoren ne possédait qu’une chapelle.

 

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La chapelle de Ganshoren était sertie dans un écrin de verdure et de maisons de campagne.
De nos jours (2010) cet un oratoire ultra-moderne.

 

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Aujourd’hui une belle avenue.

 

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Un autre aspect de larue de l’église.

 

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Le hameau de Ganshoren ne comptait que de petites fermettes.

 

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Première ferme-brasserie citée dans les annales de Ganshoren « LE HEIDEKENS », au menu omelettes et tartines au fromage blanc.

 

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« LE HEIDEKEN » fut sacrifié pour la pose d’une ligne de tram.

 

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Les anciens prés communs du « HEIDEKEN » étaient hérissés de perches de tir à l’arc, sport pratiqué par la société « Les Vrais Amis », fondée en 1873.

 

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La ferme Espagnol ou du Pampoet.

 

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Sur la colline couronnée de nos jours par la basilique du Sacré-Coeur, se dressait le moulin à vent de Ganshoren qui, durant trois siècles, fut un des points de repère du panorama bruxellois (photo de 1879).

 

 

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Habitants de le rue L. Delhove pouvez-vous vous imaginer un instant que c’est là, en face de l’auberge tenue par Jean-Baptiste Verhaegen, mieu connu comme « Tich den Bock ».

 

Anciens crash à la Sabena


Anciens crash à la Sabena

 

Bonjour,

Gamin en 1952 , avec mes parents nous habitions Schaerbeek à la limite d’Evere … dans le prolongement des pistes de décollages de Melsbroeck , c’est dire que je connaissais tous les modèles d’avions , d’abord à hélices ensuite à réaction , qui passaient bruyamment pas loin au-dessus de nos têtes.

2 catastrophes aériennes de la SABENA m’ont très fort marqués.

D’abord celle aux environs de Rome où un DC6 00-SDB venant de Léopoldville s’est écrasé le 13 février 1955 avec à bord 21 personnes et 8 membres de l’équipage dont un steward que nous connaissions.

Ensuite celle du Boeing 707 00-SJB qui venant de New York s’est écrasé à Berg Kampenhout le 15 février 1961 et où 72 personnes ont perdu la vie dont 11 membres d’équipage.
Parmi les sauveteurs pompiers il y avait le père de ma « fiancée » de l’époque … qui ne nous avait pas épargné les détails du crash

Photos et d’autres explications sur : http://www.aeropedia.be/web/content.php?article.1001328

André COLARD

 

DC 6 Leopoldville.

Photo 1

 

707 Crash Berg

Photo 2

 

707 piece

Photo 3

 

memorial berg

Photo 4

Gabrielle PETIT

Gabrielle PETIT
Photos et texte de Jef, Guillaume, Andrée
et Nelly
Un grand merci.

 

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Chère Hélène, ma sœur chérie,                                                                                                                   Saint-Gilles, le 31 mars 1916
 
 
C’est peut-être la dernière lettre que je t’écris.

Cela fait déjà 6 ans que je suis arrivée à Bruxelles.je n’avais que 17 ans et je me sentais seule mais, tu le sais, je ne serais retournée à
l’orphelinat pour rien au monde. Papa ne m’a pas manqué un instant. Depuis la mort de maman, toi et moi nous n’existions plus à ses yeux.
 
Heureusement que j’avais mon boulot pour m’occuper. Vendeuse, ce n’est peut-être pas un job de rêve, mais j’aurais quand même pu tomber
beaucoup plus mal. Et puis Maurice est arrivé dans ma vie il y a 4 ans. Tu te souviens comme j’en parlais ? C’est comme si nous étions faits l’un
pour l’autre. Il m’a rendu si heureuse ! Je le trouvais tellement beau dans son uniforme de l’armée…Quand il venait me chercher au travail, mes
collègues étaient vertes de jalousie! J’espère que toi aussi, ma chère soeur,tu trouveras l’amour un jour.
 
Et puis le coup de feu mortel de Sarajevo…Ce terroriste serbe qui tue l’héritier autrichien et la guerre qui arrive quelques mois après. Quand
mon Maurice est parti au front, j’ai pleuré pendant des heures après notre séparation. J’avais tellement peur qu’il lui arrive quelque chose!
Et j’avais raison de le craindre, malheureusement…Mon bel héros a été blessé, puis a été pris par les Allemands. Mais il n’a jamais baissé les
bras, tu le connais ! Il a réussi à échapper aux griffes de l’ennemi. Il voulait défendre notre patrie à tout prix. Mais comment rejoindre ses
compagnons de lutte dans la plaine de l’Yser ? Pour le sortir de là, j’ai élaboré un itinéraire pour qu’il les rejoigne par les Pays-Bas, qui ont échappé
à cette horrible guerre. Mon plan a marché et mon cher Maurice est reparti au front.
 
Je ne sais pas comment les services secrets anglais ont eu vent de cette histoire, mais ils ont demandé mon aide. Officiellement, j’étais
toujours la Gabrielle Petit que tu connais et je travaillais comme infirmière mais dans le plus grand secret, j’essayais d’extorquer des informations 
stratégiques importants aux soldats allemands: le mouvement des troupes, les déplacements en train,…
Personne ne savait que j’étais une espionne, je changeais souvent d’identité. C’était dur, mais je savais que je le faisais pour ma patrie.
 
J’étais souvent dévorée par l’inquiétude quand je faisais passer la frontière aux soldats prisonniers. Sans parler de cette perquisition chez moi.
Je sentais mes jambes trembler. Pourtant, je n’ai jamais été peureuse, tu le sais! Heureusement, j’avais caché mes articles pour le journal
clandestin « La Libre Belgique ».
 
Quand j’y réfléchis, je me dis que je n’aurais rien dû dire, j’aurais dû me méfier de ce type, même s’il connaissait le mot de passe. J’ai trouvé son
accent allemand suspect, mais il a prétendu qu’il venait du Limbourg. Je l’ai cru, naïve que je suis, et je suis tombée dans le piège! Hélène, retiens
bien ça :ne te fie à personne en ces temps troubles. Je me fais plus de soucis pour toi que pour moi. Promets-moi d’être toujours prudente et vigilante.
 
Cela fait déjà deux mois que je suis à la prison de Saint-Gilles. Ils m’ont interrogée de nombreuses fois, mais je n’ai donné aucun nom!
Jamais je ne trahirai la Belgique !
 
Je te dis adieu pour de bon, ma chère sœur. Ne sois pas triste mais reste vigilante et courageuse, telle que je te connais.
 
Je serai fusillée demain. Je leur montrerai comment une femme belge sait mourir.
 
                                                                                                                                   Ta sœur Gabrielle.

 

 

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article G. PETIT - merci Jef

 

Petit merci Guillaume

 

 

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Tombe provisoire Tir National

Tombe provisoire au Tir National

 

Enclos des fusillés

Enclos des Fusillés

 

Le 1 er avril 1916, une femme , condamnée à mort par le tribunal du Sang , est tombée sous les balles du peloton d’exécution . Elle avait 22 ans! … Elle se nommait Gabrielle Petit.
Les Allemands ne se sont pas contentés de lui ravir la vie. Ils ont tenté, les misérables, de ternir la mémoire de leur victime en la présentant comme une espionne salariée poussée par l’argent par l’esprit de lucre plutôt que par le patriotisme ?

C’est ajouter au crime la plus lâche des diffamations. Ils se sont vengés ainsi,les menteurs de l’invincible grandeur d’âme qu’opposa cette jeune fille aux manoeuvres de leurs policiers.

Car, s’il faut admirer l’audace avec laquelle Gabrielle Petit s’acquitta des périlleuses missions qu’on lui confiait, passant et repassant la frontière hollandaise, allant même en Angleterre, insouciante des dangers qu’elle courait , c’est surtout son attitude après son arrestation qui fut du plus bel héroïsme. On l’avait trouvée en possession de documents importants . Elle prit franchement la responsabilité de tout. En vain on eut recours aux mensonges, aux subterfuges, aux menaces pour qu’elle dénonçât  » ses complices ». Rien ne put fléchir son indomptable fermeté.

Durant le mois qui s’est écoulé entre la condamnation et l’exécution , on essaya de la faire faiblir en lui promettant une commutation de peine et même de liberté si elle parlait….
Son énergie resta inflexible jusqu’au bout. Lorsque la veille de sa mort , elle reçut la visite d’adieu de sa tante, qu’elle chérissait comme une mère , elle ne versa pas une larme.
Elle a voulu mourir en beauté , et elle a marché à la mort parée d’une robe blanche et des rubans roses aux cheveux….Au pied du poteau , elle a refusé de se laisser bander les yeux , et elle lancé à ses bourreaux cette fière apostrophe :

« Vous allez voir comment meurt une femme belge »!
Cette héroïque jeune fille était avant la guerre une modeste employée.

Source: le journal « le Soir » date du 23 décembre 1918.

 

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