LES RUES DE BRUXELLES SOUS LA REVOLUTION FRANCAISE

LES RUES DE BRUXELLES SOUS LA REVOLUTION FRANCAISE

 

« Finalement, les seuls à garder leur bon sens et leur sang-froid sont les Bruxellois. Cela ne surprend pas l’officier d’état-major Basil Jackson, qui note avec une certaine aigreur qu’une « bonne moitié d’entre eux étaient français de cœur et prêts à accueillir en amis Napoléon victorieux. » (Jean-Claude Damamme, La bataille de Waterloo).

       

1. Bruxelles français (1794-1814) : quelques dates.

 

Le 26 juin 1794 (8 messidor an II), les troupes françaises commandées par le général Jean-Baptiste Jourdan défont les armées coalisées autrichiennes, britanniques et hanovriennes, à Fleurus (Wallonie). C’est là une victoire décisive de la France qui s’assure ainsi le contrôle des Pays-Bas autrichiens pour une vingtaine d’années. Bruxelles connaîtra donc toutes les phases ultérieures de l’évolution politique de la France, dont le Consulat et l’Empire. De fait, sous la pression des Coalisés, les Français seront contraints d’abandonner la ville, en février 1814.

 

Selon une loi du 31 août 1795 (14 fructidor an III), les anciens Pays-Bas autrichiens sont divisés en neuf départements. La ville de Bruxelles est rattachée au département de la Dyle dont elle sera le chef-lieu et qui correspond globalement aux frontières de l’ancien Brabant.

 

Le 9 juillet 1796 (21 messidor an IV), un premier arrêté, signé par Nicolas Rouppe (qui deviendra commissaire du département de la Dyle le 21 janvier 1797 et qui sera élu bourgmestre (maire) de Bruxelles, de 1830 à 1838) envisage de débaptiser les rues de Bruxelles portant des dénominations à connotation religieuse ou aristocratique. Ledit arrêté précise notamment :

 

« Considérant…qu’on indique assez souvent les rues par leurs anciens noms, proscrits depuis l’entrée victorieuse des troupes républicaines, et rappelant pour la plupart l’ancien régime… Il est défendu à tout imprimeur, colporteur ou autre, d’imprimer, afficher ou distribuer des avis, billets de vente ou annonces quelconques…spécifiant les rues par des noms qu’elles portaient avant. » (Bruxelles, notre capitale, p. 162).

 

Le 27 mai 1798 (8 prairial an VI), dans un second arrêté, est publiée la liste des noms de rues « qui blessent autant la saine raison que le régime républicain » et qui, en tant que telles, sont appelées à être débaptisées. Une cinquantaine de rues sont concernées.

 

Mais certaines artères seront également tracées sous le régime révolutionnaire. Le 26 novembre 1799 (6 frimaire an VII), il sera ainsi décidé de baptiser les nouvelles rues du Grand Béguinage et de ses alentours en s’inspirant d’un dictionnaire d’arbres et d’arbustes. Et ces noms se sont maintenus jusqu’à nos jours.

 

Le 15 juillet 1801 (26 messidor an IX), Joseph Bonaparte, frère du Premier Consul, Napoléon Bonaparte, et envoyé par ce dernier, l’administrateur Emmanuel Crétet et le cardinal Consalvi, Secrétaire d’Etat et représentant du pape Pie VII, signent le Concordat. Le 15 août, le Concordat est ratifié par le pape.

 

Le 5 décembre 1804, trois jours après le couronnement de Napoléon, les rues et places de Bruxelles se voient restituer leurs anciennes dénominations.   

 

2. Les rues bruxelloises débaptisées ou percées sous la Révolution.

 

-Alexiens (Rue des) : Rue de la Révolution.

-Arenberg (Rue d’) : Rue François Anneessens.

-Béguinage (Rue du) : Rue de la République. Nombre de rues du quartier du Béguinage et du Grand Hospice portent des noms d’arbres et d’arbustes. L’on pourrait croire que ces dénominations sont toutes récentes, et que, comme semble le penser Eugène Bochart (1857), elles découlent d’une passion bucolique de hasard : « Le grand béguinage ressemblait autrefois à une petite ville, il était sillonné de jolis jardins, comme l’indiquent les rues et impasses du Cyprès, du Bouleau, du Sureau, du Lilas, du Marronnier, du Romarin, du Peuplier, de la Serpette, de la Ruche, de la Belette, du Muguet, de l’Acacia et de la Pensée. Les cinq premières existent encore, les autres ont été démolies successivement pour élargir et embellir ce quartier. » Il n’en n’est rien. En effet, c’est le 26 novembre 1799 (6 frimaire an VII du calendrier révolutionnaire), que l’on décidera de choisir tous les noms destinés aux voies de communication du Grand-Béguinage et de ses alentours dans un dictionnaire d’arbres et d’arbustes. Pour notre part, nous constatons aujourd’hui la subsistance, dans ce quartier, d’une « rue des Cyprès », d’une « rue du Rouleau » (et étrangement pas  du Bouleau), d’une « Cité du Sureau », d’une « rue du Lilas », d’une « rue du Marronnier » et d’une « rue du Peuplier ».   

-Berlaimont (Rue de) : Cul-de-sac de l’Education, puis rue de l’Education.

-Bogards (Rue des) : Rue J.-J. Rousseau.

-Bois-Sauvage (Rue du ; anciennement : « Derrière Sainte-Gudule », « Rue de l’Eventail », « Rue Walter le Sauvage », « Rue du Soufflet ») : Nom adopté en 1811.

-Boulet (Rue du) : Percée en 1795, cette rue reçoit son nom définitif le 26 novembre 1798. Elle doit son nom au fait que les Français avaient établi à cet endroit, dans le couvent des Chartreux, un arsenal.

-Bourse (Place et rue ; alors « place et rue des Récollets ») : Place et rue du Caillou.

-Brigittines (Rue des) : Rue du Dix-Août.

-Capucins (Rue des) : Rue du Sans-Souci (à ne pas confondre avec une rue d’Ixelles actuelle).

-Chapelle (Place de la) : Place de la Pourvoyance (Quiévreux) ou de la Prévoyance (Bochart).

-Chapelle (Rue de la ; alors « rue du Curé ») : Rue du Petit-Coq.

-Chartreux (Rue des) : Rue de l’Arsenal.

-Dansaert (Rue Antoine ; cette artère a remplacé deux anciennes voiries démolies : la rue de Jéricho et la ruelle de la Cuiller ; nous donnons ici le nom qui fut celui de la rue de Jéricho sous la Révolution, artère qui s’étendait du Vieux Marché aux Grains (rue du) au Nouveau Marché aux Grains (place du)) : Rue des Munitions.

-Diable (Rue du ; aujourd’hui disparue) : Rue de la Malice.

-Dominicains (Rue des) : Rue de la Démolition.

-Douze-Apôtres (Rue des) : Rue de la Démocratie.

-Ducale (Rue) : Rue de l’Egalité.

-Ecuyer (Petite rue de l’; ancienne « rue du Gentilhomme » ; aujourd’hui disparue) : Rue du Télégraphe.

-Empereur (Boulevard de ; alors « rue de l’Empereur ») : Rue du Peuple.

-Evêque (Rue de l’) : Rue des Innocents.

-Grands Carmes (Rue des) : Rue de la Constitution.

-Madeleine (Rue et Petite rue de la) : Rue et Petite rue  du Capitole.

-Martyrs (Place des ; à l’époque « place Saint-Michel ») : Place de la Blanchisserie.

-Minimes (Rue des) : Rue de l’Amitié.

-Montagne de l’Oratoire (Rue) : Rue Montagne de la Philosophie.

-Nom de Jésus (Rue du) : Rue de Mucius Scaevola (personnification du courage).

-Notre-Dame-de-Grâce (Rue) : Rue des Piques.

-Notre-Dame-du-Sommeil (Rue) : Rue du Calendrier Républicain.

-Notre-Seigneur (Rue) : Rue de la Vieillesse (Quiévreux) ou Rue Voltaire (Bochart, Devogel).

-Paroissiens (Rue des) : Rue des Amis.

-Petits Carmes (Rue des) : Rue de la Jeunesse.

-Ravenstein (Rue ; alors « rue Saint-Laurent ») : Rue des Droits de l’homme.

-Royale (Rue) : Rue de la Liberté, puis rue Impériale.

-Rempart des Moines (Rue du) : Rue du Rempart Cisalpin.

-Sainte-Anne (Rue) : Rue de la Fécondité.

-Sainte-Catherine (Rue) : Rue du Commerce.

-Saint-Christophe (Rue) : Rue de la Ménagerie.

-Saint-Ghislain (Rue) : Rue du Courage.

-Sainte-Gudule (Parvis/Place) : Place du Beffroi.

-Saint-Jacques du Coudenberg (Eglise) : Durant la Révolution, la croix du dôme de l’église Saint-Jacques fut remplacée par un grand bonnet phrygien et le drapeau de la Nation. Sur le fronton, l’on écrivit en grandes lettres « Temple de la Loi », termes qui en 1797 furent remplacés par ceux de « Temple de la Raison ». Les révolutionnaires donnèrent également à cet édifice le surnom de « Capitole de Bruxelles ».

-Saint-Jean (Place) : Place du Marché-au-Lin.

-Saint-Roch (Rue) : Rue de l’Oubli.

-Saint-Roch (Ruelle) : Cette simple ruelle de communication qui reliait le Cantersteen à la défunte rue des Trois-Têtes, fut rebaptisée Rue de l’Innocence.

-Saint-Pierre (Rue) : Rue de la Clef.

-Samaritaine (Rue de la) : Rue de la Prudence.

-Samedi (Place du ; à l’époque « rue du Samedi ») : Rue de Solon.

-Terarken (Rue) : Rue de la Postérité.

-Visitandines (Rue des) : Rue du Contrat Social.

 

 

Eric TIMMERMANS.

Sources : Bruxelles, notre capitale – Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951, p. 162-163 / Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles (1857), Eugène Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / La bataille de Waterloo, Jean-Claude Damamme, Perrin, 1999/2009, p. 130 / Légendes bruxelloises, Victor De Vogel, TEL Paul Legrain, 1914, p.231-232.

 

Lire la suite « LES RUES DE BRUXELLES SOUS LA REVOLUTION FRANCAISE »

Publicités

Photos de Bruxelles

Première parution, le 5 avril 2014

Quelques anciennes maisons de Bruxelles.

 

 

long-cha2.jpg

Photo 1

long-cha.jpg
Photo 2
Le Coiffeur de la petite rue des Longs Chariots, n° 6.

 

lombard2.jpg

Photo 3

La Maison de l’étoile était située au coin du Platesteen et rue des teinturiers.

poste.jpg
Photo 4
Maison de la Poste
rue Fossé aux Loups.

poids.jpg
Photo 5

Les poids de la ville de Bruxelles.

plan.jpg

Photo 6

Plan de la ville en 1453.

hospice.jpg

Photo 7
Hospice Pacheco.

fontaine.jpg

Photo 8
Fontaine – rue de la Montagne n° 10.

flandre.jpg
Photo 9

rue Sainte Catherine 

eveque.jpg
Photo 10
Maisons de la rue de l’évêque. 

enseigne.jpg
Photo 11
Enseigne d’une maison de la rue de la Montagne.

  

Lire la suite « Photos de Bruxelles »

DEEVESTROET

Première parution le 18 avril 2009.

 

X001 menages
Photo 1

 

X002 école des voleurs

Photo 2

 

Il y a un siècle, la RUE DES MENAGES était une des artères les plus populaires de ce truculent quartier DU VIEUX MARCHE.

Elle fut tracée à la fin du XVIIIe siècle, partant du bas de la rue PIERMANS (rue des Vers) et aboutissant aux remparts. On ignore toujours la raison pour laquelle nos occupants français baptisèrent cette artère du nom de rue DES MENAGES.

Par contre, nous sommes presque certains que, depuis toujours, la rue des MENAGES porte le nom populaire de DEEVESTROET ou rue des VOLEURS.

Au milieu du 19ième siècle, un maître-voleur eut l’idée originale d’ouvrir à la rue des MENAGES une école pour jeunes apprentis voleurs (comme dans le film Oliver Twist) qu’il initiait tout spécialement afin qu’ils puissent détrousser plus facilement les bourgeois du haut de la ville. Si le butin ramené au logis du maître était de qualité et répondait bien aux normes prescrites, l’élève recevait sa pitance en gage de salaire. 

Merci J-PH pour la plaque et un grand Merci à beste Guillaume pour la documentation.

 

X003 Noces d'or
Photo 3

Mes arrières grands-parents maternels, Jean Baptiste Van Hamme et Marie Catherine De Troyer ont célébré à Bruxelles le cinquantième anniversaire de leur mariage, leur Noces d’Or.

 

X004 boma Maria
Photo 4

Mon arrière grand-mère Marie Catherine De Troyer. Tous ses petits-enfants et arrières petits-enfants l’appelaient boma Maria. Toute la famille du côté de ma boma Caroline Van Hamme était de la Deevestroet (rue des Ménages).
Sur la photo d’après le visage de boma Maria on voit que c’était une forte personnalité et qu’elle avait du caractère.

Elle a eu cinq enfants avec son mari Jean-Baptiste Van Hamme, trois filles Caroline (Karline ma boma ) était l’ainée, Catherine surnommée * »Smous » et Thérèse(Trees) , deux garçons Henri (Ree)et François(Swa).

* Smous = Juif.

C’est une femme qui a travaillé dur toute sa vie. Elle était seule pour nourrir ses enfants, son mari et elle-même car son mari est devenu aveugle et à l’époque aucune aide financière pour personne handicapée. A la fin de sa vie Jean-Baptiste a perdu la raison et a dû être placé et c’est là qu’il est décédé.

 

X005 café moulin
Photo 5

 

Boma Maria pour faire bouillir la marmite a tenu café pendant de nombreuses années rue Barra au coin de la rue des Vétérinaires à Anderlecht.

C’est là qu’en grande partie ma maman a été élevée. D’après elle ils occupaient toute la maison et celle-ci était infestée de rats. Boma Maria qui n’avait peur de rien tuait ces rats. Elle les attrapait par la queue et les tapaient contre le mur. A ma maman elle donnait de la gueuze pour qu’elle dorme bien. C’est très spécial d’être élevée à la gueuze mais c’est ainsi.

Le café et la maison existent toujours. Cette photo mon mari la faite cette semaine.

 

 X006 ma

Photo 6

 

X007 jardin d'enfants

Photo 7

C’est là que ma maman a été au jardin d’enfants.
Cette école est située au bout de la rue des Vétérinaires à Anderlecht.
(Photo faite par Daniel)

+-+-+-+-+-

 

Si j’ai mis les trois photos de l’enterrement de Swa Van Hamme, un des fils de boma Maria c’est surtout pour vous montrer la « Deevestroet », fin des années 1940 début 50.

 

X008 swa a
Photo 8

 

C’est le café de Charel Baur ( un petit dancing).

Devant, à côté du capucin, Henri Van Hamme le fils du défunt, mon bompa bich, derrière lui Théo, le père de Jef tranquille et la femme blonde Maya, la sœur de Jef. Leur mère Thérèse est une sœur de Swa et de ma boma.

 

X009 Swa b
Photo 9

Le café juste à coté de l’impasse des Vitriers,  bien plus tard est devenu le Mistral. Au loin on voit la rue des Vers.

X010 swa c
Photo 10

La grande avec le manteau clair c’est Rosine Demeyer.

Quand boma Maria est revenue dans sa Deevestroet elle a habité jusqu’à la fin de sa vie une des maisons qui se trouve à gauche de la photo. C’était derrière sur une cour, un deux-pièces séparé par la cage d’escaliers. C’était plutôt triste.

A cette époque, ma bobonne travaillait encore et j’étais tous les jours chez ma boma Maria qui me conduisait au jardin d’enfants rue des Fleuristes et mes trois premières années primaires à l’école 21, au boulevard du Midi. Ma toute petite enfance je l’ai passée en grande partie rue des Ménages et rue de L’Epargne près du théâtre flamand.

Ma boma Maria est décédée dans les années 1950 à l’âge de 85 ans. Pour l’époque c’était un très bel âge. Moi au moment de son décès j’étais en colonie à Oostduinkerke au home Emile Vandervelde.
Mon retour fut très triste. J’avais huit ans. L’enterrement de boma Maria était le jour de mon retour et à ma descente du car devant la Maison du Peuple à Bruxelles ce sont mes voisins qui habitaient rue Haute au 191, Catherine et François Levasseur, (les parents de Marie-Andrée) qui sont venus me chercher et m’expliquer le pourquoi que personne de ma famille n’était là pour mon retour.

 

 X011 devant le café de Maya
Photo 11

Cette photo a été prise dans la Deevestroet (rue des Ménages) dans les années 1940 je crois.

Les quatre femmes se trouvent devant le café que Maya (qu’on voit sur le sujet rue des Radis) tenait à l’époque. C’était juste en face de la rue de la Caille.

Bien plus tard ce même café est devenu un dancing tenu par Jean la Pipe(le Vénus je pense?). Dans le temps les gens prenaient une chaise et se mettaient sur le trottoir. A1 : ma bobonne, A2 : sa maman mon arrière grand-mère boma Maria, A3 : Maya une cousine de ma maman (la fille de Smous), A4 : Harriette l’amie de ma bobonne et la sœur de Wis du Papillon. Elles étaient toutes de la Deevestroet.

X012 bobonne 18
Photo 12

Ma grand-mère Caroline Léopoldine Van Hamme née le 08/08/1892 et décédée le 08/06/1972.

Elle était l’ainée de cinq enfants. Boma Maria tenait le café rue Barra et Caroline devait s’occuper de ses frères et sœurs, faire le ménage etc…Que de fois elle m’a racontée que l’ainée était la servante. A 8 ans elle n’a plus mis les pieds à l’école. De ce fait elle ne savait ni lire ni écrire. Pourtant elle était intelligente. Elle s’est mariée avec mon bompa Jean Demeyer le 27/09/1913 et son fils Jean était déjà né le 08/06/1913. Ensuite Rémi, qui à l’âge de 2 ans est mort d’une pneumonie contractée de son frère ainé Jean, Rosine est née le 08/06/1919. C’est curieux la vie, Caroline à donné la vie à deux de ses enfants le 8 juin et elle est décédée à la même date.

X013
Photo 13

 

Mes grands-parents et leur trois enfants habitaient rue des Ménages impasse des Vitriers, une seule chambre éclairée avec une lampe à pétrole. Sur la photo on voit les 3 heuskes (wc) qui étaient sur la cour extérieure ainsi que l’eau courante et les charrettes pour le transport pour le Vieux Marché.

 X014 impasse des Vitriers
Photo 14

 

Imp. des Vitiers II - 1

 

Ensuite Caroline a reprit le cafehoeis au numéro 36 dans la Deevestroet à l’entrée de l’impasse des Vitriers. Un cafehoeis était une épicerie où en plus on vendait de l’eau chaude (eau qui était chauffée sur un poêle à bois). A l’époque beaucoup de gens n’avaient pas le gaz ni l’électricité et ils venaient acheter l’eau chaude pour faire le café etc…Elle en faisait des heures pour pas grand-chose, ma mère et son frère puisaient dans le tiroir-caisse et bompa aussi … Rosine allait à l’école Saint-Vincent-Paul rue Haute et elle volait des bonbons dans le magasin de ma bobonne qu’elle donnait aux orphelines de l’institut. Ce qui va suivre ma boma me l’a raconté en riant mais ce n’était pas très marrant. Un soir Caroline, épuisée par une longue journée de travail s’est endormie sur son pisse-pot qui était en faïence. Le pot s’est cassé et les morceaux sont rentrés dans son postérieur. La pauvre est allée à pied à la garde à Saint-Pierre pour qu’on lui enlève les morceaux qui l’avaient fortement blessée et fait souffrir.

 

X015 Saint Vincent Paul (Jilou)
Photo 15

L’institut c’est une photo du blog de Jilou qui nous avait offert ses photos. Merci à lui (cela m’a évité d’aller la faire).

 X016
Photo 16

Mon bompa m’a souvent raconté que quand Rosine était jeune et qu’elle habitait encore à la maison, elle travaillait uniquement pour ses toilettes et surtout pour ses bas de soie. Elle était tellement fière et élégante que dès qu’elle avait une flèche elle changeait de bas sur le champ. Elle avait toujours une paire de bas en réserve dans son sac. Que de fois je l’ai accompagnée dans un magasin de bas,  rue des Tanneurs presqu’au boulevard. J’en avais mare ainsi que le commerçant car cela durait très longtemps avant qu’elle avait fait son choix.

—————

 

Ma bobonne a remis son commerce à Liza bich la sœur ainée de mon bompa.
Je me rappelle que dans son magasin de tante Liza il y avait un grand bac avec du sable blanc qu’elle vendait au poids. Liza y est restée jusqu’à fin des années 50 et elle habitait toujours Impasse des Vitriers. Elle s’éclairait encore avec une lampe à pétrole. Je me souviens d’une grande pièce, un lit, une petite table ,2 chaises, un petit réchaud, les WC et l’eau courante toujours sur la cour. Quand on allait lui rendre visite ma boma bich me disait : Liza est seule dans sa pièce mais nous étions quatre et bien d’autres familles qui avaient plus d’enfants n’avait qu’une seule pièce. Avec amertume elle me disait, la « Belle Epoque »pour moi c’était de travailler tout le temps et le dimanche faire la lessive et bompa qui avait déjà dépensé sa semaine à boire avant de rentrer à la maison et j’avais trois enfants. Il avait une très mauvaise boisson et souvent mes frères (SWA et Ree ) se battaient avec lui pour me défendre. Ma bobonne n’a pas eu une belle vie avec lui alors que moi j’ai eu un bompa en or. C’était une femme très courageuse.
 
Pendant la guerre de 40 Caroline vendait toutes sortes d’articles au marché noir rue des Radis, comme la plupart des gens du quartier. A cette période Jean et Caroline habitaient rue Haute juste à côté de la bibliothèque. Ensuite ils ont déménagé au 191 rue Haute où ils ont habité avec moi jusqu’à la fin de leur vie.

X017 Ancêtres de la famille Demeyer
Photo 17

Sur cette photo  c’est toujours ma famille du côté maternel mais du côté de mon bompa, les Demeyer. 
A2 : Rosine Demeyer Bich (La marraine de ma mère).
A3 : Liza Demeyer Bich (Soeur ainée de mon bompa qui a reprit le cafehoeis).
B1 : Jean Demeyer Bich ( mon bompa).
B3 : Toine Demeyer Bich.
B4 : Henri Demeyer Bich.
B5 : Maria Demeyer Bich.
C’étaient les six enfants d’Alphonse Demeyer, mon arrière grand-père, dit Bich et de sa femme, mon arrière grand-mère Marie Lievens… Ma maman en parlant d’elle disait toujours boma Bich.
Photos et textes de Nelly Lallemand

+-+-+-++-

Imp. des Vitiers III - 1
Année 1934

 

Imp. des Vitrier- 1

 

 

Au Coin du Diable.

 

 

Coin du Diable,
Photo 1

 

Quartier disparu de Bruxelles et pourtant encore fort peuplé dans les années 1950.
Tiens, comme c’est bizarre AUCUNE église à proximité.
Les plus proches…. Sainte-Catherine et les Riches Claires.

 

Botuin,

Rue Notre-Dame-du-Sommeil

 

 

Vandenbranden.jpg
Rue
Van Den Branden

 

 

Coin du Diable.jpg

Rouge – rue Notre-Dame-du-Sommeil.
Vert – rue Rempart des Moines.
Bleu – rue Van den Branden.
Jaune rue du Pène.
Point rouge – Le Café des Sports et les papeteries Haseldonckx.

rempart.jpg
La rue Rempart des Moines à gauche
la rue Notre-Dame-du-Sommeil.

Page-Coin-du-Diable.jpg
Extrait
du volume 3 de Bruxelles 1000 – Une Histoire Capitale.

 

Coin du Diable,

 Un clic pour agrandir le texte

 

Ecole-3.jpg

École 3 – rue Rempart des Moines

Dans cette école il y avait une salle de Cinéma et les kets de l’école 4 y venaient pour voir des films documentaires.
Un bureau de la Croix Rouge de Belgique était également dans la rue.

 

IMG.jpg

 Institut des Sourdes, Muettes et Aveugles
rue Rempart des Moines n° 85

Photo de Guillaume.jpg
Merci
à Guillaume.

Scène de récréation dans les années 1920

 

 

plan.jpg

 

 

 

Du Saint – Sacrément du Miracle à la foire du Midi

DU SAINT-SACREMENT DU MIRACLE A LA FOIRE DU MIDI

Saint-Sacrement et hosties prétendument profanées à l’origine de la Foire du Midi.

 

La Foire du Midi déploie ses attractions à Bruxelles, entre la Porte de Hal et la Porte d’Anderlecht, du samedi 19 juillet au dimanche 24 août 2014, tous les jours, de 15h à 1h (en semaine) et de 15h à 2h (le WE). C’est là un rendez-vous annuel bien connu des Bruxellois. Mais qui sait encore aujourd’hui que la Foire du Midi trouve son origine dans une procession religieuse et une tradition vieille de plus d’un demi millénaire ? On trouvait au cœur de cette procession dite du Très Saint-Sacrement du Miracle, l’histoire tragique et semi-légendaire des « hosties poignardées » que nous allons vous conter.

 

L’histoire des hosties profanées de Bruxelles.

 

Dans les années 1369-1370,  une affaire défraya la chronique bruxelloise : des hosties avaient été volées et profanées par des Juifs ! Ces derniers étaient parvenu à se procurer seize hosties consacrées en l’église Sainte-Catherine (l’ancienne, dont il ne reste plus que le clocher, et non celle de Poelaert, bien évidemment !). Le vol se produisit dans la nuit du 4 au 5 octobre 1369. Le voleur, dénommé Jean, s’empressa de remettre les seize hosties –une grande et quinze petites- à son complice Jonathas, un Juif originaire d’Enghien. Une fois rentré chez lui, il rassembla quelques amis et tous se mirent à abreuver les hosties d’injures et à leur faire subir maints outrages. Mais voilà que quinze jours plus tard, Jonathas fut retrouvé mort. Sa veuve, qui ne voulait pas garder les hosties chez elle, vint s’établir à Bruxelles où elle remit son précieux butin à des Juifs de sa connaissance. De fait, une communauté juive était alors présente à Bruxelles, dans l’actuel quartier de la gare centrale (Mont des Arts, Cantersteen) et une synagogue se dressait au coin de la rue des Sols et de la rue des Douze Apôtres. Selon les accusations malveillantes qui furent alors portées contre eux, des Juifs se rassemblèrent dans ladite synagogue, le 4 (ou le 12 avril), jour du Vendredi Saint (ou de Pâques), pour y accomplir le sacrilège suprême ! Les convives jetèrent ainsi les seize hosties sur la table, avant de les couvrir d’injures, entrecoupées d’imprécations contre le « dieu des chrétiens » ! Puis, ils tirèrent leurs couteaux et en frappèrent violemment l’objet de leur haine jusqu’à ce que soudain, ils en virent jaillir, à leur grande épouvante, le sang du Christ ! Sur ce, les sacrilèges se dispersèrent et certains même moururent de terreur !

 

Faut-il le dire, cette affaire, de toute évidence montée de toutes pièces, où se mêlent le superstitieux, le sordide et le burlesque, fut largement mise à profit par les autorités de l’époque pour mener à l’encontre de la communauté juive de Bruxelles et du Brabant, une opération aussi criminelle que juteuse. Le 22 mai 1370, les malheureux accusés (au nombre de trois, six ou sept, selon les versions) furent, bien évidemment, livrés au bras séculier, torturés, puis brûlés vifs quelque part entre la Porte de Namur et la Porte de Hal (sans doute du côté du Palais de Justice actuel). Mais on ne s’en tint pas là. Les Juifs furent massivement expulsés du Brabant et leurs biens, cela va sans dire, furent confisqués. La manœuvre, dit-on, rapporta une somme considérable au duché de Brabant, sur lequel régnaient alors la duchesse Jeanne (1355-1406), et son second époux, Venceslas Ier de Luxembourg (1337-1383)… Nombre de Juifs furent également massacrés par la populace brabançonne. Cette affaire renvoie à une autre, du même genre, s’étant déroulée à Paris, 80 ans plus tôt, sous le règne de Philippe Le Bel (1268-1314) dont l’affaire des Templiers (1307) devait révéler toute la rapacité. La version parisienne de l’affaire des hosties est, quant à elle, connue sous le nom de « miracle des Billettes » et a pour cadre la rue des Archives (http://www.parisfierte.com/2013/07/le-pretendu-miracle-des-billettes/ ).

 

La folle équipée des hosties profanées de Bruxelles.

 

Pour les « hosties profanées » bruxelloises allait alors commencer une folle équipée ! Il est dit que, soucieux de faire disparaître les traces de leur forfait, les sacrilèges remirent lesdites hosties à une femme juive convertie au christianisme et prénommée Catherine pour qu’elle les fasse porter à Cologne, moyennant une considérable somme d’or. Mais Catherine préféra, en définitive, les remettre au curé de l’église Notre-Dame de la Chapelle qui s’empressa de déposer dans un tabernacle le ciboire qui contenait les seize hosties (d’autres sources évoquent onze hosties, dont deux auraient été remises à Sainte-Gudule, alors que neuf restaient à Notre-Dame de la Chapelle). L’église Sainte-Gudule (actuelle cathédrale Saint-Michel) devait ultérieurement recevoir la grande hostie, de même que deux petites. Survinrent les guerres de religions. En 1579, les hosties de Sainte-Gudule furent cachées dans une poutre, chez une certaine Dame Jeanne Baerts, qui habitait la rue des Fripiers. Les hosties furent rendues à Sainte-Gudule, en 1585. Celles qui étaient conservées en l’église Notre-Dame de la Chapelle ont vraisemblablement disparu durant ces événements. En 1789, les hosties furent cette fois confiées à une Demoiselle Anne-Catherine De Bruyn, qui habitait la rue du Meyboom. De là, elles furent transférées dans une maison attenante à l’église Sainte-Gudule puis, à la fin de la même année, remise solennellement dans leur chapelle de Sainte-Gudule. Nouveau vente de panique lors de l’entrée des révolutionnaires français, en 1792, puis en 1794, dans nos Pays-Bas méridionaux.  Elles furent déposées au Grand Béguinage (dont le curé devait les confier à sa sœur) en 1792, rapatriées à Sainte-Gudule en 1793, cachées à nouveau en 1794, chez un certain sieur Huygh, qui habitait rue de la Montagne. A la mort de ce dernier, les hosties furent transportées à Malines, chez le vicaire général, où elles restèrent de 1801 à 1804. Elles reprirent finalement le chemin de Bruxelles, afin d’être replacées, processionnellement, un 14 juillet ( !), dans leur chapelle de Sainte-Gudule où l’on témoigne qu’elles étaient toujours, dans les années 1850. Mais selon certaines sources, les hosties se détériorèrent avec le temps et il fallut les remplacer…

 

La chapelle de la rue des Sols.

 

Quant à la synagogue où s’était déroulé le sacrilège prétendu, elle fut remplacée par une chapelle dite du Saint-Sacrement ou de Salazar. Elle se situait au coin de la rue des Sols et de la rue des Douze-Apôtres, deux artères aujourd’hui reliées par la rue Ravenstein. Le « sacrilège » servit ainsi de prétexte pour raser la synagogue et bâtir sur ses ruines une chapelle catholique dédiée à ce non-événement. La chapelle fut desservie par les Chartreux jusqu’en 1798, année révolutionnaire durant laquelle la chapelle du Saint-Sacrement fut fermée. Elle fut ensuite louée, de 1802 à 1816, aux « Dames de la Visitation du Berlaimont », qui en firent leur oratoire. La chapelle et l’hôtel y attenant  furent par la suite plusieurs fois vendu. Ces biens furent finalement acquis, en 1851, par un certain comte de la Laguna de la Serna. On notera également, pour ce qui est de la chapelle du Saint-Sacrement, qu’elle était, dès 1850, devenue le siège de l’Association de l’Adoration perpétuelle du Très Saint-Sacrement et de l’œuvre des églises pauvres (canoniquement érigée le 4 janvier 1850). Le 18 juin 1852, on fit célébrer, dans ladite chapelle, la première messe des services journaliers en expiation du prétendu « sacrilège ». Expropriée en 1907, la chapelle du Saint-Sacrement ne sera démolie, en même temps que la rue des Sols, qu’en 1955. Or, les Dames de l’Adoration Perpétuelle en firent construire une réplique exacte, rue Van Maerlant, ce qui fait que pendant près d’un demi-siècle, on put voir à Bruxelles, deux chapelles du Saint-Sacrement, absolument semblables !

 

De la procession du Saint-Sacrement à la Foire du Midi.

 

Les hosties de Sainte-Gudule (2 ou 3) firent dès lors l’objet d’un culte particulier, dès la première moitié du 15e siècle. Ainsi, en 1405, un incendie ravagea Bruxelles : 1400 maisons et plus de 4000 métiers de tisserands disparurent  dans les flammes. On parla de prodige produit par les hosties qui avaient, en outre, la réputation d’être guérisseuses. Une procession fut alors instituée ; elle est mentionnée par les Brabantshe Yeesten, en 1423. En 1431, nouveau prodige. La procession s’en vit renforcée d’autant et l’on songea bientôt à élever, en l’église Sainte-Gudule,  une chapelle qui serait subsidiée par l’argent des indulgences. En 1435, la quête se poursuivait encore. L’année suivante, la chapelle fut terminée. Ainsi naquit le culte du Très Saint Sacrement du Miracle. A l’origine, la fête du Saint-Sacrement se déroulait le jour de la Fête-Dieu (également appelée fête du Saint-Sacrement), célébrée le jeudi qui suit la Trinité, soixante jours après Pâques. A cette occasion, une procession parcourait les rues de Bruxelles.

 

Mais en 1530, Marguerite d’Autriche institua une procession particulière, le 20 juillet. Et nous retrouvons là la période correspondant à notre Foire du Midi actuelle. Durant des siècles, on célébra donc le Très Saint Sacrement du Miracle. Toutefois, à la fin du 18e siècle, des voix s’élevèrent contre cette célébration qui n’avait d’autre but que de stigmatiser les Juifs. En 1785, l’empereur autrichien Joseph II fut l’un des premiers à s’exprimer clairement en ce sens. Par la suite, l’irruption de la Révolution française dans nos contrées, mit temporairement fin à cette célébration que l’on ré-institua toutefois, dans le courant du 19e siècle. On s’étonnera ainsi de voir se perpétuer la vénération pour ces hosties prétendument profanées, sous le règne de Léopold Ier (règne : 1831-1865), premier monarque du royaume de Belgique, mais également protestant, proche des milieux maçonniques et des communautés juives ! En 1861, le doyen de l’église de Sainte-Gudule envisagera même de relancer l’ancienne confrérie sous les auspices de l’archevêché de Malines, et un comité organisateur, secondé par des associations paroissiales, décida de monter une manifestation à grand spectacle, cavalcade et procession. On faisait également bombance, à la suite de la procession. Comment ne pas reconnaître dans ces descriptions certains éléments de notre actuelle Foire de Bruxelles : attractions et agapes aux terrasses des cafés de la Porte de Hal à la Porte d’Anderlecht ? Sous le règne de Léopold II (règne : 1865-1909), l’opposition à l’encontre du Saint-Sacrement et de sa procession se durcit, notamment du fait de l’activisme des milieux libéraux et scientifiques. Ainsi, la 500e procession de 1870 n’eut-elle jamais lieu. Il fallut toutefois attendre la première guerre mondiale pour que le prétendu « miracle » du Saint-Sacrement ne soit plus célébré à Bruxelles.

 

En 1870 déjà, des attractions doublaient la procession proprement dite, tel le Théâtre des Galériens qui abritait des marionnettes mécaniques. Ici on pouvait contempler une « femme à barbe », là on vendait des crevettes, du crabe, des caricoles… Et il va sans dire que l’on buvait sec et que la bière coulait à flots ! En 1885, on vit l’apparition de chevaux de bois. Et puis, au fil du temps apparurent de nouvelles attractions, toujours plus imposantes, plus sophistiquées et plus….onéreuses ! C’est que la location d’un emplacement n’est pas gratuit ! Personnellement, je me souviens de la « femme-araignée », des « maisons de l’horreur » dans lesquelles s’agitaient squelettes phosphorescents et monstres de pacotille, des smoutebollen qui nous ébouillantaient les doigts, nous graissaient les mains et nous barbouillaient de sucre impalpable (mais que c’était bon !), du palais des glaces (où ma grand-mère maternelle devait un jour piquer une crise de claustrophobie !), des auto-tamponneuses, bien sûr, sans parler des carrousels où nous tentions d’attraper la floche, de tout un argent de poche gaspillé dans des machines à sous…pour la plus « grande joie » des parents ! Et puis il y avait ce petit pincement au cœur, lorsqu’à la fin de la foire on se disait que dans quelques jours il faudrait regagner l’école et ses bancs, ses classes, ses instits, ses maths… Ainsi prenaient mélancoliquement fin nos étés…

 

Eric TIMMERMANS.

 

Sources : Bruxelles, notre capitale, Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951 / Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / Légendes bruxelloises, « Les Hosties sanglantes », Victor Devogel, TEL/Paul Legrain (J. Lebègue et Cie, 1914, p. 126-145 / La profanation des hosties de Bruxelles, par Philippe Pierret, conservateur du Musée Juif de Belgique, asbl Les Amis de la Chapelle, 2010 /Le Jubilé d’un faux miracle – Dissertation sur l’histoire du Saint-Sacrement du Miracle, imprimerie de la revue de Belgique, 1870 / http://bruxellesanecdotique.skynetblogs.be / http://sofei-vandenaemet.skynetblogs.be/

Sainte Barbe

LE CULTE DE SAINTE ONTCOMMER OU COMMENT SE DEBARRASSER D’UN MARI GÊNANT !

 

1.Le pont et l’impasse de la Barbe.

 

Commençons nos investigations à l’impasse de la Barbe. Celle-ci est située entre les numéros 11 et 13 de la place Fontainas, sise sur cette grande artère que constitue le boulevard Maurice Lemmonier. Or, ladite place correspond globalement à l’ancienne « Petite Île » de la Senne, que l’on nommait également l’île d’Overmolen, appellation qui désignait aussi l’une des portes de la première enceinte. Il se trouve que, jadis, un « pont de la Barbe » existait entre la rue d’Anderlecht et la rue de la Petite Île (à ne pas confondre avec la rue qui porte ce nom de nos jours et qui est située sur le territoire de la commune d’Anderlecht).

 

Reste à savoir à qui ou à quoi l’on doit ce nom de « Barbe ». Elle pourrait avoir pour origine le nom d’un cabaret qui était situé à proximité : A la Barbe d’Or. Une autre explication établit un rapport avec une même enseigne, mais qui aurait été celle d’un barbier. Selon une troisième hypothèse, l’impasse tout comme le pont, devraient leur appellation à un cabaretier dont la barbe aurait été particulièrement fleurie ! Pont, moulin et brasserie disparurent à la fin des années 1860 lors des travaux de voûtement de la Senne. L’ancienne impasse elle-même, dont il ne reste aujourd’hui plus que le nom, fut démolie un siècle plus tard.

 

Mais quel rapport avec le culte d’une sainte quelconque ? Répondre que c’est tout simplement le fait de vouloir se débarrasser d’un mari ou d’un prétendant gênant n’éclairera guère le lecteur. Pas plus d’ailleurs que l’énumération des noms de certaines saintes : Barbe, Wilgeforte, Ontcommer. Soyons donc plus précis. Les trois saintes précitées, dont les noms, pour tout simplifier, s’orthographient de moult façons, ont en commun la volonté de se débarrasser qui d’un mari qu’on voulait leur imposer, qui d’un prétendant par trop empressé. Le nom d’Ontcommer ne signifie-t-il d’ailleurs pas « débarras » ? Or, naguère, chaque année, une procession de femmes parcourait, comme nous allons le voir, certaines artères du centre de Bruxelles afin que sainte Ontcommer les débarrasse de leur époux ! Et quel était le nom du dernier pont que les processionnaires franchissaient ? Le Pont de la Barbe.

 

Et il se trouve que sainte Ontcommer se voit assimilée à sainte Wilgeforte dont l’une des légendes prétend que pour repousser un prétendant qui lui avait été imposé par son père, la jeune fille demanda à Dieu de l’enlaidir et aussitôt, une barbe drue lui poussa ! Il est dès lors tentant de rapprocher Wilgeforte-Ontcommer de…sainte Barbe, qui n’est autre, en fait, que sainte Barbara. Faut-il pour autant établir une relation directe entre les dénominations de l’impasse et du pont de la Barbe, et le nom de sainte Barbe ? L’idée est attrayante, certes, mais si Wilgeforte et Ontcommer paraissent bien ne faire qu’une, il n’est pas impossible que l’assimilation de cette sainte à sainte Barbe ne résulte que d’un rapprochement entre l’élément pileux de la légende de la première avec le nom de la deuxième. Nous laisserons donc aux spécialistes le soin de trancher cet épineux problème et nous en tiendrons à reprendre, séparément, l’histoire des deux saintes. 

 

2.Sainte Barbara, la légende biblique.

 

Selon une version de sa légende, Barbe (alias Barbara) serait née en Asie Mineure (Syrie), vers l’an 235 de l’ère chrétienne. Elle résidait à Nicomédie où son père, Dioscore, un des plus grands seigneurs et des favoris les plus intimes de l’empereur Maximien ( ?), l’élevait dans la religion de ses ancêtres païens. Mais un jour, alors qu’il nourrissait le projet de la marier à un autre seigneur païen, Dioscore la surprit, catéchisant, c’est-à-dire en pleine œuvre de prosélytisme chrétien ! Il la conduisit aussitôt auprès du juge Marcian, l’accusant de rejeter la religion de ses ancêtres au profit de celle du Christ. Barbe fut condamnée, dénudée, fouettée à coups de nerfs de bœuf et enfermée dans un cachot jusqu’au lendemain. Mais au matin, on la découvrit guérie et rétablie dans sa beauté d’origine. A cette vue, le juge Marcian exigea à nouveau de Barbe qu’elle vénère les dieux de ses ancêtres, mais rien n’y fit. Aussi la fît il à nouveau dépouiller et promener ainsi par toute la ville. Et là, nouveau miracle, une robe éclatante de pureté la revêtit ! Cela ne fit qu’exacerber la rage des bourreaux qui la tailladèrent à l’aide de peignes de fer et la brûlèrent au moyen de torches ardentes.

 

Comme Barbe endurait tous ces tourments sans plainte, le juge décida de la faire décapiter. Le père de Barbe approuva la sentence et s’offrit pour être lui-même l’exécuteur. Barbe accepta et demanda à Dieu (qui était, sans surprise, à l’origine des miracles précédents…) que tous ceux qui, à l’avenir, réclameraient son secours ne mourussent point d’une mort imprévue sans avoir reçu les Saints Sacrements. Le sabre du père s’abattit bientôt sur le cou de la fille, et là, nouveau miracle, la foudre le frappa et le réduisit en cendres, avant que son âme damnée ne soit précipitée en Enfer ! La supplique de Barbe explique pourquoi la sainte a pour attribut principal de préserver de la mort subite et, partant, de mourir sans confession. Plus étrange, la foudre aussi divine que vengeresse qui frappa Dioscore, valut à Barbe de devenir la patronne des artificiers, des artilleurs, des tourneurs de boulets, des carriers, des pompiers, des couvreurs d’ardoises et de plomb, des maçons et même des houilleurs et des mineurs (sans doute aussi, de nos jours, des poseurs de paratonnerres !).

 

Mais nulle référence à une quelconque pilosité contre-nature de Barbe (en fait, Barbara). Lorsque les chrétiens vinrent chercher le corps de la jeune martyre, comme ils ne voulaient utiliser, pour la désigner, ni son nom païen, ni son nom de baptême chrétien, ce qui les ferait se dévoiler, ils ne purent que demander le corps de « la jeune femme barbare », d’où le nom de…sainte Barbara qui lui fut donné !

 

3.Sainte Wilgeforte-Ontcommer.

 

La barbe apparaît toutefois bien comme un attribut de sainte Wilgeforte. Celle-ci, fille d’un roi du Portugal resté fidèle aux dieux de ses ancêtres, se vit promettre par son père à un roi resté également païen. Mais la jeune fille s’étant convertie au christianisme, refusa ce mariage et demanda au dieu des chrétiens de lui venir en aide afin de lui permettre de l’éviter. Aussitôt, il lui poussa une longue barbe noire ! De rage et de dépit, son père la fit crucifier. La sainte crucifiée apparaît toutefois imberbe en l’église Saint-Guidon d’Anderlecht (16e s., mur nord), alors qu’elle est représentée barbue en bien d’autres endroits (église Saint-Nicolas de Wissant, église Saint-Etienne de Beauvais, couvent Notre-Dame de Lorette de Prague…). Cette légende a peut-être le Portugal pour origine, peut-être que ce culte rendu à une « sainte barbue » résulte d’une confusion avec la vision d’un Christ crucifié, habillé d’une robe ( !), quoiqu’il en soit, ladite sainte était honorée dans l’ensemble de l’Occident médiéval sous les noms les plus divers : Livrade, Comeria, Guilleforte, Acombe, Ontcommer…. On retrouve Wilgeforte  sous les traits d’un mystérieux androgyne (dans lequel certains voudraient voir une image du Diable et des sept péchés capitaux) qui se trouve sur la porte d’entrée de l’église Saint-Etienne, à Braine-l’Alleud (André Crickx, « Revue d’histoire religieuse du Brabant wallon »).

 

A Bruxelles, sainte Wilgeforte était connue sous le nom de sainte Ontcommer (=Débarras), du fait que Dieu était supposé l’avoir débarrassé d’un bien gênant prétendant. De ce fait, la sainte était aussi particulièrement vénérée par les épouses soucieuses de se voir débarrasser de leur mari… C’est dans la chapelle qui, à la fin du 17ème siècle, allait devenir l’église Notre-Dame de Bon Secours et où s’arrêtaient les pèlerins en partance pour Saint-Jacques de Compostelle, que les Bruxelloises venaient implorer l’aide de sainte Ontcommer. Le dernier dimanche du mois de juillet se formait une importante procession exclusivement composée de femmes. Celles-ci quittaient la rue du Marché au Charbon (c’est au numéro 91 qu’aujourd’hui encore se dresse l’église Notre-Dame de Bon Secours) pour déambuler autour de l’île Saint-Géry. Portant les reliques de la sainte, elles franchissaient tous les ponts, bénis pour l’occasion par le vicaire de la paroisse. Venait finalement le moment de franchir le dernier pont, peut-être le plus ancien, celui qui permettait, en venant de la rue d’Anderlecht, de franchir la rivière afin de rejoindre l’église où seraient à nouveau déposées, pour un an, les reliques de la sainte : c’était le Pont de la Barbe. Notons pour l’anecdote qu’à l’origine, une grille empêchait, à cet endroit, le passage des nageurs et des marchandises.

 

Ainsi, l’ancien pont et l’actuelle impasse, de même qu’un moulin et une brasserie qui, jadis, jouxtaient le pont, doivent-ils peut-être leur nom, moins à sainte Barbe qu’à la sainte barbue Wilgeforte-Ontcommer et aux processionnaires qui lui vouaient un culte à cet endroit !

 

Eric TIMMERMANS.

 

Sources : « Dictionnaire historique des rues, placesde Bruxelles », Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1857 / Légendes bruxelloises, Victor Devogel, TEL/Paul Legrain, J. Lebègue et Cie Libraires-Editeurs, 1914, p. 71 à 79 / « Les mystères de Bruxelles », Daniel-Charles Luytens, Noir Dessin Production, 2005, 84-87 / Sainte Barbe, Petite Etude Hagiographique & Folklorique, Bruxelles, le 16 janvier 1937.

n° 3

 

charly

 

Sur ce tronçon, en quittant le Wiels Renard, on passe devant « Le  Sabot malinois » où le petit Toots Thielemans, assis sur le seuil, jouait déjà sur son petit accordéon dans les années ’20, « la Boule Fourrée » et « Beurfin ».

 

charly

Photo 1 – photo prise en juillet 2015.

charly

Photo 2

charly

Photo 3 – juillet 2015 – P.H.

il y avait plusieurs magasins de prêt-à-porter pour dames : « Micheline » et Trinette Slagmulder, la maman de Jeuf van de Vossestroet, aidée de sa fille Jeanine, un autre magasin dont j’ai oublié le nom, tenu par Isy, le frère de Rachel, la femme de Benny (près de Parivienne) et, enfin, le magasin de leur mère qui vendait de la confection pour hommes.

charly

Photo 4

 

charly

Photo 5


On arrive ainsi doucement à la bibliothèqueet à l’impasse Meert dont les Bruxellois ont immédiatement traduit le nom par « Strontgang ». On ne peut pas passer sous silence que, dans le fond de cette impasse s’est établi un club de judo et d’arts martiaux appelé d’un nom en japonais authentique « Chi-Han » !

charly

Photo 6

C’est presque trop beau pour être vrai ! Je ne sais pas ce que ça signifie en japonais mais on m’a certifié que c’en était réellement. Je soupçonne pourtant ceux qui ont baptisé ce club d’un nom pareil ne l’ont choisi en toute innocence et par hasard !

charly

charly

 

charly

Photo 7

charly

Photo 8 – juillet 2015 – P.H.


On ne tarde pas à arriver à l’école puis devant in magasin de café « Cgez Tom » situé en face du Bleompanchgang. C’était un magasin avec encore des grandes boîtes métalliques peintes en rouge pour le café et le patron était volumineux au point que, avec son cache-poussière blanc, non seulement il ne voyait pas ses pieds mais, à mon avis, même pas où il allait les poser. On ne disait d’ailleurs jamais siimplement « Je vais chez Tom » mais « Bij den dikken Tom ».

charly

charly

Photos 9 & 10 – juillet 2015 – P.H.


Or, voila qu’un jour la grande échelle des pompiers rentre à la caserne du Vieux Marché en prenant par la rue Montserrat et le Bloempanchgang. Mais, à peine la descente entamée, ses freins lâchent et elle dévale volle gaz, traverse la rue Haute et ne s’arrête que dans la cuisine derrière le magasin de Tom en écrabouillant au passage les boîtes de café et en répandant des grains partout.

charly

Photo 11 – juillet 2015 – P.H.

Heureusement, personne n’a été blessé, seul le café a été sinistré sans cela ç’aurait été un massacre.

 

charly

Photo 01

charly

Photo 12
Coin de la rue de la Rasière.

On passe alors devant Vits, marchands de sanitaire, et Mich, le magasin de légumes pour arriver au coin de la rue de la Rasière.

charly

Photo 13 – juillet 2015 – P.H.

De l’autre côté, ce sont les blocs jusqu’à la rue Pieremans et, après l’avoir traversée on arrive à la poëlerie Limon.

 

charly

Photo 14 – juillet 2015 – P.H.

charly

Photo 15

 

Ensuite, il y avait la boulangerie de Bommatche où on trouvait des tartes au riz 3 étoiles et puis, on arrive très rapidement jusq’au magasin d’électro -ménager de Pierre Collin, un personnage tout ce qu’il y avaut de folklorique, et au Foyer bruxellois.

charly

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo de Ed Hoff.

Photos 19 et 17
Pierre Collin, vendeur de Télévision Novak.

Il y avait là, au rez-de-chaussée du Foyer, dès qu’on y arrivait, un opticien : Thiriar.

C’est chez cet opticien qu’a débuté un jeune apprenti, prénommé Jean, qui était venu, peu après la guerre, de Marseille avec ses parents, ses 2 soeurs et, le petit dernier, son frère qui s’appelait Gilbert mais qui, petit, ne savait pas prononcer son nom ce qui fait que, quand on le lui demandait, il répondait : « Tibet ».

Or ce Tibet, devenu grand, a gardé ce nom comme pseudo pour faire de la BD. C’est lui qui a dessiné Chick Bill et Ric Hochet.

Mais, où l’histoire devient intéressante, c’est quand on sait que l’immeuble du Foyer bruxellois a été démoli et reconstruit et que, de l’autre côté de l’entrée où se trouvait Thiriar dans ce nouveau bâtiment, il y a eu un autre opticien : Carpentier. Et le frèrs de cet opticien était, lui aussi, dessinateur de BD ! C’est à lui qu’on doit le personnage de Poje, ce patron de café dont les aventures existent en français, en flamand, en wallon et en bruxellois sous le nom de « In d’environs van bij Poje » ! La traduction en bruxellois était faite par Paul Van Kueken, un bijoutier, peintre amateur en plus, et qui a été président de l’association des commerçants du Vismet. 

Après ça, il y avait une série de kaberdouches dont « Le big bijou » et c’était là qu’il y avait, à une certaine époque, la plus grande densité de café et restaurants espagnols de Bruxelles avec, dans l’hoeksken in, « El Rincon » qui signifie la même chose en espagnol : le recoin.

 

charly

Photo 18

charly

Photo 19 – juillet 2015 – P.H.

 Voila, on est arrivé Porte de Hal et je me rends compte qu’il y a beaucoup d’endroits que j’ai oubliés.

Ce qui reste dans la mémoire des vieux, c’est que la rue Haute était extraordinairement animée. Le quartier était beaucoup plus peuplé et il n’y avait que des commerces – magasins et stameneis – et les deux cinémas.

Tous les samedis soirs, c’était le défilé. Les gens venaient depuis la Barrière de Saint Gilles et, tout au long du parcours, de plus en plus de gens rejoignaient le cortège.

Ils passaient rue Haute jusqu’à la Chapelle descendaient le rue de l’Escalier où il ne reste plus rien, rue de la Violette et rue des Chapeliers pour arriver à la Grand Place. Là, ils continuaient par le rue au Beurre et débouchaient à la Bourse et ensuite se divisaient en deux : les uns prenaienr à droite par la rue de Tabora et la rue des Fripiers pour continuer vers la Place de la Monnaie et ensuite, tout droit, la rue Neuve jusqu’à la Place Rogier où il y avait l’ancienne gare du Nord, remplacée après par le Centre Rogier et ils revenaient par le boulevard Adolphe Max jusqu’à la Place de Brouckère et, de là, le boulevard Anspach pour revenir à la Bourse et à la Grand Place par la rue de la Bourse et la rue au Beurre.

Les autres suivaient le même itinéraire mais en sens inverse : ils longeaient la Bourse pour partir vers la Place de Brouckère et le boulevard Anspach puis revenaient par la rue Neuve.

C’était chaque samedi soir la même chose, toujours la même promenade des familles au complet avec les enfants et, comme Bruxelles ne manquait pas de cafés de ce temps-là, on faisait un ou plusieurs arrêts en chemin pour s’y reposer et boire quelque chose.

Voila, c’est tout pour aujourd’hui.

Dikke beise en tot de noste ki.

charly