Statues Bruxelloises

Madame Chapeau.

 

Madame Chapeau
Madame Chapeau

A plusieurs reprises, Tom Frantzen a été contacté par des comités de quartier et par des groupes culturels pour réaliser des sculptures ayant trait au passé culturel de Bruxelles.
Ceci n’est pas un hasard. Tom Frantzen, d’origine bruxelloise, est particulièrement sensible à « la zwanze », qu’il considère comme un humour très particulier où le mélange de langues fait émerger l’absurde et le surréalisme.
Comme cet esprit est « en voie d’extinction », l’artiste a voulu, par le biais des sculptures le rendre « éternel » et le confronter aux générations futures. Pour arriver à une intégration optimale, il a tenu à les sceller à même les trottoirs et à utiliser de vrais éléments de l’environnement tels qu’une taque d’égout, un luminaire, une borne etc…
Source du Texte : internet.

 

 

 

Madame Chapeau

 

Madame Chapeau
Madame Chapeau bien connue des echte Brusseleirs, hélas de en moins nombreux, Madame Chapeau est peut-être plus connue du grand public comme l’héroïne malheureuse de blagues typiquement bruxelloises. Mais d’où vient ce personnage truculent ?
« Je suis trop distinguée pour sortir en cheveux »
De son vrai nom Amélie Van Beneden, Madame Chapeau sort de l’imagination de Joris d’Hanswyck et Paul Van Stalle, auteurs de la pièce de théâtre Bossemans et Coppenolle, œuvre culte du patrimoine culturel bruxellois. Zwanze et truculence caractérisent cette pièce entièrement en bruxellois, dans laquelle apparaît Madame Chapeau (jouée par un homme travesti, dont le regretté Jean Hayet), qui explique mieux que personne d’où lui vient ce surnom : « Je ne m’appelle pas Madame Chapeau, ça est les crapuleux de ma strotje (ruelle en brusseleir) qui m’ont appelée comme ça parce que je suis trop distinguée pour sortir en cheveux ! » 

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LEXIQUE DE TERMES BRUXELLOIS

                                     LEXIQUE DE TERMES BRUXELLOIS

 

A la mémoire de ma grand-tante paternelle, Maria Vercaeren, et de mon grand-oncle paternel, Corneille De Mesmaecker.

A
-Allez / Alleï ! : Au moins aussi courant que le célèbre « une fois », le terme allez, que l’on prononce volontiers alleï à Bruxelles, se retrouve dans de nombreuses phrases et dans de nombreuses situations. Cela relève pratiquement du tic de langage. Ex. : Alleï, dis, fieu, tu vas quand même pas te mettre à chialer, mènant, hein ? (Allez, dis, mon vieux, tu ne vas quand même pas te mettre à pleurer, maintenant, hein ?). ; Bon, allez, on va peut-être tout doucement y aller ?; Mais alleï, fieke, est-ce que tu peux me dire, mènant, pourquoi moi j’aurais été lui dire ça, alleï !

-Amaï : Exclamation très courante mais également assez ingrate, amaï est pratiquement intraduisible. Elle sert à exprimer l’étonnement, l’incrédulité, l’admiration ou la consternation.

-Arranger : En français, le verbe « arranger » apparaît comme un synonyme de « mettre en ordre », de « résoudre ». Mais à Bruxelles, se faire arranger, c’est se faire rouler dans la farine, se faire escroquer ! Quant à être bien arrangé ou salement arrangé, cela signifie que vous êtes mal en point, parce que vous êtes malade, parce que vous êtes blessé ou parce que vous êtes ivre, par exemple ! Être scheille arrangé, cela veut donc dire que vous êtes complètement bourré !

-Aubette : Désigne un kiosque à journaux, un abri-bus. Ex. : Vite, on va aller se mettre sous l’aubette pasqu’y pleut.

-Autostrade : Terme désuet, dérivé de l’italien « autostrada » et servant à désigner une autoroute ou, à tout le moins, une importante artère vouée à la circulation automobile. A Bruxelles, on prononce « autostraat », vraisemblablement parce que le mot « straat » (« rue » en thiois), s’est aisément confondu avec le suffixe « strade », et on l’utilise au féminin « une autostrade », comme « une autoroute ». Ex. : Astableef, dis, t’as vu le carambolage d’hier soir sur cette austrade qu’on a toujours dit qu’elle était dangereuse ?

-Aven taaid : Ancien temps, époque révolue, jadis, naguère.

-Awel ! : Eh bien ! S’exprime pour souligner une incompréhension, une incrédulité, une stupéfaction. Ce terme s’accompagne souvent du mot « merci » qui est supposé souligner la stupéfaction. Ex. : Et donc, malgré tout ce que cet ivrogne a fait, on la réengagé ? Awel, merci ! On pourrait également dire awel, ça alors ! L’expression totalement francisée existe aussi : Eh bien merci !

-Après : A Bruxelles, « après » peu parfois signifier « dedans », « de quelque chose », « à quelque chose ». Ex. : « Tiens, tu vois cette belle pomme ? Tu veux une fois mordre après » ? (…tu veux en manger un morceau ?) / « Dis, ça fait une heure que j’essaie d’attraper cette corde qui est pendue là. Toi qui es plus grand, tu peux une fois tirer après ? »

-Astableeft) ! (astablééft) : S’il vous plait. S’apparente clairement au néerlandais als u blieft. Toutefois, si ce terme peut s’utiliser dans le sens d’origine, en accompagnement d’une demande, d’une requête, tout comme « s’il vous plait », il peut aussi servir à signifier quelque chose comme « et quoi encore », « que va-t-on encore essayer de me faire croire ou faire » ou encore, « c’est vraiment absurde, n’importe quoi ! ». Ex. : « Et tu me dis qu’il est parti ce matin pour aller aider ce type qui l’a pourtant viré comme un malpropre ? Astableeft ! La forme sans « t », astableef, est également très courante.

 

B.

 -Babbeleir (« babbelère ») : Bavard, quelqu’un qui aime bavarder. Provient du verbe néerlandais babbelen qui signifie, « bavarder ». En franco-bruxellois, on lui a appliqué la former infinitive française « er », ce qui donne babbeler (« babbelé »). Ex. : Tiens, encore en train de babbeler ce babbeleir, n’a-t-il vraiment rien d’autre à faire de sa journée ? Le féminin de babbeleir est babbelès Citons aussi la babbeltrut ou « commère » ; le terme « trut » est toutefois péjoratif et désigne originellement une femme laide ; mais aujourd’hui, on désignerait plutôt par ce terme une femme stupide.   

-Bais’ (« bèèss ») : Un baiser, un bisou. Ex. : Alleï, donne-moi une fois une bais’, dis !

-Bal : Equivalent de l’argot français « balle », « rond ». Ex. : Eh bien moi je peux te dire que je n’ai plus un bal sur moi !

-Bas (« ba ») : Généralement, en français, les bas désignent un vêtement essentiellement féminin (ex. : « bas nylon »). Mais à Bruxelles, le terme bas peut également désigner les chaussettes masculines.

-Ballekes : Boulettes de viande de différentes grandeurs, telles les grosses boulettes à la sauce tomate qu’à Liège on nomme « boulets », soit des petites boulettes que l’on même par exemple dans la soupe. Ex. : Va au fond de la casserole, sinon tu n’auras pas de ballekes ! A noter qu’en burgonsch (argot bruxellois), les ballekes désignaient jadis les seins des femmes.

-Bazoef (« bazouf ») : Grand mangeur, goinfre, mais également…déchets de restaurant.

-Bèke ! (« bèè-ke ») : Onomatopée qui désigne une expression de dégoût ; comparable à « pouah ! » ou « beurk ! », par exemple. On appuie généralement fort sur le « è » (bèèke !), on escamote parfois le « e » final (bèèk !) ou encore, on ajoute un « s » final (bèèkes !), il arrive aussi que l’on s’en tienne à « bèè ! ». Ex. : Bèèke ! Tu as marché dans un caca de chien !

-Bibberer (« bibberé ») : Trembler. Ce verbe franco-thiois pourrait avoir tendance à être associé à la boisson (« biberonner »), d’autant plus que la fameuse tremblote de l’ivrogne aurait tendance à nous conforter dans cette idée, mais c’est là un faux ami. De fait, bibberer doit être rapproché du burgonsch, bibber (=froid).

-Bich : Viande, chair. Avoir la chair de poule se dit, avoir la kieke bich. Voir aussi « Bichkes ».

-Bichkes (« bich-kes ») : Bestioles, puces, parasites ; le terme peut aussi comprendre les animaux, les « bêtes », en général. Le terme peut aussi être appliqué à toutes les sortes de démangeaison. Ex. : Encore en train de te gratter ! T’as des bichkes ou quoi ? Pour la chair de poule, on utilisera plus précisément le terme de kiekebich, « kieke » désignant ici le volatile susmentionné. Jean d’Osta donne toutefois à ce mot, qu’il orthographie keekebiche, une autre signification, à savoir « insignifiant, nul ». Voir aussi « Bich ».

-Blafter : Faire des saletés en mangeant ou en buvant, répandre sur soi de la nourriture ou de la boisson. Ex. : Dis, regarde un peu ta cravate : t’as de nouveau blafté dessus !

-Bloempanch (« bloumpannch ») : Gros boudin piqué de cubes de graisse.

-Bodding : Pudding, gâteau fait à base de vieux pain. Ma grand-tante utilisait le terme de « bodding » pour désigner ce genre de gâteau.

-Boentje (Avoir un)  (« bountch-e ») : Être amoureux, avoir un béguin pour quelqu’un. Ex. : Alleï, je vais enfin oser te le dire : j’ai un boentje pour toi !

-Bolleke : En burgonsch, « nœud » ; aujourd’hui : petite boule.

-Boma :Grand-mère.

-Bompa(« bomm-pa ») : Grand-père.

-Broebeleir (« broubelère ») : Un bègue, quelqu’un qui s’embrouille dans son discours, qui se répète. De ce terme dérive le verbe (infinitif) franco-bruxellois broebeler (« broubelé »).Ex. : Qu’est-ce qu’il est encore en train de broebeler celui-là ? Le mot et le verbe sont globalement des synonymes de totteleir et de totteler.

-Brol : Fourbi, bazar, truc, machin. D’usage très courant. Ex. : Cest quoi tout ce brol que tas laissé devant ta porte ? ou encore : Tiens, cest quoi ce brol que tu tiens dans ta main ? On peut rapprocher ce terme de « bucht ».

-Blinquer (se prononce comme « requinquer ») : Briller. D’où faire blinquer, « faire briller ». Allez, va jouer, mémé doit  faire blinquer les cuivres ! (nettoyer les objets en cuivre jusqu’à ce qu’ils brillent).

-Bucht (« bught ») : Vieilleries, rebut. Confondu parfois avec « brol ». Ex. : Pourquoi veux-tu absolument garder tout ce bucht qui est dans ton grenier ?

 

C.

 -Caberdouche : Cabaret. Plus généralement, « débit de boissons ». Voir aussi « Stameneï »

-Cafétaria : A Bruxelles, on appelle la cafétéria une « cafétaria ». C’est là une déformation d’origine germanique, thioise.

-Cajoubereir (« cajouberère ») : Quelqu’un qui fouille dans les immondices.

-Carabistouilles : Sottises, bêtises.

-Caricoles : Petits escargots noirs qui se vendent bouillis. Très répandus à Bruxelles jadis. On les nomme aussi « caracoles » (terme d’origine espagnole), mais en burgonsch, on les nommait « rollekes ».

-Cervelas : Grosse saucisse grillée qu’il convient de distinguer de la fricadelle. Le cervelas, qui aurait été inscrit au patrimoine culinaire suisse en 2008, fait aussi intégralement partie du patrimoine culinaire bruxellois. Un refrain, tout empreint d’un double sens que je ne dois pas expliquer au lecteur, fait d’ailleurs référence à un dikke cervelas, tralala ! (un gros cervelas, tralala !). On trouve les cervelas dans les friteries ou baraques à frites, que l’on nomme à Bruxelles « fritures ». Le nom de cervelas viendrait de l’italien cervellata (cerveau), peut-être parce que jadis on y agglomérait différentes sortes de viandes, dont de la cervelle.

-Chuste : Directement  dérivé de « juste », ce terme, en burgonsch, désigne la loi, la justice mais également la vérité, ce qui est vrai :  Chuste est chuste, newo ? (Ce qui est juste est juste, pas vrai ?). La forme complètement francisée « juste est juste » existe également.

-Clacher : Claquer, balancer, bâcler. Ex. : Quant tu penses que j’ai vendu ce tableau très cher, alors que je n’ai fais que clacher de la peinture sur la toile ! En burgosch, klache (« kla-che ») signifie « peindre ». Plus étrangement, on appelle aussi les pauses-cafés, des cafés-claches.

-Clignoteur : A Bruxelles, le clignotant d’une voiture est nommé le « clignoteur ».

-Cloche (au pied) : A Bruxelles, avoir une cloche au pied, ce n’est pas se promener avec une cloche d’église ou de marine accrochée au pied, mais souffrir d’une cloque ou d’une ampoule.

-Chef : Si l’on vous interpelle à Bruxelles, en vous lançant un dis, chef, ce n’est nullement parce qu’on vous a reconnu une autorité particulière, mais tout simplement parce que l’on essaie d’établir avec vous un rapport de proximité. Généralement, cela se dit à quelqu’un que l’on connaît, mais d’aucuns n’hésitent pas en user dans la rue, notamment pour vous vendre une quelconque camelote, ce qui relève de l’impolitesse. Normalement, le chef s’utilise de la même manière que le fieu.

-Contre son goût : Vient du thiois teige z’n goeste (de « tegen », contre ; « zijn », son ; « goest » ; goût) et signifie de mauvais gré. Ex. : Celui-là, on voit bien qu’il vient travailler contre son goût !

 

D.

 -Deftig (« dèft-egh ») : Digne, mais aussi trop bien de sa personne, compassé, se donnant une apparence trop sérieuse. Le sens de ce terme est volontiers ironique. Ex. : Ouïe, ouïe, le voilà qui vient, deftig et tout, dis ; on dirait qu’il va à un mariage !

-Deuvel : Diable. Rappelons qu’une bière blonde, très appréciée à Bruxelles, et dont le volume d’alcool monte à 8,5 %, porte le nom de « Duvel », qu’en France on prononce « duvèle », mais qu’à Bruxelles on prononce plus généralement à la manière thioise, « dûvel ». Et c’est pas pour rien si elle rappelle le nom du maître de toutes les débauches !

-Dikkenek : De « dikke » (=gros) et « nek » (=cou), gros cou. Un prétentieux. Quelqu’un qui se monte du col. Synonyme : un stoeffer.

-Doef (« douf ») : Etouffant, lourd. Se dit généralement d’un climat orageux. Ex. : Il fait vraiment doef aujourd’hui, tu ne trouves pas ? Mais ce terme peut également être utilisé d’une tout autre manière. Ainsi dira-t-on de quelqu’un qui se saoule, qu’il est en train de prendre une doef ou qu’il a pris une doef la veille, qu’il a pris une cuite.

-Dom / Dommerik : En burgonsch, ces termes ont trait au chapeau. Aujourd’hui, ils auraient plutôt respectivement pour signification « sot, stupide, vulg. : con » et « sot, cancre, rustre, empoté ».

-Doppage / Doppe : A Bruxelles, le terme doppage n’a pas forcément la signification qu’on lui connaît habituellement. Si d’ailleurs, le dopage (avec un seul « p »), désigne la prise de produits illicites dans le cadre d’une épreuve sportive, à Bruxelles, le doppage (avec deux « p »), désigne l’activité qui consiste à se rendre au bureau de chômage pour « aller doppe », c’est-à-dire tamponner sa carte, au temps où l’on tamponnait ! Je ne sais si cela se pratique encore comme ça aujourd’hui, mais les termes doppe et doppage ont subsisté.

-Drache (« drach’ ») : Désigne une pluie relativement violente. Ex. : Je crois qu’on va avoir droit à une fameuse drache aujourd’hui ! De là découle le verbe franco-bruxellois dracher. Ex. : Mais qu’est-ce qu’il a pu dracher cette été : il n’y a plus de saison !

 

E.

 -Erm :Pauvre, malheureux. Ma grand-tante utilisait régulièrement cette expression précédée de l’exclamation « och » (« ogh »), och erm ! Ex. : Och erm ! On va quand même pas le laisser partir sous cette pluie ?

-Ettekeis : Voir Hettekeis.

 

F.

 -Fafoule : Un hâbleur, une grande gueule.. Faire le fafoule, c’est « faire le malin ».

-Fieke (« fîî-ke ») : Diminutif féminin que l’on utilise familièrement lorsqu’on s’adresse à une femme, voire à une jeune femme. Le sens de ce terme est semblable à celui du fieu masculin. Ex. : Dis, fieke, et si on allait au cinéma, ce soir ? ; Arrête un peu ton cirque, hein, fieke !

-Fieu : Vieux, mon vieux. Très courant dans le langage bruxellois. On l’utilise en s’adressant familièrement à un homme, à un garçon, mais jamais lorsqu’on s’adresse à une femme ou à une jeune fille que l’on nommera fieke. Ex. : Dis, fieu, t’as pas bientôt fini de faire tout ce chambard ? ; Alleï, fieu, dis ! Puisque je t’ai dit que j’ai fait ça pour rire ! C’était une blague, rien de sérieux ! 

-Flâ/Flâve (« flaa / flaa-ve ») : Se dit d’un être insipide, fâcheux, fade, sans relief, insignifiant, mou. Ex. : Quel flâve peï, celui-là !(Quel mollasson, celui-là !). Mais il existe aussi, je me sens flâ (mou, vide, fatigué).

-Flauskes (« flôs-kes ») : Bêtises, sornettes, fadaises, fantaisies, fictions. Nous utilisons notamment pour cette rubrique un ouvrage de Jean d’Osta, intitulé « Les Flauwskes de Jej Kazak », qui concerne justement les parlers bruxellois !

-Floche : Quand nous étions enfants (dans les années 1970, en ce qui me concerne !), la floche était cette espèce d’étrange serpillère que l’on pendait au-dessus des carrousels des foires et dont il fallait nous emparer pour gagner éventuellement un tour supplémentaire !

-Flotjesbier (« flotchesbier ») : Désigne, généralement avec une certaine condescendance, une bière particulièrement peu goûteuse et très légère.

-Foert (« four-t ») : Zut, flûte, dans le sens « je laisse tomber, je m’en fous, j’en ai marre ». Ex. : Quoi, ils veulent encore qu’on aille à cette réunion ? Foert, hein !

-Fricadelle : Rendue célèbre par le film Bienvenue chez les Cht’is, la saucisse panée nommée « fricadelle », est également bien présente dans le patrimoine culinaire bruxellois. On la trouve dans les baraques à frites qu’à Bruxelles on nomme « friture », où l’on peut aussi consommer des cervelas. Celui-ci est aussi gros que la fricadelle est longue, ceci dit afin d’apprendre à les distinguer.

-Friture : A Bruxelles, ce que l’on nomme ailleurs une « baraque à frites » ou une « friterie », se nomme une « friture ». Ce terme, qui devrait normalement désigner le produit de la friterie, est directement dérivé de la forme thioise frituur. Ceci explique cela.

-Froesjeler (« frouchelé ») : Chipoter, faire des choses étranges, pas claires, voire malhonnêtes. Ex. : Mais qu’est-ce qu’il froesjel encore, celui-là ? Le terme peut avoir un sens commun, désignant, par exemple, le fait de fouiller dans des papiers, mais également avoir un sens plus péjoratif, soit, par exemple, commettre des malversations. Ex. : Ces gens ne veulent se faire élire que pour mieux froesjeler, un point c’est tout ! On l’utilise également pour qualifier, soit quelqu’un qui chipote, soit quelqu’un qui se livre à des activités malhonnêtes voire délictueuses. Ex. : Je sais très bien que ce type est un froesjeler ! Dans ce cas, on ne prononcera pas le terme comme le verbe franco-bruxellois à l’infinitif, mais on dira « frouchelère ». On peut aussi utiliser le terme froesjeler dans le sens de flirter, se faire des papouilles : Mais qu’est-ce qu’ils sont en train de froesjeler dans les buissons, ces deux-là ?

 

G.

 -Gelupe (t’es) : En burgonsch, t’es gelupe (« tès gelu-p(e) ») signifie « c’est d’accord ».

-Godverdoeme (« god-v(f)er-dou-me ») : Maudit soit Dieu, Nom de Dieu (juron). Il existe une version raccourcie : Verdomme ! ou encore Verdoemme !

 

H.

 -Hamelaaik (« aamelaak ») : Hypocrite, sournois.

-Half-en-half : Littéralement « moitié-moitié ». Se dit plus particulièrement composée pour moitié de vin blanc et pour moitié de vin mousseux (ou de champagne, pour ceux qui en ont les moyens !). Chez Véro, à la brasserie Schuman, au rond-point du même nom, voilà des années que je perpétue la tradition bruxelloise de l’half-en-half !

-Hettekeis (« ettekeïs ») : Fromage fort salé de Bruxelles, fait à base de lait écrémé, salé et séché. Certains aiment à le comparer au Herve, dont l’odeur est particulièrement forte, or, la force du Hettekeis réside surtout dans son goût extrêmement salé. Le Hettekeis et le Herve comptent parmi les plus vieux fromages de nos régions. A ne pas confondre avec le Plattekeis.

-Hochepot : (« ho-che-pote ») : Un incroyable mélange, un maelström. Ex. : Ma ça est quoi ça ici tous ces gens ! Ca est un echten (vrai) hochepot ! Et, de fait, le hochepot est également un plat qui comprend de nombreux ingrédients, viandes et légumes.

 

J.

 

-Jan (Faire de son) (« yann ») : Râler, rouspéter, faire des ennuis, vulgairement : faire de sa gueule. Ex. : Dis, arrête un peu de faire de ton Jan !  La forme m’est familière, mais j’aurais tendance à la confondre erronément avec l’expression faire de son stoef qui signifie, elle, « se vanter ».

 

K.

 -Kaker : Défèquer. Ex. : Tu dois de nouveau aller kaker ? Astableef ! Partant de là, vous devinerez avec aisance ce que les termes bekakt par les chiens signifient…

-Kapot (« capote ») : Cassé, foutu, fichu, mort. Ex. : Alleï, tes kapot, fieu ! (Allez, c’est foutu, vieux !).

-Kastar : Costaud, malabar, un as, quelqu’un qui sait y faire, mais aussi quelqu’un de particulier, qui sort de l’ordinaire. Ex. : Eh bien, pour sauter en parachute comme ça, moi je dis qu’il faut être un fameux kastar !

-Kavitje (« kavitche ») : Petite cave. Débit de boissons.

-Ket / Ketje (« ket-che ») : Garçon de Bruxelles, pendant bruxellois du titi parisien. Parmi les ketjes célèbre, on citera, bien évidemment, Woltje (« wolt-che »), la célèbre petite marionnette du Théâtre de Toone ! Un ket, sans le diminutif « je » est également un garçon, mais plus âgé.

-Kip-Kap : Tête pressée (Wallonie), pâté de tête (France). Il s’agit, en définitive, d’un pâté de tête de cochon.

-Klachkop : Un chauve. On dit aussi d’un chauve : Il est complètement klache celui-là !

-Klet (« klète ») : Peut signifier un coup, à l’instar de klache. Ex. : Alleï, klet, c’est tombé par terre ! A la vue d’un objet qui vient de tomber, on dira aussi, klet mariette ! Mais dire de quelqu’un que c’est une klet, c’est dire qu’il est un idiot, un cave, une tache, un écervelé, un sot. Ex. : Espèce de klet !

-Klop : Coup. Ex. : Il a reçu un klop sur sa tête ! Le verbe franco-bruxellois klopper (frapper) est à mettre en rapport avec ce mot. Toutefois, ce verbe peut être utilisé dans un sens bien différent. De fait, il peut également signifier « convenir », « coïncider ». Ex. : Je pense qui si on additionne ce montant à un autre, ça peut klopper (ou cloper).

-Kloej (« clouche ») : Une portion d’un élément liquide. Ex. : Dis, mais moi une fois une kloej de genièvre en plus, astableeft !

-Kluterie / Kluuterâ (« kluuterie » / « kluuteraa ») : Niaiserie, sottise, mauvaise blague, absurdité. Vulgairement et littéralement : une couillonnade.

-Kluutzak : Un sot. Vulgairement et littéralement : un couillon.

-Knabeler (« knabelé ») : Verbe franco-bruxellois qui signifie « mâchonner ». Ex. : Mais qu’est-ce que tu knabel encore ?

-Knul (Autres orthographes : « Kneul » ou « Knël ») : Un garçon. Mais le terme peut aussi prendre une forme péjorative : un immature, vulgairement : un jeune con. Ex. : Il court toujours après cette fille qui se moque de lui ? Allez, dis, quel knul ! A ne pas confondre avec le terme « snul », bien que la forme péjorative de knul s’en rapproche.

-Koechkes (« couchkes ») ou Koech (« couche ») : Coi, silencieux, tranquille. Se tenir koech ou kouchkes. Jean d’Osta précise que koech peut également désigner un coche, une voiture, voire même une moto.  Ex. : Depuis son histoire avec les flics, là, il se tient koechkes, hein ?

-Kochevrâ (ou kosjvrâ ) : Nettoyeuse, femme d’ouvrage (de « koche », nettoyer, et « vrâ », « vrouw » en néerlandais, femme). Ex. : Il paraît que la direction a décidé de faire passer un examen d’huissier à nos kochevrâ. ; Alleï, fieke, on a pas le choix, il faut qu’on koche (« koche-e », ou « coche-e ») !

-Kot : Studio, chambre, endroit où l’on vit, où l’on travaille. Se dit beaucoup des chambres d’étudiant appelées systématiquement « kot » ou « kot étudiant ». Mais l’on peut également dire à quelqu’un qui retourne dans son bureau, dans un contexte professionnel : Dis, si tu retournes dans ton kot, tu peux lui donner ce document en passant ? Ou, à propos d’un studio ou d’un appartement (mais pas d’une maison) : Eh bien, je pense que tu es bien dans ton kot, là, hein ?

-Krollekop : Une tête surmontée de cheveux frisés. Ex. : Hé, t’as vu ce krollekop ? Cette forme m’est toutefois moins familière que la version franco-bruxelloise « crolé ». Ex. : Hé, t’as vu ce crolé ? Dans la même idée, on dira également de quelqu’un de frisé qu’il a des croles / kroles, des « boucles ». Le terme est clairement dérivé de la forme thioise d’origine.

-Krotsje ! (« krotche ») : Terme affectueux utilisé de différentes manières. Il peut désigner une petite amie, mais également être utilisé par un parent vis-à-vis de l’enfant. On peut le rapprocher du terme « chou », en français » : « ma krotsje » apparaît comme un synonyme de « mon chou ». Le terme a d’ailleurs été totalement francisé en « crotte », « ma crotte » n’étant pas une insulte, comme on pourrait peut-être le penser, mais un terme affectueux ! En effet, à Bruxelles, le mot krot peut aussi désigner, la misère, la dèche, le fait d’être dans la m… ! On parlera aussi de « crottes de nez » ou de « crottes de chien », de quoi entretenir l’ambigüité !

-Krum : De travers, courbe, bancal. Nous lui préférons toutefois le terme schief. 

-Kus men kluut ! : De kus (embrasse), men (mes), kluut (parties génitales masculines…).

-Kweebus : Toqué, doux dingue. Peut s’utiliser de manière affectueuse à l’égard d’un enfant, par exemple : Hé, petit kweebus ! Je me souviens de ce terme qu’utilisait parfois affectueusement mon père à mon égard, lorsque j’étais enfant. Sens : Petit fou !

 

L.

 -Là-avec : Avec cela. Pour dire que l’on est familier de quelque chose, on dit que l’on est habitué là-avec. On peut aussi dire, désignant par exemple un parapluie : peut-être qu’il va dracher ; il vaut mieux que tu prennes ça là-avec ! L’usage de cette expression se perd.

-Labbekak : Un mollasson, un incapable, peu viril, trouillard, poltron, peureux, pleutre. Vu que « labbe » a un rapport avec le fait de « faire de la lèche » et que « kake » se rapporte à la matière fécale, nous laissons au lecteur le soin d’établir lui-même la traduction qui lui conviendra le mieux… Ex. : Oï-oï, ça se dit écrivain et ça n’ose même pas traduire une petite insulte bruxelloise dans son papier ! Alleï, dis, quel labbekak ce peï ! 

-Leuigenoet (« luigenoût ») : Un menteur.

-Loempig (« loumpegh ») : En burgonsch, ce terme signifie « lourd ». On utilise plus souvent aujourd’hui la forme « loempe » (« loum-pe ») qui peut désigner quelqu’un de lourd, d’empoté, de peu dégourdi.

-Loerik (« loûrik ») : Un fainéant.

-Loque : Serpillère, plus généralement n’importe quel morceau de tissu utilisé pour le nettoyage (peau de chamois, etc.). On utilise donc une loque humide pour nettoyer le sol. On précisera même, à cette occasion, que l’on utilise une loque à reloqueter, verbe qui désigne justement le fait de nettoyer le sol avec une « loque » humide.

 

M.

 -Maft : Borné, nigaud, fou. Ainsi, en burgonsch, nomme-t-on le carnaval maftendag soit le « jour des fous ». Ex. : M’enfin, il est complètement maft ce type !

-Mankepuut (ou Mangke Puut) : Boiteux.

-Matante : Tante, ma tante. Désignait aussi jadis le Mont de Piété ; « allez chez ma tante » pouvait ainsi désigne le fait d’aller mettre des objets en gage.

-Meï (ou meye, meie) : S’applique plus particulièrement à une femme âgée, plus généralement à une femme adulte, mais normalement pas à une jeune fille. L’équivalent masculin est peï.

-Mènant : Forme contractée du mot « maintenant ». Extrêmement courante à Bruxelles.

-Miche-Mache : Boue. Lorsqu’enfants nous nous ingénions, pour une raison fantaisiste ou l’autre, et que nos parents nous trouvaient, boueux et pataugeant, ils nous lançaient généralement sans aménité : « Mais qu’est-ce que c’est que tout ce miche-mache ? »

-Mijole : Utérus. C’est également le nom d’un jeu populaire qui consiste à jeter des jetons/pièces dans des….trous numérotés.

-Mo : Déformation de « mais ». Ex. : Mo alleï, qu’est-ce que tu fais mènant ? (Mais enfin, que fais-tu maintenant/à présent ?).

-Mooiertoel (« mouyer-toûl ») : Dérive du néerlandais « moedertaal » qui signifie « langue maternelle ».

-Mokke/Mokske : Le terme mokke s’applique plus généralement à une jeune femme (désirable), alors que celui de mokske peut désigner plus précisément une « petite amie », mais la frontières entre les deux termes paraît bien fluctuante. Ex. : Jan m’a présenté sa mokske hier après-midi. La forme argotique de Zele –mosse– serait proche de sa vraisemblable origine espagnole, mozza (servante, jeune fille).

-Mononcle : Oncle, mon oncle. Je me souviens que mon père utilisait parfois se terme pour désigner mon grand-oncle. Sous sa forme thioise on connaît ce terme sous la forme Menoenkel (« menounkel »). Ex. : Dis, faudrait une fois penser à aller rendre visite à Menoenkel Jean, tu crois pas ?

 

N.

 -Newo (« niewô ») : Déformation des mots néerlandais « niet waar » (=pas vrai). Utilisé souvent sous une forme interrogative. Ex. : C’est quand même incroyable ce qui s’est passé hier, newo (pas vrai ?) ?

 

O.

 -Occoje : Occasion.

-Och erme ! : Voir « Erm ».

-Och God en Hiere ! : Ô Dieu et Seigneur ! Exclamation plaintive.

-Onnuuuzel : Niais, innocent.

-Opagemak ! :Signifie à son aise, tranquille, doucement. Vient du néerlandais « op on gemakske ». Les formes françaises « à notre aise », « à son/ton/notre/votre aise », « tout doucement », « y a pas le feu au lac », sont également très courantes. Ex. : Durant le repas de Réveillon, nous allons manger, mais à notre aise ou encore : Bon, il est 23h, on va tout doucement y aller. A Bruxelles, cela ne signifie pas que vous avez tout le temps devant vous, mais qu’au contraire il est temps de vous bouger le train, même si on essaie de vous le dire de la manière la moins rude possible !

-Ouïe-ouïe ! (« ouyouye » ou « oyoye ») : Utilisé une fois –ouïe !- , le terme exprime la douleur, mais dédoublé, il exprime divers états d’esprit qui vont de l’embarras jusqu’à la lassitude, en passant par l’étonnement et l’aveu d’impuissance. Ex. : Ouïe-ouïe, alors là, toi, tu me poses une colle, zenne ! ; ouïe-ouïe, dis, tu vas pas encore nous rabattre les oreilles avec tes histoires !; ouïe-ouïe, là, je sens que ça va aller mal pour toi ! Se dit aussi Oï-oï !

 

P.

 -Paf (Être ou  rester) : Être ou rester stupéfait, coi, sans voix, bouche bée. Ex : Eh bien quand elle m’a dit ça, moi, j’en suis resté paf ! 

-Pape : De la pape n’est d’autre que de la bouillie. Le riz au lait se nommera, par exemple, de la « pape au riz ». Ainsi, nos pieux ancêtres se faisaient ils parfois, jadis, une idée toute simple du paradis céleste : Manger de la pape au riz chez saint Pierre, avec des cuillères en or, voilà ce qu’est l’éternelle félicité ! Authentique témoignage de la simplicité paysanne de naguère, que je m’empresse de conserver ici ! 

-Paroche (« paro-ghe ») : Paroisse. Mais ce terme est utilisé dans un sens particulier, synonyme de débit de boissons (estaminets, caberdouches, etc.). Pour dire qu’il ne faut pas exagérer et faire tous les bars du coin, l’on dira : Bon, on va tout de même éviter de faire toutes les paroche, sinon c’est sûr qu’on va être scheilezat (mort bourré, ivre-mort, complètement noir) !

-Pasjakroet (« pachakrout ») : Un incapable.

-Patteikes (« patteï-kess ») : Petits gâteaux, biscuits.

-Peï (ou peye, peie) : S’applique plus particulièrement à un homme âgé, plus généralement à un homme adulte, mais normalement pas à un jeune homme. Ainsi n’est-il pas rare d’entendre ce qui pourrait paraître une répétition, soit un vieux peï.

-Peperkoek (« pépercouque ») : Pain d’épices. Gâteau. Egalement terme affectueux dont mon père usait lorsque j’étais enfant.

-Pink (Voir) : Voir pink, signifie ne pas avoir les yeux en face des trous. Ex. : M’enfin tu vois tout de même bien que ce mur est peint en jaune et pas en bleu ; tu vois pink ou quoi ?

-Pinnemouche : Bonnet pointu. Peut, s’appliquer à divers types de couvre-chefs mous (casquette, etc…).

-Plattekeis : Fromage blanc que l’on mange étalé sur une tartine et accompagné de radis rouges. A ne pas confondre avec le Hettekeis (voir ce nom).

-Plek : Colle. Ex. : Mais ça plek ce truc ! (Mais ça colle ce truc) ou encore, marchant dans une flaque de boisson sucrée séchée, Ca plek partout ici !  On peut également plekker de partout à cause de la chaleur et de la transpiration !

-Poe (Alan) : A Bruxelles, si vous entamez une conversation à propos de ce célèbre auteur, ne vous étonnez pas d’entendre vos interlocuteurs vous parler d’un certain « Edgard Alan Poû », en lieu et place d’ « Edgard Alan Pô ». Cela vient du fait que le  « oe », en néerlandais, se prononce « ou ». Et cela a influencé la manière dont les francophones de Bruxelles prononce ce nom.

-Poeppers (« pouppers ») : Avoir les « poeppers » signifie « avoir la frousse ». Ex. : Cette fois je peux te dire qu’il a eu les poeppers !

-Potverdekke (« potferdekke » ; à la française : « potferdek ») : Nom d’une pipe ! Peut-être moins connu que le célèbre godverdoeme (« godferdoumme » ; à la française « godferdoum » / « godferdom »), potverdekke n’en n’est pas moins très répandu à Bruxelles. Verdekke, est la forme condensée de potverdekke !

-Proet (« prout ») : Jean d’Osta traduit ce terme par « bavardage », mais il m’est  personnellement connu, depuis mon plus jeune âge, comme désignant…un pet ! Ex. : T’as lâché un prout dans l’ascenseur ! Ca stink (ça pue !) ! On peut aussi l’utiliser dans le sens « zut », « flûte » : Eh bien moi je te dis proet !

-Puuteler (« puutelé ») : Tripoter, peloter. Ex. : Je l’ai encore vu en train de puuteler cette fille, hier soir ! De là vient aussi le qualificatif de puuteleir (« puutelère »), « peloteur ».

 

R.

 -Rammeling : Raclée. Ex. : Maintenant tu vas la recevoir ta rammeling. Synonyme de toefeling.

-Réclame : De la publicité. Ex. : Verdomme, j’ai encore trouvé plein de réclames dans ma boîte aux lettres / Moi, je n’en peux plus avec toute cette réclame à la télévision, qui coupe les films ! Ce terme est surtout en usage chez les anciennes générations.

-Rot (« rott ») : Pourri. Ex. : Il a vraiment une rotte kop ce peï ! (Il a vraiment une tête pourrie ce type, il est vraiment tordu, vicieux).

-Ruses : Problèmes, sujets de discorde, de dispute. Ex. : J’ai encore eu des ruses avec mon patron ! Mais on peut également dire : Il essaie encore de lui faire des ruses, en un mot : de lui chercher misère. De vouloir lui causer des ennuis.

 

S.

 -Salut en de kost ! : La santé et la nourriture ! Il semble qu’il s’agisse là d’un salut que l’on adressait jadis aux voyageurs. Aujourd’hui, cette expression est plutôt utilisée dans le sens « après moi, les mouches ! ». Ex. : Le jour où je gagne à la loterie, je me tire de ce bureau et vous dis à toutes et à à tous, salut en de kost ! ou encore, C’est ça, il est encore parti hier soir en où laissant tout le travail et…salut en de kost !

-Scheil (« skeil ») : Bigleux, qui louche, qui n’a pas les yeux en face des trous. De ce mot dérive celui de scheilzat (ivre au point de voir double, de loucher, complètement bourré).

-Schief (« skief ») : De travers, tordu. De ce terme vient notamment le sobriquet que les Marolliens expropriés avaient donné en sont à l’architecte Poelaert, qui réalisa notamment l’éléphantesque palais de justice de Bruxelles : Schieven architek’ (« l’architecte de travers »). Une autre insulte bruxelloise découle du même mot : Schieve lavabo (intraduisible).

-Schuun : Beau, joli. Ex. : Alleï, eh ben ça c’est schuun, tiens !

-Seulement : « Seulement », utilisé en fin de phrase, signifie « ne vous gênez pas », « allez-y franchement ». Ex. : « Tiens, prends cette chaise et assieds-toi seulement, moi je resterai debout » / « Tu veux encore un morceau de gâteau ! Mais prends seulement, n’hésite pas ! »

-Slaches : Pantoufles, savates, plus généralement, chaussures. Ex. : Dis, t’as déjà vu dans quel état sont tes slaches ?

-Slaptitude : Faiblesse. Ex. : Awel aujourd’hui, j’ai comme une petite slaptitude, tiens !

-Slum, slummerik : Malin, habile, retors.

-Sluur : Une brave femme à plaindre.  Peut aussi être utilisé péjorativement : une pauvre idiote. Une femme laide, pauvre, sale.

-Smeirlap (« sméérlop ») : Saligaud, cochon, ordure.

-Smochterer (« smochteré » ou « schmochteré ») : Verbe franco-bruxellois qui vient du thiois « smochteren », qui signifie manger entre les repas, manger salement ou encore se goinfrer de sucreries. Un mangeur de friandises se dit donc un smochtereer (« smochterère »). 

-Snottebelle (« snotebèl ») : Des crottes de nez, de la morve. Ce terme est pour moi largement lié à l’univers scolaire. En cours de récréation, nous utilisions ce terme couramment ! Ex. : Tu as des snottebelle ! Nous utilisions généralement en début d’exclamation l’onomatopée bèèk, bèèke, bèèkes, pour exprimer notre dégoût. Ex. : Bèèke, tu as des snottebelle !

-Snotneus : Un morveux. De snot (morve) et neus (nez).

-Snul : Un idiot, un imbécile, un niais. Ex. : Celui-là ? Mais ça c’est une fois un snul, tiens !

-Splitser (« splitsé ») : Diviser, scinder, séparer. Ex. : On se demande s’ils vont finalement le splitser ce fameux arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde ; mais aussi : Bon, je crois qu’ils vont finalement provoquer le splitsing de la Belgique !

-Sproeit (« sprouït ») : Jet (d’eau). En dérive le verbe franco-bruxellois sproeiter (« sprouïté » ; jaillir). Ex : Fais attention, cette bouteille d’eau gazeuse a été agitée, si tu l’ouvres trop vite, l’eau va sproeiter !

-Stameneï (“sta-me-neye”) : Un estaminet, un debit de boissons. Voir aussi « Caberdouche ».

-Steif/Staaif (« steïf ») : Raide, guindé. Ex. : Et tu crois que ce soldat va rester steif comme ça, pendant des heures, dans sa guérite ? Astableef ! D’où également, staave nek (litt. : « cou raide »), « torticolis ».

-Stinker (« sting-ké ») : Puer, chlinguer. Ex. : Quest-ce que ça peut stinker ici ! ou encore, Bêke, ça stink (« sting-k ») vraiment fort dans cet ascenseur ! Sûrement un qui a lâché un proet (« prout ») !D’où aussi le terme stinkedekeis, « fromage puant ».

-Stoeffer («stouf-er ») : Un vantard, quelqu’un qui aime se mettre en avant. Ex. : Ca c’est un vrai stoeffer tu sais ! De là vient aussi l’expression, faire de son stoef (« stouf ») !, action de se vanter, d’en remettre une couche. Ex. : Ca y est, il est encore en train de faire de son stoef ! Le féminin de stoeffer est stoefesse.

-Stoemelings (« stoumelinks ») : En cachette, derrière le dos. Ex. : T’as encore été faire ça en stoemelings toi, hein ?

-Stoemerik (« stou-me-rik ») : Idiot.

-Stoemper (“stoumm-pé”) : Pousser, écraser. Ex. : Pour rentrer dans ce métro, moi je te dis qu’il va falloir stoemper, zenne ! On rapprochera de ce verbe le nom d’un célèbre plat régional : le stoemp. Il s’agit d’une purée de pommes de terre et de légumes, mélangés et mixés. Et avant l’invention de l’électroménager, il est évident que pour bien mélanger les pommes de terre et les légumes, il fallait, à l’aide de l’ustensile de cuisine adéquat, stoemper (écraser) le tout avec vigueur !

-Straf : Si Jean d’Osta traduit par « fort, malabar », j’aurais tendance à entendre par ce mot « grave, fort de café. Ex. : Tu te rends compte que cet automobiliste a renversé cette personne et ne s’est même pas arrêté ? Da dès straf, zenne ! Le « da dès » est une déformation du néerlandais « dat is », « cela est », qui peut parfois devenir, en bruxellois francisé, « ça est ». Ex. : Ca est grave, quand même !

-Stroet (« stroûût ») : Rue, directement dérivé du mot néerlandais « straat ». On connaît aussi le diminutif strotje (« petite rue »).

-Stuk : Morceau. Egalement stukske, « petit morceau ». Ex. : Bon, allez, je vais me laisser faire et prendre un morceau de ton gâteau, mais juste n’stukske (un petit morceau), hein, parce que je suis au régime !

-Stuut : Coup, exploit, plus généralement, un événement extraordinaire ou invraisemblable. Ex. : Eh bien, je vais te dire : il lui est encore arrivé à stuut à celui-là ! En français on dirait plus volontiers : Il lui encore arrivé un truc (bizarre) à celui-là !

-Sukkeleir (« sukkelère ») : Terme qui traduit un apitoiement volontiers condescendant, voire méprisant. Un sukkeleir est un pauvre type, un malheureux, quelqu’un qui n’a pas de veine, on dirait aujourd’hui, un « perdant ». Le féminin de sukkeleir est sukkeleis (« sukke-laisse »).

-Stukkske (« stuk-ske »): Petit morceau. Ce terme peut s’appliquer à peu près à tout ce qui peut se diviser, un territoire, un gâteau, etc. Ex. : Tu veux encore un morceau de gâteau ? Oui, mais alors rien quun stukkske : je suis au régime ! ; Ils ont complètement refait le parc, fieu, et ils lon divisé en trois stukkskes (on prononce alors le « s » final) comme ça ! Ca est tout de même incroyable !

 

T.

 -Tenè, tenè ! (« tenet, tenet ») : Tiens, tiens ! Sens : « ça c’est bizarre » ! Ex. : Et tu as retrouvé ce collier volé comme ça, par hasard, dans ton tiroir ? Tenè, tenè, tenè !

-Tich : Désigne le pénis, mais peut constituer également un surnom mi-affectueux, mi-moqueur à l’égard d’une personne. Diminutif : tichke.

-Toefeling (« toufeling ») : Une raclée. Ex. : Toi, tu vas te ramasser une toefeling ! Synonyme : une rammeling.

-Tof : Bien, beau, sympathique, chouette. On peut le dire d’une situation ou d’une personne. Ex. : Eh bien ça c’est tof !, mais aussi, Eh bien ça c’est une fois un toffe peï, tiens ! (le tof d’origine est ici accordé) : Eh bien ça c’est une fois un chouette type, tiens ! Le terme tof vient vraisemblablement de l’expression juive mazel-tov.

-Tomber de son sus : Tombé évanoui, mais, plus généralement, dans le langage courant, être stupéfait, rester baba, ne pas en revenir. Ex. : Ca lui a fait un tel choc qu’il en est tombé de son sus !

-Totteleir  (« tottelère ») : Un bègue, quelqu’un qui s’embrouille dans son discours, qui se répète. On en a également fait un verbe (infinitif) franco-bruxellois, soit totteler : Hé, arrête un peu de totteler, fieu ! Ainsi désignera-t-on également le bégaiement ou l’embrouillement de langage, du tottelage.

-Trekt a plan ! : Littéralement : tire ton plan ! Très fréquemment utilisé sous sa forme française. Signifie, débrouille-toi ! Mais dans sa version française, tire son plan veut également signifier « se débrouiller ». Ex. : Oué, toi tu tires toujours ton plan pour rencontrer la jeune fille du troisième étage, en stoemelings, ça j’ai déjà vu aussi !

-Trut : Se disait semble-t-il, à l’origine, d’une femme laide (D’Osta) mais cela se dit, plus généralement, d’une idiote, d’une sotte.

 

V.

 -Verdomme/Verdoemme (« verdom-me », « verdoum-me ») : Voir Godverdoeme.

-Vlan ! : Onomatopée que l’on peut comparer à paf ! Ex. : Allez, vlan, la voilà encore montée sur ses grands chevaux ! Le Vlan est aussi le nom d’un journal gratuit de petites annonces.

-Vogelpik : Désigne le jeu de fléchettes. Mais au sens figuré, cela peut aussi signifier « hasard ». Ex. : Ils ont choisi ce type pour ce poste au vogelpik ou comme au vogelpik, ou encore : La loterie ? Ca est du vogelpik !

-Volle gaz / Volle speed / Volle petrol :  (« vol-le-gaz / vol-le-spiid / vol-le-pètrol ») : Vite, aller vite, plus vite que ça, et que ça saute. Ex. : La voiture a traversé le boulevard, et je peux vous dire qu’elle allait volle gaz ! ; Le chat ? Il est passé, là, volle speed, devant mes pieds, à la poursuite d’une souris ! ; Bon, d’accord, vous allez me changer cette voiture de place, et volle petrol !

 

W.

 -Wageler (« wagueler ») : Tituber, branler. Ex. : Quand tu deviens vieux, tu vois ça à tes dents qui commencent à wageler. / Regarde un peu ce peï qui sort du stameneï, comme il wagel ! (parce qu’il est saoul, zat).

-Wéék-End : A Bruxelles, on ne dit pas « wiik-end », comme l’exige une prononciation à l’anglo-saxonne, mais « wéék-end ». Cela vient du fait qu’en néerlandais, on prononce le mot « week » (semaine), non point « wiik », mais « wéék ». 

 

Y.

 -Yenda ! : Oui-da ! Eh bien ça alors !

 

Z.

 -Zat : Ivre, soûl. De ce terme en dérivent d’autres tels que zatlap (« ivrogne », lap, en burgonsch, signifie « langue ») et  scheilezat (« skeïle-zat », complètement bourré, noir). Une variante encore : kriminijlzat, ivre à un point « criminel », complètement défoncé !

-Zelle/Zenne (« zel-le », « zen-ne ») : Hein ! Sais-tu ! Tu sais ! Ex. : Oué mais celui-là c’est sacré zievereir, zenne ! 

-Zinne (« zin ») : Saute d’humeur, folie passagère. Avoir une zinne.

-Zinneke : Désigne à l’origine un chien bâtard. A servi ensuite à désigner quelqu’un qui est le résultat de plusieurs cultures ; le Bruxellois étant réputé être le fruit d’un mélange de cultures thioise et française, fut donc nommé « zinneke » (alors que le surnom traditionnel des Bruxellois est « kiekfretters », soit « mangeurs de poulet »), mais il s’agit là d’une déviance linguistique que l’on a ensuite généralisé, notamment dans le contexte multiculturel. Mais il y a plus étonnant : en burgonsch (argot bruxellois), le terme zinneke désignait en fait, un lapin.

-Zivereir / Zieverer / Ziever (« zieverère » / « zieveré » / « ziever ») : Un radoteur, quelqu’un qui raconte des sottises. De ce terme dérive le verbe (inifnitif)  franco-bruxellois zieverer (radoter, dire des bêtises). Ex. : Quel zievereir ce type ! ou Qu’est-ce qu’il peut zieverer ! ou encore, Dis, fieu, là tu ziever sérieusement, hein ! Citons aussi : Quel ziever ! (Quel radotage !)ou Mais c’est du ziever tout ça ! (Mais c’est des histoires tout ça, des sottises, du radotage, bref, des choses fausses ou/et sans intérêt). De là découle également le terme zieverderaa (« sottises »). Ex. : Mais puisqu’on te dit que ce sont des zieverderaa tout ça !

-Zot : Fou, maboul, dingue. Ex. : Mais il est complètement zot celui-là !

-Zuur smoel (« zuur smowl ») : Litt. « figure de vinaigre ». Visage antipathique, tirer la tête, faire vilaine figure. Ainsi, littéralement, l’on dira aussi, pour dire de quelqu’un qu’il a l’air fâché, de mauvaise humeur, etc. : « Il en tire une figure, celui-là ! » De là aussi, par exemple, « j’en ai marre de voir sa figure, à celle-là ! ».

-Zwaagt ! (« zwaaght ») : Tais-toi ! Vulgairement : ta gueule !

-Zwanze : Blague, coup tordu, fête. On utilise le terme de différente manière, soit, par exemple, c’est une zwanze ou c’est typiquement de la zwanze. Le terme est difficilement traduisible. Disons que la zwanze est une forme d’humour typiquement bruxelloise, parfois drôle, mais aussi parfois un peu lourde lorsqu’elle est répétitive, et pas toujours de bon goût.

Eric TIMMERMANS
Sources : Glossaire d’argot bruxellois (Burgonsch), Paul Hermant, Le Folklore brabançon n°73-74 – 13e année (1933-1934), p. 53-92 / Histoire d’Ixelles, André Gonthier, Imprimerie H. De Smedt, 1960, p. 205-206 /  Les « Flauwskes » de Jef Kazak, Jean d’Osta, La Belgothèque – Paul Legrain, 1983.

Pollepel

« POLLEPEL« 

Documents de Jef Slagmulder

Numériser0008

Photo n° 1

Pollepel 10

Photo n° 2

Pollepel 20

Photo n° 3

Numériser0006

Photo n° 4

Ci-dessous un petit plan pour vous aider à situer l’endroit du « Pollepel »

Plan du Pollepel

Point rouge : « Pollepel »
Point bleu : Eglise de la Madeleine, située.. rue de la Madeleine. hei ma vast ?

Plan 2 Pollepel

Photo n° 5 – vue aérienne +/- 1922
A l’avant plan « Sainte Gudule »

Point vert  » Le Mont des Arts »
Point rouge « Espace du Pollepel »
Point bleu  » Nicky, a décrit chez Sofie l’histoire du pont »

Une étoile est Née

Une étoile est Née

Acte de naissance - Un grand Merci à Jef

 La maman et le papa de Jef.

Ci-dessus, Catherine SLAGMULDER, et son époux.

géants
Photo 1

Géants2
Photo 2

De bende méconnaissable
Photo 3

 

A1 Marion
A2 Isabelle
B1 Rolle
B2 Kwibe-Kwibus
B3 Dorotijke
B4 Georges

 

rue Haute - merci Jef
Photo 4 – rue Haute

 Grand-Place - Merci Jef
Photo  5 – Grand-Place

rue Haute - chapeau Buse - merci Jef
Photo 6 – rue Haute

rue Haute - Michiels
Photo 7 – rue Haute

Meublia
Photo 8

Calèche - merci Jef
Photo 9

 

Un Lange - photo de Jef
Photo 10

 

Devant Jacqmotte
Photo 11
A 3 « Jef Bourgeois » entre les parents de Jef

 

Grand Place bis
Photo 12

M. DEMARET - photo Jef
Photo 14

Noir & blanc - photo Jeff
Photo 15

 

Au centre la papa de Jef à droite sa maman
Photo 16

 

 

demaret 1
Photo 17

Demaret 2
Photo 18

 

Strip - pppppphoto de Jef
Photo 19

 

Groupe au photo merci Jef
Photo 20

 

Au phare
Photo 21

 

Groupe de Gens sur la rue
Photo 22

Le papa , la maman de Jef
Photo 23

Les plus grands, sont les plus petits
Photo 24

M. Demaret, la maman de Jef
Photo 25

Meublia
Photo 26

La Maman de Jef
Photo 27

Les parents de Jefvandevossestrout
Photo 28

Nous avons commencé à visionner les photos des fêtes Bruegélienne, avec une photo des parents de Jefvandefossestrout et j’ai tenu  à ce que la dernière photo, les représente encore une fois.

Je suis persuadé que la vision de ces photos vous feront autant plaisir qu’à nous. Je termine pour dire que l’article paru dans le « Brol » le bulletin des amis du Vieux Marché de septembre-octobre 2007, nous a fort ému.
francine et Pierrot

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Vous pouvez vous faire une idée sur ces fêtes, ainsi que la chronologie de ces événements. Vous y trouverez aussi l’acte de naissance de « Dorotijke » détenu par ma mère qui est la marraine du géant. Ma maman étant sa petite fille.

Jefvandevossestrout

 

 

Brol journal

Rue Blaes

 

Blaes

Michel Auguste BLAES
échevin des travaux publics.
Né  à Bruxelles en 1809.

L’historien Louis Heymans a décrit M. BLAES, comme un homme grand, mince et moche, des manières brusques, mais au fond excellent, plein d’aménité, et travailleur infatigable; on le trouvait, à toute heure du jour et de la nuit, assis devant son bureau, dans un modeste appartement qu’il occupait dans la rue de la Madeleine.

Monsieur Eugène BOCHART.*
Cette nouvelle voie qui vient d’être décrétée par arrêté du 4 juillet 1857, commencera place de la Chapelle, et ira aboutir au Boulevard du Midi.
La mort récente de M. l’échevin BLAES, a fait abandonner un premier nom : rue de la Chapelle, pour prendre celui de monsieur BLAES.  * Source : Dictionnaire Historique des rues, places de Bruxelles.

Si l’on examine un plan de Bruxelles du début du XIXème siècle, on voie nulle trace de la rue Blaes.

Entre la rue Haute et la rue des Tanneurs, il n’y avait que champ et petites rues pauvres, étroites et malsaines. Vous l’avez compris, il fallait absolument démolir les taudis pour assainir le « quartier des Capucins ».

Le tracé  de la rue sera rectiligne, large et longue  d’un kilomètre, entre l’église de la Chapelle  et le boulevard extérieure et parallèle à l’antique rue Haute, qui était la seule rue convenable de tout ce vaste quartier sis entre les Minimes et la rue de Terre-Neuve.

 

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Photo n° 1

Représentant le début de la rue côté gauche avec le dos tourné à la Porte de Hal — on n’aperçoit malheureusement pas le coin de la rue occupé actuellement par le café « Au VOLLE POT » tenu à l’époque par « FRANCOIS »… qui avait émigré dans les années 70 de la rue des Radis (coin Vieux Marché).

On remarquera aussi le magasin/atelier « KOHNE » qui vendait et fabriquait des sommiers avec/sans ressort sur MESURE.

A gauche la rue c’est un tronçon de la rue du Remblai.
Au coin (volet/marquise) j’ai connu ce magasin qui a vendu des montres pendant de très longues années..
A côté on lit une enseigne « LUSTRERIE BLAES »… la rue était reconnue pour le nombre de ses magasins de papiers-peints ET de modèles de lustre..
Vers 1975 le patron de la « LUSTRERIE BLAES » s’est mis à investir massivement dans la reprise de plusieurs commerces destinés à vendre des lustres, des lustres… Il a repris plusieurs magasins et et et la vente des lustres n’a cessé de… DECLINER because la mode est passée au S.P.O.T, hei ma vast ?

Souvenirs, souvenirs, Gilbert Delepeleere.

 

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Photo n° 2

Tronçon rue du Remblai/rue Pieremans (au fond la Porte de Hal) – particulièrement sinistrée…

Le magasin « PALAIS du PANTALON » a connu un très vif succès dans les années 60 surtout pour sa spécialité « pantalon en tissus BEDFORD). Cette famille avait un autre magasin « BOY » rue Haute (je sais, NELLY…).

Je me souviens aussi de la fille du patron… assez arrogante… ai par hasard subit son entrée dans le magasin en tenue COMPLETE DE…CAVALIERE…euh bombe, culotte élargie, bottes…et et et cravache… mais pas de cheval… bref straf !!!

Encore une bonne boulangerie/pâtisserie, une quincaillerie (« ZWAIT GAT ») – un magasin de fourrure (une fille de « DOLF » le boucher a épousé un des fils… mariage qui a fait beaucoup de vagues… à l’époque) – un magasin d’articles/outils de peinture – chaussures « ANTOINE » etc, etc, etc,..

Evidement au fil des années, TOUS ces commerces ont changés … nai… mais mais certainement PAS EVOLUES (regardez la photo !!!) hei ma vast ?

Souvenirs, souvenirs, Gilbert Delepeleere.

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Photo 3

Tronçon gauche (vers Porte de Hal) rue Pieremans/rue du Remblai.
Au coin « Pieremans) j’ai connu pendant de très longues années (50) un magasin de meubles avec enseigne « VANBA) – Plus loin la triperie, vente évidement de kalfskop (tête de veau) – schoepekop (tête de mouton) – zuum (peau de vache) absolument SANS aucun goût T.R.E.S bon marché, bref ça c’était un stuut de grande misère à avaler… – rognons – pis de vache… avec du sel… j’aimais mais pas trop… Suis rarement rentré.

Plus loin le cinéma RAF – très facile pour resquiller… Endéans les années 50 il y avait souvent à l’entrée devant les escaliers…des décors extérieurs en carton ou triplex représentant le thème du film projeté, par ex : des décors de « jungle » pour un film « JIM LA JUNGLE » — de « guerre » soit une boule de fils barbelés des sacs de sable, des casques, un G.I. fusil, en carton c’était du marketing simple mais efficace… En ville, le cinéma « VICTORY » faisait aussi cela…

Une bijouterie, un magasin de chaussures orthopédiques, d’autres.. — Plus loin un grand magasin : «RENOVEX » qui a eu son heure de prospérité.. surtout au début.. me souviens TRES BIEN d’un brave homme assez âgé avec un.. pied bot qui … surveillait (très bien..) les éventuels (petits) voleurs…

Magasin de salon/meuble. Encore une boucherie « BIJ DEN DOOÏM » qui était à ..4 pour servir le week-end… lorsqu’il y avait une braderie c’était la folie…
Un magasin de spiritueux – un chemisier etc, – arrivé au coin de la rue du Remblai c’était un magasin de pantoufles (slachewinkel) aaah les « charentaises

Souvenirs, souvenirs, Gilbert Delepeleere.

 

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Photo n° 4

La plus intéressante pour moi.

Tronçon entre la rue de la Rasière et de la rue Pieremans.
Aucun magasin de lustre ni de papier-peint sur ce tronçon … Tous les magasins ont la même surface car faisant partie de la Cité Hellemans (blocs).

Années 50 (surtout) et 60 le 1er tiers (en partant du fond) du tronçon était noir de monde de monde le week-end, en été on ne savait pas circuler librement .. sur le trottoir… pourquoi… ? J’explique.. .

Au début (coin au fond de la photo) il y avait un marchand de vélo. Bon. MAIS à côté le week-end UNIQUEMENT il y avait vente de … boîtes de… cigares… la vente était assurée par TROIS vendeurs/bonimenteurs (cigares aux lèvres oblige) qui vendaient donc UNIQUEMENT du cigare… j’adorais les écouter. Toujours fermé en semaine.

Plus loin aaaaaah là il y avait 3… OU 4… étalages de… bouquinistes TRES TRES reconnus et principalement le 1er étalage qui était tenu par, Madame DEHAENE âgée à l’époque d’une bonne soixantaine d’années que j’ai TRES TRES bien connue. J’explique.

A la maison nous lisions (étions 5) TOU(TE)S énormément TOUS TOUS les genres de lecture, BD, classique, roman, biographie, histoire, policier, etc, etc, etc… TOUT TOUT pour TOU(TE)S…
Mon frère était client assidu (moi j’étais trop jeune) et, Madame DEHAENE, avait demandé à mon frère de l’aider à sortir et à rentrer son étalage et et et aussi de l’aider en semaine à classer, recoller, ses publications, livres, etc, etc, etc,

Vers 1952 (j’avais 10 ans) j’ai pu rejoindre mon frère pour l’assister à redonner une nouvelle jeunesse aux livres – ceci UNIQUEMENT les jours… de pluie car avec la drache mes jeux de rue (foot, etc) étaient reportés…
Comme il.. drachait souvent…Madame DEHAENE m’a BEAUCOUP appris sur la littérature classique, ENORMEMENT, elle connaissait TOUS les auteurs, leurs œuvres, leurs vies, c’était (pour moi) vraiment passionnant (je n’ai jamais su/retenu quelle était son activité antérieure lorsqu’elle était plus jeune… enseignante ? ) car elle parlait un « français » châtié, maniant les conjugaisons avec aisance, et et et quelle érudition générale… distillée pour moi seul.. avec une impeccable pédagogie…

Cela a duré quelques années puis, elle a fermé boutique à cause de son grand âge, la clientèle avait changé, la vie aussi (voitures, SURTOUT la télé, les vacances, la modernité (sic), les jeunes lisaient moins, etc, etc, etc). Game over.

Souvenirs, souvenirs, Gilbert Delepeleere.

 

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LA MAROLLES

La Marolles et ses rues décrites par les habitants du quartier.

Bonjour les ami(e)s.

Je reviens sur le sujet « casse bonbon » du nombre des rues, du quartier de la Marolles et pas « des Marolles »

Pour cela, je demande aux Marolliens et Marolliennes né(e)s dans les années 30 et les décennies suivantes de faire un effort de mémoire.

Lors des « Marolles Kermis des années 50 etc », les rues du quartier et rien que les rues de votre quartier, étaient pavoisées de jolies décorations, petites lampes et drapeaux étaient suspendus en travers des rues et aux façades des maisons.

Affiche

Merci à Nelly Lallemand pour le document.

Cela devait se faire, je pense avec l’autorisation de la ville de Bruxelles, car j’avais un oncle par alliance qui habitait le centre-ville qui avec d’autres, était chargé du travail. ( à vérifier aux AVB)

Pour l’anecdote, c’est alors qu’il effectuait le travail qu’il connut sa future épouse.
Allez les anciens et anciennes de la Marolles et pour le fun (pas de dispute), faites un effort de mémoire et faites nous connaître enfin les noms des rues pavoisées lors d’une Marolles Kermis

– rue de la Prévoyance.
– rue Montserrat.
– rue des Prêtres.
– rue aux Laines.
– rue du Faucon.
– rue de l’Abricotier.
– rue des Minimes.
– rue Evers.
– rue de Wynants.

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La rue de la Prévoyance.

Ex. rue Neuve du Pachéco, un arrêté du 30 juillet 1841 décidait que le prolongement de la rue de Pachéco, près du boulevard de Waterloo, et la rue  et la rue  dans toute la longueur, porterait le nom de rue du nouveau Pachéco. Un autre arrêté du 17 juin 1854 décide que la rue du Nouveau Pachéco porterai à l’avenir le nom  rue Neuve de Pachéco. Source : Eugène BOCHART.

Un jour de juillet 1899, après de fortes pluies un effondrement extraordinaire survint dans la rue de la Prévoyance. On s’aperçut rapidement qu’on était là sur des remblais recouvrant l’ancien cimetière des Marolles.  Remblais emportées comme un torrent, occasionnant un spectaculaire effondrement sur les trois quarts de la largeur de la rue et ce devant les n°7 et 9. « Les embranchements des eaux et du gaz ont été emportés par le flot » . Avec menace d’écroulement des maisons voisines. Ce dut bien être le dernier écho du cimetière. Source: Jacques DUBREUCQ.

Merci à madame Annie Dewilde,  madame Nathalie De Boeck (Ninie), madame Mo Maes, madame Jeannine Desmet, madame Francine Köhne.

 

Bruxelles

Bruxelles

LES BASSINS DANS LE CENTRE DE LA VILLE

 

 

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Extrait du plan de W.B. Craan 1837
CLIC SUR L’IMAGE

 

 

 

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CLIC SUR L’IMAGE

Les Bassins à vol d’oiseau

  

 

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Quai au Foin

 

Les barques représentées ci-dessus sont à l’ancre, en attendant de reprendre le chemin de la Zélande.
Le déchargement des moules se faisait au bassin Sainte-Catherine, mais il fallut trouver un autre lieu de déchargement dès que fut prise la décision de construire une nouvelle église sur le bassin comblé.

 

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Le bassin de Sainte Catherine

 

Le déssinateur se trouvait Place de la Grue, à gauche l’église Sainte Catherine et dans le fond, la rue de Flandre.

 

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Le pont des Barques

Dans le fond de l’image, la flèche de l’hôtel de ville de Bruxelles.
La nouvelle église Sainte Catherine n’est pas encore construite, ce qui permet de dater la photo
d’avant 1854. A droite l’Auberge du Cheval Marin. Ce serait au pied de cette maison que l’aieul
de  Guillaume Kekenbosch aurait été trouvé.

 

 

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Le Marché aux Porcs photo vers 1860 d’Edmond Fierlants.

Au fond, la pharmacie Van Damme, installée à front de la rue de Flandre qui à cet endroit, reçoit la rue du Rempart-des-Moines – G. ABEELS

    

 

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Le quai aux Briques

 

1908, le photographe a installé son trépied dos au  marché aux Poissons, dans le fond de l’image le pont des Barques. A gauche, à la hauteur des deux bonshommes, l’entrée de la rue du Pays-de-Liège.

 

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Construction du Marché aux Poissons

A gauche un estaminet et un marchand de sabot.

 

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La situation en 1908. Au bout du bassin des Marchands, le marché aux Poissons, derrière la nouvelle église Sainte Catherine. La haute maison blanche à droite du marché, le coin de la rue du Nom-de-Jésus.

  

 

 

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Intérieur du Marché aux Poissons. Cela devait pas toujours être agréable pour la vente
en plein Air !

 

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Le Bassin des Barques

Vue du bassin en direction de l’entrepôt. A droite le quai de la Houille, en face, le quai au Bois de construction, quelques maison sont encore debout de nos jours

 

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Quai au Bois de construction

 

Ci-dessous, une photo des années 1970, le « bloc » à pris la place de la maison à pignons.

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Photo de Pierrot Heymbeeck

 

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Photo Pierrot Heymbeeck, Le gazon et les arbres ont pris la place du « Macadam »
20 Novembre 2010

   

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Le Bassin des Barques

Le bassin vu du quai à la houille. Derrière le panache de fumée blanche on apperçoit la morgue de la rue Saint-André.

 

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Dans le fond de l’ image l’arrière du Théâtre flamand.

 

 

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Vers le milieu du quai aux Pierres de taille, à droite, la grande maison sombre n’est autre
que l’arrière de l’école communale de la rue du Canal.

 

Tsar

LES AVENTURES DE DEUX TSARS RUSSES (*) A BRUXELLES

 
 
 

Pierre le Grand ou le trop-plein impérial (1717).

 

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Pourquoi un buste du tsar Pierre Ier de Russie, dit « le Grand » (1672-1725), est-il, aujourd’hui encore, visible dans les bas-fonds du Parc de Bruxelles ? Tout simplement parce que ce tsar effectua une visite en ces lieux, dans le courant de l’année 1717 et le caractère mouvementé de celle-ci mérite que l’on s’y attarde…
 
Rappelons tout d’abord qu’en 1717 le Palais des Ducs de Brabant n’avait pas encore brûlé (incendie de 1731) et qu’il se dressait à l’endroit où se situent, en gros, aujourd’hui, le Palais royal et la place Royale. Le tsar Pierre Ier y fut accueilli, en toute discrétion, le 14 avril 1717. D’autres sources affirment qu’il fut en fait reçu dans une petite maison dite « de Charles-Quint », sise au coeur du Parc de Bruxelles. Il semble qu’il s’agisse d’une référence à une habitation que Charles-Quint se serait faite construire en son temps, non au coeur du Parc de Bruxelles, assez sauvage à l’époque, mais à l’endroit où se sitait la rue de l’Orangerie. Celle-ci commençait rue Ducale pour finir rue de Louvain.
 
Et voilà ce que nous en dit Eugène Bochart, en 1857 :
 
« Dans cette rue, près de celle de Louvain, était jadis une porte qui donnait accès à l’ancien Parc. Près de là, Charles-Quint fit bâtir une maison solitaire, dont il fit son habitation favorite, et qu’il occupa depuis son abdication, le 6 janvier 1556, jusqu’à son départ pour l’Espagne, qui eut lieu le 7 septembre suivant. Cette habitation était appelée Palais de l’Empereur. On y plaça plus tard l’Orangerie de la Cour; et lorsqu’en 1782 le gouvernement vendit les terrains pour percer la rue actuelle, on conserva à cette nouvelle voie le nom de sa dernière destination. Dans l’angle de la rue se trouve l’entrée publique du Sénat et de la Chambre des représentants. »
 
Quoiqu’il en soit, Pierre le Grand fut reçu en grande pompe et put ainsi goûter aux nombreux vins qui lui furent offerts. Mais voilà, il en but tant et si bien qu’il s’en trouva bientôt légèrement nauséeux… Le tsar entreprit dès lors de prendre l’air et c’est d’un  pas lourd et incertain que le noble invité se dirigea vers une fontaine où il s’arrêta, avant, subitement, de sentir son impérial estomac se retourner au point de provoquer l’expulsion dans l’eau du bassin de la précieuse vinasse jusque là ingurgitée ! (Quiévreux) Nous étions le 16 avril 1717, à 15 heures… Selon d’autres sources (Luytens), Pierre Ier aurait plutôt fait un plongeon dans ledit bassin ! Selon d’autres sources encore (Bochart), l’impérial invité but à cet endroit le vin d’honneur.
 
Trois sources, trois époques, trois versions ! De quoi méditer sur les aléas de la recherche historique !
 
En souvenir de ce grand événement éthylique, le prince Demidoff offrit, en 1854, un buste sur lequel étaient écrits ces quelques mots : « Pierre Alexiowitz de Moscovie, grand-duc, assis au bord de cette fontaine, en ennoblit les eaux par le vin qu’il avait bu, le 16 avril 1717, à trois heures de l’après-dînée. » (Quiévreux)
 
Et voici la traduction qu’en donne Bochart : « Le czar Pierre-le-Grand, grand duc de Moscovie, assis sur les bords de cette fontaine, l’ennoblit par des libations de vin, le 16 avril 1717, à trois heures de l’après-midi. »
 
Si un buste de Pierre le Grand est toujours visible à cet endroit de nos jours, l’inscription, elle, a disparu.
 
D’autres sources encore nous rappellent toutefois que l’inscription faisant référence à l' »ennoblissement des eaux » par l’impérial vin régurgité figurait, en latin, sur la margelle carrée de l’ancienne fontaine Madeleine. Or, celle-ci est décrite comme l’un des personnages les plus allégoriques de l’Alchimie. De plus, l’année 1717, durant laquelle Pierre le Grand se serait enivré à Bruxelles, pourrait faire référence à la fondation officielle de la Franc-Maçonnerie, à Londres, cette même année. Simple supposition reprise par Joël Goffin dans son article « Le Parc de Bruxelles ou le Plan Parfait » ( https://bruges-la-morte.net/wp-content/uploads/Parc-de-Bruxelles-ma%c3%a7onnique.pdf ). Chacun jugera. 
 
Un attentat bonapartiste contre le tsar Alexandre Ier (1818).
 
Waterloo, 18 juin 1815. Wellington paraissait défait et les Grognards de l’Empereur Napoléon Ier marchaient sus à l’ennemi. La victoire française était à portée de main. Mais soudain, les troupes prussiennes de Blücher déferlèrent sur l’armée française, y jetant le désarroi et la déroute. Au cri de « nous sommes trahis ! », les soldats français se replièrent dans le plus grand désordre, les armées coalisées sur les talons. Cette fois, Napoléon Bonaparte était défintivement vaincu et on lui imposa bientôt l’exil de Sainte-Hélène. Il devait s’éteindre sur cette île du bout du monde, le 5 mai 1821, après y avoir vécu près six ans.
 
Néanmoins, certains de ses partisans ne perdirent jamais l’espoir de le rétablir, lui, ou, à tout le moins, son fils, l’Aiglon, sur le trône impérial. Et ils ne manquèrent pas d’ourdir de nombreux complots contre ses ennemis les plus puissants. D’autres, par contre, nourrirent le projet de faire assassiner l’Empereur dans son exil afin de conjurer la menace qu’il pourrait constituer par un nouveau retour en France. Et Bruxelles étant devenu le refuge de nombreux anciens partisans de l’Empire, traqués par la police de la Restauration, fut, à plusieurs reprises, le théâtre choisi par les divers conspirateurs pour fomenter leurs complots. Ainsi, en 1818, essaya-t-on d’attenter la vie du duc de Wellington, ce qui amena quelques accusés devant la cour d’assises de la Seine…qui les acquitta, faute de preuves, le 14 mai 1819.
 
Mais il se trouve qu’en cette même année 1818, un autre complot bonapartiste fut ourdi à Bruxelles. Cette fois, contre le tsar de Russie, Alexandre Ier.
Durant l’automne 1818, alors que s’achevaient les assises du Congrès d’Aix-la-Chapelle, qui devaient permettre à la France de se voir réintégrée dans le concert des nations européennes et de la débarrasser de l’occupation des armées alliées, s’était répandue à Bruxelle la rumeur de l’arrivée prochaine du tsar Alexandre Ier. Sa mère, veuve du tsar Paul Ier, ne séjournait-elle pas dans notre ville, chez sa fille, la princesse d’Orange ? Ses fils, le tsar Alexandre et le grand-duc Michel, l’y rejoignirent donc naturellement, le 17 novembre 1818. Ils arrivèrent en calèche, suivis de trois voitures à six chevaux. On dit que, descendu chez le marquis d’Assche, près du palais royal, le tsar Alexandre se promena « en bourgeois » dans le parc de Bruxelles et qu’il fut le centre de nombreuses fêtes et de réceptions mondaines.
 
 
Mais au cours du séjour impérial russe, des rumeurs, dont la presse se fit l’écho, circulèrent parmi le bon peuple de Bruxelles. Un « assez grand nombre d’individus, la plupart étrangers » aurait ainsi fait l’objet d’une arrestation. Et le journal L’Oracle d’évoquer « complots » et « attentats ». Le mystère ne commença à voir un début d’éclaircissement qu’après le départ de Bruxelles, du tsar Alexandre, le 21 novembre 1818. On apprit donc bientôt, que, le 3 novembre, les nommés Adolphe Pouillot, dit Lacroix, ancien officier au service de Napoléon Ier, et Louis Buchoz, vinaigrier, s’étaient pérésentés à l’Hôtel de Ville et qu’ils demandèrent avec insistance de s’entretenir avec le bourgmestre Louis de Wellens (1815-1830), afin de lui faire de très graves révélations. M. de Wellens les reçut ainsi, en présence de l’échevin Knijf, chargé de la police.
 
Pouillot et Buchoz affirmèrent qu’à la fin du mois de juillet ou au début du mois d’août, alors que la rumeur d’une prochaine venue du tsar Alexandre dans la ville d’Aix-la-Chapelle s’était répandue, un certain Alexandre Laborde, ancien officier de Napoléon, avait nourrit le projet, avec quelques complices, d’enlever le tsar au cours de son voyage, soit en France, soit aux Pays-Bas (dont Bruxelles faisait partie à cette époque). Leur objectif était de contraindre Alexandre Ier à signer une adresse au peuple français proclamant le roi de Rome -Napoléon II, dit l’Aiglon, fils et héritier de Napoléon Ier et de Marie-Louise- empereur des Français, sous la régence de sa mère, et à mettre fin à l’exil de Napoléon à Sainte-Hélène. Mais loin de passer auparavant en France ou aux Pays-Bas, le tsar Alexandre se rendit directement à Aix-la-Chapelle, ce qui contraria les plans des conspirateurs.
 
Les magistrats bruxellois remercièrent les deux dénonciateurs et les engagèrent comme espions, tout en les encourageant à surveiller les faits et gestes des conjurés, à les tenir informés de leurs activités ultérieures et en les incitant même à jouer le rôle d’agents provocateurs. En outre, une révélation semblable avait été faite au roi des Pays-Bas par le « raugrave » (titre nobiliaire) Philippe de Salm-Salm, qui avait servi dans les armées du roi de France, où, en 1788, il avait été, doté du titre de « Mestre de camp », le chef éphémère du « Royal Liégeois », le dernier régiment étranger levé sous le règne de Louis XVI. A la fin de sa vie, le comte de Salm-Salm devait sombrer dans la démence…
 
Selon l’enquête judiciaire, menée parallèlement, il fut établi que Laborde, l’ancien officier de Napoléon, avait, dans un premier temps, communiqué son projet à un autre Français, Claude-André Piger, ouvrier corroyeur, et l’avait convaincu de se joindre à lui. Le projet d’enlèvement devait, selon Laborde, être d’autant plus aisément couronné de succès que le tsar Alexandre devait voyager sans escorte. Une vingtaine d’hommes suffirait donc amplement pour mener à bien l’opération. Un problème se posait néanmoins, toujours le même : l’argent, le nerf de la guerre ! Or, Laborde gagnait sa vie comme ouvrier chez un certain Vouriot, fabricant de peignes installé à Bruxelles, et il était payé « royalement » un franc par jour. Quant à l’ouvrier Piger, où donc aurait-il pu dénicher la somme nécessaire pour réaliser un tel projet.
 
Les conjurés eurent alors l’idée de s’adresser à un compatriote dénommé Bréard afin qu’il les introduisent auprès de l’archichancelier Cambacérès, exilé à Bruxelles par la Restauration (voir au sujet de cette personnalité, l’article suivant :

http://bruxellesanecdotique.skynetblogs.be/archive/2014/01/25/napoleon.html ),

pour leur permettre d’obtenir de ce dernier la somme de quatre mille francs, une commission de 40 % devant être remise à l’intermédiaire. L’on embrigada également un marchand de vin et sépculateur, Français d’origine, du nom de Xavier Bert. En outre, la conjoncture paraissait bonne : l’opinion publique française, bien peu sympathisante des Bourbons, se plaisait à rêver d’une évasion de l’Empereur de sa prison de Sainte-Hélène et à son retour prochain en France. Les rumeurs les plus fantaisistes circulaient alors à ce sujet, la réunion du Congrès à Aix-la-Chapelle ayant eu pour effet de les amplifier.

 
Dans ces conditions, Laborde et Piger escomptaient bien percevoir l’argent nécessaire à leur projet. Ils décidèrent donc de passer, sans attendre, à l’exécution de celui-ci, se mettant derechef à la recherche d’hommes motivés et soucieux d’y participer activement. On se renseigna aussi sur les itinéraires qui permettraient d’éviter les douaniers et de faire passer en France le tsar Alexandre dès qu’on l’aurait capturé. Laborde et Piger travaillèrent également à l’élaboration d’une proclamation dont ils attribueraient la paternité au tsar et qui réclamerait l’évacuation des armées d’occupation du territoire français et le rétablissement de Napoléon II sur le trône impérial de France, sa mère Marie-Louise d’Autriche, devant être, quant à elle, nommée impératrice et régente. 
 
« Les rôles dans l’exécution de l’attentat furent répartis. La voiture du tsar, qui voyageait avec une faible escorte, serait arrêtée dans un endroit solitaire. Tandis que Piger couperait les traits des chevaux, Laborde présenterait au souverain la proclamation au bas de laquelle il le contraindrait à apposer sa signature. S’il s’y refusait, il serait impitoyablement massacré; s’il y consentait, il serait « fraudé en France » et conduit dans la ci-devant Bourgogne, province que l’on croyait pouvoir indiquer « comme étant plus portée que les autres en faveur de Napoléon. » (Terlinden)
 
Les conjurés -Laborde, Piger, Dierckx et Bert-, désormais infiltrés par les « taupes » Pouillot (dit Lacroix) et Buchoz, se réunirent, sous couvert de jouer au lotto, dans un cabaret tenu par De Noyer. Ce sont les deux « infiltrés, Pouillot et Buchoz, qui firent porter chez Laborde, les armes et la poudre dont on avait besoin, avant de s’occuper avec Bert de réunir les fonds nécessaires. Mais Cambacérès refusa tout net de se commettre dans une telle aventure et les conjurés ne purent récolter que la somme modique de 90 francs…
 
Quant à la quête de volontaires parmi les contrebandiers, qui nécessitait de se mettre en rapport avec un aubergiste du nom de Gondry, elle ne fut pas plus couronnée de succès : le dénommé Gondry, de Boussu, avait changé d’adresse, alors que Piger était arrêté à Mons, le 10 novembre, sur dénonciation du duo Pouillot-Lacroix ! Et tous les conjurés se retrouvèrent bientôt sous les verrous à Bruxelles… Tous, sauf un : l’instigateur du complot Laborde. Celui-ci parvint à passer la frontière et, errant de village en village, arriva finalement à Lille où l’on perd définitivement sa trace, au début du mois de décembre 1818.
 
Quant aux provocateurs Pouillot-Lacroix et Buchoz, ils se trouvèrent également sur le banc des accusés ! De fait, ces deux individus n’avaient dans ce complot irréalisable qu’un moyen peu louable d’exploiter des dupes, en commençant pa rl’échevin chargé de la police, De Knijf. Le Ministère public ne s’y trompa pas. Les deux accusés, déclara-t-il, font valoir une excuse commune : la révélation qu’ils firent le 3 novembre. Mais bien loin d’être une excuse, cette révélation n’a été que l’infâme camouflage sous lequel ils tentèrent de cacher leur participation, sinon leur provocation au crime ! Que voulait Lacroix, sinon rentrer en France et récupérer son grade.
 
Quant à Buchoz, il ne cherchait qu’à assouvir sa soif d’or. Et pour parvenir à leurs fins, ils cherchèrent à manipuler des gens inférieurs à eux en intrigue, des misérables qui eurent la sottise de céder à leurs provocations.
L’échevin de la police De Knijf, pour avoir recouru à des êtres d’une si grande bassesse, devait, bien plus tard, amèrement regretter ses actes : « Ses procédés de policier sans scrupules l’avaient fait détester de tous les Bruxellois et sa maison devait être l’une des premières à être brûlée, le 25 août 1830, dans la nuit d’émeute qui suivit la représentation de la Muette de Portici… » (Terlinden)
 
 
Et le 1er mai 1819, tous les accusés furent jugés coupables « d’avoir, en formant un complot tendant à s’emparer de la personne de S. M. l’empereur de Russie pour le conduire en France afin d’y faciliter par sa présence et par la publication d’une proclamation aux Français un soulèvement contre le gouvernement français, excité dans le royaume des Pays-Bas un désordre contraire à la paix publique. » (Terlinden) Les accusés furent ainsi condamnés à des peines d’emprisonnement d’1 an (Piger et Dierckx), de 3 ans (Bert et Pouillot-Lacroix), à 6 ans, ainsi qu’à deux heures d’exposition, au carcan et à la marque (Buchoz).    
Eric TIMMERMANS.
(*) Certains de nos lecteurs verront peut-être dans la juxtaposition des termes « tsars » et « russes », un affreux pléonasme : il n’en n’est rien. Des tsars ont également régné en Bulgarie et en Serbie. CQFD.
Sources : « Bruxelles, notre capitale », Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951 / « Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles » (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / « Les mystères de Bruxelles », Daniel-Charles Luytens, Noir Dessin Production, 2005 / « Un complot contre le Tzar Alexandre I à Bruxelles en 1818 », Vic Ch. Terlinden, UCL, Louvain, 1946.

Bruxelles Aujourd’Hui.

 

Bruxelles Aujourd’hui
5 novembre 2011

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Photo 1
Photos Pierrot Heymbeeck.

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Photo 2 – novembre 2011

Place de Brouckère
Bruxelles

 

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 Photo 3 – Pierrot Heymbeeck – octobre 2011

Nicky, regarde bien l’image

 

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Restaurant « Le Petit Chou »
Pour faire plaisir à mon Ami !

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Photo 5 – novembre 2011

Rue Fossé aux Loups
Bruxelles

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Photo 6 – novembre 2011

 

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Photo 7 – novembre 2011

 

 

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Photo 8 – novembre 2011

 

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 Photo 9 – novembre 2011

Bruxelles – Boulevard A. Max

La Police II

 

La Police II

 

Paola - Photo Andrée Bolsius

La photo m’a été prêtée par Freddy Hoebeecke, il se trouve à droite avec son casque blanc de motard de la police de Bruxelles.

Pendant que moi et ma classe de l’école Couvreur nous attendions leurs passages devant l’église de la Chapelle, comme le dit Nelly la princesse était vraiment très jolie.


Je ne désespère pas de voir un jour Freddy faire des commentaires lui même mais il tarde à franchir le pas. Ecrit par A. Bolsius

Je crois que c’est au mois de juin en 1959 que le prince Albert a présenté sa fiancée aux bruxellois. Pour l’occasion ils ont parcourus plusieurs rues de Bruxelles, dans cette belle Cadillac décapotable comme sur la photo. C’était les joyeuses entrées peu avant leur mariage. Je me souviens le beau temps était au rendez-vous. La rue Haute était noire de monde. A l’époque nous habitions au deuxième étage aux 191 rues Hautes. Nous étions en première loge pour les voir passer. Nos deux fenêtres étaient grandes ouvertes. Avec mes grands-parents et d’autres membres de la famille nous les avons salués. La réflexion de boma bich « wa schuun maske ». C’est vrai que la princesse Paola était très jolie.

Un beau souvenir. Merci pour la photo. Ecrit par N. Lallemand.

 

 

 

Numériser0003

Parmi les locaux techniques,un atelier était réservé à l’entretien des casques. 
Photos  et texte G. Kekenbosch

 

Numériser0004

 

 

Numériser0005

 

 

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Les Agents de Police éprouvent bien de la peine à contenir la foule  massée devant les magasins de la Bourse au début de la période des soldes.
Photos  et texte G. Kekenbosch

 

AMIGO
 

Une cellule du nouvel Amigo construite  en 1930 rue Marché au Charbon en même temps que le commissariat de police. Il y avait douze cellules individuelles et trois cellules pour femmes et adolescents.
Photos  et texte G. Kekenbosch

 

ANCIEN AMIGO 1931

 

 

 

police 1942

La police veille au bon déroulement de la distribution de vivres aux plus pauvres de nos compatriotes sous l’occupation allemande en 1942.

 

Travaux de réfection et d’entretiens des voies par la société des tramways en avril 1927,carrefour des rue Marché aux Poulets, de la Vierge Noire, des Poissonniers et Sainte Catherine, sous l’œil d’un agent de police. Actuellement de tels travaux en plein cœur de la ville seraient un cauchemar.
Image et texte de G. Kekenbosch