Ommegang 2018

L’Ommegang révèle chaque année des détails insoupçonnés de l’histoire de Bruxelles. Ce cortège impressionnant illustre plusieurs aspects de notre folklore national et séduit par une forme de magie visuelle ainsi que par de nombreuses animations.

Quelque 1400 participants en costumes éblouissants évoquent dans la capitale des Pays-d’en-Bas la présentation de Charles Quint et de son fils, l’infant Philippe (futur Philippe II).

Texte de : http://www.ommegang.be/
Images de :  Pierrot Heymbeeck

VERLAINE ET RIMBAUD

 

 

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La Drapeau de la ville de Bruxelles.

 

 

Ommegang

 

 

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Un couple de Dame.

 

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Deux jeunes filles.

 

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Un beau Sourire.

 

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Un couple sur la Grand Place de Bruxelles.

 

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Statues Bruxelloises

Madame Chapeau.

 

Madame Chapeau
Madame Chapeau

A plusieurs reprises, Tom Frantzen a été contacté par des comités de quartier et par des groupes culturels pour réaliser des sculptures ayant trait au passé culturel de Bruxelles.
Ceci n’est pas un hasard. Tom Frantzen, d’origine bruxelloise, est particulièrement sensible à « la zwanze », qu’il considère comme un humour très particulier où le mélange de langues fait émerger l’absurde et le surréalisme.
Comme cet esprit est « en voie d’extinction », l’artiste a voulu, par le biais des sculptures le rendre « éternel » et le confronter aux générations futures. Pour arriver à une intégration optimale, il a tenu à les sceller à même les trottoirs et à utiliser de vrais éléments de l’environnement tels qu’une taque d’égout, un luminaire, une borne etc…
Source du Texte : internet.

 

 

 

Madame Chapeau

 

Madame Chapeau
Madame Chapeau bien connue des echte Brusseleirs, hélas de en moins nombreux, Madame Chapeau est peut-être plus connue du grand public comme l’héroïne malheureuse de blagues typiquement bruxelloises. Mais d’où vient ce personnage truculent ?
« Je suis trop distinguée pour sortir en cheveux »
De son vrai nom Amélie Van Beneden, Madame Chapeau sort de l’imagination de Joris d’Hanswyck et Paul Van Stalle, auteurs de la pièce de théâtre Bossemans et Coppenolle, œuvre culte du patrimoine culturel bruxellois. Zwanze et truculence caractérisent cette pièce entièrement en bruxellois, dans laquelle apparaît Madame Chapeau (jouée par un homme travesti, dont le regretté Jean Hayet), qui explique mieux que personne d’où lui vient ce surnom : « Je ne m’appelle pas Madame Chapeau, ça est les crapuleux de ma strotje (ruelle en brusseleir) qui m’ont appelée comme ça parce que je suis trop distinguée pour sortir en cheveux ! » 

Rue Blaes

 

Blaes

Michel Auguste BLAES
échevin des travaux publics.
Né  à Bruxelles en 1809.

L’historien Louis Heymans a décrit M. BLAES, comme un homme grand, mince et moche, des manières brusques, mais au fond excellent, plein d’aménité, et travailleur infatigable; on le trouvait, à toute heure du jour et de la nuit, assis devant son bureau, dans un modeste appartement qu’il occupait dans la rue de la Madeleine.

Monsieur Eugène BOCHART.*
Cette nouvelle voie qui vient d’être décrétée par arrêté du 4 juillet 1857, commencera place de la Chapelle, et ira aboutir au Boulevard du Midi.
La mort récente de M. l’échevin BLAES, a fait abandonner un premier nom : rue de la Chapelle, pour prendre celui de monsieur BLAES.  * Source : Dictionnaire Historique des rues, places de Bruxelles.

Si l’on examine un plan de Bruxelles du début du XIXème siècle, on voie nulle trace de la rue Blaes.

Entre la rue Haute et la rue des Tanneurs, il n’y avait que champ et petites rues pauvres, étroites et malsaines. Vous l’avez compris, il fallait absolument démolir les taudis pour assainir le « quartier des Capucins ».

Le tracé  de la rue sera rectiligne, large et longue  d’un kilomètre, entre l’église de la Chapelle  et le boulevard extérieure et parallèle à l’antique rue Haute, qui était la seule rue convenable de tout ce vaste quartier sis entre les Minimes et la rue de Terre-Neuve.

 

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Photo n° 1

Représentant le début de la rue côté gauche avec le dos tourné à la Porte de Hal — on n’aperçoit malheureusement pas le coin de la rue occupé actuellement par le café « Au VOLLE POT » tenu à l’époque par « FRANCOIS »… qui avait émigré dans les années 70 de la rue des Radis (coin Vieux Marché).

On remarquera aussi le magasin/atelier « KOHNE » qui vendait et fabriquait des sommiers avec/sans ressort sur MESURE.

A gauche la rue c’est un tronçon de la rue du Remblai.
Au coin (volet/marquise) j’ai connu ce magasin qui a vendu des montres pendant de très longues années..
A côté on lit une enseigne « LUSTRERIE BLAES »… la rue était reconnue pour le nombre de ses magasins de papiers-peints ET de modèles de lustre..
Vers 1975 le patron de la « LUSTRERIE BLAES » s’est mis à investir massivement dans la reprise de plusieurs commerces destinés à vendre des lustres, des lustres… Il a repris plusieurs magasins et et et la vente des lustres n’a cessé de… DECLINER because la mode est passée au S.P.O.T, hei ma vast ?

Souvenirs, souvenirs, Gilbert Delepeleere.

 

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Photo n° 2

Tronçon rue du Remblai/rue Pieremans (au fond la Porte de Hal) – particulièrement sinistrée…

Le magasin « PALAIS du PANTALON » a connu un très vif succès dans les années 60 surtout pour sa spécialité « pantalon en tissus BEDFORD). Cette famille avait un autre magasin « BOY » rue Haute (je sais, NELLY…).

Je me souviens aussi de la fille du patron… assez arrogante… ai par hasard subit son entrée dans le magasin en tenue COMPLETE DE…CAVALIERE…euh bombe, culotte élargie, bottes…et et et cravache… mais pas de cheval… bref straf !!!

Encore une bonne boulangerie/pâtisserie, une quincaillerie (« ZWAIT GAT ») – un magasin de fourrure (une fille de « DOLF » le boucher a épousé un des fils… mariage qui a fait beaucoup de vagues… à l’époque) – un magasin d’articles/outils de peinture – chaussures « ANTOINE » etc, etc, etc,..

Evidement au fil des années, TOUS ces commerces ont changés … nai… mais mais certainement PAS EVOLUES (regardez la photo !!!) hei ma vast ?

Souvenirs, souvenirs, Gilbert Delepeleere.

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Photo 3

Tronçon gauche (vers Porte de Hal) rue Pieremans/rue du Remblai.
Au coin « Pieremans) j’ai connu pendant de très longues années (50) un magasin de meubles avec enseigne « VANBA) – Plus loin la triperie, vente évidement de kalfskop (tête de veau) – schoepekop (tête de mouton) – zuum (peau de vache) absolument SANS aucun goût T.R.E.S bon marché, bref ça c’était un stuut de grande misère à avaler… – rognons – pis de vache… avec du sel… j’aimais mais pas trop… Suis rarement rentré.

Plus loin le cinéma RAF – très facile pour resquiller… Endéans les années 50 il y avait souvent à l’entrée devant les escaliers…des décors extérieurs en carton ou triplex représentant le thème du film projeté, par ex : des décors de « jungle » pour un film « JIM LA JUNGLE » — de « guerre » soit une boule de fils barbelés des sacs de sable, des casques, un G.I. fusil, en carton c’était du marketing simple mais efficace… En ville, le cinéma « VICTORY » faisait aussi cela…

Une bijouterie, un magasin de chaussures orthopédiques, d’autres.. — Plus loin un grand magasin : «RENOVEX » qui a eu son heure de prospérité.. surtout au début.. me souviens TRES BIEN d’un brave homme assez âgé avec un.. pied bot qui … surveillait (très bien..) les éventuels (petits) voleurs…

Magasin de salon/meuble. Encore une boucherie « BIJ DEN DOOÏM » qui était à ..4 pour servir le week-end… lorsqu’il y avait une braderie c’était la folie…
Un magasin de spiritueux – un chemisier etc, – arrivé au coin de la rue du Remblai c’était un magasin de pantoufles (slachewinkel) aaah les « charentaises

Souvenirs, souvenirs, Gilbert Delepeleere.

 

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Photo n° 4

La plus intéressante pour moi.

Tronçon entre la rue de la Rasière et de la rue Pieremans.
Aucun magasin de lustre ni de papier-peint sur ce tronçon … Tous les magasins ont la même surface car faisant partie de la Cité Hellemans (blocs).

Années 50 (surtout) et 60 le 1er tiers (en partant du fond) du tronçon était noir de monde de monde le week-end, en été on ne savait pas circuler librement .. sur le trottoir… pourquoi… ? J’explique.. .

Au début (coin au fond de la photo) il y avait un marchand de vélo. Bon. MAIS à côté le week-end UNIQUEMENT il y avait vente de … boîtes de… cigares… la vente était assurée par TROIS vendeurs/bonimenteurs (cigares aux lèvres oblige) qui vendaient donc UNIQUEMENT du cigare… j’adorais les écouter. Toujours fermé en semaine.

Plus loin aaaaaah là il y avait 3… OU 4… étalages de… bouquinistes TRES TRES reconnus et principalement le 1er étalage qui était tenu par, Madame DEHAENE âgée à l’époque d’une bonne soixantaine d’années que j’ai TRES TRES bien connue. J’explique.

A la maison nous lisions (étions 5) TOU(TE)S énormément TOUS TOUS les genres de lecture, BD, classique, roman, biographie, histoire, policier, etc, etc, etc… TOUT TOUT pour TOU(TE)S…
Mon frère était client assidu (moi j’étais trop jeune) et, Madame DEHAENE, avait demandé à mon frère de l’aider à sortir et à rentrer son étalage et et et aussi de l’aider en semaine à classer, recoller, ses publications, livres, etc, etc, etc,

Vers 1952 (j’avais 10 ans) j’ai pu rejoindre mon frère pour l’assister à redonner une nouvelle jeunesse aux livres – ceci UNIQUEMENT les jours… de pluie car avec la drache mes jeux de rue (foot, etc) étaient reportés…
Comme il.. drachait souvent…Madame DEHAENE m’a BEAUCOUP appris sur la littérature classique, ENORMEMENT, elle connaissait TOUS les auteurs, leurs œuvres, leurs vies, c’était (pour moi) vraiment passionnant (je n’ai jamais su/retenu quelle était son activité antérieure lorsqu’elle était plus jeune… enseignante ? ) car elle parlait un « français » châtié, maniant les conjugaisons avec aisance, et et et quelle érudition générale… distillée pour moi seul.. avec une impeccable pédagogie…

Cela a duré quelques années puis, elle a fermé boutique à cause de son grand âge, la clientèle avait changé, la vie aussi (voitures, SURTOUT la télé, les vacances, la modernité (sic), les jeunes lisaient moins, etc, etc, etc). Game over.

Souvenirs, souvenirs, Gilbert Delepeleere.

 

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LA MAROLLES

La Marolles et ses rues décrites par les habitants du quartier.

Bonjour les ami(e)s.

Je reviens sur le sujet « casse bonbon » du nombre des rues, du quartier de la Marolles et pas « des Marolles »

Pour cela, je demande aux Marolliens et Marolliennes né(e)s dans les années 30 et les décennies suivantes de faire un effort de mémoire.

Lors des « Marolles Kermis des années 50 etc », les rues du quartier et rien que les rues de votre quartier, étaient pavoisées de jolies décorations, petites lampes et drapeaux étaient suspendus en travers des rues et aux façades des maisons.

Affiche

Merci à Nelly Lallemand pour le document.

Cela devait se faire, je pense avec l’autorisation de la ville de Bruxelles, car j’avais un oncle par alliance qui habitait le centre-ville qui avec d’autres, était chargé du travail. ( à vérifier aux AVB)

Pour l’anecdote, c’est alors qu’il effectuait le travail qu’il connut sa future épouse.
Allez les anciens et anciennes de la Marolles et pour le fun (pas de dispute), faites un effort de mémoire et faites nous connaître enfin les noms des rues pavoisées lors d’une Marolles Kermis

– rue de la Prévoyance.
– rue Montserrat.
– rue des Prêtres.
– rue aux Laines.
– rue du Faucon.
– rue de l’Abricotier.
– rue des Minimes.
– rue Evers.
– rue de Wynants.

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La rue de la Prévoyance.

Ex. rue Neuve du Pachéco, un arrêté du 30 juillet 1841 décidait que le prolongement de la rue de Pachéco, près du boulevard de Waterloo, et la rue  et la rue  dans toute la longueur, porterait le nom de rue du nouveau Pachéco. Un autre arrêté du 17 juin 1854 décide que la rue du Nouveau Pachéco porterai à l’avenir le nom  rue Neuve de Pachéco. Source : Eugène BOCHART.

Un jour de juillet 1899, après de fortes pluies un effondrement extraordinaire survint dans la rue de la Prévoyance. On s’aperçut rapidement qu’on était là sur des remblais recouvrant l’ancien cimetière des Marolles.  Remblais emportées comme un torrent, occasionnant un spectaculaire effondrement sur les trois quarts de la largeur de la rue et ce devant les n°7 et 9. « Les embranchements des eaux et du gaz ont été emportés par le flot » . Avec menace d’écroulement des maisons voisines. Ce dut bien être le dernier écho du cimetière. Source: Jacques DUBREUCQ.

Merci à madame Annie Dewilde,  madame Nathalie De Boeck (Ninie), madame Mo Maes, madame Jeannine Desmet, madame Francine Köhne.

 

Bruxelles

Bruxelles

LES BASSINS DANS LE CENTRE DE LA VILLE

 

 

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Extrait du plan de W.B. Craan 1837
CLIC SUR L’IMAGE

 

 

 

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CLIC SUR L’IMAGE

Les Bassins à vol d’oiseau

  

 

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Quai au Foin

 

Les barques représentées ci-dessus sont à l’ancre, en attendant de reprendre le chemin de la Zélande.
Le déchargement des moules se faisait au bassin Sainte-Catherine, mais il fallut trouver un autre lieu de déchargement dès que fut prise la décision de construire une nouvelle église sur le bassin comblé.

 

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Le bassin de Sainte Catherine

 

Le déssinateur se trouvait Place de la Grue, à gauche l’église Sainte Catherine et dans le fond, la rue de Flandre.

 

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Le pont des Barques

Dans le fond de l’image, la flèche de l’hôtel de ville de Bruxelles.
La nouvelle église Sainte Catherine n’est pas encore construite, ce qui permet de dater la photo
d’avant 1854. A droite l’Auberge du Cheval Marin. Ce serait au pied de cette maison que l’aieul
de  Guillaume Kekenbosch aurait été trouvé.

 

 

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Le Marché aux Porcs photo vers 1860 d’Edmond Fierlants.

Au fond, la pharmacie Van Damme, installée à front de la rue de Flandre qui à cet endroit, reçoit la rue du Rempart-des-Moines – G. ABEELS

    

 

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Le quai aux Briques

 

1908, le photographe a installé son trépied dos au  marché aux Poissons, dans le fond de l’image le pont des Barques. A gauche, à la hauteur des deux bonshommes, l’entrée de la rue du Pays-de-Liège.

 

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Construction du Marché aux Poissons

A gauche un estaminet et un marchand de sabot.

 

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La situation en 1908. Au bout du bassin des Marchands, le marché aux Poissons, derrière la nouvelle église Sainte Catherine. La haute maison blanche à droite du marché, le coin de la rue du Nom-de-Jésus.

  

 

 

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Intérieur du Marché aux Poissons. Cela devait pas toujours être agréable pour la vente
en plein Air !

 

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Le Bassin des Barques

Vue du bassin en direction de l’entrepôt. A droite le quai de la Houille, en face, le quai au Bois de construction, quelques maison sont encore debout de nos jours

 

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Quai au Bois de construction

 

Ci-dessous, une photo des années 1970, le « bloc » à pris la place de la maison à pignons.

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Photo de Pierrot Heymbeeck

 

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Photo Pierrot Heymbeeck, Le gazon et les arbres ont pris la place du « Macadam »
20 Novembre 2010

   

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Le Bassin des Barques

Le bassin vu du quai à la houille. Derrière le panache de fumée blanche on apperçoit la morgue de la rue Saint-André.

 

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Dans le fond de l’ image l’arrière du Théâtre flamand.

 

 

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Vers le milieu du quai aux Pierres de taille, à droite, la grande maison sombre n’est autre
que l’arrière de l’école communale de la rue du Canal.

 

Tsar

LES AVENTURES DE DEUX TSARS RUSSES (*) A BRUXELLES

 
 
 

Pierre le Grand ou le trop-plein impérial (1717).

 

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Pourquoi un buste du tsar Pierre Ier de Russie, dit « le Grand » (1672-1725), est-il, aujourd’hui encore, visible dans les bas-fonds du Parc de Bruxelles ? Tout simplement parce que ce tsar effectua une visite en ces lieux, dans le courant de l’année 1717 et le caractère mouvementé de celle-ci mérite que l’on s’y attarde…
 
Rappelons tout d’abord qu’en 1717 le Palais des Ducs de Brabant n’avait pas encore brûlé (incendie de 1731) et qu’il se dressait à l’endroit où se situent, en gros, aujourd’hui, le Palais royal et la place Royale. Le tsar Pierre Ier y fut accueilli, en toute discrétion, le 14 avril 1717. D’autres sources affirment qu’il fut en fait reçu dans une petite maison dite « de Charles-Quint », sise au coeur du Parc de Bruxelles. Il semble qu’il s’agisse d’une référence à une habitation que Charles-Quint se serait faite construire en son temps, non au coeur du Parc de Bruxelles, assez sauvage à l’époque, mais à l’endroit où se sitait la rue de l’Orangerie. Celle-ci commençait rue Ducale pour finir rue de Louvain.
 
Et voilà ce que nous en dit Eugène Bochart, en 1857 :
 
« Dans cette rue, près de celle de Louvain, était jadis une porte qui donnait accès à l’ancien Parc. Près de là, Charles-Quint fit bâtir une maison solitaire, dont il fit son habitation favorite, et qu’il occupa depuis son abdication, le 6 janvier 1556, jusqu’à son départ pour l’Espagne, qui eut lieu le 7 septembre suivant. Cette habitation était appelée Palais de l’Empereur. On y plaça plus tard l’Orangerie de la Cour; et lorsqu’en 1782 le gouvernement vendit les terrains pour percer la rue actuelle, on conserva à cette nouvelle voie le nom de sa dernière destination. Dans l’angle de la rue se trouve l’entrée publique du Sénat et de la Chambre des représentants. »
 
Quoiqu’il en soit, Pierre le Grand fut reçu en grande pompe et put ainsi goûter aux nombreux vins qui lui furent offerts. Mais voilà, il en but tant et si bien qu’il s’en trouva bientôt légèrement nauséeux… Le tsar entreprit dès lors de prendre l’air et c’est d’un  pas lourd et incertain que le noble invité se dirigea vers une fontaine où il s’arrêta, avant, subitement, de sentir son impérial estomac se retourner au point de provoquer l’expulsion dans l’eau du bassin de la précieuse vinasse jusque là ingurgitée ! (Quiévreux) Nous étions le 16 avril 1717, à 15 heures… Selon d’autres sources (Luytens), Pierre Ier aurait plutôt fait un plongeon dans ledit bassin ! Selon d’autres sources encore (Bochart), l’impérial invité but à cet endroit le vin d’honneur.
 
Trois sources, trois époques, trois versions ! De quoi méditer sur les aléas de la recherche historique !
 
En souvenir de ce grand événement éthylique, le prince Demidoff offrit, en 1854, un buste sur lequel étaient écrits ces quelques mots : « Pierre Alexiowitz de Moscovie, grand-duc, assis au bord de cette fontaine, en ennoblit les eaux par le vin qu’il avait bu, le 16 avril 1717, à trois heures de l’après-dînée. » (Quiévreux)
 
Et voici la traduction qu’en donne Bochart : « Le czar Pierre-le-Grand, grand duc de Moscovie, assis sur les bords de cette fontaine, l’ennoblit par des libations de vin, le 16 avril 1717, à trois heures de l’après-midi. »
 
Si un buste de Pierre le Grand est toujours visible à cet endroit de nos jours, l’inscription, elle, a disparu.
 
D’autres sources encore nous rappellent toutefois que l’inscription faisant référence à l' »ennoblissement des eaux » par l’impérial vin régurgité figurait, en latin, sur la margelle carrée de l’ancienne fontaine Madeleine. Or, celle-ci est décrite comme l’un des personnages les plus allégoriques de l’Alchimie. De plus, l’année 1717, durant laquelle Pierre le Grand se serait enivré à Bruxelles, pourrait faire référence à la fondation officielle de la Franc-Maçonnerie, à Londres, cette même année. Simple supposition reprise par Joël Goffin dans son article « Le Parc de Bruxelles ou le Plan Parfait » ( https://bruges-la-morte.net/wp-content/uploads/Parc-de-Bruxelles-ma%c3%a7onnique.pdf ). Chacun jugera. 
 
Un attentat bonapartiste contre le tsar Alexandre Ier (1818).
 
Waterloo, 18 juin 1815. Wellington paraissait défait et les Grognards de l’Empereur Napoléon Ier marchaient sus à l’ennemi. La victoire française était à portée de main. Mais soudain, les troupes prussiennes de Blücher déferlèrent sur l’armée française, y jetant le désarroi et la déroute. Au cri de « nous sommes trahis ! », les soldats français se replièrent dans le plus grand désordre, les armées coalisées sur les talons. Cette fois, Napoléon Bonaparte était défintivement vaincu et on lui imposa bientôt l’exil de Sainte-Hélène. Il devait s’éteindre sur cette île du bout du monde, le 5 mai 1821, après y avoir vécu près six ans.
 
Néanmoins, certains de ses partisans ne perdirent jamais l’espoir de le rétablir, lui, ou, à tout le moins, son fils, l’Aiglon, sur le trône impérial. Et ils ne manquèrent pas d’ourdir de nombreux complots contre ses ennemis les plus puissants. D’autres, par contre, nourrirent le projet de faire assassiner l’Empereur dans son exil afin de conjurer la menace qu’il pourrait constituer par un nouveau retour en France. Et Bruxelles étant devenu le refuge de nombreux anciens partisans de l’Empire, traqués par la police de la Restauration, fut, à plusieurs reprises, le théâtre choisi par les divers conspirateurs pour fomenter leurs complots. Ainsi, en 1818, essaya-t-on d’attenter la vie du duc de Wellington, ce qui amena quelques accusés devant la cour d’assises de la Seine…qui les acquitta, faute de preuves, le 14 mai 1819.
 
Mais il se trouve qu’en cette même année 1818, un autre complot bonapartiste fut ourdi à Bruxelles. Cette fois, contre le tsar de Russie, Alexandre Ier.
Durant l’automne 1818, alors que s’achevaient les assises du Congrès d’Aix-la-Chapelle, qui devaient permettre à la France de se voir réintégrée dans le concert des nations européennes et de la débarrasser de l’occupation des armées alliées, s’était répandue à Bruxelle la rumeur de l’arrivée prochaine du tsar Alexandre Ier. Sa mère, veuve du tsar Paul Ier, ne séjournait-elle pas dans notre ville, chez sa fille, la princesse d’Orange ? Ses fils, le tsar Alexandre et le grand-duc Michel, l’y rejoignirent donc naturellement, le 17 novembre 1818. Ils arrivèrent en calèche, suivis de trois voitures à six chevaux. On dit que, descendu chez le marquis d’Assche, près du palais royal, le tsar Alexandre se promena « en bourgeois » dans le parc de Bruxelles et qu’il fut le centre de nombreuses fêtes et de réceptions mondaines.
 
 
Mais au cours du séjour impérial russe, des rumeurs, dont la presse se fit l’écho, circulèrent parmi le bon peuple de Bruxelles. Un « assez grand nombre d’individus, la plupart étrangers » aurait ainsi fait l’objet d’une arrestation. Et le journal L’Oracle d’évoquer « complots » et « attentats ». Le mystère ne commença à voir un début d’éclaircissement qu’après le départ de Bruxelles, du tsar Alexandre, le 21 novembre 1818. On apprit donc bientôt, que, le 3 novembre, les nommés Adolphe Pouillot, dit Lacroix, ancien officier au service de Napoléon Ier, et Louis Buchoz, vinaigrier, s’étaient pérésentés à l’Hôtel de Ville et qu’ils demandèrent avec insistance de s’entretenir avec le bourgmestre Louis de Wellens (1815-1830), afin de lui faire de très graves révélations. M. de Wellens les reçut ainsi, en présence de l’échevin Knijf, chargé de la police.
 
Pouillot et Buchoz affirmèrent qu’à la fin du mois de juillet ou au début du mois d’août, alors que la rumeur d’une prochaine venue du tsar Alexandre dans la ville d’Aix-la-Chapelle s’était répandue, un certain Alexandre Laborde, ancien officier de Napoléon, avait nourrit le projet, avec quelques complices, d’enlever le tsar au cours de son voyage, soit en France, soit aux Pays-Bas (dont Bruxelles faisait partie à cette époque). Leur objectif était de contraindre Alexandre Ier à signer une adresse au peuple français proclamant le roi de Rome -Napoléon II, dit l’Aiglon, fils et héritier de Napoléon Ier et de Marie-Louise- empereur des Français, sous la régence de sa mère, et à mettre fin à l’exil de Napoléon à Sainte-Hélène. Mais loin de passer auparavant en France ou aux Pays-Bas, le tsar Alexandre se rendit directement à Aix-la-Chapelle, ce qui contraria les plans des conspirateurs.
 
Les magistrats bruxellois remercièrent les deux dénonciateurs et les engagèrent comme espions, tout en les encourageant à surveiller les faits et gestes des conjurés, à les tenir informés de leurs activités ultérieures et en les incitant même à jouer le rôle d’agents provocateurs. En outre, une révélation semblable avait été faite au roi des Pays-Bas par le « raugrave » (titre nobiliaire) Philippe de Salm-Salm, qui avait servi dans les armées du roi de France, où, en 1788, il avait été, doté du titre de « Mestre de camp », le chef éphémère du « Royal Liégeois », le dernier régiment étranger levé sous le règne de Louis XVI. A la fin de sa vie, le comte de Salm-Salm devait sombrer dans la démence…
 
Selon l’enquête judiciaire, menée parallèlement, il fut établi que Laborde, l’ancien officier de Napoléon, avait, dans un premier temps, communiqué son projet à un autre Français, Claude-André Piger, ouvrier corroyeur, et l’avait convaincu de se joindre à lui. Le projet d’enlèvement devait, selon Laborde, être d’autant plus aisément couronné de succès que le tsar Alexandre devait voyager sans escorte. Une vingtaine d’hommes suffirait donc amplement pour mener à bien l’opération. Un problème se posait néanmoins, toujours le même : l’argent, le nerf de la guerre ! Or, Laborde gagnait sa vie comme ouvrier chez un certain Vouriot, fabricant de peignes installé à Bruxelles, et il était payé « royalement » un franc par jour. Quant à l’ouvrier Piger, où donc aurait-il pu dénicher la somme nécessaire pour réaliser un tel projet.
 
Les conjurés eurent alors l’idée de s’adresser à un compatriote dénommé Bréard afin qu’il les introduisent auprès de l’archichancelier Cambacérès, exilé à Bruxelles par la Restauration (voir au sujet de cette personnalité, l’article suivant :

http://bruxellesanecdotique.skynetblogs.be/archive/2014/01/25/napoleon.html ),

pour leur permettre d’obtenir de ce dernier la somme de quatre mille francs, une commission de 40 % devant être remise à l’intermédiaire. L’on embrigada également un marchand de vin et sépculateur, Français d’origine, du nom de Xavier Bert. En outre, la conjoncture paraissait bonne : l’opinion publique française, bien peu sympathisante des Bourbons, se plaisait à rêver d’une évasion de l’Empereur de sa prison de Sainte-Hélène et à son retour prochain en France. Les rumeurs les plus fantaisistes circulaient alors à ce sujet, la réunion du Congrès à Aix-la-Chapelle ayant eu pour effet de les amplifier.

 
Dans ces conditions, Laborde et Piger escomptaient bien percevoir l’argent nécessaire à leur projet. Ils décidèrent donc de passer, sans attendre, à l’exécution de celui-ci, se mettant derechef à la recherche d’hommes motivés et soucieux d’y participer activement. On se renseigna aussi sur les itinéraires qui permettraient d’éviter les douaniers et de faire passer en France le tsar Alexandre dès qu’on l’aurait capturé. Laborde et Piger travaillèrent également à l’élaboration d’une proclamation dont ils attribueraient la paternité au tsar et qui réclamerait l’évacuation des armées d’occupation du territoire français et le rétablissement de Napoléon II sur le trône impérial de France, sa mère Marie-Louise d’Autriche, devant être, quant à elle, nommée impératrice et régente. 
 
« Les rôles dans l’exécution de l’attentat furent répartis. La voiture du tsar, qui voyageait avec une faible escorte, serait arrêtée dans un endroit solitaire. Tandis que Piger couperait les traits des chevaux, Laborde présenterait au souverain la proclamation au bas de laquelle il le contraindrait à apposer sa signature. S’il s’y refusait, il serait impitoyablement massacré; s’il y consentait, il serait « fraudé en France » et conduit dans la ci-devant Bourgogne, province que l’on croyait pouvoir indiquer « comme étant plus portée que les autres en faveur de Napoléon. » (Terlinden)
 
Les conjurés -Laborde, Piger, Dierckx et Bert-, désormais infiltrés par les « taupes » Pouillot (dit Lacroix) et Buchoz, se réunirent, sous couvert de jouer au lotto, dans un cabaret tenu par De Noyer. Ce sont les deux « infiltrés, Pouillot et Buchoz, qui firent porter chez Laborde, les armes et la poudre dont on avait besoin, avant de s’occuper avec Bert de réunir les fonds nécessaires. Mais Cambacérès refusa tout net de se commettre dans une telle aventure et les conjurés ne purent récolter que la somme modique de 90 francs…
 
Quant à la quête de volontaires parmi les contrebandiers, qui nécessitait de se mettre en rapport avec un aubergiste du nom de Gondry, elle ne fut pas plus couronnée de succès : le dénommé Gondry, de Boussu, avait changé d’adresse, alors que Piger était arrêté à Mons, le 10 novembre, sur dénonciation du duo Pouillot-Lacroix ! Et tous les conjurés se retrouvèrent bientôt sous les verrous à Bruxelles… Tous, sauf un : l’instigateur du complot Laborde. Celui-ci parvint à passer la frontière et, errant de village en village, arriva finalement à Lille où l’on perd définitivement sa trace, au début du mois de décembre 1818.
 
Quant aux provocateurs Pouillot-Lacroix et Buchoz, ils se trouvèrent également sur le banc des accusés ! De fait, ces deux individus n’avaient dans ce complot irréalisable qu’un moyen peu louable d’exploiter des dupes, en commençant pa rl’échevin chargé de la police, De Knijf. Le Ministère public ne s’y trompa pas. Les deux accusés, déclara-t-il, font valoir une excuse commune : la révélation qu’ils firent le 3 novembre. Mais bien loin d’être une excuse, cette révélation n’a été que l’infâme camouflage sous lequel ils tentèrent de cacher leur participation, sinon leur provocation au crime ! Que voulait Lacroix, sinon rentrer en France et récupérer son grade.
 
Quant à Buchoz, il ne cherchait qu’à assouvir sa soif d’or. Et pour parvenir à leurs fins, ils cherchèrent à manipuler des gens inférieurs à eux en intrigue, des misérables qui eurent la sottise de céder à leurs provocations.
L’échevin de la police De Knijf, pour avoir recouru à des êtres d’une si grande bassesse, devait, bien plus tard, amèrement regretter ses actes : « Ses procédés de policier sans scrupules l’avaient fait détester de tous les Bruxellois et sa maison devait être l’une des premières à être brûlée, le 25 août 1830, dans la nuit d’émeute qui suivit la représentation de la Muette de Portici… » (Terlinden)
 
 
Et le 1er mai 1819, tous les accusés furent jugés coupables « d’avoir, en formant un complot tendant à s’emparer de la personne de S. M. l’empereur de Russie pour le conduire en France afin d’y faciliter par sa présence et par la publication d’une proclamation aux Français un soulèvement contre le gouvernement français, excité dans le royaume des Pays-Bas un désordre contraire à la paix publique. » (Terlinden) Les accusés furent ainsi condamnés à des peines d’emprisonnement d’1 an (Piger et Dierckx), de 3 ans (Bert et Pouillot-Lacroix), à 6 ans, ainsi qu’à deux heures d’exposition, au carcan et à la marque (Buchoz).    
Eric TIMMERMANS.
(*) Certains de nos lecteurs verront peut-être dans la juxtaposition des termes « tsars » et « russes », un affreux pléonasme : il n’en n’est rien. Des tsars ont également régné en Bulgarie et en Serbie. CQFD.
Sources : « Bruxelles, notre capitale », Louis Quiévreux, PIM-Services, 1951 / « Dictionnaire historique des rues, places…de Bruxelles » (1857), Eug. Bochart, Editions Culture et Civilisation, 1981 / « Les mystères de Bruxelles », Daniel-Charles Luytens, Noir Dessin Production, 2005 / « Un complot contre le Tzar Alexandre I à Bruxelles en 1818 », Vic Ch. Terlinden, UCL, Louvain, 1946.

Bruxelles Aujourd’Hui.

 

Bruxelles Aujourd’hui
5 novembre 2011

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Photo 1
Photos Pierrot Heymbeeck.

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Photo 2 – novembre 2011

Place de Brouckère
Bruxelles

 

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 Photo 3 – Pierrot Heymbeeck – octobre 2011

Nicky, regarde bien l’image

 

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Restaurant « Le Petit Chou »
Pour faire plaisir à mon Ami !

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Photo 5 – novembre 2011

Rue Fossé aux Loups
Bruxelles

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Photo 6 – novembre 2011

 

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Photo 7 – novembre 2011

 

 

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Photo 8 – novembre 2011

 

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 Photo 9 – novembre 2011

Bruxelles – Boulevard A. Max